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CHRONIQUE - Comment Anna vit-elle avec son chagrin ? (La chronique d’Alima), par Alima - SEYTOO.COM
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Comment Anna vit-elle avec son chagrin ? (La chronique d’Alima)

Chronique

Remarquez, on aurait sauté, toutes ces parties, peut être que cela aurait été une entrave, au fait que vous parveniez à totalement vous imprégnez de la vie d’Anna.

Publié le 07 avril 2020, Alima

Il ne m’est aucunement intentionnel de faire pleurer l’un de vous. Je m’excuse, sincèrement de vous avoir fait, verser des larmes. Vous n’imaginez vraiment pas à quel point c’est difficile pour moi, et ça l’est encore plus, parce que j’essaie de traduire les sentiments, le ressenti d’une autre. J’ai à plusieurs reprise tenté de m’arrêter, parce que justement je ne supportais pas, de raviver d’aussi mauvais souvenirs, pour la plupart d’entres vous. Il m’a été vraiment difficile de voir, vos commentaires, et certains témoignages, et cela m’a rendu vraiment coupable. Si cela n’avait tenu qu’à moi j’aurais de mon propre chef, sauté cette partie. Mais ce n’est pas mon histoire, c’est l’histoire, d’Anna, elle a voulu que j’en parle…alors même si c’est difficile je le fais. Peut être, ce sont mes mots, qui ont été trop, je ne saurais même pas dire, crus peut être…bref toutes mes excuses. Une chose est sûre ce n’est pas facile pour Anna de partager, ce pan de sa vie. Ceci, c’est aussi pour que nous nous rendions compte, que la vie n’est pas seulement faite d’instant de bonheur, la mort en elle même fait partie de notre quotidien. Remarquez, on aurait sauté, toutes ces parties, peut être que cela aurait été une entrave, au fait que vous parveniez à totalement vous imprégnez de la vie d’Anna.

De toute façon après l’orage va bien falloir que le soleil réapparaisse ;-)

Je regardais le nom affiché sur mon téléphone, avec surprise. Et le comble est que je n’ai pas osé décrocher devant Cheikh. Et je ne sais même pas pourquoi.

Madou ?

C’est sûrement Khadim qui l’a mis au courant de ce qui c’est passé. Parce que eux deux se connaissaient bien avant.

-MOI : allo, Madou ça va ?

Tout en disant cela, j’avais les yeux rivés sur Cheikh. Au même moment j’ai lu, de la surprise, de la colère et de la déception. Pourtant ce n’est pas ce qu’il croit !

-MADOU : Anna, c’est Khadim qui m’a mis au courant au sujet de ton père.
-MOI : oui j’imagine. Comment tu vas, ça fait longtemps.
-MADOU : toi plutôt, dis-moi que tu tiens le coup.
-MOI : oui, oui.

SHII Cheikh qui ne fait que me fixer. Et moi non plus je n’arrivais pas à me détacher de son regard. Je ne sais même pas si je faisais ça, pour le convaincre de ma bonne fois ou... Je ne sais pas.

-MADOU : t’as besoin de quelque chose ?
-MOI : comme quoi ?
-MADOU : je ne sais pas, tout ce que tu veux. Si tu as un quelconque souci, fait le moi savoir s’il te plaît.

Je ne cacherais pas que ça m’a vraiment touché, qu’il tienne à m’apporter son soutien. Surtout après ce qui c’est passé entre nous.

-MOI : non je te remercie, ne t’inquiète pas. Je n’ai besoin de rien.
-MADOU : ok, je te laisse te reposer, je serais là demain.
-MOI : ok, merci beaucoup pour tout.

Quand il a raccroché, il y avait une ambiance bizarre, dans la chambre. J’ai tenu à m’expliquer.

-MOI : c’était Madou, il dit que c’est Khadim qui l’a mis au courant.
-CHEIKH : hmmm…

C’était plutôt un grognement.

-MOI : ça fait tellement longtemps que je n’ai pas eu de ses nouvelles.
-CHEIKH : Et Assane, il est rentré entre temps ?

Mon cœur a commencé à battre plus fort que d’habitude.

-MOI :Assane...Non, non, mais il m’a appelé tout à l’heure.
Il est resté un instant silencieux…
-CHEIKH : il faut que j’y aille.
-MOI : déjà ?!
-CHEIKH : il se fait tard, il faut que tu dormes un peu. Demain, je serais là à quatre heures.

Le corps de papa, devait être récupéré à la morgue pour ensuite être acheminé vers l’une des villes saintes.
Quand Cheikh est parti, Alima est remontée me trouver dans la chambre.

