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Coronavirus et impérialisme, la catastrophe est-elle évitable en Afrique ?

Actualités

En Afrique, l’impérialisme à l’origine de l’épidémie de misère. Système sanitaire délabré, des pays harassés par des épidémies et des guerres, des régimes répressifs… Ce combo néfaste qui rend l’Afrique complètement vulnérable face au Covid-19 a un responsable principal : l’impérialisme des puissances occidentales.

Publié le 08 avril 2020, Izquierda Diario
Coronavirus et impérialisme, la catastrophe est-elle évitable en Afrique ?

Le 14 février, le premier cas de coronavirus dans le continent africain est déclaré en Egypte, puis des cas sont apparus en Algérie et au Nigeria. Le 3 avril, l’épidémiologiste Éric Delaporte affirmait sur FranceInfo que le nombre de cas déclarés s’approchait des 10 000. Mais ce n’est qu’une sous-estimation, basée sur des cas symptomatiques. La fragilité des systèmes de santé, des économies nationales combinées aux réponses répressives qui prennent place afin de répondre à la crise obscurcissent considérablement le futur du continent africain.

Un système de santé plus que fragile

Au Togo il n’existe que 4 lits adaptés pour traiter le coronavirus, au Kenya un centre seulement est adapté au traitement du virus pour 120 personnes. Au Mali il n’y a qu’un respirateur pour plus de 17,6 millions d’habitants, et à Kinshasa il y en a seulement 50 pour 10 millions d’habitants. L’Italie possède 41 médecins pour 10.000 habitants, alors qu’en Afrique il y a moins d’un médecin pour le même nombre d’habitants. 25 % des personnes infectées dans le monde se trouve en Afrique, alors que ce continent ne représente que 2 % des dépenses sanitaires mondiales. Au contraire, les pays développés les plus riches du globe représentent moins de 20 % de la population mondiale, mais sont à l’origine de 75 % des dépenses sanitaires mondiales. Si, à ce jour, l’infrastructure sanitaire des pays européens est saturée et que les gouvernements se montrent incapables de proposer une gestion à la hauteur de la crise sanitaire en cours ; il n’est pas difficile d’imaginer les conséquences catastrophiques que le coronavirus peut provoquer dans des pays où le système de santé est plus que fragile.

Les dures expériences des épidémies ont un caractère paradoxal. En effet, même si l’expérience ne peut qu’aider à prévoir (comme cela a été le cas dans, par exemple, la Corée du Sud) et à être plus préparés face à une pandémie d’une telle ampleur ; les conséquences des épidémies passées sont encore beaucoup trop actuelles. Dans le nord-est de la République Démocratique du Congo l’épidémie d’Ebola fait des ravages depuis août 2018, où il y a eu 3.400 infectés, dont 2.300 sont morts. Chaque année, plus d’un million de personnes meurent à cause de la malaria, dont 90 % en Afrique. C’est dans l’Afrique Subsaharienne que se trouvent 24 des 25 pays les plus affectés par le VIH/SIDA, là où vivent 64 % d’adultes porteurs de VIH : leur système immunitaire est déprimé et fait d’eux des personnes à haut risque face au COVID-19.

On compte 190 millions de personnes en Afrique Subsaharienne qui n’ont pas d’accès à l’eau potable. Au Zimbabwe ou en Somalie il n’y a pas eu une seule goutte d’eau depuis 8 mois, ce qui a provoqué de grandes famines. Le manque d’accès à l’eau potable est une des causes principales de la propagation du choléra ou encore du typhus. Comment demander alors à toutes ces personnes de se laver les mains quotidiennement pour éviter la propagation du coronavirus ? Il y a plus de 58 millions d’enfants souffrant de malnutrition chronique, et 85 % d’enfants âgés de moins de 15 ans ayant le VIH se trouvent en Afrique Subsaharienne. Tous ces chiffres ne font que démontrer la fragilité de ces systèmes sanitaires qui seront incapables d’éviter les chiffres catastrophiques d’infectés et de morts par le coronavirus.

