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Racisme policier aux Etats Unis : la révolution contre la mort de George Floyd continue malgré le couvre-feu

Actualités

Mort de George Floyd: nouvelles manifestations aux Etats-Unis, couvre-feu à Washington

Publié le 01 juin 2020, La Croix
Racisme policier aux Etats Unis : la révolution contre la mort de George Floyd continue malgré le couvre-feu

Un couvre-feu a été imposé à Washington, comme dans d'autres grandes villes des Etats-Unis, pour empêcher que de nouvelles émeutes n'émaillent les manifestations contre les violences policières et le racisme auxquelles des milliers de personnes ont pris part dimanche à travers le pays.

Tout en disant comprendre leur colère, nombre de responsables locaux ont exhorté les manifestants à la retenue pour cette sixième nuit de protestations, tandis que le président Donald Trump, confronté aux désordres civils les plus graves de son mandat, fustigeait les «anarchistes».

La colère qui a explosé à Minneapolis, dans le Minnesota, après le décès lundi dernier de George Floyd, un homme noir de 46 ans, aux mains d'un policier blanc, s'est rapidement propagée à tout le pays.

Des milliers de soldats de la Garde nationale ont été déployés dans 15 Etats et à Washington. Après Houston et Los Angeles, un couvre-feu nocturne a aussi été décrété dans la capitale, où des centaines de personnes manifestaient dimanche soir, sous très haute surveillance policière, près de la Maison Blanche.

Selon le New York Times, Donald Trump a été mené la veille par le Secret Service, lors d'une manifestation similaire devant sa résidence, à l'abri dans un bunker souterrain.

A Saint Paul, la ville qui jouxte Minneapolis, épicentre du mouvement, des milliers de personnes ont manifesté contre le racisme et pour que les policiers impliqués dans la mort de George Floyd rendent tous des comptes.

Pour l'instant, seul l'un d'eux, Derek Chauvin, a été arrêté et inculpé d'homicide involontaire. C'est lui que l'on voit dans une vidéo virale maintenir son genou sur le cou de George Floyd pendant de longues minutes, alors que ce dernier se plaint de ne pas pouvoir respirer.

Il doit comparaître lundi devant un tribunal pour la première fois.

«Nous avons des enfants noirs, des frères noirs, des amis noirs, nous ne voulons pas qu'ils meurent. Nous sommes fatigués que ça se répète, cette génération ne se laissera pas faire. Nous en avons assez de l'oppression», a dit à l'AFP une manifestante à Saint Paul, Muna Abdi, une femme noire de 31 ans.

- Pillages -

Des manifestations étaient aussi en cours à Miami et New York notamment. «Black Lives Matter» («La vie des Noirs compte»), «Je ne peux pas respirer» (les derniers mots prononcés par George Floyd), martelaient les foules.

Joe Biden, l'ancien vice-président de Barack Obama et candidat à l'élection présidentielle de novembre, a annoncé s'être rendu sur les lieux d'une manifestation qui s'est tenue samedi dans son Etat du Delaware.

Le déploiement des forces de l'ordre n'a pas empêché certains débordements, et des pilleurs se sont attaqués dimanche à des magasins d'un centre commercial huppé à Santa Monica.

A Philadelphie, sur la côte Est, plus de 50 personnes ont été arrêtées pour pillages depuis samedi, selon la police.

Les violences avaient gagné samedi soir de nombreuses villes, dont New York, Philadelphie, Dallas, Las Vegas, Seattle, Des Moines, Memphis, Los Angeles, Atlanta, Miami, Portland, Chicago et Washington.

Des routes ont été coupées, des voitures et des commerces incendiés, et les forces de l'ordre, déployées en grand nombre, ont répliqué par des gaz lacrymogènes et dans certains cas des balles en caoutchouc.

«S'il vous plaît, rentrez chez vous tôt, restez à la maison (...). Nous devons revenir à l'urgence qu'est la construction de la justice, pas brûler une ville», a plaidé dimanche sur CNN le maire de Los Angeles, Eric Garcetti.

- «Gauchistes radicaux» -

Donald Trump a promis de «stopper la violence collective» et a dénoncé les agissements de «gauchistes radicaux», notamment la mouvance radicale «antifa» (antifasciste), qu'il a annoncé vouloir désigner comme une organisation terroriste.

Dimanche, il a notamment retweeté le message d'un animateur de radio conservateur affirmant: «Cela ne s'arrêtera que si les gens bien se montrent prêts à faire usage d'une force écrasante contre les méchants».

La maire d'Atlanta, Keisha Lance Bottoms, avait plus tôt comparé la situation aux affrontements de Charlottesville, où des heurts entre militants suprémacistes blancs et antifascistes avaient fait un mort et des dizaines de blessés en août 2017. M. Trump avait alors jugé qu'il y avait «des gens très bien» des deux côtés.

«Le président Trump aggrave les choses», a déclaré la maire sur CBS. «Sa rhétorique ne fait qu'enflammer les choses et il devrait juste se taire».

La légende de la NBA Michael Jordan est de son côté sorti de sa réserve.

«Je me tiens aux côtés de ceux qui dénoncent le racisme tenace et les violences contre les personnes de couleur dans notre pays», a-t-il lancé. «Nous en avons assez».

L'émotion a largement dépassé les frontières des Etats-Unis.

A Londres, des centaines de personnes ont ainsi manifesté dimanche; et des footballeurs en Europe ont tenu à faire part de leur solidarité, comme l'attaquant Marcus Thuram, le fils du champion du monde français 1998 Lilian Thuram, qui a mis un genou à terre. Un geste contre les violences policières popularisé par le joueur de NFL (Ligue de football américain) Colin Kaepernick.


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