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Coronavirus : les Africains vont-ils se soumettre aux essais cliniques de vaccins ?

Actualités

Les Africains opposés aux essais cliniques contre la COVID-19.

Publié le 16 avril 2020, Sci Dev
Coronavirus : les Africains vont-ils se soumettre aux essais cliniques de vaccins ?

Nombreux sont les membres de la diaspora africaine en France qui ont appelé leurs parents en Afrique, pour leur demander de refuser de prendre part à des essais cliniques dans le cadre de la lutte contre la COVID-19.

Au même moment, plusieurs personnalités des sociétés civiles africaines, dont les footballeurs Samuel Eto’o et Didier Drogba, ont exprimé leur opposition à ces essais cliniques qui mettraient les Africains en position de « cobayes ».

Deux chercheurs français sont à l’origine de cette levée de boucliers. Les professeurs Jean-Paul Mira, chef de service réanimation à l’hôpital Cochin à Paris et Camille Locht, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche scientifique (Inserm) ont échangé, en direct sur le plateau de la chaîne d’information française en continu LCI le 1er avril 2020, au sujet de l’opportunité d’effectuer des tests du BCG[1] en Afrique, où les conditions sont différentes de celles de la France.

“La communauté scientifique espère que cet événement ne fera pas reculer la recherche clinique clairement nécessaire pour lutter contre la COVID-19 dans le monde entier, y compris en Afrique” (Ayola Akim Adegnika, CERMEL, Gabon)

« Si je peux être provocateur, est-ce qu'on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n'y a pas de masques, pas de traitement, pas de réanimation, un peu comme c'est fait d'ailleurs pour certaines études sur le sida, ou chez les prostituées ? Parce qu'on sait qu'elles sont hautement exposées et elles ne se protègent pas… Qu'est-ce que vous en pensez? », demande Jean-Paul Mira qui obtient aussitôt l’approbation de Camille Locht. Celui-ci précisant qu’un projet similaire était déjà en réflexion.

C’est cette partie de l’échange qui a déclenché le courroux et l’indignation des Africains et de bien d’autres à travers le monde. Dans les faits, la situation socio-sanitaire de l’Afrique est présentée comme une aubaine pour effectuer les tests du BCG : la taille de l’échantillon et un niveau d’exposition élevé.

Dès le lendemain de la diffusion de l’émission, sur les réseaux sociaux, un extrait de cet échange télévisé est devenu viral, suscitant émoi et protestations au sein des communautés africaines. Des personnalités scientifiques se sont jointes à cette vague d’indignation, malgré l’intérêt de ces essais pour enrayer la pandémie.

Des réactions très vives, allant de la dénonciation de propos racistes au complot de dépopulation de l’Afrique, ont été diffusées par les internautes sur les réseaux WhatsApp, Twitter ou Facebook, sans compter les pétitions adressées à l’UNICEF[2].ou à l’OMS.

Normes d’éthique

L’Organisation mondiale de la santé, par la voix de son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déploré des « propos racistes » sur fond de « mentalité coloniale ». L’Afrique, a-t-il précisé, ne peut être réduite à « un terrain d’essais » pour un vaccin.

Ayola Akim Adegnika, immuno-parasitologue, chercheur à l'université de Tübingen en Allemagne et au Centre de recherches médicales de Lambaréné (Cermel) au Gabon précise quant à lui que « l’échange entre Camille Locht et Jean-Paul Mira est à mille lieues des normes internationales d'éthique et de respect de l'être humain ».

Il rappelle qu’en aucun moment, la communauté désirant participer à un essai clinique ne doit se sentir exploitée ni avoir l’impression qu’on lui manque de respect.

En France, hormis les pétitions, plusieurs organisations se sont prononcées sur cette polémique. SOS Racisme a par exemple manifesté son intention d’ester en justice, tandis que le Club des avocats du Maroc a annoncé vouloir saisir la justice française pour les propos « abjects, haineux et racistes » de Jean-Paul Mira.

La France et d’autres pays ont lancé en urgence une série d’essais cliniques afin de mettre au point des solutions thérapeutiques pouvant contrer le SARS-CoV-2, le coronavirus responsable de la COVID-19.

Immunité

L’intérêt pour le BCG dans cette démarche serait parti du constat que ce vaccin procurerait une immunité non spécifique qui empêche les infections pulmonaires, notamment chez les nourrissons.

En effet, explique Odile Launay, professeur de médecine, infectiologue, coordinatrice du Réseau national d’investigation clinique en vaccinologie Cochin-Pasteur (REIVAC), « on a des données qui montrent que lorsqu’on revaccine des sujets adultes, on peut avoir également une protection contre des infections virales respiratoires, et c’est cette approche qui est proposée dans le cadre de cet essai de revaccination ».

Il ne s’agit donc pas de tester un nouveau vaccin, mais d’évaluer si le BCG peut procurer une immunité contre les complications respiratoires liées à la COVID-19. Aussi les institutions qui emploient les deux chercheurs ont-elles publié des communiqués regrettant cet incident.

« L’Inserm tient à faire savoir que Camille Locht comprend l’émotion liée à son manque de réaction aux propos tenus par son interlocuteur sur LCI lors d’une émission diffusée en direct. Les conditions dans lesquelles cette interview a été menée ne lui ont pas permis de réagir correctement. Il s’en excuse et tient à préciser qu’il n’a tenu aucun propos raciste », peut-on lire dans le communiqué de l’organisation.

Excuses

Le directoire de l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) a pour sa part publié une mise au point qui inclut les excuses de Jean-Paul Mira : « (…) A celles et à ceux qui ont été heurtés, choqués, qui se sont sentis insultés par des propos que j’ai maladroitement prononcés sur LCI cette semaine, je veux présenter mes excuses les plus sincères, parce que ces propos ne reflètent en rien ce que je suis, ce que je fais au quotidien, depuis maintenant 30 ans » .

En définitive, pour Christian Hervé, professeur de médecine et président de l’Académie internationale éthique, médecine et politiques publiques (IAMEPH), « la réflexion éthique qui s'impose est que les enjeux dépassent les propos malheureux et regrettés par un individu; ce sont la confiance entre nos peuples et les futures possibilités d'aide entre le Nord et le Sud, en termes collaboratifs bien évidemment, qui pourraient en pâtir, voire être taries par un tel dérapage ».

Il rejoint ainsi Ayola Akim Adegnika pour qui « la communauté scientifique, espère que cet événement ne fera pas reculer la recherche clinique clairement nécessaire pour lutter contre la COVID-19 dans le monde entier, y compris en Afrique ».

« C'est une maladie qui nous a montré à l'échelle mondiale combien nous dépendons les uns des autres et que nous devons travailler ensemble pour la combattre », conclut-il.


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