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CHRONIQUE - Anna perdrait-elle la tête ? (La chronique d’Alima), par Alima - SEYTOO.COM
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Anna perdrait-elle la tête ? (La chronique d’Alima)

Chronique

Je ne pense pas que cette distance, puisse s’amoindrir un jour. J’accepte. Nous ne serons plus jamais comme avant et tout est de sa faute !

Publié le 02 avril 2020, Alima

L’opération s’est finalement bien passée. Papa dormait tranquillement avec Ta Coura à son chevet.
J’étais là à les regarder tous les deux, l’image que j’avais sous mes yeux était tellement attendrissante. Cette femme est vraiment brave. Cheikh est passé vers vingt heures environ et papa était déjà réveillé.

-CHEIKH : bonsoir.
-TA COURA : bonsoir.

Moi, quand je l’ai vu, je n’ai pas pu prononcer un seul petit mot, tellement j’étais nerveuse. Je vais mettre ça sous le coup de…je ne sais même pas ! Ça fait tellement longtemps que je ne l’ai pas vu, presque 2 mois !
Nous nous sommes fixés un court instant, puis je me suis détournée de ce regard que je ne pouvais plus soutenir. Ce regard à tombé que je n’ai pas eu la présence d’esprit de remarquer. De toute façon j’ai d’autre préoccupation. Je m’étais levé de la chaise pour la lui céder.
Il m’a touché l’épaule,

-CHEIKH : non Anna, assied toi.

« Wouyaye cheikh boul meu laaaale » !(ne me touche pas)

-CHEIKH : comment il va ?
-PAPA : je suis là, pose moi la question.

Ce vieux, le verbe « se ménager » il ne connait pas du tout.
Il essayait de sourire, c’est tout papa ça ! Même dans la douleur il ne saurait se départir de ses taquineries, de son sourire.

-CHEIKH : désolé, comment ça va ?
-PAPA : ça va. (Sa voix était faible, sûrement à cause de la douleur.)

Son visage, avait l’air vide, c’est fou ce que la douleur peut changer une personne. Avec cette opération, je remarquais à présent qu’il avait beaucoup maigri. Je le regardais s’efforcer d’être jovial avec Cheikh, et Ta Coura à ses cotés qui souriait aussi. Comme elle a maigri elle aussi .Elle commence à paraître bien plus que son âge.

-MOI : ta coura, rentre te reposer un peu.
-TA COURA : non toi vas-y, je reste ici.
- PAPA : Vous deux allez-y, Jules et ta grand-mère sont en route.

Sa voix était faible, trop faible. J’allais bientôt recommencer à pleurer.

-MOI : je reste aussi.
-PAPA : tu vois comme elle prend soin de moi. (Il parlait à cheikh) C’est ma fille, je la connais mieux que quiconque. Cheikh, en si peu de temps tu es entré dans sa vie, dans notre vie je dirais. Je sais que tu lui as été d’un grand soutien. Retiens que tu es totalement de la famille. J’espère que vous continuerez à être amis et que tu continueras d’être là pour elle.

« Ki dafa yarou ba mou eup » (trop bien élevé) Il ne pipait mot, il restait juste silencieux.

-PAPA : Anna « Diapal Cheikh dé » (tu as en lui un ami), des gens comme ça, il n’y en a pas beaucoup.
-MOI : « Ay » Pa arrête de parler de la sorte. C’est d’accord j’ai tout entendu, repose toi s’il te plaît.

Il m’a carrément ignoré.

-PAPA : « Anna amngeu sama ngeureum, walahi geureum nala » (Tu as ma bénédiction)

J’ai eu envie de crier tais-toi papa, tais-toi ! Pourquoi parle t-il ainsi ?!

-PAPA : « Coura sant nala,sou dieukeur dé yobou diabar aldiana diapal ni sa aldiana lerna »(je te remercie pour tout, si cela ne dépend que de moi, tu as déjà ta place au paradis) « Yaye sama yayou dom »(Tu es la mère de mes enfants)
-TA COURA : El hadji « Nopaloul nak » (s’il te plaît ménage-toi)
-PAPA : « Dolene bayi sou may wakh nguene may nopilo (Arrêtez de m’interrompre.)
-MOI : Pardon papa, mais tu auras l’occasion de reparler de tout cela Inchallah, repose toi un peu.

Pour ma part, c’était plus que je ne pouvais supporter, il fallait vraiment que je sorte d’ici.

-MOI : Je reviens je vais aux toilettes.

