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CHRONIQUE - Anna perd son pilier ! (La chronique d’Alima), par Alima - SEYTOO.COM
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Anna perd son pilier ! (La chronique d’Alima)

Chronique

Nous sommes restés ainsi à discuter, Alima était descendu parler à sa mère. Cheikh était là à me conseiller, à essayer de me remonter le moral. Jusque dans les coups de vingt deux heures passé.

Publié le 06 avril 2020, Alima

La voix de grand-mère était plus empreinte à une douleur sourde, ce n’était pas une expression de soulagement.

Papa ?

Je les entendais monter les escaliers, là j’ai eu comme réflexe de quitter la chambre de grand mère, pour aller me réfugier dans la mienne. Je ne voulais pas entendre de plainte, je ne voulais pas, de larmes !

Mon cœur bat, il bat à me faire mal !

J’ai les larmes aux yeux.

Mais je n’en ai pas le droit, je n’en ai pas le droit !

Les paroles de papa dans mon rêve, il n’y avait que ça dans ma tête.
De ma chambre, j’entends les femmes pleurer. Elles m’énervent !
J’avais envie de les battre une à une !
Grand-mère frappait à ma porte « ay Anna bou ma ray » (Anna, arrête) Je refusais d’ouvrir et pourtant j’étais juste derrière. J’entends Ta Coura …donc elle est là ? C’est que Dieu me l’a vraiment pris…
J’ai envie de crier.

-TA COURA : Anna « oubil meu » (ouvre la porte s’il te plaît)

Pour elle, je ne peux faire autrement. Sa voix, elle est tellement douce. J’ai ouvert la porte, ça fait des jours que je ne l’ai pas vu. Ses joues sont creuses, ses yeux sont rouges, en quelques jours elle a beaucoup maigri.

-MOI : donc il m’a abandonné ? Papa me laisse toute seule ? Il est réellement parti ?
-TA COURA : « lolou la yalla toud » (c’est la volonté de Dieu, prions pour lui)… J’arrive je vais voir ta grand-mère.

J’étais recroquevillée sur mon lit.

« Yalla ya ma def li » (pourquoi tu m’as fait ça, mon Dieu ?
Pourquoi tu me l’as arraché ? Ce n’était pas le moment.

Il est parti en ce vendredi du mois béni…

« Dioyou khole mo geuneu méti lep » (i n’y a pas pire chose que de devoir garder muette sa douleur) Ne pas avoir le droit de pleurer, de faire exploser son chagrin. Les gens commençaient à affluer dans la maison, en un rien de temps en plus !

Comment on t-il fait pour déjà être au courant ?

Jules est venu me trouver dans ma chambre, lui au contraire était d’une sérénité. Je le regarde et je me dis, « il est devenu un véritable homme. »

-JULES : ne reste pas enfermer comme ça dans ta chambre. Ce qui est fait est fait. Dieu a fait le mieux pour lui. Il était fatigué aussi avec cette maladie.
-MOI : c’est vrai tu as raison.
-JULES : « nagne gorgorlou rek » (faisons de notre mieux) Continuons à être sur le droit chemin.

Je m’efforçais de sourire,

-MOI : t’inquiète pas ça va aller.
-JULES : tu as appelé Cheikh ?
-MOI : non.
-JULES : Mais pourquoi, tiens le au courant au moins.

Moi, je n’ai pas le temps d’appeler les gens, pour leur dire,

« Allo bonjour, au fait c’était pour te dire que papa, est décédé »

Ma douleur est bien assez grande ! Déjà que je fais un effort surhumain pour ne pas m’effondrer !

-MOI : Oui tu as raison, je vais lui envoyer un texto après.
-JULES : fais le !

Je me suis alors décidé à lui envoyer un texto.
« Salut, je ne voulais pas te déranger, mais c’était pour te dire que papa est décédé »

Je me demande s’il a eu le temps de lire le message. Parce qu’il m’a appelé sur le coup.

-CHEIKH : allo.
-MOI : Cheikh ça va ?
-CHEIKH : quand est ce que c’est arrivé ?
-MOI : cet après midi.
-CHEIKH : c’est la vie…on part tous un jour ou l’autre.
-MOI : hmm…
-CHEIKH : je serais là d’ici ce soir.
-MOI : mais non, c’est pour ça que j’hésitais à te le dire. Je ne veux pas que tu te déranges, attend demain.
-CHEIKH : ok…de toute façon j’arrive.
-MOI : ok

C’est vrai que je ne voulais pas le déranger, mais j’avais vraiment besoin de lui aussi. Je voulais l’avoir à mes cotés dans ces cas là.
Deux de mes copines du quartier étaient passées me voir, la mine toute triste. Quelques cousines étaient déjà là aussi. Les femmes préparaient à manger pour le « ndogou » (la coupure du jeûne).Il y avait du bruit partout. Les filles essayaient de me tenir compagnie quand même. Même si je ne les voyais pas assez souvent, au moins aujourd’hui elles étaient là.

Je ne saurais vous dire ce qui se passait au dehors, je crois bien que c’est à chacun sa manière d’exprimer son chagrin. J’étais sous le choc, mais je devais m’y attendre un peu aussi, dés l’instant qu’il était dans le coma.
J’essayais de sourire aux autres, mais mon esprit vagabondait. Dans ma tête je me disais « papa nakh ngeu meu » (tu m’as trompé papa, t’es parti sur la pointe des pieds.)A ces pensées, j’avais envie de hurler, mais je ne peux pas, je n’en ai pas le droit. Pourquoi m’as tu demandé ça ?!