Une économie fragilisée

Les conséquences du coronavirus, ou plus précisément des mesures mises en place pour le contrer, peuvent être dangereusement catastrophiques pour l’économie africaine. Dans le cas sud-africain, le secteur du tourisme contribue directement et indirectement à 10 % du PIB ; et donne du travail à plus de 700 000 personnes directement et à 2,5 millions indirectement. En Egypte, les revenus issus du tourisme en 2019 dépassaient les 12 billions de dollars. Le Rwanda subit de plein fouet une baisse importante du tourisme haut de gamme qui, depuis plusieurs années, génère des revenus sûrs et importants. La stratégie de repli national que sont en train de mettre en place la plupart des pays occidentaux et la Chine, puis la fermeture préventive des frontières que beaucoup de pays africains imposent afin d’éviter l’entrée du virus dans leurs régions affectent sévèrement les revenus de l’activité touristique.

Par ailleurs, le continent africain est majoritairement dépendant de l’activité économique de la Chine et des pays occidentaux. En reprenant l’exemple de l’Afrique du Sud, un des pays les plus frappés par le COVID-19, les ventes de fer, de manganèse et de chrome représentent en valeur les deux tiers des exportations totales vers la Chine. Cependant, le repli national que ce dernier a utilisé pour tenter de contrôler le virus fait que le secteur minier, essentiel pour l’Afrique du Sud, ne cesse de réduire ses effectifs : près d’un tiers de la population sud-africaine est déjà au chômage. La Chine représente également 61 % des exportations de pétrole cru de l’Angola, et 95 % de celles du Soudan du Sud. 94 % du commerce du Nigéria dépend de l’exportation de pétrole cru, et avec la baisse du prix du baril son économie est sensiblement touchée. À l’internationale, les pays les plus touchés et les plus riches ont décidé que « chacun s’occupait de sa crise », ce qui ne peut qu’accentuer les inégalités et la pauvreté des pays les plus dépendants.

Finalement, les mesures de quarantaine et de confinement que la plupart de gouvernements africains mettent en place afin de contenir la propagation du virus sont fatales pour l’économie dont une grande partie est informelle. Pour ceux qui survivent au jour le jour, en vendant des marchandises ou en offrant de services à bas prix dans la rue, devoir rester enfermer peut être mortel. C’est pourquoi, le confinement des grandes villes urbaines provoque des images d’exodes massifs de milliers de personnes qui abandonnent la ville pour la campagne. Richard Rakotoarisoa, habitant à Antananarivo, a affirmé à l’AFP qu’ils ont « arrêté de travailler pour respecter la discipline du confinement, alors qu’on doit manger et nourrir nos enfants. Pour moi, c’était être indiscipliné ou partir ». Il n’est pas le seul, puisque ce sont des centaines de marcheurs qui prennent la route nationale 7 afin d’atteindre la campagne, en espérant pouvoir avoir de quoi se nourrir : « On pourra vivre des produits de nos terres. Dans la capitale, le confinement nous oblige à attendre que la famine nous emporte », continuait Richard Rakotoarisoa.

L’arrivée du coronavirus en Afrique peut donc être à l’origine d’une catastrophe sanitaire qui aura des conséquences irréversibles sur l’économie. Cependant, la fragilité du système de santé et de la santé d’une très grande partie de la population ; l’instabilité de l’économie, basée pour un large secteur sur l’activité informelle, mais aussi extrêmement dépendante des pays occidentaux et de la Chine ; et les conflits géopolitiques, qui aujourd’hui conduisent le continent à des bilans catastrophiques, trouvent leur origine dans des siècles de pillages et de contrôle impérialiste.

La répression augmente

Au Zimbabwe, le confinement national débuté lundi 30 mars est assuré par une augmentation du nombre des forces de sécurité, qui punissent ceux qui ne le respectent pas. Les marchés sont fermés, et les habitants peinent à obtenir de la nourriture. En Afrique du Sud, un confinement strict de trois semaines à partir du 23 mars a été décrété : pour le faire respecter, le président Cyril Ramaphosa a décidé de déployer l’armée dans les rues, et les cas « d’abus de pouvoir » de la part de l’armée et la police se multiplient. L’emploi d’un canon à eau sur des clients faisant la queue devant un magasin, des cas d’intrusion sans motif dans les domiciles, de tirs de balles en caoutchouc, des cas d’humiliations ou encore de morts par les forces de l’ordre : tels sont les cas de violences policières qui se multiplient, notamment à Johannesbourg. À Mombasa et Kisumu, la police a utilisé des gaz lacrymogènes et frappé à coups de bâtons des habitants, et à Nairobi, des policiers sont suspectés d’avoir tué un enfant de 13 ans dans un bidonville, après qu’ils aient ouvert le feu : tout cela, pour faire respecter le couvre-feu instauré au Kenya.

