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Chronique

Comment Anna a-t-elle terminé la nuit ? (La chronique d’Alima), par Alima

01 mars 2020, Alima

Je n’ai pas le droit de lui faire ça. Je devrais rester digne ne serait-ce que parce que tout le monde me prend pour une garce. Il faut que je me ressaisisse. J’entends papa qui frappe à ma porte.

Cette nuit là je me suis efforcée à dormir. Je ne tenais plus à y penser. Je voulais juste dormir, rien que ça, me sentir bien. Je ne sais même pas combien d’heures j’ai dormi. Que dis-je ? De minutes. J’étais toujours dans mon lit, les yeux grand ouverts, bien réveillée même. Je repensais à tout ce qui aurait pu se passer cette nuit. C’était la première fois que j’en étais arrivé à cet extrême. Même avec Issa je n’ai jamais été aussi loin. De petits câlins par ci par là, mais ça ! Oui c’est certain, j’ai un problème. Jamais aucun homme n’aurait pu se vanter de m’avoir touché. Jamais aucun, même pas Issa n’est parvenu à voir ou toucher, une seule parcelle de mon corps... le seul homme qui m’ai jamais embrassée, Issa, pourquoi ? J’ai voulu embrasser un de mes mecs une fois une seule fois et j’ai regretté. Je m’étais alors promis de ne jamais le faire. Vous croyez quoi, que tous ces genres d’hommes exigent du sexe, du plaisir, ils ne diraient sans doute pas « non » si cela leur était offert sur un plateau d’argent. Mais ça n’a pourtant jamais été le cas en ce qui me concerne. Malgré tout mes airs, j’ai toujours tenu à ne jamais dépassé les limites. Mais pourquoi alors... pourquoi en suis-je arrivée à ça ? Comment ai-je pu me permettre tout ceci.

Puis un visage m’est apparu... mon père. Mais comment je peux autant lui manquer de respect, cet homme qui a toujours été là pour moi. Cette homme qui me considère comme sa plus grande fierté et me voilà à agir comme une dévergondée maintenant et sous ses yeux. Et le pauvre il ne me dit rien, juste parce qu’il a confiance en moi, et trop même à mon goût. Je n’ai pas le droit de lui faire ça. Je devrais rester digne ne serait-ce que parce que tout le monde me prend pour une garce. Il faut que je me ressaisisse. J’entends papa qui frappe à ma porte.

- Papa : boy, tu ne va pas bosser ?

Vous voyez... il m’appelle « boy » comme s’il parlait à un de ses potes, lol.
Je me suis alors apprêtée et direct au boulot. Vers 17h, Cheikh passe me chercher, nous sommes allés au bord de la mer, endroit calme public, où nous pouvions parler sans être dérangés. Pourtant aucun ne pipait mot. Je n’arrivais vraiment pas à le regarder dans les yeux.

- CHEIKH : mademoiselle joue à la timide maintenant ?
- MOI : Lol... non juste que je me sens gênée vis-à-vis de toi… écoute je suis vraiment désolée mais je ne tenais vraiment pas à ce que ça se déroule ainsi.
- CHEIKH : mais comment bébé, il ne s’est rien passée.

En plus il s’y croit toujours lui, pfff !

- MOI : parce que tu crois vraiment que ce qui s’était passé ce n’était rien du tout ?
- CHEIKH : écoute (en prenant une grande inspiration), il n’y a rien de mal, nous en avons tous les deux eu envie, il est où le problème
- MOI : le problème c’est que je ne le voulais pas. Le problème c’est que malgré tout ce que tu peux croire je ne suis pas une mauvaise femme.
- CHEIKH : mais ça vient faire quoi là ? « Yow Anna da nga doff » (t’es malade)... je n’ai jamais dit que je te prenais pour une dévergondée.
- MOI : Bien... voila, mais tu l’as pensé... et c’est bien le cas. Bref, écoute je tenais juste à te dire que cette relation ne rime à rien, si relation il y a.
- CHEIKH : pour une fois je suis d’accord (se disait-il tout bas à lui-même sûrement)
- MOI : Hé bien... ça ne risque pas d’être difficile nous deux. Je crois que nous avons battu le record pour être restée ensemble moins d’une semaine.
- CHEIKH : Lol... et tu trouves ça drôle ?
- MOI : toi aussi ça te fait sourire non ?

Il est cool quand même Cheikh, je ne m’imaginais pas rencontrer en boite un gars aussi cool. En plus il est mignon, gagne bien sa vie… mais pas plus quoi, ce n’est pas mon genre.

- MOI : écoute, tu ne pourras pas me comprendre tant que tu ne me connais pas réellement. Que ce soit toi ou un autre, je me rends compte que je ne suis pas prête pour une relation. Ce jour là j’avais juste envie de me défouler, d’oublier… un bon nombre de choses.

Pendant un instant j’étais perdue dans mes pensées.

- CHEIKH : et si moi je ne tiens pas à ce que ça se termine ?
- MOI : Lol... et si malgré tout, ça doit se terminer ?
- CHEIKH : t’inquiètes, je serais pire qu’un pot de colle.
- MOI : Mdrr... t’es malade.

Nous étions là à rigoler comme de vieux amis… mais un couple attira mon attention. Je me disais « ils sont mignons ». C’était une femme enceinte, en promenade avec un monsieur, sûrement son mari. Ils se dirigeaient dans notre direction, riaient à gorge déployées, c’était mignon. Mais… ce rire… plus ils s’approchaient plus je reconnaissais cette silhouette.

Wouy... si je pouvais me transformer en fourmi, non, non, non... pas ça. Je ne veux pas qu’il me voit. La honte je n’entendais plus du tout ce que disait Cheikh. Je veux disparaitre de la surface de la terre juste pour quelque minute. Il m’a bien vu…
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