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CHRONIQUE - Déchirure (11, Fin), par venusse - SEYTOO.COM
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Déchirure (11, Fin)

Chronique

La rumeur de leur relation m’était parvenue grâce aux bonnes attentions d’une de ses cousines, qui me tenait en haute estime et travaillait dans la même boite qu’eux.

Publié le 11 mars 2020, venusse

J’avais lu dans un magazine, quand j’étais étudiante, un article consacré à la virginité des jeunes filles issues de parents immigrés africains et maghrébins. Je me souvenais qu’on y avait parlé de la possibilité de se refaire un hymen grâce à la chirurgie !

Vite je me connectai sur le net, et tapai les indications sur un moteur de recherche. Les dossiers s’affichèrent aussitôt. Je pu accéder à une liste de praticiens en France qui pratiquaient avec succès ce type d’opérations. J’en choisi un, une femme que je contactai sans attendre.

Rendez-vous fut donc pris pour la semaine suivante. Restait alors ^pour moi à négocier une semaine de congé avec mes employeurs. Comme j’étais en avance sur le traitement de me dossiers, ils me l’accordèrent sans difficulté. Je devais aussi trouver une parade pour Moctar, pour justifier ce voyage imprévu. Je pretextai alors des achats à Paris en prévision du mariage.
Moctar demanda officiellement ma main à mes parents. Mon père heureux comme tout nous donna son accord et sa bénédiction. Quant à ma mère, elle accueillit la nouvelle avec détachement. Quand on se retrouva seules, elle en profita pour me livrer le fonds de sa pensée :

- J’espère au moins que tu as eu l’honnêteté de dire la vérité à ce garçon, avança-t-elle froidement.

Je tiquai :

- Je ne comprends pas… balbutiai-je.

Elle émit un grondement qui ressemblait à un signe d’énervement :

- Vraiment ? Tu sais parfaitement de quoi je parle, tu veux un conseil ? Parle lui de ton passé si tu ne veux pas avoir de mauvaise surprise plus tard. On n’est jamais trop prudent, tu sais, m’asséna-t-elle froidement.
Habituée à son sarcasme, je haussai les épaules

L’opération fut une réussite. Mon problème fut résolu en moins de deux heures de temps. La gynécologue m’expliqua que j’aurai pu subir l’intervention au Sénégal, information que j’ignorais bien sur.

Je me sentais légère comme une plume. Je fis ensuite une promenade dans les rues de Paris en sifflotant gaiement. Les passants me regardaient drôlement, se demandant sans doute si je jouissais de toutes mes facultés mentales, mais j’étais tout simplement heureuse, joyeuse. Comme la vie me paraissait belle alors !

Notre mariage religieux fut célébré un dimanche. La cérémonie draina une foule nombreuse composée de parents, d’amis, de collègues et de connaissances.

La veille, nous avons été à la mairie de ma commune d’arrondissement pour le mariage civil. Moctar m’avait annoncé à l’avance, avec une certaine gêne, qu’il allait opter pour la polygamie. En tant que musulmane, je respectai son choix, mais je soupçonnai que c’est sa mère qui le lui avait conseillé. En effet cette femme qui allait devenir ma belle mère, m’avait d’emblée témoigner de la réserve. Mais je me disais que sa réaction était tout à fait normale : elle veillait sur les intérêts de son fils, et elle venait à peine de me connaitre. J’allais œuvrer pour me faire accepter d’elle. Et puis ce n’était qu’une signature apposée sur un papier, ça n’avait pas trop d’importance. L’essentiel c’était d’aimer et d’être aimé, et de faire de son mieux pour rendre son homme heureux, et je crois que je me suis attelé convenablement à cette mission jusque maintenant.

Mon subterfuge, Moctar n’y avait vu que du feu ! Notre nuit de noces à Saly, à l’hôtel où nous nous sommes connus, et que nous avions choisi pour passer notre lune de miel, se passa merveilleusement bien. Le lendemain, mon chéri, tout heureux, appela ma mère pour la remercier de m(avoir si bien élevée et conseillée afin que je me préserve pour mon futur époux. Cela provoqua l’ire et la fureur de celle-ci qui, à l’insu de Moctar, n’hésita pas à prendre son téléphone pour me balancer ses quatre vérités :

- Tu n’es qu’une sournoise, une menteuse doublée d’une simulatrice. Mon Dieu qu’ai-je fais pour mériter une fille comme toi ? Je ne sais quel tour de passe-passe t’as utilisé pour faire croire à ton mari que tu es vierge, mais sache qu’il te démasquera tôt ou tard.

Ce fait creusa davantage le fossé d’incompréhensions existant entre nous.
Une semaine après notre retour de voyage de noce, je rejoignis le domicile des parents de mon mari (il y vivait en ce moment-là), sous la conduite de mes tantes paternelles. Les Doucouré résidaient dans le paisible quartier de Gibraltar.

