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Avoir des ennemis : connaissiez-vous quels sont les avantages d’être haï ?

Carrière et succès

Pourquoi avoir un ennemi est un avantage ?

Mis à jour le 27 octobre 2020, Psychologue
Avoir des ennemis : connaissiez-vous quels sont les avantages d’être haï ?

Avoir un ennemi nous permet de connaître nos points faibles, de mieux nous comprendre pour devenir meilleurs.

Au cours de notre vie, il est courant que nous nous trouvions face à l'hostilité de certaines personnes. Mais, grâce à elles, on peut apprendre à connaître nos points faibles. Il est temps d'arrêter de compatir sur soi et d'apprendre à tirer le meilleur de nous-même.

Nous en avons tous un : au travail, dans notre cercle d'amis ou parmi nos voisins. C'est celui qui se réjouit, discrètement ou non, lorsque les choses vont mal pour nous. Pour Victor Hugo, "ami" est parfois un mot vide de sens, alors que "ennemi" ne l'est jamais. En y regardant bien, n'avoir pas gagné un adversaire à un moment dans la vie ne devrait pas être un motif de joie. Pour Ramón y Cajal, si les personnes se jugent à leurs alliés, elles se jugent aussi à leurs rivaux. Étant donné qu'il est impossible d'éviter de gagner une cohorte de personnes hostiles au cours de sa vie, pourquoi ne pas les utiliser à bon escient ?

Il y a près de 20 siècles, le moraliste Plutarque a écrit un essai intitulé "Sur l'utilité qu'on peut retirer de ses ennemis", dans lequel il compare ces personnages antagonistes à l'eau de la mer qui, même si elle n'est pas potable, alimente les poissons. Nos ennemis peuvent devenir un moyen de mieux nous connaître. Depuis toujours, le savoir, pour progresser, a utilisé les ennemis. Celui qui nous veut du mal est le meilleur miroir dans lequel se voir, celui qui nous oblige à prendre conscience de nos actes. L'image qu'il nous renvoie de nous-mêmes est souvent la plus réelle, sans être obscurcie par l'aveuglement de celui qui nous aime ("ami" est dérivé du verbe latin "amare"). Les amis peuvent se considérer sincères mais les antagonistes, selon Schopenhauer, le sont réellement. Nos rivaux, maîtres gratuits et juges infatigables, veillent à signaler nos erreurs et découvrir nos points faibles avec une rapidité stupéfiante.

Ainsi, signale Plutarque, ceux qui sont obligés par certaines antipathies à être sobres dans leur vie et à ne pas se montrer négligents et confiants, s'accoutument, sans se rendre compte, à ne pas faire d'erreur et à parfaire leur conduite. En étant attentifs aux reproches, ils maîtrisent l'art de la prudence, ce à quoi Baltasar Gracián, expert en connaissance des faux-semblants et du fait de parler des autres dans leur dos, a dédié un manuel. Bien qu'écrit pendant le Siècle d'Or, cet essai reste très actuel : "un acte d'agression peut vous avertir de nombreuses difficultés que ne fera jamais un acte en votre faveur. Les ennemis vous permettent de découvrir vos vertus et vos défauts, et fabriquent ainsi votre grandeur".

Pour Plutarque, le silence est la meilleure solution pour répondre à un outrage. Se mordre la langue est une force des âmes exercées, celles qui ne se laissent pas emporter par de basses passions comme la colère. Répondre par le mutisme à un affront est toujours respectable : "il n'y a rien de plus digne ni de plus beau que de garder son calme face à un ennemi qui nous injurie", déclare le philosophe. Si vous voulez vraiment montrer que vous haïssez, n'accablez pas votre ennemi d'insultes : montrez-vous modéré.

Dans la littérature, on voit clairement la grande valeur des ennemis. Dans un nombre incalculable de romans, le protagoniste finit par mieux se connaître après avoir su dépasser les obstacles mis sur son chemin par un implacable opposant. Aujourd'hui, le monde se présente sous la forme d'un environnement aimable, souriant et homogène en raison du poids des réseaux sociaux.

À travers eux, nous éliminons chaque jour un peu plus la figure de la Nemesis (le substantif « némésis » est employé par antonomase pour désigner la colère ou la vengeance divine) en réelle voie d'extinction. Nous filtrons les opinions et nous construisons une sécurité, comme un igloo qui nous isole de tout ce qui peut corroder notre façon de penser. Face à si peu de diversité, dans un système dominé par l'identique, selon le philosophe Byung-Chul Han, il ne sert à rien de renforcer les défenses de l'organisme : l'excès de positivisme nous rend plus faibles. Et il n'y a rien de pire que d'être soumis au conformisme de la complaisance, car arrivera un point où nous aurons tous le besoin latent de quelque chose qui nous gifle et nous fasse souffrir.

On ne sait pas ce que penserait Plutarque de l'ère de la haute technologie, mais sans doute nous enjoindrait-il à rester vigilant face à ceux qui nous déclarent leur aversion. S'entourer d'authentique amis et d'ennemis ardents afin que les premiers vous avertissent lorsque vous faites une erreur et que les seconds, en vous critiquant, vous permettent de corriger vos erreurs.

Se confronter à vos ennemis serait une opportunité à saisir pour mieux vous affirmer et ainsi vous accomplir.


Du même contributeur, Psychologue


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