person_outline Me connecter close
Fermer
search
Recher.
menu
Menu

Vous
EN
English
Life TV Africa News Club

Accueil
share
@

Partager
arrow_back
Retour
CHRONIQUE - Débbo (11), par Ladyba - SEYTOO.COM

keyboard_arrow_rightSuivant

keyboard_arrow_leftPrécédent
save

Enregis.
share
@


Partager

Débbo (11)

Chronique

Lala entamait, son 3ème mois de grossesse et elle qui croyait que bientôt les nausées et autres désagrements du 1er trimestre allaient passer mais en fait non pas du tout.

Publié le 27 octobre 2020, Ladyba

Coura était arrivée dans un froid glacial à l’aéroport Charles de Gaulle, elle avait bien sûr été impréssionnée par ce lieu si immense et le nombre important d’avions qui décollaient, qui atterissaient ou qui roulaient sur la piste. Elle avait été un peu perdue, à la sortie de l’avion, mais finalement avait suivi les gens, elle était arrivée aux guichets de contrôle avec un peu de stress quand même, elle avait un visa touristique alors qu’elle venait pour travailler. Tonton Babacar l’avait un peu coaché sur les réponses qu’elle devra donner, à certaines questions habituelles, qu’on lui poserait et il lui avait dit de ne surtout pas stresser. Il ne fallait pas qu’ils puissent soupçonner, un seul instant, qu’elle venait pour immigrer parce que dans ce cas ce sera retour direct à la case départ par Charter.

Elle s’arma de courage, récita quelques versets et passa la douane française sans souci finalement, elle avait répondu calmement et avec le sourire. L’officier, lui souhaita même, de passer d’agréables vacances. Cette 1ère étape franchie, il fallait qu’elle récupère ses deux valises, elle suivit la signalétique indiquant le ‘Bagage Claim’, elle émit un petit sourire en montant sur l’escalator électrique.

Cela lui rappelait leur escapade Moctar et elle, dans un centre commercial situé à Dakar plateau. Il n’y avait pas beaucoup de ce type d’équipement au Sénégal, et donc elle n’avait pas l’habitude et avait peur de tomber sur ces machines qu’elle voyaient très souvent à la Télé. Un jour que Moctar et elle, passaient devant le centre commercial, Moctar l’avait incité à rentrer et l’avait forcé à monter, plusieurs fois, le seul escalator qu’il y avait dans le centre et qui était montant, afin de s’entraîner et elle l’avait fait avec un énorme fou rire déclanché par les regards étonnés des passants.

Moctar, il lui manquait déjà, elle avait pleuré pendant presque tout le vol tellement sa famille et son mari lui manquaient déjà.

Coura put prendre ses valises rapidement et se dirigea vers la sortie, il faisait 15degres et c'était chaud pour les parisiens pour un mois de mars. Elle les regardait, bizarrement, avec leurs habits légers alors qu'elle, malgré ses deux pulls et sa veste en jean, grelottait de froid . Sa tante était venue la chercher accompagnée d'un homme, qu’elle lui présenta comme un ami de la famille.
Elle était excitée sur le chemin avec tous ces immeubles, ces grandes routes, elle n'avait jamais vu une ville aussi grande. C'est vrai qu'elle avait regardé beaucoup de films qui se déroulaient à Paris mais c'était impressionnant quand on débarquait comme ça d’un tout petit pays comme le Sénégal.
Ils arrivèrent chez sa tante à Sarcelles , alors là elle croyait vraiment être dans un film, il y avait des barres d'immeubles partout , depuis 5mn que sa tante lui avait dit qu'ils arrivaient bientôt, elle n'avait pas vu un seul blanc ( que des noirs et des arabes ). L'ami de tata se gara, devant un grand immeuble, d'environ 10 étages et il les aidèrent à monter les valises puis les laissa seules.