Nous y vécûmes pendant deux ans, en toute quiétude et sérénité, avant d’avoir notre propre logement. Femme heureuse et choyée par mon mari, je trouvai également une famille d’adoption en celle de mon mari :

- Considère-toi comme un membre à part entière de la maison, et non comme une belle-fille ou une belle-sœur, me dit d’emblée mon beau père Mamadou Doucouré, en présence de sa femme, ma belle-mère Adja Tabara Sow.
Nous n’avions toujours pas d’enfant, mais pour nous ça allait venir plus tard.
Comme je me trompais !

Cinq ans passèrent et toujours pas d’enfant !
Là nous commençâmes à vraiment nous inquiéter. Ma gynécologue, après examen m’avait clairement expliqué que mes trompes sont bouchées, conséquences probable d’une vieille infection. Je lui racontai alors mon avortement et elle m’expliqua que la cause venait de là.

- Mais on m’a conduite dans une clinique le soir même, et j’y ai reçu les sois appropriés : protestai-je.

- Quand bien même, le mal était déjà fait, madame Doucouré, me fit-elle comrendre. Malhereusement c’est ça le ddrame de ces IVG faites clandestinement par des non professionnels.
Je venais de recevoir le coup de massue :

- Vous voulez donc dire que je ne pourrai pas avoir d’enfant. Demandai-je anxieusement.

- Ça va être difficile, mais nous allons essayer avec les nouveaux traitements. La médecine a beaucoup évolué au cours de ces dernière années.
Accrochée à cette lueur d’espoir , j’enchainai alors les cycles de traitement. Commencés au Sénégal, ils nous conduisirent succéssivement en Franc durant nos vacances, aux USA et même au Canada. Fécondation in vitro, insémination artificielle…, furent des expressions qui n’eurent plus aucun secret pour moi.

Ce furent des périodes éprouvantes, mais Moctar m’apporta un soutien sans faille. Et chaque fois que je lui faisais part de ma gratitude, il me répétait qu’on formait un bloc, en me rappela alors le fondement du mariage « pour le meilleur et le pire » et cela, quelle que soit la religion des conjoints.
Ah, j’avais oublié : le traitement mystique ! Que de contrées visitées, quelles sommes folles nous avons dépensées !

Sur les conseils et recommandations de certains de nos proches, nous eûmes à consulter un nombre incalculable de faiseurs de miracles, les « ma meun » comme on les appelle familièrement chez nous.

Du Cayor en passant par le Sine et le Saloum jusqu’à la verte Casamance, sans oublier Tambacounda, la région d’origine de mon beau-père, notre obsession d’avoir un enfant nous conduisit dans tous ces lieux du Sénégal profond.J’eus même à me rendre jusqu’à Bafoulabé au Mali. Résultat ? Rien jusqu’à présent. Et aujourd’hui j’assiste à la dislocation de mon mariage. Mon mari risque de m’abandonner pour une autre femme. Peut être même pour aller se mettre en ménage avec l’une de ses collaboratrices, une certaine Adji Dieng, dont on disait qu’il avait une liaison avec elle.

La rumeur de leur relation m’était parvenue grâce aux bonnes attentions d’une de ses cousines, qui me tenait en haute estime et travaillait dans la même boite qu’eux.

J’avais déjà eu l’occasion de voir l’intéressée, lors de la dernière soirée de gala annuelle organisée par l’amical des employés de leur boite. C’était une très belle fille, une véritable perle. C’était un ancien mannequin célèbre et adulé à l’époque dans le pays, et malgré cela, elle avait tenu à poursuivre ses études de marketing et était parvenue à obtenir son master. Elle avait depuis lors intégré la puissante boite pétrolière où travaillait Moctar, qui avait gagné des galons, entre-temps, et avait été promu au poste de directeur commercial. Adji était depuis lors sa principale collaboratrice. Mon cher mari ne tarissait pas d’éloge à son égard, et ne manquait jamais une occasion de parler d’elle ; Adji par ci, Adji par-là, et comble de malchance pour moi, la demoiselle était très sympathique et gentille avec moi.

J’avais beau vouloir la détester mais je n’y parvenais pas.

********

Que faire maintenant ? Prendre une deuxième femme ou… demander le divorce ? Je ne sais pas, tout se bouscule dans ma tête, mais ce dont je suis sûr, c’est que je dois prendre une décision coûte que coûte.

D’ailleurs, je pense qu’il serait préférable que je quitte la maison dans un premier temps, car je ne supporte plus de voir Aita dans cet état : désespérée, malheureuse. Dès demain, je commencerai à chercher un studio. Je ne veux pas retourner chez mes parents, pour me voir « harceler » par ma mère qui va sans doute en profiter pour me pousser à rendre une deuxième femme.
Adji ma collègue et amie, m’a conseillé de patienter encore, et de soutenir d’avantage ma femme. Mais c’est au dessus de mes forces, je suis à bout.


Du même contributeur, Venusse







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