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CHRONIQUE - Anna, entre audace et tourments : épilogue (La chronique d’Alima), par Alima - SEYTOO.COM
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Anna, entre audace et tourments : épilogue (La chronique d’Alima)

Chronique

En entendant …mais mine de rien « gni gno wekh » !!! Elles pleurent tout le temps sheuteuteuttt, ce n’est pas une mince affaire "dé" !!! J’étais entrain d’essayer, de les calmer, quand Mon gros bébé, sort de sous la douche.

Publié le 12 mai 2020, Alima

Pardonne-moi maman, pardonne-moi pour une parole déplacée, pour un geste déplacé, pardonne-moi ne serez ce que pour une pensée inopportune.

Mes larmes inondent mon visage, je dois être vraiment hideuse, après cet effort assez harassant. Mon Dieu ! C’est pire que tout ce que j’avais imaginé, je savais que ce serait douloureux, « walahi khamone nani di na dadjie, wayé li !!! » Vous qui aviez peur de votre nuit de noce vous disant, « ce sera la chose la plus douloureuse qui soit », vous n’avez encore rien vu mes chères, je vous le dis tout crument. Je me sens tellement lasse, et à la fois plus légère, pas étonnant, je dois dire qu’environ six kg s’est déchargés de moi. Je pleure, je pleure, parce que c’était douloureux, je pleure parce que je suis heureuse, je pleure parce que je pense à maman. Je t’aime maman, merci de m’avoir donné la vie, merci maman pour m’avoir permis de donner la vie à mon tour. Je pleure parce que papa n’est pas là pour les voir, ces deux bouts de choux.

Oui elles sont deux, elles, oui le médecin ou la science s’est trompés apparemment. L'échographie avait conclu à deux jumeaux, mais ce sont des filles, j’ai des filles, des enfants à moi, la chose la plus merveilleuse qui soit ! Mon Dieu, « Yalla sant nala yalla reuthiouwouma fi nga ma diaralé yeup » (merci mon Dieu, pour tous ces obstacles que tu as mis en travers de mon chemin, si c’était pour avoir au finish, tout ceci, merci mon Dieu.) Je pense à lui tout le temps…papa… Une larme traitresse, a glissé le long de ma joue, alors que j’étais seule à contempler mes trésors dans la chambre. J’aurais tellement aimé, qu’il soit là, à ce moment précis, qu’il voit à quel point je suis comblée, qu’il voit que sa fille, est enfin heureuse. « Ey way », j’aurais tellement aimé, que l’un des deux bébés, porte son prénom. Et même que Cheikh me taquine en me disant « yone yamoul si bene » (ce sera pour une autre fois) lol. Mais ce qui me console, c’est que je me dis qu’il le savait déjà, il n’y avait que moi, qui n’était pas au courant. Ta Coura aussi était toujours là, en parlant de ça Cheikh et moi avions un gros blem, il aurait été facile que chacune des filles prenne le prénom de nos mères respectives… Mais et Ta Coura dans tout ça je lui devais bien ça quand même, pour avoir été une mère et non une marâtre.

Cheikh qui au tout début avant même qu’on ne sache qu’on avait des jumeaux, il disait « soudé djiguenneleu sama yaye rek. »C’est déjà pas mal, que l’une d’elle porte les prénoms de mes deux mères. Et oui, je vous présente, Aida et Marie Christine Coura… enfin du genre quoi. Le véritable prénom de Christine… en tout cas retenez que c’est super long.

Il était là…Mon mari, mon homme, celui, qui m’a honoré, celui qui m’a protégé, celui qui est toujours là. Dieu sait que ces derniers mois, je lui en ai fait voir de toutes les couleurs, « ki souma baloul rek dou bakh » (pourvu qu’il me pardonne.) Un jour j’ai tellement crié sur lui, qu’il a failli me gifler, me gifler « lalene wakh. » Puis il s’est retenu, et est descendu dormir en bas.

« May dioy » (je pleurais) C’est vrai que j’avais mal, mais je pleurais surtout parce que j’avais honte, cette nuit, je me suis dit, « ki sonnal nako » (je saoule) je suis telle un boulet, boulet « sakh » c’est petit, on me taquinait même en me demandant si au lieu de jumeaux je n’attendais pas des triplet. C’était devenu un véritable calvaire. « Wayow » ! J’avais toute les peines du monde pour faire deux pas, il fut un moment où je voulais, « khoti sama bir bi » « waw !!! »(Je voulais, les avoir avant l’heure) ça fait trop mal !

