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CHRONIQUE - Débbo (6), par Ladyba - SEYTOO.COM

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Débbo (6)

Chronique

Elle raccrocha et eut un sursaut en se retournant, quand elle vit tonton Babacar.

Publié le 07 octobre 2020, Ladyba

Coura parlant au téléphone: oui mais c'est sûr que j'aurai le visa? Je ne vais pas investir mes économies pour qu'après le visa ne soit pas valable, il y a trop de truands maintenant. J'y tiens vraiment toi aussi, wagnil un peu je veux y aller uniquement pour aider ma famille, mes frères et sœurs sont trop jeunes il n’ y a que moi pour les aider dans leurs études entre autre…. Ok ok on se voit ce weekend pour plus en parler .

Elle raccrocha et eut un sursaut en se retournant, quand elle vit tonton Babacar :

Coura: ah tonton je ne t'ai pas entendu arriver motakh ma titt ni? (C’est pourquoi j’ai eu peur) Tu veux quelque chose ?
Tonton Babacar: ne t'inquiète pas, je ne voulais pas te faire peur et excuse-moi mais j'ai entendu ta conversation malgré moi !!
Coura fut un peu gênée qu'il ait entendu son projet de partir à l’étranger.
Tonton babacar s'assit sur une chaise : alors, comme ça tu veux aller en France?
Coura: oui tonton, mais pas maintenant dans quelques mois
Tonton babacar: tu sais, j'ai fait mes études là-bas et c'est vraiment très difficile comme pays surtout pour une femme
Coura: oui, mais je n'ai pas trop le choix, j'ai une famille nombreuse et je suis désolée mais ce qu'on me paye ici ne peut pas les nourrir
Tonton babacar: tu as beaucoup de frères et sœurs ?
Coura: oui, mon père a 3 épouses, et la dernière est enceinte en ce moment et ce sera le 10eme enfant de notre si grande famille pfffff. Mon grand frère lui passe tout son temps dans la musique, il n'essaie même pas de faire autre chose. Les 50mille ( oui elle avait eu une augmentation, elle ignorait pourquoi , adji penda lui avait juste dit qu’elle était contente de son travail ) que je gagne sont loin d'être suffisants pour nourrir tout le monde . Heureusement, la maison appartient à mon père et on en paye donc pas de loyer, mais même la maison se dégrade de plus en plus et faudrait refaire des travaux.
Tonton babacar: domme deh ( ma fille ) , je te vois ici chaque jour mais je n'avais aucune idée de ta situation . Mais comment tu comptes payer le gars qui est sensé te faire les papiers?
Coura: en fait, ma tante est à Paris et elle veut bien m'avancer les frais que je lui rembourserai dès que je serais là-bas et que j'aurai un travail

Tonton avança ; il faut te méfier de la famille en France. Ils ne sont pas tous si sympas que ça . Mais ton histoire m’a touché et tu aurais pu faire comme certaines jeunes filles et tomber dans le « mbarane » que j'appelle la prostitution déguisée. Déjà, rares sont les jeunes filles de ton âge habitant la région dakaroise, qui auraient accepté d’être domestiques. Je vais t'aider avec les papiers ok? J'ai encore des contacts en France et même ici à l'ambassade je connais des gens, je vais t'aider à avoir ton visa.
Coura: tonton c’est vrai? J’avoue que je n’ai pas trop confiance au gars-là, Et ce sera combien?

Tonton ; lol rien tes intentions sont très louables et je t’observe, depuis longtemps, t'occuper de ma famille comme si c’était la tienne. Pourtant, ma femme t'en fais voir de toutes les couleurs mais tu ne bronches jamais. Et marie, elle, si elle avait, ne serait-ce qu'un millième de ta débrouillardise, ce serait génial mais elle ne sait rien faire . Je vais te donner un coup de main, en tout bien tout honneur, juste comme j'aurai aidé ma propre fille. Je te trouverai un visa et le billet aussi ok? Et tu ne me devras rien, juste réussit et continue de te battre dans la dignité quand tu seras là-bas .
Coura: ah tonton? Adji Penda ne sera pas d'accord
Tonton babacar: lol et depuis quand c’est elle qui décide de ce que je fais ou pas?
Coura: ah moi, je ne veux pas être source de problèmes.
Tonton Babacar: ne t'inquiète pas, c'est ma maison ici non? Et ce sont mes contacts et mon argent donc j'en fais profiter qui je veux. Mais pour le moment c'est trop tôt pour lui dire, je vais d'abord me renseigner sur les papiers que tu dois me fournir. Tu as un passeport?
Coura: non pas encore, tonton manne meussou ma guéneu Dakar bi sakh deh .( je ne susi jamais sortie de Dakar )
Tonton Babacar : lol bon on va commencer par te trouver un passeport.
Coura : merci merci vraiment, amouma ssa fayye ( je ne sais comment te remercier )
Tonton Babacar : je le fais vraiment avec plaisir.

