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CHRONIQUE - Déchirure (5), par venusse - SEYTOO.COM

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Déchirure (5)

Chronique

Je cogne rageusement le bout de la table avec mon pied et je m’empare de mon portable. Je pianote impatiemment dur les touches et attends. La sonnerie retentit toujours dans le vide, comme pour me narguer.

Publié le 15 février 2020, venusse

Non je n’en peux plus ! Je suis à bout. Aita exagère vraiment. Son insouciance me met hors de moi.

Je cogne rageusement le bout de la table avec mon pied et je m’empare de mon portable. Je pianote impatiemment dur les touches et attends. La sonnerie retentit toujours dans le vide, comme pour me narguer. Je sors tout mon jargon d’insultes. Cette fille se fiche vraiment de moi.
Non, mais … j’en arrive même à perdre mon vocabulaire.

Aîta va m’entendre, je suis décidée et je ne la raterais pas cette fois-ci.

Finalement, ma mère a raison : Aita n’a de considération pour personne. Seule sa petite personne l’intéresse. J’ai beau l’aimer, beau la défendre, mais je sais quand même me montrer objectif quand les circonstances l’exigent, c’est comme le cas en ce moment. L’égocentrisme de ma femme me déconcerte.

***************

La sonnerie familière de mon portable retentit soudain dans l’habitacle de la voiture. Une sonnerie lancinante, insistante, et aussitôt, je sentis mes doigts se crisper sur le volant. Pas la peine de faire semblant, pas la peine non lue d’être devin pour savoir qui m’appelait : Moctar Doucouré, mon cher mari.

Que faire ? Décrocher ? Non, je n’en avais pas le courage.

L’ignorer en laissant sonner dans le vide ? Je croyais que c’était la seule solution qui s’offrait à moi. Solution sui comportait cependant un risque certain, car connaissant le caractère trempé de Mr mon époux, je savais que j’allais au-devant de problèmes avec lui.
Je me garai à l’ombre d’un arbre centenaire, mais je choisi de rester dans la voiture.
J’inclinai mon siège et levant, les yeux clos, je posai doucement ma tête sur le dossier.
Où en étais-je ? Ah oui à cette fameuse soirée. Comme si c’était hier, je me souviens avec précision de mon état d’esprit ce soir-là.
Jamais auparavant la maison de me parents, ne m’avait donné l’impression d’être une forteresse impénétrable.

Le regard fuyant, je n’osais les regarder. Ils étaient installés devant la télé, dans le salon.
J’écoutais d’une voix distraite le compte rendu que Pape leur fit. Ils louèrent une fois de plus son attention et son dévouement envers moi.
-Tu protèges Aita comme tu l’aurais fait pour ta petite sœur, Pape, et nous te serons toujours reconnaissants pour cela, mon garçon, lui dit ma mère.
La pauvre, si elle savait jusqu’où était allé ce soi-disant dévouement.
Je sursautai en entendant la question :
-La fête s’est bien passée ? Me demanda-t-elle ensuite.
-Oui répondis-je, les yeux baissés. Ma passivité intrigua mon père.
-ça ne va pas Aita ? On dirait que tu n’es pas contente de ta soirée remarqua-t-il.
Si, c’est seulement que je suis fatiguée, prétextai-je.
Oh ! Tu ferais mieux d’aller te coucher, alors.
Saisissant cette aubaine, je filai doit me réfugier dans ma chambre.
Je me lavai, essayant d’enlever à travers ce geste rituel toute trace de ce qui s’était passé.
Je ne réussis pas à dormir cette nuit-là. Je ne cessai de me tourner dans mon lit jusqu’à l’aube.
A ce moment-là, je ne savais pas que le plus pénible reste à venir.

Un mois après cette escapade, je me réveillai un matin avec un malaise inqualifiable. Je vomissais abondamment au moment de faire ma toilette matinale, et je mettais mon état sur le compte de mon diner de la veille.

Je n’en parlai même pas à ma mère, car je me sentais nettement mieux au moment de prendre mon petit déjeuner, avant de partir pour l’école.

Mais le lendemain matin les mêmes nausées me prirent au saut du lit. Là l’inquiétude commença à me gagner sérieusement, et je me rappelai brusquement un de mes cours d’économie familiale qui traitait de la grossesse. La panique me gagna instinctivement. Je me mis à calculer rapidement mon cycle… et oh ! Je me rendis compte que j’avais un retard de plus de 15 jours.

-Non, ce n’est pas possible ! Ça ne peut pas m’arriver à moi, murmurai-je désespérée.