J’ai entendu grand mère parler de moi, avec maman, en disant « diambar leu dé » (elle est brave), « way ! bane diambar ! » (Quelle brave ?!)Vous n’avez aucune idée de ce que j’endure ! Je délire je sais, « gno ma ssi djitou » (elles savent) mais quand cette méchante sorcière qu’est la douleur te tenaille, tu en perds presque la raison. Des nuits j’ai pleuré parce que j’avais mal !!!

A toutes ces femmes qui ont enfanté, je ne vous comprends que maintenant, j’ai toujours pensé que vous exagériez. Mais tant qu’on n’en fait pas l’expérience on ne le sait pas. Je disais donc que quand mon chéri sûrement pour éviter, de faire une chose qu’il regretterait, m’a plantée dans notre chambre. Je lui lançais des « li yeup ya mako tek » (tout ça c’est de faute !) accusations sur accusations. J’avoue que cette nuit là « li ma wakh dafa eup », (je suis allée trop loin) et ça je le regretterai toute ma vie ! Je lui ai dit…
« so may lale may ray seu N…..”

Tout ça parce que j’en voulais à monsieur, d’être en clope, et d’être esclave de ma douleur.
Je me souviens encore de son cri, ce cri, qui aurait pu faire tomber tout les murs de la maison, autant il était bouillonnant, autant, j’étais refroidie, je n’arrivais pas croire que ça sortait de ma bouche, « mane ma saga sama diekeur » (j’ai insulté mon mari ?) La personne la plus cher à son cœur, celle que Dieu lui a pris depuis des années ! J’avais l’habitude avant de proférer des jurons, comme tout sénégalais qui se respecte, mais Cheikh ! Je n’ai jamais osé, alors qu’est ce qui m’a pris ?! Parce que j’étais empreinte à une douleur ? Parce que j’avais les nerfs à vif ? D’abords je le provoque le pauvre qui essaie, de me calmer, je l’insulte, non je ne le mérite pas, je savais que je me faisais du mal, avec mes pleurs, mais je m’en fichais, si je meurs je l’aurais mérité ! Je voulais aller le rejoindre. Je voulais demander pardon, je voulais aussi lui demander de me libérer, oui me libérer parce « ki dama ko sonnal » (je suis devenue un fardeau pour lui) arrivée prés des escaliers, j’étais consciente que je n’arriverai pas à les escalader, j’étais trop lasse, on allait après dire, c’est de ma faute « mako tey dama beugone ray samay dome » (que je voulais tuer mes enfants).

J’ai composé le numéro de Cheikh une sonnerie, deux trois… quatre… CINQ, rien il ne répond pas, « wamom soudone damay weussine nak » (et si c’était une urgence ?)

Je lui envoie un message je sais qu’il ne dort pas « viens »
Hun ça m’a fait sourire d’y repenser, comme il a boxé la porte là « li kay boxe leu wone, ma fogone do nieuw niaw ! »(Fallait rester à bouder, hun !)
J’étais assise en haut prêt des escaliers.

-CHEIKH : « Da nga dof loy def fi » (qu’est ce que tu fous là ?)

Il a escaladé rapidement les marches pour me rejoindre.
"Rek" j’ai recommencé à pleurer,

-MOI : « Cheikh bakhouma, yobouma ma gnibi, sonal nala » (je suis mauvaise, ramène moi auprès de ma famille)
-CHEIKH : "hey djougeul",

Il m’a aidé à me relever…essaie de me porter comme tu faisais « séte » pathie ngay def ! » (Tu croulerais sous mon poids)

Il m’a ramené dans notre chambre, il m’a fait m’asseoir sur le lit, j’ai glissé pour m’agenouiller à ses pieds. Je m’étais accroché à son pied.