Sa tante habitait " rue Louis Aragon " et quand elle venait à Pikine, en vacances et qu’elle voyait les enfants rester dans la maison toute la journée, elle disait " fi ma deukk, sarrrrrrcelles khalé yi dagno amm beaucoup d'espaces verrrrttt , ak ayye balançoires, vraiment labas môme les enfants ont de quoi faire, ils les éveillent dès le jeune âge " ( la ou j’habite à Sarcelles, les enfants ont des espaces verts , avec des balançoires ). Coura l’admirait et enviait même ses enfants qui avaient eu cette chance contrairement à ses frères et soeurs

Faut dire que ce nom ça le faisait grave quoi : j'habite à Paris, à sarcelles (bon déjà Sarcelles ce n'est pas Paris, sarcelles c'est le val d'Oise un département de la région Île de France). Mais parfois les immigrés quand ils reviennent dans leur pays en vacances, ils prennent les gens pour des incultes et les baratinent afin de leur faire croire qu’ils menaient une vie de rêve.
Tata lui fit visiter l'appartement et c'était assez grand, en tout cas, pour l'île de France mais pas pour une personne qui débarquait du Sénégal . C’était un appartement avec 3 chambres et un salon. Tata avait 2 fils et 2 filles, elle lui montra la chambre des filles où coura devra s'installer c'était une petite chambre avec des lits superposés et une petite place sur le sol où coura devra poser un matelas gonflable.

Tata avait un mari soninké et elle était sa 3ème épouse. Le vieux a 65 ans et avait une femme à Tambacounda, une femme à Montreuil (Seine Saint Denis toujours en ile de France, cette ville était appelée parfois la 2ème ville du Mali après Bamako tellement le nombre de maliens au m2 était juste énorme) et Tata à Sarcelles. Il était un peu comme le papa de Coura avec 3 épouses et une grande famille, sauf que lui n’avait pas de problèmes financiers, pas parce qu’il était plus riche mais il avait eu la ‘chance’ de vivre dans ce pays avec un système social intéressant ( en fonction du côté où on se trouvait BIEN SUR).Les enfants n’étaient pas dans l’appart, et le vieux était au bled, on était en plein hiver , et en général il le passait au pays avec sa 1ère femme.
Tata laissa Coura se poser, prendre une douche et se reposer un petit peu. Puis elle lui servit à manger et en profita pour parler un peu avec elle :
Tata : ah ma fille, bienvenue et fi mome ssa keurr la ( c’est chez toi ici ) et c’est dur la France certes, mais avec un peu de courage et de dignité, tu pourras t’en sortir . J’ai parlé de toi à une amie camerounaise qui a une société de nettoyage et elle accepte de te prendre. Elle vient de décrocher un contrat pour faire le ménage dans une entreprise qui n’est pas loin d’ici, juste en face de l’hôpital de la ville

Coura : ah merci beaucoup tata, déjà de me recevoir mais ensuite de m’avoir déjà trouvé un travail. Tu sais bien que je n’ai jamais été une paresseuse et quand il s’agit de travailler je suis toujours partante. Je sais bien ce qui m’amène ici, si j’ai quitté mon mari pour venir ici c’est uniquement pour mes frères et sœurs et mes parents donc ne t’inquiètes surtout pas.
Tata : tu es vraiment une brave fille, que Dieu t’aide inchallah. Demain, tu iras voir mon amie et elle te dira quand commencer
Coura : mais tata, je ne pourrai pas travailler avec le visa non ? c’est un touristique
Tata : mo, yow chut rekk, ne t’inquiète pas. Vas la voir demain, je demanderai à Aïssatou ( l’une de ses filles , de t’accompagner , elle est en vacances . Elle te montrera aussi en même temps un peu la ville mais aussi les transports et tout.
Coura : ok

Le lendemain, Coura rencontra la copine de sa tante et elle lui dit qu’elle avait besoin de personnes dés maintenant et qu’elle pourra commencer des la semaine suivante. Elle lui avait juste demandé de venir se former deux jours dans les locaux de sa petite entreprise de ménage. Coura gagnerait le salaire minimum horaire et travaillerai environ 15 heures par semaine, aprés plusieurs calculs : soustraction, multiplication et division (oui, systéme social interessant mais il faut bien financer ce système et donc une fois le salaire brut annoncé, il fallait appliquer pleins de taux afin d’arriver au net, et une fois qu’on a le net il faut enlever le prix du transport, de la nourriture etc… ), elle pourrait envoyer à sa famille 150 Mille Fcfa par mois pour le moment. C’était encore peu, il fallait qu’elle trouve un autre travail ou qu’elle demande plus d’heures à sa patronne.