-ALIMA : Anna, je rentre, je viendrais tôt demain.
-MOI : alors tu n’iras pas travailler demain ?
-ALIMA : quoi, non je viendrais vers sept heures, en même tant que maman.
MOI : mais alors reste ici, avec moi.
-ALIMA : laisse-moi rentrer et demain, je serais là bien assez tôt.
-MOI : Ali s’il te plaît ne me laisse pas dans la chambre ici, toute seule.
-ALIMA : mais faut vraiment que j’y aille « nak » ne serait ce que pour prendre des habits.
-MOI : « yaw danga soff », (tu peux être énervante !) Pourquoi aller prendre des habits, comme si tu ne pouvais pas porter les miens. « Boul meu fi bayi way » (me laisse pas ici)

Au même moment Madrecita qui monte pour l’appeler.

-MADRECITA : « Paré ngeu » (t’as fini) on y va.
-MOI : « démoul fene » (elle ne va nulle part) laisse là rester s’il te plaît.
-MADRECITA : « dieuw me rek nguen beug » (je sais que ce sera pour comploter contre moi)
-MOI : justement laisse nous seules, nous avons à discuter entre nous, allez oust !
Madrecita, qui nous lance de ces œillades.
-MADRECITA : bon j’y vais alors, à demain.

Nous sommes restées comme ça, pendant quelques minutes. Puis sommes allées prendre un bain.

-MOI : « Alima do dem rére » (vas y manger)
-ALIMA : Et toi alors, tu ne manges pas ?
-MOI : Moi je n’ai pas faim, je veux juste boire un peu de café.
-ALIMA : moi non plus je n’ai pas faim, mais tu ne vas pas boire de café, café, café, « rek », tu oublies que tu as des problèmes gastriques. Il faut vraiment que tu manges quelque chose.
-MOI : je n’y arrive pas, je risque de vomir si je le fais.
-ALIMA : ok essaie de dormir un peu donc.
Nous étions couchées, et chacune gardait le silence.
-MOI : tu sais ce que je regrette le plus ?
-ALIMA : dis moi.
-MOI : qu’il soit parti ainsi, de cette manière, qu’il soit parti avec des rumeurs me concernant plein la tête.

J’étais même incapable, de m’exprimer tellement ça fait mal, là tout au fond. Mais Ali ne disait rien, elle gardait le silence.

-MOI : J’aurais voulu lui prouver avant qu’il ne parte, que tout ce qui se dit sur moi, n’est pas vrai. Je regrette de ne pas avoir passé tout mon temps avec lui, chaque jour, chaque heure. J’aurais aimé qu’il me voie mariée, vierge, et heureuse. Je voulais juste qu’il soit fier de moi…
-ALIMA : Tu sais je pense qu’il te connaissait, bien plus que tu ne penses, et qu’il avait confiance en toi.
-MOI : Oui mais, ça ne suffit pas, je voulais qu’il voie de ses propres yeux, qu’il sache de lui-même.
-ALIMA : pourquoi tu ne pleures pas ? Pleure si tu en as envie, c’est tout à fait normal dans ces cas là.

Elle, je la voyais déjà le visage tout humide.

-MOI : je ne peux pas… « Alima bayil li ngeuy def » (arrêtes ça)…papa m’as dit de ne pas pleurer.

(Un instant je me suis dite « ki loumouy wakhni » (de quoi elle parle)

-MOI : j’ai rêvé de lui la nuit dernièrement. En plus tu sais pertinemment que ce n’est pas bien, pour le défunt.
-ALIMA : ok, excuse-moi.
-MOI : il a juste demandé à ce qu’on prie pour lui.
-ALIMA : mais tu sais, tu es humaine et tu as des sentiments aussi, quand ça fait mal, ça fait mal.
-MOI : je sais…essayons de dormir un peu « way »

N’empêche, nous sommes toutes les deux restées éveillées jusqu’au lendemain. Moi je n’avais pas du tout l’intention de m’endormir, c’était plus pour Alima que je disais ça, parce qu’elle a quitté le bureau pour venir ici. Dans le noir, elle croyait que je ne la voyais pas. A chaque moment, elle se levait pour vérifier si je dormais, alors je me hâtais de fermer les yeux.
Vers quatre heures, j’entends des pas sur la terrasse, c’est sûrement les garçons qui se préparent à partir. Je me lève alors pour prendre un bain.

-ALIMA : « hé fo dieum » (tu vas où)
-MOI : lol je vais prendre un bain, recouche-toi.

Quand je suis retournée dans la chambre, elle avait refait le lit, et m’attendait pour prendre un bain elle aussi.

-MOI : tu jeûnes non, vas y manger avant l’appel du muezzin.
-ALIMA : non, moi je ne mange pas à cette heure-ci.
-MOI : « yaw da ngay fontou dé » (c’est dangereux) t’as rien mangé depuis hier.
-ALIMA : toi non plus.

