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Le Sénégal colonisé par les Chinois ? Ce que vous devez absolument comprendre !

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« China Town » au coeur de Dakar, ce qu'il faut comprendre

Publié le 09 avril 2020, Seytoo
Le Sénégal colonisé par les Chinois ? Ce que vous devez absolument comprendre !

Les Allées du Centenaire de Dakar qui vont de la Place de l’Obélisque au Triangle Sud jusque devant les grilles de la Radio télévision sénégalaise (Rts) sont devenues au fil des années un lieu marchand occupé par une très forte communauté étrangère. Les chinois! Depuis quand sont ils là. Beaucoup ne se risquent pas à se prononcer.

Plus particulièrement sur les allées centenaires. Mais, ils sont maintenant de cette voix de circulations que beaucoup surnomment «China Town». Ceci, à l’image d’autres pays du monde où les commerçants de cette nation émergente occupent une partie d’un quartier. Boutiques, échoppes, brasseries, restaurant et même des hôpitaux sortent de terre pour accompagner cette colonisation au centre ville de Dakar.

« Lissa », la malheureuse pionnière

C’est un restaurant chinois dénommé «Lissa» qui a ouvert le bal de la grande ruée vers le Sénégal de la communauté chinoise. «Je ne peux pas dire exactement quand elle s’est implantée sur les allées du Centenaires, mais cela se situe entre 1999 et 2000», déclare El Hadji Bâ, un jeune homme de 34 ans. Cet habitant du quartier Gibraltar qui borde les allées se souvient seulement du restaurant Lissa, du chien de la tenancière et de sa fin tragique en 2002. Le «Lissa» était gérée par une femme qui est devenue célébré pour s’être fait tuer par ses compatriotes chinois venus après elle au Sénégal. Des rumeurs de règlement de compte de la Mafia chinoise ont étaient échafaudées.

Mais, les auteurs n’ont rien déclaré de ce genre. Ils ont juste avoué le crime et croupissent en prison depuis 2003. Après la greffe réussie de Lissa, ce fut un rush de commerçants chinois sur les allées du Centenaire. Entre 2002 et 2003 plus de la moitié des commerces de cette rue passante de la ville de Dakar qui abrite chaque 4 avril le défilé marquant l’accession à l’indépendance du Sénégal est occupée par les chinois. De la caserne de Gendarmerie, Samba Diéry Diallo de Colobane au rond point de la rue 23 de la Médina, il n’y en a que pour ces expatriés. Il faut cependant reconnaitre qu’ils se sont donnés les moyens d’avoir un espace exclusivement entre eux pour mieux se protéger et faire face aux rigueurs de l’exercice de la vente au Sénégal.

Une colonisation de riche

Pour occuper les anciennes épiceries et autres boutiques des allées des centenaires à Dakar, la communauté chinoise a joué sur l’appât du gain facile des sénégalais. Surtout des logeurs qui donnent une partie de leur maison au plus disant. Ainsi, avant 2000, dans ce quartier chic et proche du centre ville, une maison en entier pouvait être louée à 300.000 francs Cfa par mois (458 Euros). Un appartement avec deux chambres salon et toilettes revenaient à 200.000 francs Cfa ( 305 Euros ). Pour une épicerie, il fallait débourser 50.000 francs Cfa (76 Euros). Les chinois ont tout simplement occasionné un boum de l’immobilier dans cette partie de Dakar et même dans les quartiers environnant. Sur les allées du Centenaires, ils ont proposé le double des prix aux logeurs pour occuper les espaces qui servaient de magasins et autres garages des maisons qui jouxtent la rue.

De 50.000 francs, ils sont passés à 100.000 francs (152 Euros)par mois et payable sans difficultés. Poussant ainsi hors de ce périmètre la communauté Guinéenne qui occupait ces espaces. Sentant la bonne affaire, tous les propriètaires sénégalais ont contracté des prêts auprès des banques pour modifier leurs maisons pour mieux accueillir la nouvelle clientèle friquée. Des maisons simples et austères, les allées du centenaire sont devenues un regroupement d’immeubles à plusieurs niveaux avec des rez-de-chaussée exclusivement réservée aux boutiques des chinois. Prendre en location un appartement pour un sénégalais est devenue presque impossible.

Les magasins se louant entre 200.000 et 300.000 francs (458 Euros). Et les appartements se cédant entre 600.000 (916 Euros) et 1.000.000 francs (1.526 Euros). Tous les habitants du quartier se frottent les mains. «Depuis que les chinois sont là. Je peux vivre de ma retraite et du loyer avec mes cinq enfants qui ne travaillent pas», affirme Assane Diallo un habitant des allées âgé de 67 ans. Même son de cloche chez Mame Astou Dièye qui indique que c’est grâce à l’argent de la location de sa maison sur les allées Centenaires qu’elle paye les traites pour l’achat d’une maison dans la banlieue dakaroise où elle vit maintenant. Car depuis quelques années, les habitants des allées louent entièrement leur maison aux chinois. Ainsi, avec ce qu’ils gagnent, ils s’installent en banlieue où la location et l’achat de terrain à usage d’habitation est plus facile.

Cette sinisation de la zone a affecté le prix de l’immobilier dans les quartiers environnant de la Médina et de Colobane. Les sénégalais qui occupaient certaines chambres ont été obligés de se rabattre sur ces quartiers causant une forte demande en terme de loyer. Ce qui a eu pour effet d’augmenter le prix des chambres. Entre 2000 et aujourd’hui la chambre à la Médina est passée de 20 000 (30Euros) francs par mois à 50 000 francs (77 euros). La forte communauté Guinéenne qui vivait dans ce quartier a été contrainte de migrer vers ces deux lieux d’habitation.