Tonton Babacar était un homme très pieux et très généreux . Il avait fait sa jeunesse comme il disait si bien, parfois à ses amis, qui lui reprochaient d’être trop fidèle à son épouse. De plus, il était encore beau, avec des sous et donc un gros poisson pour les mbaraneuses comme Aïda. Il avait fait de longues études en France et avait eu toute sorte de petites amies (asiatique, noire, blanche, arabe) et avait très bien profité de sa jeunesse sans trop d’excès bien sûr. Il s’était marié assez tard à son retour sur Dakar et était tombé fou amoureux de Adji penda. Et même si, aujourd'hui, cette dernière avait beaucoup changé sans doute du fait de leur ascension sociale, elle était quand même toujours son amour. Et cette dernière le respectait beaucoup parce qu’elle savait très bien que son mari ne ferait pas certaines choses que font les maris de ses copines.

Il aurait pu profiter du besoin de Coura comme un autre aurait sans doute fait, mais lui il était persuadé qu'un homme, un vrai, c'est celui qui savait résister aux tentations et l’excuse" je suis un homme" le faisait rire parfois. Pour le moment, il était bien avec sa femme et sa famille et c’était l’essentiel. Il n’avait besoin ni de 2eme femme, ni de maîtresse, il n’avait d’ailleurs pas le temps de jongler, de mentir, de se cacher. Son temps libre, il préférait le consacrer à la lecture, à sa famille, à la religion.

Mansour, le mari de Maï, aurait sans doute beaucoup à apprendre de Tonton Babacar. Même si lui il s’était marié très jeune, ce qui non plus n’est pas une excuse pour faire du n’importe quoi et avec n’importe qui.
Après sa sortie inexpliquée et brutale de ce samedi, Mansour était devenu doux comme un agneau. Il était revenu très tard, comme d’habitude, mais le lendemain il s’était levé tôt pour aller acheter des croissants et faire le petit déjeuner, avant que Maï ne se réveille. Cette dernière a failli tomber dans les paumes quand elle avait vu la petite table basse du salon remplie de petits délices, en plus tout ce qu’elle adorait (pains aux chocolat, chausson aux pommes, palmiers …) , Mansour sortait de la cuisine avec des bouteilles de jus d’orange et avec le sourire :

Mansour : Chérie, bien dormi ? où sont les enfants ? Pas encore réveillées ?
Maï avait perdu sa langue : …
Mansour : allo la lune ? Ici la terre. Il prit maï par la main et l’installa sur le canapé
Mansour : assis toi, ne bouges pas. Je vais aller réveiller les petites

Maï pensait être encore en plein rêve (quoique même en rêve, elle n’aurait pas osé rêver de ça), c’est quand ses princesses vinrent se blottir dans ses bras sur le canapé qu’elle réalisa que tout cela était réel. Ils prirent un bon petit dej en famille, elle avait prévu d‘aller au salon pour éviter Mansour mais annula, vu que Mr son mari avait prévu une journée à la plage. Elle était heureuse, même si dans sa tête, elle se disait que seuls deux scénarios pouvaient expliquer ce changement brutal :

-Soit il regrettait leur dispute d’hier et qu’il avait honte, vu qu’elle ne l’avait même pas trop calculé
-Soit il s’était disputé avec la copine d’hier et s’était rendu compte qu’elle ne valait pas mieux que sa femme et donc retour aux sources

Dans les deux cas, elle se dit autant profiter du calme présent et ne pas trop se prendre la tête, elle était devenue très pessimiste concernant Mansour et savait bien qu’il y’avait quelque chose de louche, mais se dit qu’elle s’énervera le moment venu. Pour le moment, mieux vaut offrir à ces enfants le bonheur de s’amuser avec leur papa qu’elles voyaient à peine les weekends.

Ils passèrent une très belle journée. La semaine suivante c’était pareil, il était toujours aussi adorable à un moment Maï se dit même que peut être qu’il avait définitivement changé et que, son attitude de l’ignorer et d’arrêter les disputes, avait payé. Mansour rentrait tôt, les weekends il les passait avec les femmes de sa vie comme il aimait les appeler. Côté intime, elle avait cru que la flamme s’était éteinte mais en fait non, ces « retrouvailles » étaient même beaucoup mieux qu’avant.

Maï avait retrouvé sa joie de vivre et un jour qu’elle préparait un sac pour amener les costumes de Mansour au pressing, elle lui demanda si elle pouvait prendre aussi la veste qu’il avait mise ce jour-là, il lui dit ok. Elle préparait le sac et s’apprêtait à le fermer quand elle se rendit compte qu’elle n’avait pas vidé les poches. Elle sortit en 1er la veste et vit un papier plié en 4 coté recto du coup on pouvait voir facilement ce qui était écrit .Si ça avait été un autre papier, elle l’aurait remis de suite à Mansour mais ce nom inscrit sur ce papier lui était trop familier . Elle le déplia alors….


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