-MOI : «Papeu balmeu» (pardonne moi papa) tu es mon mari mais tu es aussi mon père, je suis mauvaise, laisse moi partir, s’il te plaît je ne peux pas continuer à être aussi insupportable !
-CHEIKH : hey hey arrête ça ! C’est quoi ces idioties, pense aux bébés, pourquoi tu te rends malade ainsi?
-MOI : je ne sais pas, je ne sais pas, je suis un poids « bayima ma dem ! » (Laisse-moi partir)
- CHEIKH : ok maintenant dis-moi, pourquoi veux-tu partir ? Parce que tu m’as insulté ?

Il m’a regardé dans les yeux en me posant cette question et je n’ai pas pu, soutenir ce regard, j’ai trop honte.

-CHEIKH : Anna je te connais, je sais que tu ne le pensais pas, c’est plutôt moi qui devrais te demander pardon d’avoir failli lever la main sur toi !
-MOI : mais tu ne l’a pas fait alors que moi, je suis allée jusqu’au bout !
-CHEIKH : Anna t’arrête maintenant, ce n’est ni bien pour toi ni pour les bébés.

Que puis-je faire pour lui en retour, rien ne pourra valoir tout ce qu’il a fait et continue de faire pour moi !
Sur mon lit d’hôpital, je le regardais avec, ces yeux rongés par l’inquiétude, et une nuit blanche. Il était là assis à me regarder avec une telle tendresse.

Quand on m’a posé les deux bouts de choux, sur mon corps, parce qu’à ce qu’il paraît le premier contact doit se faire sur le moment. Leur corps était tout chaud. J’étais trop heureuse, mais tellement lasse… Cheikh n’était pas en salle d’accouchement « dama ka dak » lol (je n’ai pas voulu qu’il vienne)

Avant l'accouchement, je disais tout le temps « ya latif » ou bien je criais « yaaaye »(maman )lol et mes « vas et viens »quand les infirmières m’ont dit c’est pas encore le moment « wayow damalen saga bagni toye khep ! ma tey waw »(je les ai toutes insultés) Je suis là depuis hier nuit, on me dit « gnoragoul » jusque dans l’après midi « gnoragoul » « melni kouy tog »(comme si on était en pleine leçon culinaire) Quand j’y repense « rouss na nak »(je suis un peu gênée), j’ai une grande gueule. Quelques minutes avant, pourtant c’était juste comme une envie, d’aller aux toilettes, et je me suis même surprise à dire.

« Faut que j’aille aux toilettes d’abords »
« Ndékétéyoooo » les vieilles était entrain de rire, c’était le moment tant attendu.

Quand on m’a renvoyé en chambre quelque heures après l’accouchement « fek nélaw na deuk bi yeup ndéké » (j’ai sombré dans un sommeil assez profond) obligé, avec toute cette énergie dégagée. Après m’avoir recousu un petit peu, parce qu’il y avait une légère déchirure. Alors que mon gros bébé c’était rapproché de moi, parce que j’en ai deux autres maintenant !

-CHEIKH : « balma akh » (pardon)
-MOI : « dama rouss » (j’ai honte)
-CHEIKH : pourquoi ?
-MOI : « bébé khana da nga faté sama youkou yi fi » (t’as pas entendu mes cris)
-CHEIKH : mais c’est normal, tu avais raison, « malako tek» (c’est de ma faute)
Avec un sourire triste.
-MOI : « wa » bébé ? Ce sont des filles lol (je regardais en direction du berceau sur lequel elles étaient toutes les deux allongées. « Ayo dara » lol (t’es pas fort hein)
-CHEIKH : loool « commencé ngeu » (tu te sens déjà d’attaque pour des pics)

Nous avions déjà choisi les prénoms celui de papa et celui de son père, mais la donne a carrément changé.
Quelque temps plus tard maman est revenue, elle était parti rapporté, les habits que j’avais porté en arrivant à l’hôpital, des habits méconnaissables mon Dieu ! Elle avait un bol avec elle, le fameux « rouye » (la bouillie) je devine.

Quand je l’ai regardé j’ai eu les larmes aux yeux, je me suis dit dans ma tête « je t’aime maman »
Elle s’est approché, s’est assise sur le rebord du lit, m’a caressé le bras puis m’a dit.

