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CHRONIQUE - Déchirure (6), par venusse - SEYTOO.COM
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Déchirure (6)

Chronique

Cette éprouvante discussion fit ressurgir en moi une réminiscence, et une autre scène pénible, douloureuse s’imposa à mon esprit...

Publié le 29 février 2020, venusse

Qu’est ce qui se passe ? La maison si calme d’habitude, était sens dessus dessous tout d’un coup.
Je flairai le malaise qui s’installait entre mes employeurs, mais je ne pus dire en quoi il consistait. D’abord madame Aita, manifestement éprouvée, ensuite monsieur Moctar qui débarquait peu de temps après, affichant une mine à effrayer le plus téméraire des guerriers.
Ça sentait le roussi à mon humble avis.
Et puis de quoi je me mêle, moi ? Ne ferai-je pas mieux de trouve une solution à mon problème. Parce que j’en avais un sur les bras.
Instinctivement mon regard s porta sur mon ventre, sur lequel, je nouais depuis quelque temps un foulard.
Que pouvais-je faire d’autre, moi Rama M’Baye ?

***********************************************

Surprise, je regardais Moctar, debout devant la porte.
Je reculai instinctivement face à l’hostilité qu’affichais son visage :
-… Moctar, c’est toi. Balbutiai-je.
-Oui Moctar ! Décidément, tu ne manques pas de culot toi, me lança-t-il d’une voix glaciale.
Douchée par sa réaction je perdis mes moyens :
-Je ne comprends pas.. .
Il referma la porte et avança dangereusement vers moi. Il me fixa avec hostilité :
-Tu ne comprends pas ou tu ne veux pas comprendre ? Attention Aita, tu es entrain d’insulter mon intelligence, et je te préviens que tu vas très vite découvrir une face de moi qui risque de ne pas te plaire.
Je frémis à ces paroles. Je n’avais jamais vu cette fureur chez lui durant nos 8 années de mariage :
Alors ? Je t’écoute m’interpella t-il agacé.
Tétanisée je ne pus sortir un son. Il saisit alors mon bras, et m’extirpa brutalement du lit.
-Explique-toi sinon je ne réponds plus de moi ! explosa t-il en me secouant violemment.
-Lâche-moi tu me fais mal, protestai-je faiblement.
-Vraiment ? Tu n’as encore rien vu, je t’assure que si tu ne t’expliques pas tout de suite, je suis capable de faire ire que ça ! hurla t-il.
Là, je sus qu’il ne plaisantait pas :
-Je t’en prie.
Je me mis à débiter, essayant de commenter maladroitement les résultats que mes derniers examens avaient révélés :
-… il m’a clairement fait comprendre que ma procréation ne sera pas chose aisée.
Mon mari recula instinctivement.
Surprise, déception, horreur, et d’autres émotions que je ne saurai définir, passèrent sur son visage, qui se figea finalement en une grimace de dégout.
-Non… Ce n’est pas possible. Tu plaisantes… tu plaisantes. Je ne peux pas y croire, Réussit-il à articuler péniblement.
Je hochai tristement la tète. J‘aurai voulu que ce soit le cas, mais hélas,
Il se laissa choir sur notre lit conjugal. Son regard vide était celui d’un homme abattu, assommé, et défait.
Sa réaction exacerba la culpabilité que je ressentais à son égard depuis quelques temps déjà. Autant le dire, je reconnaissais que je n’avais pas été honnête avec lui.
Je m’assis à coté de lui, sur le lit, et posai doucement ma main sur la sienne. Il recula instinctivement et leva la tête vers moi.
-Ainsi tu ne peux pas avoir d’enfant, tu es stérile. C’est ça hein ?
Je compris alors qu’il personnalisait le problème. L’alerte se déclencha automatiquement en moi : « Attention Mame Aita, danger ! »
Mais j’essayai quand même de me convaincre que ça lui passerait, que c’était une réaction tout à fait normale, et que je parviendrais à lui faire changer d’avis. Quelle naïveté de ma part ! Je ne tarderais pas à m’en rendre compte rapidement.
Je pris mon sac en sortis l’enveloppe, que je lui remis.
Il l’ouvrit et lut les résultats.
Il releva la tête au bout de quelques instants et me fixa attentivement.
-D’après le médecin, ce ne sera pas facile pour moi, essayai-je de me justifier, mais rien n’est perdu, on peut encore recourir à l’insémination artificielle.
Il se retourna brusquement :
-Ne joue pas avec les mots. Tu es sté-ri-le !épela-t-il d’une voix amère.
-Je suis prête à suivre encore des traitements , je ne suis pas découragée, pliadai-je pour défendre ma cause.
Il ricana :
-Jusqu’à quand hein ? Un an, Deux ans, dix ans…ou encore à vie pendant qu’on y est ?
-Ne te moque, pas de moi et n’essaie pas non plus de te faire des illusions. On a essayé toutes les méthodes, et cela n’a pas marché.
- Mais nous devons garder espoir, Moctar, avançai-je en lui touchant gentiment le bras.
-Vraiment ? fit-il sarcastique.
Il me repoussa sans ménagement :
-Dieu n’est pas injuste, Moctar, je suis sure que nous finirons par avoir un enfant…
-Parle pour toi, m’arrêta-t-il sèchement, parce que s’il y’ a quelqu’un qui a des problèmes pour procréer, c’est toi et toi seule. Les tests que tu m’as poussé à faire ont montré que je n’ai aucun soucis à me faire de mon coté. Je suis donc jeune et en pleine possession de mes moyens, et pour moi, un mariage réussi rime avec la présence des enfants qui constituent le ciment et l’aboutissement du bonheur du couple.
J’étais sous le choc ! Si je comprenais bien, Moctar jetait l’anathème sur moi. Non, il ne pouvait pas me faire cela. Certainement, j’avais mal entendue ou ben j’avais mal interprété ses paroles. Il me fallait tirer cela au clair :
-Que veux-tu dire par là ?
-Ma patience est à bout Aita, et puis… il marqua une pause et me regarda fixement.
-Qu’est ce que qui me dit que tu ne le savais pas avant. Probablement bien avant notre mariage asséna-t-il d’une voix glaciale.
Effaré j’écarquillai les yeux. Une froide détermination marquait son visage.
-Oui tu m’as bien entendu, répéta-t-il cruellement ; j été soupçonne de m’avoir caché sciemment la vérité. Tu m’as bien piégé Aita ! Quand je pense que tu m’as menti durant toutes ces années ! Je t’ai encouragée et soutenue durant les différents traitements que tu as suivis, que ce soit ici au Sénégal ou à l’étranger, j’ai accepté de me soumettre aux différents traitements que tu as expérimentés. Et durant tout ce temps, tu savais que tu ne pouvais procréer. J’en ai assez maintenant.
Ces paroles lancées durement par mon époux bien aimé, me firent l’effet d’une dague plantée dans mon cœur asséché par la douleur et la souffrance. Je me dis à cet instant que son raisonnement trouverait un socle certain et précis s’il venait à connaitre un pan de mon passé que je me suis soigneusement évertuée à lui cacher jusqu’à présent.
Et là, je priai intérieurement pour que cela n’arrivât jamais.

Cette éprouvante discussion fit ressurgir en moi une réminiscence, et une autre scène pénible, douloureuse s’imposa à mon esprit...


Du même contributeur, Venusse


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