C’est vrai aussi, pourquoi j’irais pleurer. Ça va le ramener peut être ? Je ne pense pas, alors a quoi bon ?
J’étais dans mes pensées, tout le monde était muets voulant surement respecter mon silence. D’ailleurs je crois que c’est ce que nous faisons tous, dans ces circonstances.
Vers dix sept heures, Alima est arrivée. Sur le seuil de ma porte,

-ALIMA : Bonsoir.
-EN CHŒUR : bonsoir.
-MOI : Ali comment tu vas ?

Elle n’a rien dit m’a juste gratifiée d’un sourire timide. Elle a salué tout le monde, puis s’est assis sur un coin de mon lit.

(Je n’aime pas ce genre de rencontre, je deviens encore plus timide dans ces genres de cas.)

-ALIMA : je suis désolée de ne venir que maintenant, c’est khadim qui m’a appelé.

(Il m’avait appelé pour me dire, mais t’es où t’es pas au courant que tonton El hadj est décédé)

-MOI : ah bon, pourtant ta mère est là, elle est montée me voir il y a un instant.
-ALIMA : ah tu la connais dans ce genre de situation.
-MOI : lol elle monte chaque cinq minute, en faisant semblant de chercher quelques choses« boum fi crise rek » (Qu’elle ne pique surtout pas de crise ici)
-ALIMA : « li mo takh mou lay raye » (si elle t’entend encore t’aura de sérieux problème)

(Ça m’a gêné de la voir sourire un peu, parce que je me disais qu’avec cette douleur, elle n’avait pas la tête à ça.)

Moi au contraire ça me faisait du bien de sourire un peu, ça m’a fait oublier pour quelques secondes.
Nous étions toutes là. Je sentais bien l’ambiance, maussade, qui régnait dans la pièce, tout le monde était gêné, alors je n’allais surtout pas me mettre à pleurer, pour empirer les choses. L’ambiance me faisait quelque peu rire, c’est toujours comme ça dans les décès. Tout le monde est sage. Le seul bruit qu’on pouvait entendre c’était mes petites réponses lorsque je recevais des appels.
A l’heure de la coupure du jeûne, j’ai décidé de m’affairer un peu, bouger me ferait du bien je crois.

-MOI : j’arrive.

Je suis alors descendu dans la cuisine préparer des plateaux, pour les gens qui étaient venus me voir.
« Sheuuut sou ma khamone dou ma wathie » (si j’avais flairé ceci je ne serais pas descendu) « nieup nema khoudjie sene beut yi » (tout le monde me regardait)
Je me suis dépêchée de préparer quelques plateaux pour remonter. Les filles étaient toutes rentrées un peu après avoir mangé. J’étais maintenant seule dans ma chambre avec Alima, quand Cheikh entre dans la pièce. J’ai décelé, de l’inquiétude, de la tristesse. Quand je l’ai vu je ne voulais qu’une chose, courir me réfugier dans ses bras, et enfin pleurer, mais je me suis retenu.

-CHEIKH : bonsoir.
-EN CHŒUR : bonsoir.
-MOI : Ali, tu te souviens de Cheikh ?
-ALIMA : sisi, Cheikh, ça va ?
-CHEIKH : ça peut aller, nous aurions du nous revoir dans d’autres circonstances.

Hmmm DOYNEU ! (ça suffit)

-MOI : t’as mangé ?
-CHEIKH : Ça va merci. Et toi qu’est ce que t’as mangé ?
-ALIMA : « dara lekouko » ! (elle n’a rien mangé)
-MOI : « alima, kagne ngeu meune fene » (depuis quand tu mens ?)Je n’avais même pas jeûné. Toi qu’est ce que t’as mangé ?
-ALIMA: lol « ya ngui may rélo way ». (Je n’ai pas envie de rire) il ne s’agit pas de moi ici ?
-MOI : sérieux, j’ai mangé avant que tu ne viennes, attend, je vais t’apporter quelque chose.

Je suis certaine qu’il n’a rien mangé, parce qu’il est arrivé à peine moins d’une heure après la coupure du jeûne.

-CHEIKH : « bakhneu dog na ba paré » (c’est bon j’ai déjà coupé mon jeûne)
-MOI : je sais, mais tu n’as pas mangé grand chose, puisque t’étais en cours de route.
-CHEIKH : Anna « boul meu sonnal ak wakhou lek » (tu me fatigues avec ça) Dis moi plutôt, toi comment tu te sens ?! Il a fait une rechute ?
-MOI :…en fait il a été dans le coma pendant presque une semaine.

Cheikh a ouvert grand ses yeux.

-CHEIKH : Anna il était dans le coma pendant tout ce temps et tu n’as même pas pensé à me dire quoi que ce soit ?

Je savais qu’il allait réagir ainsi.

-MOI : Cheikh s’il te plaît « way » c’est assez difficile comme ça, je m’excuse je sais que j’aurais dû te le dire au moins. Mais tu étais auprès de ta famille, tes amies.
-CHEIKH : mais Anna…c’est bon, ce qui est fait est fait, mais tu aurais quand même pu…
« Na nopi way » (qu’il se taise) j’avais les larmes au bord des yeux.
-CHEIKH : excuse-moi ça a du être difficile pour toi…
-MOI : je fais aller, comme je n’ai pas le choix…
-CHEIKH : le bon Dieu fait ce qu’il veut, ce qu’il nous reste à faire c’est de prier pour lui.

Nous sommes restés ainsi à discuter, Alima était descendu parler à sa mère. Cheikh était là à me conseiller, à essayer de me remonter le moral. Jusque dans les coups de vingt deux heures passé.

Je reçois un coup de téléphone… et de qui ???


Du même contributeur, Alima


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