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CHRONIQUE - Déchirure (2), par venusse - SEYTOO.COM
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Déchirure (2)

Chronique

Dans le langage courant on aurait dit " beaucoup d'eau a coulé sous les ponts" mais j'étais rattrapé par ces souvenirs qui me happaient, tel un voile qu'on aurait jeté sur moi.

Publié le 03 février 2020, venusse

Comment l'annoncer à Moctar mon mari ? J'avais un dilemme à résoudre au plus vite.
Je conduisais, présente physiquement mais mon esprit s'éloignait dans les mirages du passé, de mon passé, où se trouvait la racine de ma souffrance actuelle.

Que d'années sont passées ! Dans le langage courant on aurait dit " beaucoup d'eau a coulé sous les ponts" mais j'étais rattrapé par ces souvenirs qui me happaient, tel un voile qu'on aurait jeté sur moi.

Je revois mon enfance, dorée, choyée, moi la fille d'un couple de cadres. Un papa officier de l'armée sénégalaise et une maman administrateur civil de profession. J'avais grandi dans des camps militaires, disséminés aux quatre coins du pays, où nous conduisaient les affectations de mon pater. Ma mère servait dans l'administration sénégalaise de ces contrées.
Même si je n'avais manqué de rien, je reçus tout de même une éducation rigide. Est-ce une conséquence des professions de mes parents ? Je suis tenté de donner partiellement une réponse affirmative, car ces deux métiers requièrent de la rigueur et un sens élevé des responsabilités. Sans doute, me direz-vous que ça se retrouve aussi dans tous les corps et partagerai-je votre opinion.

Mais en sus de cela, ma mère, Sokhna Alimatou Dème, était issue d'une illustre lignée maraboutique. Son père était un célèbre disciple d'un des plus grands guides religieux musulmans du Sénégal, chef de fil d'une très grande confrérie dans le pays. Elle racontait souvent que c'est grâce à un coup de chance du destin qu'elle put fréquenter l'école française. Durant son enfance alors qu'elle était en apprentissage du Coran au Daara, elle contractera une sévère rougeole. Sa mère inquiète de son état qui ne cessait d'empirer malgré les nombreuses décoctions et eaux bénites qu'on lui fit boire, se décida de l'emmener chez les religieuses catholiques qui tenaient un dispensaire dans leur bourgade.

Elle avait alors six ans. Ces dernières qui avaient détecté son intelligence vive et précoce (contrairement à sa mère elle parvenait facilement à mémoriser l'usage des médicaments qui lui étaient administrés dans le cadre son traitement), conseillèrent à ses parents de la mettre à l'école moderne. Réticent au départ, son père qui pensait que le rôle d'une femme se limitait à se marier et à donner des enfants à son époux, auquel elle devait d'ailleurs une obéissance absolue, finit par céder grâce à l'intervention de son guide et vénéré marabout, qui avait succédé à ce dernier. C'est ainsi que commença un long cycle d'études ou elle, une domu sokhna, comme elle aimait à se faire appeler, cycle qui la conduira jusqu'à l'université de Dakar, à la faculté de droit après l'obtention d'un bac littéraire, et en France à l'ENA de Paris. Elle connut mon père peu de temps après son retour au pays. Il se marièrent très vite peu de temps après s'être fréquentés pendant une période de deux mois tout au plus.

Malgré son statut d'intellectuelle, ma mère n'avait pas oublié pour autant l'éducation qu'elle avait reçu de son milieu familial. D'ailleurs, ne dit-on pas " que l'eau chaude n'a jamais oublié qu'elle a été froide” ? Cette assertion trouve sa pertinence chez elle. Respectée de tous ma mère était une femme de caractère qui ne transigeait pas avec les principes de la morale. C'est ce modèle qu'elle essaye de reproduire sur nous, ses enfants (mes trois grands frères et moi).

Nous avions la réputation d’être des enfants bien éduqués, et cela constituait une fierté pour nos parents. Mais il manquait un point essentiel à cette bonne éducation, indispensable à la fille que j'étais. Très prude ma mère passa sous silence la sexualité, ce qui allait m’être fatal plus tard...


Du même contributeur, Venusse


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