Après avoir prié, nous somme descendues, nous affairer, faire le ménage et autres avant que la maison ne fasse foule. Les hommes étaient partis juste après la prière. Cheikh était bien venu comme il l’a dit, à cette heure, pour y aller, de même que Madou.
Dans la matinée je vais trouver Ta Coura dans sa chambre.

-MOI : Ta, tu as mangé.
-TA COURA : je n’ai pas faim.
-MOI : tu ne veux pas, que je te prépare de la bouillie.
-TA COURA : non ça va, tu as mangé toi ?
-MOI : bien sûr.

Je me demande si d’un coup je ne serais pas atteinte de mythomanie.
La maison affluait de monde. Je ne pensais même pas qu’il y aurait tant de gens.
Maman était arrivée, elle est allée voir grand mère ensuite, Ta Coura. Elle est restée avec elle un bon moment.
Alima me faisait du marquage à la culotte « deugeuntane », comme si on lui avait demandé de me surveiller.
Vers treize, quatorze heures, les hommes étaient rentrés. On leur avait préparé des bassines, afin qu’ils se lavent les mains. « Way » il aura fallut que les femmes les voient arriver, pour commencer à crier.
Ça m’énerve tout ça ! Est-ce que moi je pleure, est-ce que jules lui il pleure ? J’aperçu jules, suivi, de Cheikh, ensuite il y avait Madou avec Khadim à ses cotés.

-MOI : Ali, « do gneuw gnou dem teud », (allons nous reposer un peu)
-ALIMA : vas-y toi, je reste un peu dans la cuisine.

Comme vous savez si bien au Sénégal, même en période de ramadan, on se doit de préparer à manger à midi, pour ceux qui ne jeûne pas, et le comble c’est qu’on dirait que personne ne jeûne dans ce pays là !
J’aurais juré que nous n’étions pas, en plein mois de ramadan.
Ali qui m’apporte, un plat, dans ma chambre, parce qu’il y avait certaines copines qui y étaient avec moi.
Cheikh est entré, a salué l’assistance.

-CHEIKH : « khamna leko » (je suis certain que tu n’as pas mangé)

Il est resté quelques minutes, puis est redescendu. Les garçons de la maison ainsi que leurs amis du quartier, c’étaient regroupés, pour réciter, des versets etc.

(Pourquoi toujours autant d’affluence, même quand le plus important est fait.)

Les gens sont restés là, jusqu’à la coupure du jeûne, après leur départ la maison était sans dessus dessous.
Nous étions dans ma chambre, quand Cheikh frappe.

-CHEIKH : je vais y allé, il se fait tard. Je serai là demain, mais appelle moi si t’as un souci.
-MOI : ok bonne route.
Khady notre femme de ménage, (mais elle c’est comme une sœur pour moi) est venu nous trouver, Ali et moi.
-KHADY : Anna, je te prépare quelque chose à manger.
-MOI : non, c’est bon.
-ALIMA : Anna… « Dama khif nak », (j’ai faim) depuis vendredi matin je n’ai rien mangé.
-MOI : mdrrr
-ALIMA : hé arrêtes de rigoler, qu’est ce qui te prends ?!
-MOI : je t’avais dit de manger, mais tu ne veux pas m’écouter. « Kou beugeu dé wekou » (quand t’en as eu marre…)
-ALIMA : si tu ne manges pas, tu sais bien que je ne vais pas manger non plus. Si tu persistes comme ça « dou bakh si gnoune niare » (ça ira mal pour nous deux)
-MOI : ok, Khady apporte quelque chose.
Khady nous a apporté un plat. Nous avons mangé, puis sommes restées à discuter.

Cheikh m’a appelé, pour savoir si j’étais déjà couchée, Madou aussi. Ce dernier m’intriguait d’ailleurs.
Le lendemain, la maison était toujours triste. Cheikh est venu vers 11heures, mais il restait peu de temps avec moi pour après aller auprès des jules et autres. Il faisait plus exactement des « va et vient ». Mais il y a une chose qui me chiffonnait, pourquoi Mame Fatim n’était pas venu, hier ?
Elle aurait au moins pu m’appeler. Mais je ne voulais rien demander à Cheikh à ce propos. Vers quatorze heures, alors que Cheikh était dans ma chambre, avec quelques autres personnes, Sokhna entre.

-SOKHNA : Anna, « wouyoul », (réponds) C’est Madou avec d’autres personnes.

Mais la manière dont Cheikh m’a regardé wow !

Je suis sortie de la chambre, pour aller dans le salon où je trouve, MADOU, accompagné d’une dame, d’une jeune femme, et d’un autre homme.
C’est qui tout ceux là ?!
J’entre, je les salue, tous un à un.

-LA DAME : Anna ma fille, mes condoléances, j’ai beaucoup entendu parler de toi.

Je regardais Madou, sans rien comprendre ????


Du même contributeur, Alima


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