C’est le président Ouattara en Côte d’Ivoire, où les mesures de confinement s’appliquent progressivement, qui résume la logique de la plupart des gouvernements face à la propagation du virus : « dans cette lutte contre la propagation du Covid-19, notre principal ennemi sera l’indiscipline et le non-respect des consignes de prévention ». Au Sénégal ou au Burkina Faso, les policiers n’hésitent pas à utiliser la violence pour matraquer ces « irresponsables » qui ne respectant pas les mesures de prévention et mettraient en danger la population. Toutefois, comme on le soulignait plus haut, la plus grande partie de la population ne peut pas se confiner, au risque de mourir de faim.

Malgré l’expérience que les pays africains ont pu avoir par rapport aux épidémies ou aux pandémies ; leurs systèmes de santé sont pour la plupart incapables de répondre efficacement au coronavirus. D’une part, par le manque de préparation face à ce virus en particulier ; et d’autre part, par l’existence d’autres épidémies plus ou moins graves, ou encore les conflits armés qui tuent quotidiennement des milliers d’africains. Par ailleurs, les conséquences économiques et sociales que cette crise sanitaire provoquera à différents niveaux pourront être à l’origine de larges mouvements de contestation sociale, déjà présents avant le covid-19, et auxquels les gouvernements s’y préparent en renforçant leur autorité par le contrôle et la répression de la population. En somme, le continent africain est loin d’être préparé au coronavirus : même Tedros A. Ghebreyesus, directeur de l’OMS, signale que l’Afrique doit se préparer au pire. Cependant, personne ne signale les responsables de la situation africaine, qui ne sont autres que les impérialismes européen et nord-américain.

L’impérialisme est le « patient zéro » de l’épidémie de misère en Afrique

Les hôpitaux de Lybie sont déjà surchargés de victimes de la guerre civile en cours ; en Centrafrique, les conflits entre groupes armés ont repris ; les tensions entre la Somalie et le Kenya montent exponentiellement ; les attaques par drone des américains continuent d’augmenter, comme le chiffre de victimes, en Somalie... Les dettes des Etats, de la part du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale notamment, ne font que s’approfondir. Et aujourd’hui, la crise sanitaire d’ampleur inouïe, frappant les quatre coins du globe, montre plus cruellement que jamais les inégalités qui traversent la population mondiale. Car pendant des siècles, les mêmes puissances impérialistes qui ont usé et dépouillé l’Afrique de ses richesses, n’offrant en échange que la misère, les guerres, les catastrophes « naturelles », les pandémies ; aujourd’hui se replient derrière un discours sécuritaire et d’unité nationale. Et ainsi, abandonnent à leur sort leurs propres victimes, qui ne sont que des millions et des millions de personnes pour qui la lutte acharnée pour la survie est devenue quotidienne.

Les divisions entre nations, continents, « races » et leur mise en concurrence, leur hostilité réciproque est le résultat de la stratégie capitaliste, qui a besoin de la division des populations pour les exploiter, afin qu’une petite caste d’exploiteurs puisse en tirer le plus de profit possible. Face à l’incapacité des gouvernements impérialistes de donner une réponse internationale un tant soit peu coordonnée à la crise ; la classe ouvrière est la seule qui puisse porter les revendications de ces peuples opprimés par l’impérialisme, et de la grande majorité de l’humanité.

Aujourd’hui plus que jamais, c’est une question de vie ou de mort d’exiger la régularisation urgente de tous les sans-papiers, pour qu’ils puissent avoir accès aux soins ; l’ouverture de tous les logements vides ou de secondes résidences aux réfugiés ; l’annulation de la dette du FMI et de la Banque Mondiale à l’égard les pays dominés par l’impérialisme. En fin de comptes, le contrôle ouvrier sur les moyens de production est nécessaire pour assouvir le besoin de matériel sanitaire non pas uniquement au niveau national, mais au niveau international. L’enjeu est de donner une réponse progressiste à la crise du coronavirus, et les gouvernements au service du capital sont incapables de le faire : la classe ouvrière est la seule qui peut la réaliser, par l’action à un niveau non seulement national, mais aussi international. Ce n’est qu’ainsi que les exploités et les opprimés pourront s’en sortir « comme une force active, plus organisée et consciente de sa propre force », comme le soulignaient Josefina Martínez et Giacomo Turci sur


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