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CHRONIQUE - Déchirure (10), par venusse - SEYTOO.COM
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Déchirure (10)

Chronique

Je n’avais trouvé réconfort et soutien que dans le journal intime que je tenais depuis ce drame. Dépôt de mes états d’âmes, il était devenu au fil des années mon plus fidèle compagnon, mon confident et mon purgatoire.

Publié le 09 mars 2020, venusse

Mon père fut promu colonel l’année suivant ma tragédie. On l’affecta à l’Etat-major de l’armée, ce qui occasionna notre retour au point de départ, Dakar.

On m’inscrivit encore dans une école privée catholique pour filles, comme celle que j’avais fréquentée jusque la. L’adaptation fut difficile pour diverses raisons : d’abord, j’étais une personne de nature timide, ensuite, le malheureux accident de parcours que j’avais eu à subir m’avait poussé à me recroqueviller davantage sur moi, et enfin mes camarades me regardaient de haut. En effet, pour elles, je n’étais pas ce qu’elles appelaient « une fille in, branchée, dans le vent ». J’étais « une broussarde » à leurs yeux.

D’un autre coté, ma mère, malgré les interventions constantes de mon père et de mes frères lors de leur séjour à Dakar pendant les grandes vacances, me battait toujours froid. Sauf nécessité absolue, elle ne m’adressait pas la parole, et pourtant, elle avait sa part de responsabilité dans ce qui était arrivé, parce que si elle m’avait donné une éducation sexuelle, j’aurai pu éviter ce genre de piège dans lequel j’étais tombée. Je souffrais en silence. Je n’avais trouvé réconfort et soutien que dans le journal intime que je tenais depuis ce drame. Dépôt de mes états d’âmes, il était devenu au fil des années mon plus fidèle compagnon, mon confident et mon purgatoire.

C’est dans cette atmosphère que j’obtins mon bac, sésame qui m’ouvrit les portes de l’exil vers la France pour y poursuivre mes études.

Après deux ans en classes préparatoires, je réussis au concours d’entrée à l’ENSEEIHT de Toulouse, d’où je sortis avec un titre d’ingénieur informaticienne.

Je rentrai donc au pays, après six années d’absence.

A mon retour, j’eus la chance d’être embauchée par une grande boite d’informatique, la STI, créée par des ingénieurs sénégalais, et qui intervenait au Sénégal et dans la sous-région. De simple employée, je passai au bout de 5ans de service au statut d’associée. Je reconnais que je méritais cette promotion, vu mon acharnement et mon ardeur au travail. Et pendant ce temps, ma relation avec ma mère ne changeait pas, elle était restée froide et distante. Même mon mariage, n’avait pas réussi à nous rapprocher !

C’est justement par le biais de mon travail que j’ai connu l’homme qui allait devenir mon compagnon dans la vie : Moctar !

Par un de ces tours du destin dont seul Dieu a le secret, je le trouvai sur mon chemin, un samedi, dans ce beau lieu de villégiature du Sénégal, Saly Portudal.

Au début je ne prenais pas sa cours pressante au sérieux, car l’homme, au physique de jeune premier, avait la réputation d’être un coureur de jupons invétéré, un briseur de cœurs. Je justifiais son intérêt pour moi par l’attrait de la nouveauté que je représentais pour lui, et surtout par ma réticence à accepter ses avances. Je me disais qu’un garçon aussi beau ne pouvait pas être attiré par une fille aussi quelconque que moi, d’autant plus que les plus belles filles de Dakar lui couraient après. Je n’avais vraiment rien pour lui plaire et, cerise sur le gâteau, il avait une situation professionnelle envieuse et était promis à un bel avenir. Entêté et persévérant, il finit par me convaincre et toucher mon cœur. Je tombai alors irrémédiablement amoureuse de lui. Il me proposa le mariage au bout de quelques mois, ce que je n’espérais pas aussi vite.

L’euphorie passée, je me rendis compte d’un oint qui pouvait faire foirer ce projet de mariage : monsieur tenait à ce que sa future femme soit vierge, et il croyait que je l’étais, évidemment, vu mon manque d’empressement pour les relations charnelles (je repoussais systématiquement ses tentatives de rapprochement physique, car je refusais d’aller au-delà des baisers). Il avait tiré cette conclusion du fait que j’avais refusé de coucher avec lui à chaque fois qu’il me le proposait. Un soir, alors qu’il m’avait invitée à diner dans un restaurant huppé de la capitale, il me posa la question sans détour :

- Tu es vierge Mame Aita, n’est ce pas ?
Prise au dépourvu, je paniquai. Il en tira sa propre conclusion :
- Je savais que tu étai vierge conclut-il, avec un sourire d’exaltation. Il me pressa affectueusement la main. M’offrir ton honneur est le plus beau cadeau qu’un homme puisse recevoir de la femme qu’il aime et qu’il a choisie pour épouse. Tu ne sais pas combien j’ai hate qu’on se marie, ma chérie !
- Attends Moctar, je… Il m’interrompit en posant son doigt sur ma bouche.
- Chut ! Ne dis plus rien ma chérie d’accord ?

Il me caressa affectueusement la joue.

Dieu ! Je venais de me fourrer dans un guêpier inextricable ! Comment allais-je pouvoir faire pour m’en sortir ?
Dire la vérité avant qu’il ne soit trop tard au risque de le perdre. Non, je l’aimais trop pour ça. Je n’aurai pas supporté de le voir se détourner de moi. Et c’est ce qui risquait de se passer s’il venait à découvrir mon mensonge par omission.

J’avoue qu’il y’avait de quoi donner des sueurs froides à la plus téméraire des cascadeuses. Il fallait donc que je trouve rapidement une solution à mon épineux problème.

La solution me vint comme par illumination, un matin, au bureau. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?


Du même contributeur, Venusse


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