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CHRONIQUE - Déchirure (3), par venusse - SEYTOO.COM
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Déchirure (3)

Chronique

Mon père, alors lieutenant -colonel de l'armée sénégalaise, était en service en ce moment là à Kaolack. J'étais en classe de seconde dans une école privée catholique de la ville. Mes frères, qui avaient obtenu le bac, poursuivaient leurs études en France

Publié le 04 février 2020, venusse

J'avais 16ans, l'âge de l'adolescence, mais aussi période de recherche d'identité et de remise en cause de soi-même.

Mon père, alors lieutenant -colonel de l'armée sénégalaise, était en service en ce moment là à Kaolack. J'étais en classe de seconde dans une école privée catholique de la ville. Mes frères, qui avaient obtenu le bac, poursuivaient leurs études en France et aux Etats-Unis.

On affecta alors un jeune soldat de première classe pour servir de chauffeur à mon officier de père. Pape Seye, tel était son nom. Beau garçon et sur de lui, ils ne laissaient as indifférentes les filles. Même mes camarades de classe se pâmaient devant lui quand il me déposait ou venait me chercher à l'école dans la voiture de service de papa. On m'interpellait très souvent pour me parler de lui, certaines poussèrent l'audace jusqu'à me demander de jouer les entremetteuses pour elles. J'avoue que je ne connaissais pas grand chose au flirt dont parlaient ces filles. Mon milieu familial ne m'en laissait as l'opportunité et je n'osais pas interroger ma mère à ce sujet. J'entendrais d'ici ses cris d'indignation, qui seraient suivis d'un long sermon sur la nécessité d’être sérieuse, pour une fille, afin d'arriver vierge au mariage.

- C'est le seul moyen de se faire respecter par son mari, ma fille, me répétait-elle très souvent. De ce fait les rares informations que j'avais sur la sexualité, je les devais à Mme Senghor et Mr Cabou respectivement mon professeur d'économie familiale et mon professeur de sciences naturelles. En plus qui aurait voulu avoir un flirt avec moi?

Loin d’être laide, je n'étais pas non plus une "beauté" au sens esthétique du terme. J'étais une fille quelconque. De taille moyenne, j'avais une silhouette enrobée par l'excès de graisse que je devais aux sucreries et autres gâteries, dont j'étais incapable de m'en priver, et qu'il m'arrivait d'acheter en cachette avec mon argent de poche, à l'insu de ma mère.

Mais j'étais pourvue d'un beau teint noir étincelant, même si à cette époque-là, l'acné avait rendu mon visage disgracieux, en révélant des boutons que j'essayais de faire disparaître avec un traitement dermatologique…

Grande donc fut ma surpris quand le beau Pape commença à me faire des avances à peine voilées. Même si au début je ne le prenais pas au sérieux, il persista dans son entreprise de séduction, et je finis en fin de compte de succomber à son charme. J'acceptai finalement de sortir avec lui, à l'insu de mes parents, bien sur.

- Tes parents n'accepteraient jamais notre relations, d'abord parce que t'es encore très jeune, ensuite parce que je ne suis qu'un soldat de 1ere classe affecté au service de ton père, m'expliqua t-il.
Je le compris tout en étant consciente qu'il avait raison.
Je découvris les 1ers balbutiements de l'amour grâce à lui, et nous eûmes à vivre des moments formidables.

Toute la trame de notre idylle se déroula dans la plus grande confidentialité. En venant me chercher à l'école à la descente, nous nous arrangions toujours pour faire une courte promenade amoureuse avant qu'il ne me ramène à la maison. Cette situation dura pendant 5 mois, jusqu'au jour où une de mes camarades convia toute la classe à la fête de son anniversaire, le samedi suivant, chez elle. J'accueillis cette invitation avec enthousiasme, car pour la 1ere fois de ma vie, j'allais assister à une fête organisée hors d'un camp militaire. Je ne connaissais pas encore les sorties festives en ville. Même à Dakar où j'avais l'habitude de passer une partie de mes vacances, chez ma tante paternelle Bigué Niang, la sœur de mon père, avant de rejoindre la colonie de vacances qu'organise annuellement l'armée.

