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L’Afrique, le Coronavirus et l’Occident : pourquoi autant de contradictions ?

Actualités

L’Occident, l’Afrique et le coronavirus: ces contradictions de la loi des plus forts

Publié le 16 avril 2020, Financial Afrik
L’Afrique, le Coronavirus et l’Occident : pourquoi autant de contradictions ?

L’Occident a défini les normes et les règles de fonctionnement du monde actuel. Son avance technologique et organisationnelle lui en a donné le droit. C’est cette avance qui lui permet de dominer la terre entière et d’en disposer. Il lui arrive, en raison de ce statut, de soutenir des raisonnements dans lesquels pointent quelques contradictions puisqu’ils oscillent entre leurs principes moraux, leurs normes sociales et leurs intérêts économiques. Par exemple, depuis un certain temps, on entend de plus en plus de leaders occidentaux évoquer la surpopulation de la terre et citer en exemple la menace africaine. De fait, les africains auxquels ils se réfèrent sont ceux qui se trouvent au sud du Sahara.

Or, le premier constat que l’on fait en découvrant la liste des dix (10) pays les plus peuplés au monde, c’est qu’un seul pays au sud du Sahara, le Nigeria, entre dans ce club des pays les plus peuplés au monde et il y occupe la septième place loin, très loin de la Chine et de l’Inde et même assez loin encore de l’Indonésie. Quand on parle des projections démographiques, on ne dit pas que l’Indonésie qui est seulement à 58 millions d’habitants des États Unis va les rattraper et les dépasser, non. On parle du Nigeria qui est à 128 millions d’habitants des États Unis et qui devrait dit-on les dépasser dans les 30 ans à venir. Les femmes africaines du sud du Sahara, pour parler plus clairement, sont accusées de faire trop d’enfants. On avance, pour le leur reprocher, une moyenne de cinq enfants par femme.

Or, dans le même temps, l’Occident choisit lui-même de ne plus faire d’enfants en réduisant (au nom du confort matériel immédiat) le nombre d’enfants par couple ; ou en se cantonnant dans le célibat ; ou en contractant des mariages dont les règles biologiques naturelles ne permettent plus la procréation ; ou plus radicalement encore en versant dans les unions homosexuelles. Mais ce sont les africains au sud du Sahara, pourtant quatre (4) fois moins nombreux que les asiatiques, qui préoccupent. Les contradictions ne s’arrêtent pas là. Puisque, sur le plan politique, la règle de gestion vient du principe démocratique qui présuppose la liberté de penser et de choix ; comment comprendre (même s’il faut faire attention à ce qu’on dit car on ne peut plus rien dire selon certains qui pourtant disent tout) que ceux qui se donnent le droit de l’homosexualité, refusent aux autres le droit de la polygamie? Oui, l’Occident légalise une pratique à laquelle, parmi les espèces vivantes sur terre, seule l’espèce humaine s’adonne ; mais il condamne une autre pratique pourtant bien répandue dans un grand nombre d’espèces vivantes. Il y a tant de choses dont il n’est pas certain, si chaque voix venait à s’exprimer comme le présuppose la règle politique en démocratie, qu’elles ne seraient pas désavouées et conspuées par la majorité de l’humanité.

Mais la loi des plus forts n’est pas celle du plus grand nombre. Les normes et les principes sont d’abord celles et ceux du plus fort qui les imposent aux plus faibles. La crise sanitaire actuelle est un nouvel exemple de cette démocratie à géométrie variable. Le monde entier vient de vivre, en cette année 2020, un premier trimestre surréaliste. Une pandémie s’est déclarée, pour une fois loin de l’Afrique et s’est propagée sur l’ensemble de la planète à une vitesse que nul ne soupçonnait. Bien que débordée, l’Europe met un accent particulier sur les conséquences de cette pandémie sur l’Afrique et beaucoup de ses scientifiques projettent ouvertement d’en faire leur champ d’expérimentation.

Si c’était les systèmes sanitaires des pays africains qui avaient été débordés aussi vite que ceux de l’Italie, de la France de l’Espagne et des USA, le monde entier crierait à l’incurie des africains, à la corruption de ses élites etc. Si des soupçons de conflits d’intérêt avaient été mis en évidence comme c’est le cas par exemple en France et aux USA, ce serait le même réquisitoire. Or, les pays les plus développés au monde ont été débordés avec une facilité déconcertante qui rappelle le contournement rapide et facile par l’armée allemande (la pandémie dans le cas d’espèce) de la ligne Maginot (le système sanitaire occidental) pendant la guerre de 39-45. C’est dans ce contexte qu’on assiste à une évacuation en masse des occidentaux convaincus que l’Afrique va sombrer en raison de la défaillance de son système sanitaire et anticipant déjà un effondrement des régimes politiques en place. Il ne se passera ni l’un ni l’autre. Et même si tel était le cas, ne serait-ce pas là l’occasion idéale de freiner la démographie déraisonnable de l’Afrique. Pourquoi ceux à qui cela est supposé profiter s’en soucient-ils encore ?

Les africains ont déjà des taux de mortalité élevés qui ne sont bien sûr pas pris en compte quand on fait des projections démographiques alarmistes. Ébola dont on ne connaît pas l’origine a sévi à plusieurs reprises sur le continent mais n’a pas emporté tout le monde. A Mekambo, il y a eu des survivants et tous n’ont pas été secourus par des personnels médicaux venus d’ailleurs. La vie y a repris son cours. Il faut que la logique actuelle prévale jusqu’au bout. Mais il faudra aussi que ceux parmi nous qui survivront à cette pandémie, directement venue d’Europe, se souviennent de ce sauve-qui-peut sélectif. En tout état de cause, puisque nous sommes laissés à nous-mêmes dans notre mouroir à ciel ouvert, mourons dans la dignité. Relevons notre hygiène quotidienne, respectons les mesures barrières, ajoutons-y le port systématique des masques et consultons nos homéopathes et herboristes.
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Par Raymond Ndong Sima, ancien premier ministre du Gabon.


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