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Après la tabaski : Devrions-nous commettre les mêmes erreurs avec le Magal et le Gamou ?

Actualités

Les cas communautaires montent en flèche. Les cas graves ainsi que les décès aussi. La situation se dégrade et devient anxiogène au jour le jour. On aurait pu éviter un tel scénario selon plusieurs spécialistes en santé publique et épidémiologie, si des mesures contraignantes étaient adoptées tôt pour amener les populations à respecter les gestes barrières. Malheureusement, le brusque réveil de l’État a surgi après la fête de Tabaski, conséquence d’un tableau virologie qui s’assombrit quotidiennement. Alors, qu’en serait-il du Magal de Touba et du Gamou qui s’approchent ? « L’avenir est incertain» a déclaré le Dr. Mbengue.

Publié le 14 août 2020, Sud Quotidien
Après la tabaski : Devrions-nous commettre les mêmes erreurs avec le Magal et le Gamou ?

Les cas communautaires montent en flèche. Les cas graves ainsi que les décès aussi. La situation se dégrade et devient anxiogène au jour le jour. On aurait pu éviter un tel scénario selon plusieurs spécialistes en santé publique et épidémiologie, si des mesures contraignantes étaient adoptées tôt pour amener les populations à respecter les gestes barrières. Malheureusement, le brusque réveil de l’État a surgi après la fête de Tabaski, conséquence d’un tableau virologie qui s’assombrit quotidiennement. Alors, qu’en serait-il du Magal de Touba et du Gamou qui s’approchent ? « L’avenir est incertain» a déclaré le Dr. Mbengue.



«C’est un événement propice à la dispersion à grande échelle sur l’ensemble du territoire national du virus», avait déclaré le Pr Mary Teuw Niane, à l’approche de la fête de Tabaski. Mieux, l’universitaire avait averti que, «les régions comme Dakar, Thiès et Diourbel risquent de voir leurs porteurs asymptomatiques et même symptomatiques faire le déplacement et semer partout où ils passeront cette covid19». Des prédictions qui s’accomplissent à la lettre. Les cas communautaires montent en flèche depuis quelques jours dans le pays et plus d’une cinquantaine de cas graves ont fini par saturer nos services. «La maladie a quitté Dakar», a lancé le patron de l’Institut Pasteur de Dakar, Amadou Sall, dans le sens d’alerter sur la flambée des cas dans les autres régions du pays après la fête de Tabaski.



Aussi, on pourrait également rappeler les multiples alertes du Dr Moussa Diedhiou. «La tabaski va rendre la situation encore beaucoup plus incontrôlable. L’impact sera ressenti dans les 20 jours après cette fête», a-t-il averti. Non sans ajouter : «qu’il est inconcevable dans l’actuelle situation de se voiler la face. En tant que Sénégalais, nous connaissons tous, la mentalité de notre peuple. Nous devons mener une riposte pragmatique pour venir à bout de la pandémie».
Malheureusement, aucune mesure contraignante pour le respect des gestes barrières n’a été actée dans cette période par le gouvernement.



Le discours de communication est resté la même. « Si nous pensons que le rappel des mesures barrières comme nous le voyons tous les jours à la télévision peut nous permettre de vaincre la maladie, demain sera trop tard», avait pourtant averti la blouse blanche. Car, précisait-il, « là où le virus circule, nous devons le traquer pour l’éradiquer : en facilitant l’accès aux tests, avec des centres de dépistage supplémentaires, en limitant les rassemblements». En dépit de ces trompettes d’alertes, le mutisme de l’État a pris le dessus. Et à la date d’aujourd’hui, le réveil brusque du gouvernement par l’adoption de nouvelles mesures contraignantes, semble être trop tard pour éviter, la montée des cas de décès au quotidien, des cas communautaires qui dépassent de loin les cas contacts et se comptent désormais par centaine dans une journée, et les cas graves qui se démultiplient.



«Tous les pays qui ont fini par perdre la main sur la maladie ont pêché sur l’application rigoureuse des mesures barrières, l’isolement des foyers actifs de la maladie et l’insuffisance de tests», avait instruit le Pr. Mary Teuw Niang, en insistant sur le fait «qu’un changement de stratégie s’impose». Aussi, selon le Dr. Diedhiou, «seule des mesures ultimes peuvent nous aider à réduire de façon drastique et en un temps record l’évolution de la courbe épidémique».



Eviter les erreurs de la tabaski

Pour la fête de Tabaski, le gouvernement s’est réfugié une fois de plus dans un mutisme coupable. Les conséquences nous surplombent à présents. D’autres manifestations donnant lieu à de grands rassemblements sont à l’horizon. L’État va-t-il laisser libre cours au même scénario de rassemblement, tel que nous avons pu le constater lors de la fête de Tabaski ?


Selon, Mor Daga Sylla, membre de la confrérie des mourides, «personne ne peut interdire aux mourides de célébrer le Magal, mais la question, c’est de savoir comment sera fait le Magal avec cette pandémie. Les autorités religieuses sont en train de prendre des décisions idoines pour prendre en compte la pandémie du Covid-19».



Comme ce dernier, Momar Ndiaye fait savoir que «depuis ma naissance, je n’ai jamais vu un Magal annulé, on part à Touba pour faire nos prières et bénédictions, on va prier pour que le coronavirus parte. Mais ça dépend du khalife et du gouvernement».



Par ailleurs, après avoir tâté les pouls des opinions, une annulation du Magal ou du Gamou semble être non envisageable. Et selon le chargé de la communication du Comité d’organisation du Magal de Touba, le Khalife général des Mourides n’a d’ordre à recevoir de personne : «Serigne Mountakha Mbacké est assez responsable et il prendra la décision qu’il jugera la meilleure». Et de marteler dans la même foulée : «Où étaient ces gens-là quand le Khalife a mis 200 millions f CFA dans le cadre de cette lutte ? Où est-ce qu’ils étaient lorsque le Khalife imposait le respect des gestes barrières même au sein de la Grande mosquée ?».


Du même contributeur, Sud Quotidien


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