Un marché pour les pauvres

Dès les premières heures de la matinée, les allées du centenaire sont prises d’assaut par une horde de jeunes. Ce sont les employés des chinois. Car, il est rare de rencontrer des chinois qui maitrisent le Wolof, la langue locale. Leurs employés autochtones servent donc d’interprètes et de négociants entre le propriétaire chinois et l’acheteur sénégalais. «Je travaille avec mon patron depuis 4 ans. Il me traite bien et me paye mon salaire de 60.000 francs Cfa (90 Euros) le dernier jour de chaque mois», renseigne Ndéye Fatou Seck, une jeune fille de 26 ans qui est accueille tous les clients de la boutique.

A la question de savoir si elle parle le mandarin, sa réponse est négative. «Je me débrouille un peu en anglais et en français. Mais après tant d’années ensemble, on se comprend et surtout on se fait confiance», assure l’employée. Cette confiance est à la base de son recrutement et de celui de plusieurs autres jeunes. Car les chinois n’embauchent que des gens en qui ils ont confiance. Pour cela ils se fient aux recommandations de leurs anciens employés avec les quels ils se séparent. «Tous les employés ont été recrutés sur la base de recommandations faites par celui qui les a devancé à cette place», confirme Modou Fall. Un ancien travailleur qui vole aujourd’hui de ses propres ailes.

Dans ce marché, les chinois importent plusieurs conteneurs de produits qui vont des vêtements aux chaussures en passant par le matériel d’ornement des maisons. Ils font venir de leur pays ces matériaux avant que n’entrent en jeu les commerçants sénégalais. Ils sont répartis en deux groupes. Le premier regroupe les gros importateurs qui se chargent de dédouaner et de revendre en gros à l’intérieur du pays comme dans certains pays limitrophes. Le second groupe comprend les semi grossistes et les anciens employés des chinois qui ont compris le circuit de la revente. Ils bénéficient de l’appui de leurs employeurs qui leur laisse la possibilité de présenter les produits devant leurs étales. En ce qui concerne les produits proposés par les chinois, la clientèle est composée de jeunes filles pour les paillettes et autres effets de beauté d’habillement.

Mais aussi de la population sénégalaise la plus pauvre qui ne peut se permettre d’acheter des produits originaux trop chers. «C’est le marché des pauvres. Ceux pour qui le prestige de la marque et la qualité n’ont aucune signification», déclare Cheikh Tidiane Sall, un jeune homme retrouvé devant une boutique de prêt à porter de luxe pour messieurs. Il informe que le marché des produits s’est développé à cause de l’avancée de la pauvreté. Son seul regret dans cette implantation chinoise est que les jeunes de Gibraltar ne puissent pas être privilégiés dans les embauches des chinois. «C’est vrai aussi qu’on a une réputation de flambeurs, et cela fait peur à quelqu’un qui doit vous confier son argent. Mais on subit plus la discrimination ne pas connaitre un employé. Ces gens viennent de la banlieue et préfèrent aider leurs amis du même milieu que nous vivons à deux pas de la ville», relativise t-il.

L’omerta chez les chinois

C’était comme si tous les chinois se sont donnés le mot: «Il ne faut pas parler aux sénégalais en dehors du commerce». Aucun marchand ne veut s’exprimer. Si ce n’est pas le prétexte de ne pas comprendre la langue, c’est un visage fermé et un doigt décidé qui vous montre la sortie. Même pas un mot. Tout juste l’employé sénégalais qui vous fait comprendre qu’ils ne parlent pas aux journalistes car ayant peur de faire des mauvaises interprétations qui pourraient leur apporter des ennuis. Dans ces allées, les chinois n’ont aucun rapport avec les sénégalais. Ils ont leurs restaurants, leurs cuisiniers. Les hommes qui réussissent dans le commerce font venir leurs femmes et les célibataires n’entretiennent aucun rapport avec les sénégalais. «Je ne connais pas de couple sino-sénégalais», déclare Cheikh Tidiane. Le seul sénégalais que les gens voient, accompagner d’une chinoise, est un fils de diplomate qui maitrise la langue pour un avoir passé une partie de son enfance. Il est souvent appelé pour connaitre de litige entre les employés et leurs patrons. Mais, il a été impossible de rencontre cette personne.

Les allées Pape Guéye Fall, la banlieue de China Town

Après ce que d’aucuns appelleront la colonisation des allées Centenaires devenues «China Town», c’est son extension, la route qui le prolonge qui est la cible des commerçants chinois. Les allées, Pape Guéye Fall sont depuis 4 ans la nouvelle destination des commerçants orientaux. Une banlieue pour le centre urbain «China Town». Ils procèdent de la même manière que sur le Centenaires pour chasser les anciens occupants en proposant des prix plus qu’attractif pour les propriétaires. La route qui été bordée d’ateliers de mécaniciens est aujourd’hui occupait pas de étales de chinois qui proposent leurs produits.

Entre intérêt et civisme

Si les artisans sénégalais se plaignent de la concurrence des produits chinois, les autorités administratives sénégalaises n’analysent pas la situation de la même manière. En effet, l’installation de commerçants chinois, surtout dans les artères qui mènent au centre ville devient une solution au désencombrement des rues et chaussées de Dakar. Les ateliers de mécaniques qui jonchaient les rues et gênaient la circulation disparaissent petit à petit. Les propriétaires des lieux préférant l’argent des chinois. Ainsi les alentours des allées Pape Guéye Fall, ceux de la grande mosquée de Dakar et même un peu le marché du garage routier de Petersen se désencombrent à vue d’œil. Les programme de déplacement et de recasement des tenanciers de ces garages sont laissés en suspend en attendant que le temps et la spéculation foncière ne fassent le boulot.


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