Je voyais la catastrophe qui s’annonçait, le scandale que cela allait créer, et surtout l’attitude de mes parents qui, inéluctablement, allaient me tourner le dos, car ils ne cautionneraient jamais un tel fait.
Non, peut être que je ne m’inquiétais pour rien, je ne suis pas et je ne pouvais pas tomber enceinte, après tout, je n’ai eu qu’un seul et unique rapport sexuel. Cela n’était pas possible la 1ere fois, essayai-je de me rassurer.

Et puis zut ! On verrait ça plus tard.
Je saisis mon sac à dos et descendis dans le salon pour aller au collège.

Au lieu de retourner au bureau, je décidai de rentrer chez moi. D’ailleurs je ne me trouvai même pas dans les meilleures dispositions pour travailler.
Nous habitions une coquette petite villa que nous avions acquise grâce à une location-vente. Elle était située dans une citée qui se trouvait dans le quartier résidentiel de Yoff.
Je sonnai à la porte et ma bonne, Rama Kébé, étonnée de me voir rentrer en milieu de matinée, s’alarma :
-Vous allez bien madame ? me demanda-t-elle une note d’inquiétude dans la voix. Mr a appelé deux fois Mme, m’informa-t-elle.
-Oh ! Qu’est ce qu’il a dit ?
-Rien, il voulait juste savoir si vous aviez appelé.
-Très bien, merci Rama.
Je montais directement dans notre chambre, et je me jetai sur le lit. Mon portable choisi justement ce moment pour sonner.

Ah Moctar, que te dire ? Je ne sais pas… Je nage dans une confusion totale, et j’appréhende ta réaction.
Sortir de tunnel… il faut que j’y parvienne, et cela, quel qu’en soit le prix !
Tu vas devoir me pardonner, Moctar, oui me pardonner pour toutes ces années de mensonge et d’espoirs déçus, me pardonner de ne pas pouvoir te donner ces enfants que tu désires tant.
Tiens ! le téléphone a arrêté de sonner, je ne m’en suis pas rendu compte à temps.

Le signal sonore m’indiquant que le ligne ne répondait pas, se déclencha. L’inquiétude commençait sérieusement à me gagner.

Je raccrochai et je composai à nouveau le numéro de la maison :
-Rama, c’est encore moi. Dis-moi, tu as des nouvelles d’Aïta ?
-Oui Mr, elle est rentrée tout à l’heure. Alors, là je n’y comprenais plus rien !
-Ah bon ? Passe là moi alors.
-Bien Mr.
La musique d’attente de la ligne téléphonique de notre maison que je trouvais d’habitude agréable, m’irrita ce jour-là.
Combien de temps ai-je tenu le combiné avant que la bonne ne reprenne la communication ? 3, 5, 10mn je ne sais plus.
-Mr, Mme me demande de vous dire qu’elle ne se sentait pas bien et qu’elle vous rappellera.
Là j’explosai. C’était lu que je ne pouvais supporter !
Comment ça ? Réveille-la tout de suite, lui ordonnai-je presque en hurlant.
-Mais elle a fermé sa porte à clef, Mr.

D’un geste sec, je raccrochais et saisis les clés de ma voiture au vol avant de quitter mon bureau.
-Je reviens tout à l’heure, dis-je à ma secrétaire. Celle-ci me jeta un regard étonné.
-Mais Mr, vous avez RV dans 10mn avec M. Semedo, le Directeur de l’Agence de Pub.
-Appelez le et dites-lui que je suis indisponible aujourd’hui. Proposez-lui de passer demain après-midi.
C’est presque en courant que je rejoignis le parking de la société où était garée ma voiture.
Sous le regard ahuri de l’agent de sécurité, je démarrai sur les chapeaux de roues ;
Je ne pourrai pas dire avec certitude comment je parvins à rejoindre mon domicile sans anicroche, tellement je roulais à tombeau ouvert.

Je freinai brutalement devant la devanture de notre belle villa avant de sonner impérieusement à la porte.
Rama vint ouvrir.
-Où est Aita ? Lui demandai-je brutalement
-En haut, Mr.
Sans plus me soucier d’elle, je me précipitai dans les escaliers.


Les pas énergiques qui martelaient les marches me tirèrent du sommeil dans lequel je m’enlisais peu à peu. Rama, me dis-je, allait m’entendre cette fois-là. Qu’est ce qui lui prenait de faire autant de bruit tout en sachant que j’étais en train de me reposer ?

Depuis 5ans, elle était à notre service, c’était la 1ere fois qu’elle commettait un geste qui provoquait mon exaspération.

Je me redressai prête à dire à cette insouciante mes 4 vérités, quand la porte de la chambre s’ouvrit soudainement sur Moctar !


Du même contributeur, Venusse


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