« Ça va ? »
-MOI : « yaye balma akh » (je te demande pardon)

Elle m’a juste souri. Bref on saute tout ça retenez juste que c’était les instant les plus douloureux et les plus merveilleux à la fois. Les visites étaient devenues soûlantes, t’as envie de dormir, mais tout le monde veux venir te voir, ou même voir les enfants. Même Sokhna est venu me voir kxkxkx. Trois jours après je suis rentrée à la maison. Pas chez moi, « dé » chez grand-mère, parce que j’étais retournée là bas depuis un mois. Comme toutes les femmes de la maison, après un accouchement je résidais dans la chambre de grand-mère.

Le jour J, j’étais magnifique « wawaw bala ken di mako wakh ma wakh ko sama bop » (je me complimente la première) C’était tout l’opposé de mon mariage, il y avait tellement de monde, ils venaient de partout, Thiés, Diourbel, Saint Louis, Casamance (maman) Il suffisait que je sorte un moment saluer quelques personnes, et tout pour d’un coup vouloir retourner auprès des bébés. Je logeais dans unes des chambres en bas.

Je les contemplais comme si je n’en revenais pas, elles sont tellement mignonnes, à croquer !!! Ils sont à moi, à moi, c’est comme si je n’en revenais !

Leur père est entrée m’a regardé avec tendresse, puis m’a demandé :
« T’as mangé »

Bien évidemment, je bouffe plutôt de dirais lol
J’ai acquiescé de la tête, il me regardait avec tellement de tendresse, et moi, avec tellement d’amour, « bilahi yalla sant nala », combien je l’aime.

J’oubliais de vous dire, quand je suis revenue du salon dans la matinée, il m’a accueilli alors que tout le monde, était autour de moi, à chanter mes louanges à danser, il fait irruption, et fait comme s’il s’apprêtait à danser. « Ay so fi féthié bama diapleu ! »(T’as intérêt à ne pas danser devant tout le monde ici)
Je le voyais tellement heureux.

Mon homme m’a comblé grâce à lui, je suis doublement respectée par tout un chacun. Faut croire qu’on a tous une seconde chance, j’en suis la preuve vivante… à condition qu’on veuille bien la saisir. Le baptême, s’est très bien déroulé. Tous étaient satisfaits, la tante de Cheikh, ses cousins, cousines, oncles, ils ne tarissaient pas, d’éloges à mon endroit et pourtant, je n’ai rien fait d’extra. Tous ces lauriers tressés reviennent en réalité à mon époux. Par moment ce tremplin d’ataraxie me fait un peu peur.
Et là je me dis… Elle est où la petite bombe, quand est ce qu’elle va exploser ? À quel moment ? Mais rien, juste de petites étincelles de temps en temps (quelques embrouilles.) Mais tout est impec.

Merci, merci, merci ! Merci de vous être autant inquiété à mon sujet. Cela m’est allé droit au cœur. On m’a fait part de tous vos messages, ces nombreux messages, dans lesquels vous demandiez toujours de mes nouvelles, dans lesquelles vous disiez vous inquiéter, pour moi, penser à moi, Tout ceci m’a vraiment touché, je disais, « ay yow gni bakh nagn dé » (qu’elles sont avenantes)je vous remercie du fond du cœur. Tout ce que je puis vous dire c’est que je suis heureuse, heureuse auprès de cette petite famille, qui s’agrandit petit à petit… En entendant …mais mine de rien « gni gno wekh » !!! Elles pleurent tout le temps sheuteuteuttt, ce n’est pas une mince affaire "dé" !!! J’étais entrain d’essayer, de les calmer, quand Mon gros bébé, sort de sous la douche.

« apole bene ma apo bene »lo (que chacun calme l’une d’elle) j’étais un peu énervée, par les cris, mais il m’a fait rire ce nigaud.

Mon Dieu, faites que ça dure ! Aidez-moi, mon Dieu à être tout ce à quoi cet homme aspire. Il est mon bonheur et maintenant avec ces deux êtres en plus…je suis tellement heureuse que j’ai peur que ce ne soit qu’un rêve. Si c’en est un, « kou ma yé baloumako » (que personne ne me réveille)

Laissez moi dormir, dormir, dormir…

(Quelqu’un a dit genre, c’est lorsque le jour s’apprête à poindre que la nuit est encore plus noire, elle a eu des moments difficiles, comme d’autre, on vécu même pire, mais aussi longue et noire soit la nuit, le jour fini toujours par se lever.)


Du même contributeur, Alima


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