Badiène Bigué, comptable dans une boite maritime de la capitale, était obligée de se plier aux consignes de mes parents qui lui demandaient sous la forme d'un ordre déguisé de ne me laisser sortir le soir sous aucun prétexte. De ce fait, durant tout mon séjour chez elle, ses filles (mes cousines) qui étaient de la même génération que moi, étaient obligées, par devoir de solidarité, de reste à la maison pour que je ne me sente pas lésée.

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Passée l'euphorie ma crainte était de voir mes parents refuser de me laisser aller à cette soirée. Mais j'étais décidée à les convaincre et j'allais pour me faire aider dans mon entreprise par mon petit ami Pape, qu'ils avaient appris à estimer et à aimer. Il s'était facilement intégré à la maison. On réussi donc à les convaincre surtout grâce à sa perspicacité : il leur proposa de me servir de chaperon.

Je me préparai fébrilement. Normal, ça allait être ma 1ere sortie officielle avec lui.

Pimpante, je sortie parée d'une nouvelle tenue composée d'une mini-jupe que ma mère trouva au début un peu indécente, avant que mon père ne lui fasse admettre le contraire. Je la complétai par un body avec des strass, cadeaux de mon frère ainé, Abdou Salam, qui me les avait donnés en cadeaux lors de son séjour chez nous. Je fis fureur ce soir la.
C'est donc toute joyeuse, que je me rendis à la fête, flanqué de mon amoureux. Mes parents, sans le savoir, venaient de m'offrir un cadeau inespéré en autorisant Pape de m'accompagner.
Je passais de bons moments avec mes camarades et lui, quand il me proposa d'aller faire un tour:

- Si nous allions chez Assane Lo, mon copain? me demanda-t-il tendrement.
J'acceptai tout naturellement, heureuse de me retrouver en tête-à-tête avec lui.

Son ami habitait à quelques encablures de chez ma camarade. Nous nous y rendîmes à pied, enlacés comme les amoureux savent si bien le faire.

Assane nous accueillit chaleureusement et prit sur lui d'envoyer nous chercher des boissons à la boutique du coin. Il but avec nous avant de s'éclipser discrètement, nous laissant ainsi seuls, Pape et moi.

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Qu'est ce qu'elle fabriquait, bon sang? il va sans dire, que moi, Moctar j'avais perdu mon sang froid.

J'avais envie de hurler pour extirper mon impatience et ma nervosité.
Je fixais le téléphone, tout en méditant sur ce silence assourdissant qui n'augurait rien de rassurant. Je déglutissais péniblement. Ma gorge émettait des sons rauques, qui me rappelaient les bruits d'une vague déferlante dans une mer agitée, et je sentis un poids pesant dans ma tête: c'était comme des tambours assourdissants, qui martelaient mon crane.

L'appeler? Pourquoi pas, après tout?... Un doute me saisit. Non, non, n'était-il pas préférable, pour ne pas la gêner, d'attendre qu'elle me contacte. Je pris le soin d'appliquer l'une des maximes de mon père qui répétait souvent "qu'il ne fallait surtout pas confondre vitesse et précipitation".
Que faire, sinon me résigner à attendre?

Je savais ma femme déjà durement éprouvée par ce désir de maternité. Par conséquent, je me devais de prendre sur moi pour ne pas augmenter son désarroi. La vision d'une bête traquée qu'elle avait inconsciemment adoptée face aux regards tantôt chargée de reproches, tantôt pleins de commisération ou de pitié de certains de nos proches, me vint soudain à l'esprit. Cette situation l'avait poussée davantage à se renfermer sur elle.

Je prenais toujjors sa défense et j'essayais de la soutenir du mieux que je pouvais, surtout face aux attaques frontales que provoquaient ma mère et mes sœurs, qui avaient souvent tendance à s'en prendre à elle. Arès tout ce n'était pas sa faute, la pauvre chérie, si elle n'avait pas pris la courbe ascendante que procurait la chance à ses heureux bénéficiaires.

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Quelle soirée je vécus! Désastreuse en somme, ce qui allait hélas! Me marquer tout le reste de ma vie.


Du même contributeur, Venusse


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