Je suis ensuite sortie, pour me cacher dans un coin. J’en avais besoin, il fallait que j’évacue cette douleur, cette crainte. Je n’en pouvais plus, je parlais toute seule.

« Ay yalla dimbeulima » (mon Dieu, je te supplie) rend à mon père sa santé, son bien-être, je t’en supplie !

J’étais vraiment inquiète. Il avait l’air d’aller mieux, mais ses paroles…Elles sont là, à vagabonder dans ma tête, telles des fourmis. Moi, tout ce que je veux c’est qu’il aille le mieux possible. Je suis certaine que mes yeux sont tous rouges. Je ne peux pas retourner dans la pièce comme ça, alors j’ai préféré aller me poser quelques instants, dans le jardin. J’avais besoin de tranquillité. J’appelle Ta Coura pour lui dire que je prends un tout petit peu l’air. J’étais sur un banc et comme je n’avais rien à faire, je manipulais mon téléphone, quand j’entends cheikh derrière moi.

-CHEIKH : Tu parlais à Assane.

Sur le coup, je n’ai pas compris, puis j’ai fais le rapprochement d’avec mon portable.

-MOI : Hum. (En signe d’acquiescement, oui je mens je sais !)
-CHEIKH : Il n’est toujours pas rentré ?

Je me forçais à rester concentrée sur le téléphone, comme si je lisais une chose importante.
Je savais que j’étais très sèche avec lui, mais c’était plus fort que moi. Je voulais totalement l’ignorer.

-CHEIKH : tu as pleuré ?

« Lane mo ci yonam legui » ? (de quoi je me mêle)

-MOI : Cheikh, je suis à bout, alors tes questions !!! D’ailleurs qui t’a dit de venir, je veux être seul.
-CHEIKH : ok.

S’il dit « ok » je m’attends à ce qu’il s’en aille non ?
Il est resté à mes cotés sur le banc sans rien dire. Ce qu’il ne sait pas, c’est que c’est pire pour moi. Nous étions côte à côte sur le même banc, mais j’avais l’impression que nous étions à des kilomètres l’un de l’autre. Je ne pense pas que cette distance, puisse s’amoindrir un jour. J’accepte.
Nous ne serons plus jamais comme avant et tout est de sa faute !

JE LUI EN VEUX.

J’ai voulu me contenter de son amitié, ça m’aurait peut être suffit, peut-être pas. Ce que je voulais plus que tout c’était surtout être à ses cotés, même en tant qu’amie. Mais c’est lui qui n’y tient plus. Je lui en veux pour ça, je lui en veux de ne plus être aussi présent dans ma vie. Et je ne peux plus rien dire, je me suis assez humilié comme ça…

-CHEIKH : tu sais ton père à l’air d’aller mieux.
-MOI :…
-CHEIKH : l’opération s’est bien passé a dit le médecin.
-MOI :…
-CHEIKH : tu es fâchée contre moi c’est ça ?
-MOI : pourquoi devrais-je l’être ?

Je le regardais fixement .C’était la seule fois où je le regardais, vraiment depuis longtemps, droit dans les yeux. Je ne saurais dire si j’y voyais de la tristesse…
Mais un instant je me suis dit, « Il ne te doit rien du tout, tu n’es rien pour lui. Alors cesse de lui en vouloir autant! »
Il est mon ami avant tout, toujours là pour moi, je n’ai aucun droit de me comporter de la sorte.

Il était silencieux et avait le regard fixé droit devant lui. Je ne veux pas qu’il se sente blessé, gêné, il n’a rien fait. J’avais envie de lui donner un bisou sur la joue, rien que sur la joue. Mais je n’en avais plus le droit.

-MOI : Pardonne moi Cheikh, je suis très nerveuse (et je lui ai souri) « Da nga ma bayi aussi » (pourquoi tu me zappes ainsi ?)

Il m’a regardé, a pris ma main, là j’ai voulu la retirer. C’était comme du feu qui me brûlait. Je ne supportais pas ce contact. Mais en même temps, c’était tellement agréable de ressentir son toucher. Alors je me suis laissé faire. Aussi, ça aurait été lui monter que mes sentiments étaient restés intacts. Mon amour, je n’aurais jamais imaginé avoir mon amour aussi prés de moi, et n’avoir aucune chance de le retenir. Donc Cheikh il a enduré tout ceci, durant tous les instants qu’il passait à mes cotés ?

Pardonne moi, pardonne moi mon amour.

Je n’en pouvais plus, je me mettais à regretter tellement de choses. J’avais détourné mon visage, parce que je n’arrivais plus à retenir mes larmes.


Du même contributeur, Alima


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