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Le Coronavirus ferme les hôtels au Sénégal

19 mars 2020, Le Quotidien
Le Coronavirus ferme les hôtels au Sénégal

Le patron du Palm Beach de Saly lui, se retrouve avec une situation autrement plus difficile, avec 200 touristes sur les bras, abandonnés par leur tour operator.

Les mesures devront se prendre très rapidement, parce que les effets de la fermeture des frontières aériennes commencent déjà à se faire sentir. Ainsi, l’un des fleurons de l’hôtellerie sénégalaise, le Lamatin Beach de Saly, a déjà fermé ses portes depuis trois jours, du fait de l’assèchement de ses marchés fournisseurs, la France, l’Italie, l’Espagne et la Belgique, entre autres, tous des pays qui n’ont plus de liaison aérienne avec le Sénégal. Un autre hôtel prestigieux, le Terrou Bi, a annoncé hier que, étant à cette période de haute saison touristique, à moins de 20% de taux d’occupation, il se préparait à fermer ses portes d’ici la semaine prochaine. Et ces deux hôtels ne seront pas seuls.

Comme le disait Mamadou Racine Sy, «tous les secteurs sont touchés, mais nous, nous sommes sinistrés». Son hôtel a déjà perdu, à ce stade, plus de 800 millions de francs Cfa, et cela risque de continuer, avec les annulations d’évènements et des réservations. Mais il est convaincu que seules des décisions collectives permettront la relance prochaine du secteur. «Personne ne pourra s’en sortir seul et sans les autres», assure-t-il, s’appuyant sur sa longue expérience.

Son joyau, le King Fahd, était hier comme un gros navire vide. A part la rencontre qu’il avait conviée, aucune autre manifestation ne s’y tenait. «Tout le monde a annulé», a déclaré le directeur de l’hôtel, M. Mbow. Les annulations de vols sont passées par là. Mais le patron du Palm Beach de Saly lui, se retrouve avec une situation autrement plus difficile, avec 200 touristes sur les bras, abandonnés par leur tour operator.

«Les compagnies d’aviation ne peuvent pas les rapatrier, puisque les vols sont annulés. L’ambassade de France dit ne rien pouvoir faire pour eux. Et nous ne pouvons pas les mettre dehors. Mais la question est de savoir, qui va prendre en charge ces frais supplémentaires ?», se lamentait M. Sow. A côté de lui, les restaurateurs ont également vu leur chiffre d’affaires baisser fortement. En plus, certains parmi eux ont commencé à être victimes de mesures arbitraires de fermeture par des autorités non connues, ce qui ajoute encore à leur préjudice.

Ses collègues et lui envisagent, en cas d’aggravation de la situation, de fermer tous leurs réceptifs, au moins jusqu’à la fin du mois d’avril, et de mettre leur personnel en chômage technique. La question est de voir, avec les pouvoirs publics, les modalités à mettre en œuvre avec les syndicats ouvriers, pour assurer ce chômage technique de la meilleure manière qui soit pour tout le monde.

Les patrons du secteur ont demandé à tous les Drh des entreprises de se retrouver au siège du Cnp, pour étudier l’impact social et économique des mesures de sauvegarde qui doivent être prises.
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