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Coronavirus : « A quoi ressemble ma vie de confiné ? »

Actualités

Ma vie de confiné : "En Afrique, c'est le système D qui se met en place..."

Publié le 07 avril 2020, Jean-Louis Giacometti
Coronavirus : « A quoi ressemble ma vie de confiné ? »

Tandis que le Covid-19 commence à s'étendre sur tout le continent africain, l'inquiétude grandit au sein de la population locale comme chez les expatriés.

Installé depuis une quinzaine d'années à Abidjan, Jean-Louis Giacometti est directeur général de la chambre de commerce et d'industrie France Côte d'Ivoire.

Observateur de premier plan en Afrique de l'Ouest, il a fait le choix, malgré le contexte sanitaire, de rester travailler en Cote d'Ivoire, l'un des pays actuellement le plus touché par le virus Covid-19 en Afrique subsaharienne.

"Avec mes collègues, dit-il, nous avons vécu des périodes de crise, certes différentes comme la guerre civile de 2011, au cours desquelles l'insécurité était forte et nous étions contraints de rester confinés. On gère une communauté d'entreprises et on se doit d'être là. La Corse me manque évidemment mais des gens sont bien plus malheureux que nous et nous avons un devoir de solidarité. L'activité est au ralenti mais on communique sur les dispositifs d'aide. On essaye de rester en contact permanent avec les acteurs économiques du pays et d'Afrique de l'ouest."

Comme en France, le directeur de la CCI a vu les autorités procéder à la fermeture des écoles, des universités, des bars, restaurants... Puis un confinement des différentes régions à risques dans le pays.

"Depuis le 30 mars, Abidjan est coupée du reste du monde. Seul le fret est accepté après inspection des bateaux en rade dans le port. Un état d'urgence a été décrété et un couvre-feu instauré tous les jours de 21 heures à 5 heures. Du coup, dans les grandes surfaces, on a assisté aux mêmes réflexes de panique qu'en France les premiers jours de l'annonce du confinement, avec une ruée sur certaines denrées alimentaires comme les pâtes, le riz... Mais finalement, tout rentre dans l'ordre même si une réelle inquiétude est palpable au sein de la population à Abidjan comme dans toute l'Afrique de l'Ouest où j'ai des contacts. Le Sénégal, par exemple, a renforcé tous les tests et propose ensuite un traitement en phase avec ce que préconise le Dr Raoult. "

"La maladie, c'est la hantise en Afrique"

Des hôpitaux sénégalais aux pharmacies de rue camerounaises, en passant par des entreprises pharmaceutiques sud-africaines, la chloroquine, médicament bien connu des Africains pour soigner le paludisme, apparaît comme l'une des rares armes face à ce nouvel ennemi invisible.

D'autant, comme le souligne l'insulaire qui a ses attaches familiales à Petreto, qu'il faut faire face au manque de masques, de gants et gels hydroalcooliques: "La solution vient alors bien souvent du système D. Par exemple, l'épouse du vice-président de la Chambre de commerce d'Abidjan, qui est originaire de Monticello en Balagne, a eu l'idée de récupérer des machines pour fabriquer elle-même des masques. De même, une usine de textile de transformation de la ouate de cellulose s'est mise à produire des masques à double épaisseur. Une autre société, qui travaille dans la 3D, a pris l'initiative de les reproduire sur la base de modèles originaux..."

Malgré cela, le système de santé africain risque de se retrouver "débordé très rapidement", reconnaît Jean-Louis Giacometti.

Mais, ajoute-t-il, "la Côte d'Ivoire a la chance d'avoir un Institut Pasteur avec de nombreux infectiologues. Il faut noter la présence d'un dispositif de cliniques privées de qualité. Abidjan accueille même un des meilleurs centres de coronarographie du continent. Mais les gens appréhendent de devoir se rendre à l'hôpital. La maladie, c'est la hantise en Afrique car le système de santé ne prévoit pratiquement pas de prise en charge en cas de pépins. Et se soigner coûte encore trop cher pour une grande majorité de la population."

Récemment, le directeur de la CCI a d'ailleurs fait réaliser un sondage auprès des chefs d'entreprise et salariés qui montrent que "13 % des gens qui travaillent dans des entreprises en Côte d'Ivoire souhaitent être soignés sur place, 87 % en France et aucun dans le reste de l'Afrique !"

La question culturelle suscite également des interrogations pour le respect du confinement : "Ici, beaucoup de gens vivent dehors la majeure partie du temps et ne rentrent chez eux que pour dormir. La population a un comportement très méditerranéen. Mais les gens ont peur du virus et cette crainte amène à une certaine prudence et un respect global des gestes barrières."

Pour Giacometti, les problèmes seront ailleurs : "Les transports en commun comme les taxis ou bus peuvent générer des contagions. Et surtout, l'autre problème majeur sera économique : l'essentiel de la population perçoit des revenus non déclarés. Le travail informel est très important et donc si la situation s'aggrave, une majorité de personnes se retrouvera sans source de revenus."

Reste que sur l'Afrique de l'Ouest, "le nombre de cas demeure assez faible pour le moment mais il est vrai qu'il est très difficile de les comptabiliser", tempère Giacometti.

Tandis que le directeur de l'OMS, l'Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, appelle les États africains à réagir "fortement" et vite, en attendant, "l'État a mis trois avions d'Air France à disposition de la communauté française et bien sûr, nombre de nos compatriotes insulaires ont eu la possibilité de quitter la Côte d'Ivoire à leur charge. Depuis lundi 30 mars, l'aéroport d'Abidjan est fermé aux vols commerciaux. Quelques insulaires, qui ont des activités liées à la restauration, des débits de boissons ou des opérateurs économiques ont choisi de rester. La situation risque de se compliquer pour eux aussi", conclut le directeur de la CCI.


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