Elle appelait presque chaque jour, au début, sa famille puis quelques fois par semaine même si elle ne durait pas trop parce que ça coutait cher. Ce jour, la après avoir raccroché avec Moctar, elle appela Lala. Depuis qu’elle était arrivée, elle l’avait eu une fois quand elle avait appelé, tonton babacar , pour dire qu’elle était bien arrivée. Elle lui manquait et avait envie de prendre de ses nouvelles :

Lala décrocha de la 1ère sonnerie : allo
Coura : Mme Kane namenala ? je suis partie rekk tu m’as oublié pourtant tu étais ma partenaire
Lala : yow lo meyye ndieukeuntou , depuis la tu n’appelles pas ? tu veux nous montrer que tu n’as plus notre temps . Mme est une parisienne
Coura : hahahah wa pendant que tu le dis, manne je n’ai toujours pas vu la tour eiffel alors que je suis là depuis 2 mois , est ce que je suis à Paris sakh ????
Lala : hahahah coura ne me tue pas ,
Coura : tu as une petite voix, lou khew ? j’espère que ce n’est pas la sorcière hein ?
Lala : non ma puce, ces temps ci je tombe trop souvent malade, je suis même en arrêt maladie pour une semaine
Coura : yessssssssss, je suis contente pour toi
Lala : et pourquoi tu es contente alors que je suis malade ?
Coura : parce que je sais que tu es enceinte, je le sentais
Lala : tu as raison ma chérie, mais cette grossesse je te l’avoue a toi mais je ne la sens pas du tout. Ce ne sont pas des nausées banales hein.
Coura : oh ne t’inquiète pas, c’est ta 1ère grossesse c’est normal que tu stresses, akkk ssa toutiwayye tu es fragile c'est tout
Lala : ah j’espère
Un bip les interrompit
Coura : oups, la carte va bientôt se terminer, porte toi bien je te rapelerai dans la semaine pour voir si tout se passe mieux ? du courage, sois forte, il ne t’arrivera rien . bisous
Lala : merci de ton appel ma grande, gros bisous. Du courage à toi aussi, accroche toi

Lala entamait, son 3ème mois de grossesse et elle qui croyait que bientôt les nausées et autres désagrements du 1er trimestre allaient passer mais en fait non pas du tout. Elle était en arrêt cette semaine aprés avoir vu son médecin, la veille, en effet elle ne se sentait pas bien , avait des courbatures et des maux de ventres atroces. Aprés avoir raccroché avec Coura, elle se dirigea vers sa salle de bain qui se trouvait juste à cote de sa chambre, elle se sentait trés faible mais avait une envie pressante . Tant bien que mal, elle reussit à atteindre la porte des toilettes, mais elle touchait à peine, le poignet de la porte pour l’ouvrir, qu’elle sentit son corps le lâcher et puis plus rien BLACK OUT…


Du même contributeur, Ladyba

La
Ladyba

La
Ladyba

La
Ladyba

La
Ladyba

La
Ladyba


Partagez votre commentaire...



Dans la même rubrique



Nous vous recommandons


groupRejoignez le Club,
Vous allez adorer.

Life
TV
Africa
News
Club



À propos| Contacts| Confidentialité| Seytoo.App|English

© 2020, Seytoo, tous droits réservés. Seytoo n'est pas responsable des contenus provenant de site web externes et/ou publiés par ses visiteurs.