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C’est le bordel ! (Coronavirus et distribution de nourriture au Sénégal)

Actualités

Coronavirus et distribution de vivres : Gaspillage, irresponsabilité, extraversion ! (des mots sur des maux)

Publié le 30 avril 2020, Sud Quotidien
C’est le bordel ! (Coronavirus et distribution de nourriture au Sénégal)

En partance pour les régions, une longue file de camions lourdement chargés de sacs de riz importés achetés à 275.000Fcfa la tonne alors que le prix homologué par le ministère du Commerce est de 240.000 Fcfa (voir L’AS du mardi 28 avril 2020), étaient en stationnement sur le bas-côté de l’autoroute en milieu d’après-midi de la semaine dernière.

A une encablure, la nouvelle gare ferroviaire de Colobane exhibait tristement une dizaine de trains du TER, inauguré à grande pompe le 14 janvier 2018, en pleine campagne électorale, comme on sait si bien le faire au Sénégal. Six mois après, pour un coût estimé à quelque 800 milliards de francs Cfa, le TER était censé relier l’aéroport de Diass au centre-ville de Dakar en passant par Diamniadio. Les trains sont toujours là, livrés à l’usure du temps. Il y avait assurément dans cette proximité comme deux mondes antinomiques : celui de l’urgence alimentaire faisant face à celui de la gestion non appropriée des deniers publics. Tout un symbole !

Comment ne pas s’interroger lorsqu’on voit ainsi à la gare de Colobane une dizaine de trains trônant tristement sur les quais, en attente d’on ne sait quoi ! Comment ne pas s’interroger lorsqu’on voit le building administratif, totalement rénové, façade entièrement vitrée, délesté de son auguste majesté, à coup d’une trentaine de milliards de francs cfa, pour ensuite être vidé d’une bonne partie de ses occupants dont les ministères sont désormais délocalisés dans la nouvelle ville administrative de Diamniadio ! Sans compter l’ancien palais de Justice qui tient toujours debout alors qu’on le disait en voie de s’écrouler, les bateaux-taxis achetés et qui n’ont jamais servi, les villas non achevées de l’Oci. Que de gaspillages qui ont permis d’enrichir depuis si longtemps des lobbies sur le dos de la communauté. Et pour ne rien arranger, voilà que tout est chamboulé en ces temps de pandémie de coronavirus, les activités au ralenti, malmenées par un virus qui s’est brutalement invité sur la scène du monde.

L’occident, continent le plus atteint par la maladie, alors qu’il était habité par des rêves fous qui l’amenaient à penser l’être humain comme une machine dont on pourrait remplacer les organes défectueux pour l’asseoir dans l’éternité, redécouvre tout d’un coup que la mort existe, qu’elle est un horizon indépassable. Il s’y ajoute qu’en restreignant ses mouvements, le confinement l’incite à poser un regard autre sur sa vision de la liberté qui avait fini par réifier l’individu. Et le voilà qui ressent dans les meurtrissures de sa chair que cette dernière n’a de sens que dans le cadre d’une interaction, d’un interagir avec autrui, avec son environnement.

Ahuri, si habitué à prendre de haut tous les autres continents, à les voir se débattre avec la maladie, la guerre, la famine, le chômage de masse, l’occident découvre qu’il est aussi sujet à ces dangers archaïques. Et surtout, qu’il n’était plus préparé à y faire face. Déstabilisé dans ses certitudes bien ancrées, il se surprend à être un continent comme un autre. Dans ce contexte, l’intérêt serait pour l’Afrique de voir l’occident non plus comme ce lieu où s’agitent de grands et performants «sorciers blancs», mais comme un continent qui a su se focaliser sur ses propres intérêts.

Aussi en cette période d’urgence sanitaire, nous revient-il de rompre avec cette propension à l’extraversion économique, culturelle, intellectuelle, pour prendre conscience, comme nous y invite la formidable énergie qui se développe à travers l’ingéniosité de nos médecins, de nos enseignants-chercheurs, de nos tailleurs, de notre pharmacopée traditionnelle, des solutions endogènes innovantes. Cette énergie dormante qui s’est réveillée sous l’effet conjuguée de la crise sanitaire et du sauve-qui-peut qui se sont emparé du monde, oblige à l’urgence de compter sur soi. De consommer ce que nous produisons. De produire ce que nous consommons.

Fort des richesses de son sous-sol, de la jeunesse de sa population, les enfants du continent ont plus que jamais pour mission de refuser la politique de la «main tendue» dénoncée par feu Sembène Ousmane. Ils sont attendus pour lutter avec détermination contre la corruption et la concussion qui gangrènent nos Etats.

Gageons que les manquements mis en exergue par ce virus mortifère puissent nous amener à rectifier nos errements et marquer durablement nos consciences si enclines à éjecter de la mémoire l’horreur des leçons inconfortables.


Du même contributeur, Sud Quotidien


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