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Comment trouver votre premier emploi et éviter que le chômage vous rende fou ?

Carrière, argent et succès

Ma journée type revient à me lever à 9h, faire les petites annonces, armée de mon thé, écrire des lettres de motivations, le matin c’est de la recherche essentiellement.

Mis à jour le 23 novembre 2020, Baye Fall
Comment trouver votre premier emploi et éviter que le chômage vous rende fou ?

J’essaie de ne pas trop parler de ma vie privée, tout simplement parce qu’il n’a pas été fait pour ça, mais aujourd’hui j’avais envie d’un billet humeur.

Tout le monde y passe un jour, la recherche du premier emploi. C’est plus ou moins excitant au début, plus ou moins facile selon le job et le cursus de chacun, mais pour moi c’est une épreuve des plus étranges.

Première étape : se dire que oui, l’école c’est finie

Alors là beaucoup sont heureux à l’annonce de ce jour tant attendu, on se sent plus libre, on a l’impression d’avoir fini quelque chose, et on est emballé à l’idée de travailler. Ce n’est pas mon cas. Pour moi choisir, car oui ça reste un choix, d’arrêter mes études a surement été la décision la plus difficile que j’ai eu à prendre. J’aime l’école, j’adore ça. Sauf qu’un jour, on a quand même besoin de commencer à vivre, et l’aspect financier entre en jeu. J’ai donc arrêté mes études en début d’année.

Un échec. Pour moi c’était ça et rien de plus, la situation m’aidant à le voir ainsi puisque je n’ai pas trouvé d’entreprise où effectuer mon alternance, et que j’ai choisi de refuser la formation en continue.

Une claque. Déjà ma fierté en a prit un coup, ça peut paraitre bête, mais je suis très fière, donc ne pas arriver à ce que je veux en ayant essayé ma réellement vexée, surtout que d’autres y arrivent donc je pouvais vraiment remettre la faute uniquement sur ma personne.

Assumer. La décision à donc était dure à prendre, par contre une fois prise je ne reviens plus dessus, là encore on ne cherche pas à comprendre, c’est comme ça que je fonctionne et que j’avance. Me voilà donc en janvier, plongeant en plein dans le monde obscur du travail. J’avais déjà travaillé, mais des jobs étudiants, ce qui me parait bien moins important, le travail le vrai, ça me faisait peur.

Rien que l’idée de passer des entretiens, d’être jugée, mais aussi le fait de peut-être se rendre compte que ce boulot pour lequel j’ai fais mes études ne me correspondrait pas, bref toutes ces petites choses nouvelles, qui font parties de l’évolution de chacun, je m’en serais bien passé.

Deuxième étape, et si on cherchait un emploi ?

Une course. Lettre de motivation et curriculum vitae à jour, ordinateur fonctionnel : c’est parti pour la chasse aux annonces. On se jette dedans sans trop savoir où l’on va.

Le drame. Au début on est maladroit, à quelle annonce postuler, comment, ai-je le niveau pour ça ? Deux ans d’expérience demandé je postule ou pas ?, ..

J’ai commencé par faire les choses bien, répondre à des annonces très ciblées sur mon profil, avec l’expérience nécessaire, envoyer des candidatures spontanées, bref tout ce qu’on nous dit de faire ! Sauf que bon, des annonces avec peu d’expérience Il y en a peu, des offres correspondant à mon profil un peu moins, et en rapport avec le métier ciblé presque pas.

Alors, on élargit ses recherches, pour des emplois moins qualifiées dans le même secteur, puis pour des emplois sans qualification dans le même domaine. Et là encore, on passe nos journées dans l’attente de cet appel qui va peut-être tout changer.

Sauf que pour ma part cette étape dure depuis plusieurs mois, alors certes on patiente, on se dit que la situation actuelle n’est pas la meilleure pour chercher un emploi, on pense aux 3 millions de chômeurs en France (j’arrondis, mais je suppose qu’on n’est pas tous non plus référencé), on passe des entretiens plus ou moins intéressant, plus ou moins utiles, et qui mènent à rien. On se dit que tout le monde y passe un jour, puis nos proches nous rassurent, ils sont mêmes d’un grand soutient.

Doute.

