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Pourquoi je hais les lits ?

Amour, couple et famille

Mâles menteurs, mes frères, mes semblables, vous qui me comprenez, et qui auriez répondu également « oui » à ma place, venez-là, que je vous salue et qu’on aille boire à la liberté, à l’amour et à ses héros damnés!

Mis à jour le 25 novembre 2020, MMS
Pourquoi je hais les lits ?

Parce qu’il faut toujours qu’il y ait une fichue histoire qui s’y soit mal terminée avec une femme. Quelle femme ? Quelle histoire ? Allons, allons ! Ne faites pas les niais ! Vous savez qu’il y a toujours une histoire avec une femme. La mienne- la plus récente- d’histoire (et de femme aussi, si vous préférez, et de toute façon c’est un peu la même chose), a fini dans un lit. Ou plutôt, le début de la fin, c’était le lit. Cet objet est démoniaque.

Il n’y avait pas de draps. Le matelas, nu et froid, rugueux au contact, avec une légère odeur rance, et sans doute infesté de mites, n’était pas très confortable. Mais enfin, les ressorts étaient encore en état. C’était déjà ça. Et à vrai dire, nous nous en foutions : nous faisions l’amour. Au diable le reste. Le monde pouvait crever. Nous aurions volontiers crevé avec lui, car nous étions heureux. Plus heureux que les autres.

Nous avons fait l’amour toute la nuit. On faisait des pauses. C’était quand on avait faim. On mangeait calmement, dans un silence que n’interrompaient que les braillements incompréhensibles des ivrognes qui erraient dans la ville et vomissaient leur vin sous la fenêtre. Nous échangions quelques regards. Elle me souriait aussi, parfois. Et son innocent visage alors était à me briser le cœur. Puis on reprenait. C’était dans le noir. Elle était timide. « Regarde-moi dans les yeux. Il n’est pas besoin de lumière pour que tu les voies. » C’est ce qu’elle m’avait soufflé à l’oreille. C’était vrai : je les voyais, ses yeux. Je les sentais plutôt, posés sur moi, amoureux, langoureux, interrogateurs, noirs, pas très beaux, mais intrigants. C’était bien.

Toute la nuit, je l’ai sincèrement aimée.

A l’aube, essoufflée et heureuse, ce que j’étais aussi, elle se blottit contre moi. Morts, vides, nous étions allongés, ainsi, l’un contre l’autre, nos pensées errant. La lune s’était levée, et la lumière du jour naissant, filtrant à travers les persiennes, avait légèrement atténué l’obscurité dans laquelle nous nous étions aimés toute la nuit. Je l’ai serrée très fort contre moi, et j’ai senti ses beaux seins se plaquer contre ma poitrine, que ma respiration encore accélérée soulevait et faisait retomber à un rythme très rapide. Nous étions sur le point de nous endormir. Nous avions encore faim, mais le sommeil était plus fort. Nous mangerons au réveil. Nous mangerons avec appétit. A ce moment là, je me suis dis que j’avais enfin trouvé la femme de ma vie. Enfin une qui ne parlait pas au lit.

Jusqu’à ce qu’elle parle.

« Tu m’aimes ? »

Cette question n’a aucun sens, dans ces moments-là.

Je l’avais aimée toute la nuit. Au petit jour, après qu’elle eût parlé, je ne l’aimais plus. Je suis pourtant passé tout près de la chérir pour la vie. Trois malheureux mots m’en ont empêché. C’est là mon grand caprice.

- Oui.

Mâles menteurs, mes frères, mes semblables, vous qui me comprenez, et qui auriez répondu également « oui » à ma place, venez-là, que je vous salue et qu’on aille boire à la liberté, à l’amour et à ses héros damnés!

Tout ceci était à cause du lit. Tout y commence et y finit. Les femmes y vont silencieuses, puis il leur délie la langue. L’on n’aurait jamais dû s’y mettre. Maudits soient tous les lits. La prochaine fois, car il y en aura, je choisirai un canapé.

Elle s’est endormie dans mes bras. Au réveil, je ne serai plus là. Elle pleurera, maudira les hommes, jurera « qu’on ne l’y reprendrait plus », et sera désespérée, dégoûtée. Son innocent visage sera alors à vous briser le cœur, encore.

Et pourtant, j'aurais pu. Nous aurions pu.


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