Alors au bout d’un moment, on se remet en question. Je n’aime pas douter, surtout par rapport à mes capacités, je en suis pas un génie, loin de là, mais je pense arriver d’une manière assez objective à m’évaluer, je connais mes compétences, mes qualités, et mes limites. On perd confiance.

Alors oui, certains entretiens me tape sur les nerfs, quand on me demande si je pense être réellement capable de faire un job qu’un enfant pourrait faire je me demande si c’est pour la forme ou si on se fout royalement de ma gueule, quand on me sort « mais vous n’avez rien fait depuis trois mois ? » j’ai envie d’exploser, pardonnez moi de ne pas avoir trouvé le job de mes rêves en une semaine. Quand on m’appelle pour me demander si je parle allemand, ce qui serait peut-être marquer dans mon cv, pour finir sur un « vous êtes sure ? Merci quand même, au revoir « , je me demande pourquoi j’écris des lettres de motivations.

Puis, bon il faut être honnête je perds vite patience, mais quand je vois le nombre d’annonces où l’on demande des personnes surqualifiées pour le poste ça me rend folle ! Pour être assistante il faut 5 ans d’expérience, soit, on fait quoi avant ?

Alors j’ai commencée à me remettre en question, peut-être que mon jugement, que j’ai toujours cru réaliste, ne l’est pas, ou encore que je suis surement nulle au possible en entretien. Puis on doute de ses capacités.

Reprise en main.

Les doutes et moi on ne fait pas bon ménage, je suis rationnelle, les choses sont simples, triées, répondent à une certaine logique, ce qui fait que le doute n’a pas sa place longtemps. Alors on reprend tout et on analyse, chaque échec doit être à mon avantage, histoire de ne plus être ma bête noire mais au contraire un plus pour la suite. On reprend confiance en soit, on sait définitivement ce qu’on vaut, et si ça n’a pas marché cette fois-ci se sera la prochaine. Mon égo ne peut pas voir ça autrement de toute façon, ça peut paraitre prétentieux, mais en toute honnêteté ça ne l’est pas. On retrouve cette assurance qu’on avait perdue, et ça fait le plus grand bien.

Cycle.

Ce qui est intéressant, c’est que je ne pensais pas que ça me toucherait autant, je ne m’attendais pas qu’un simple refus d’une inconnue puisse jouer sur mon humeur, qu’entendre que le profil était parfait et intéressant mais que ce ne sera pas toi, me rendrait folle. Ô oui j’aurai vraiment préférer entendre « vous n’êtes pas qualifiée » ou encore « vous manquez d’expérience et on ne veut pas vous former », en bref une vraie raison.

Alors il y a des hauts et des bas, on s’habitue à l’attente, aux candidatures sans réponses, au « je vous rappelle » qui ne mène à rien, mais de temps en temps on craque un peu, et on recommence à douter, à être fatiguée, à se sentir dépassée.

Je me suis même étonnée à me renfermer sur moi même, à devenir hyper sensible, à me vexer sur un simple « alors pas trop dure ta journée à glander ? » de mon copain. Je passais d’un état à l’autre sans même m’en rendre compte. Puis je ne sais pas un jour, je m’y suis faite, j’ai recommencé à tout relativiser, j’ai arrêté de m’énerver, et je l’ai accepté plus facilement. (Bon ça ne m’empêche pas de râler de temps à autre).

Actuellement je n’ai toujours pas trouvé de vrai boulot, je continue à postuler et à attendre les réponses de mes entretiens, je vais même probablement garder des enfants après l’école histoire d’avoir au moins un petit job, car même si le temps libre c’est toujours cool, on devient un peu fou à force.

Ma journée type revient à me lever à 9h, faire les petites annonces, armée de mon thé, écrire des lettres de motivations, le matin c’est de la recherche essentiellement. L’après-midi c’est du temps pour moi, pour faire mes papiers et tous ces trucs chiant qu’il faut quand même faire, m’aérer (expo, amis, ballade, ..), car chômage ou pas (je n’ai pas ce titre d’ailleurs), il faut garder une vie sociale, et des loisirs pour tenir. Ne pas rester inactive.

J’espère tout de même rejoindre le clan sélect des travailleurs bientôt !


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