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CHRONIQUE - Identité (10), par Choolida - SEYTOO.COM
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Identité (10)

Chronique

La vie est ironique. Je la perds par les mains de celui qui me la donné : mon père, que je n’aurais jamais dû connaître, dont je n’aurais jamais dû découvrir l’identité.

Publié le 15 mars 2020, Choolida

Je sens un sol froid contre ma joue. Où suis-je ? Les événements précédant mon inconscience me reviennent en tête. J’ouvre les paupières. Je suis dans une salle vide, mal éclairée et glaciale. Je me relève d’un bond. Comme s’ils n’attendaient que ce signal, Birame et l’homme étrange pénètrent dans la salle.

- Qui êtes-vous ?
- Tu n’es pas en posture pour poser des questions, me rétorque-t-il de sa voix grave.
- Sale traitre ! Je te tuerai Birame, sois en sûr. Tu as osé infiltrer la compagnie de ma mère. Et aujourd’hui tu me livres en pâtures à ce type. J’ai bien fait de t’envoyer dans les roses.
- Tais-toi sinon c’est moi qui te descends.
- Tu ne fais rien sans que je te l’ordonne, le coupe son nouveau chef. Fanta, c’est ça ton prénom non ? J’ai une proposition à te faire.
- Je n’ai aucune proposition à recevoir de vous.
- Je disais que je voulais te proposer quelque chose. J’ai vu que tu avais du potentiel lors de notre dernière rencontre. Je te propose donc de travailler pour moi.
- Jamais ! Je préfère tenir compagnie à Pluton que de faire partie de votre bataillon.
- La planète ? C’est loin Pluton chérie, se moque Birame.
- Tu m’appelles encore « chérie » et tu es un homme mort. Et bien que Pluton ne soit plus une planète je ne parle pas du Pluton astronomique. Celui dont il est question c’est Pluton, dieu romain des Enfers, que tu vas bientôt peupler ; frère de Jupiter, fils de Saturne, petit-fils d’Uranus. Les Grecs le nomment Hadès.
- Tu te crois maligne en me récitant ton cours mythologie sur je ne sais quels dieux bizarres. Pourquoi ne pas avoir dit Hadès ?
- Premièrement parce que tu ne saurais toujours pas qui c’est, deuxièmement par ce que Hadès ne rime pas avec « bataillon » !
- Il suffit !coupe sèchement l’homme aux cheveux blancs. Je vois que tu ne perds ton répondant en aucune circonstance. Cela me plait.
- Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me touche.
- Évite ton ton ironique chère Fanta. Je pense t’avoir fait une proposition.
- Je pense avoir refusé.
- Tu es aussi têtue que ta mère.
- Que savez-vous de ma mère ?
- Je sais tout d’elle, et elle sait tout de moi. Elle ne t’a pas parlé de moi ?
- Non.
- Je m’en doutais. N’a-t-elle pas tiqué quand tu m’as décris ?
- Qui êtes-vous ?
- Je suis ton très cher père.
- Mensonge !
- Pourquoi te mentirais-je. Tu sais mieux que moi que je dis la vérité. Tu as toi aussi sentis ce truc absurde quand on s’est vu pour la première fois.

Il ne ment pas. Je le sais. Au fond je le savais. C’était enfoui au fond de moi. Son visage, ce lien invisible quand nos regards se sont croisés, la réaction de ma mère. Impossible ! Mon père est aussi un tueur, et pas du bon camp. Je ne me suis jamais demandé où ni qui était mon père. J’ai toujours chassé ces interrogations de ma tête. Si je devais savoir quelque chose sur lui, ma mère me l’aurait dit. Puisqu’elle a jugé bon de ne pas m’en parler, je me disais qu’elle avait ses raisons. Et là je me rends compte qu’elle avait vraiment raison de ne pas me parler de lui, de me cacher son identité.

- Et alors ? Tu t’attends peut être à ce que je me jette dans tes bras ?
- Non. Je déteste les démonstrations d’affection chère fille. Je ne te cache pas que je vous ai abandonné pour ma carrière. Ta mère et moi nous formions une belle équipe et nous nous aimions. Cependant, nous n’avions pas les mêmes… aspirations.
- Vous voulez sans doute dire qu’elle ne voulait pas devenir un salaud de votre espèce.
- Un peu de respect pour ton père. Alors ? Acceptes-tu de travailler avec ton cher papa.
- Vous devriez penser à investir dans un appareil auditif. J’ai dit non.
- Tu as le choix. Ou tu dis oui ou je te tue. Tu en sais trop sur moi. Et j’ai horreur des drames familiaux.
- Non.
- Je vois que je n’ai pas le choix. Je suis sûr que si j’avais un cœur il serait brisé.

Il sort une arme et me tire une balle, deux, trois. Je m’écroule. Aucune douleur n’est semblable à celle-là. Comme si mille lames chauffées à blanc vous transperçaient. Ça fait si mal que ça devient froid. Et l’on sent le sang couler hors de soi, s’échapper en emportant chaque seconde un peu de votre vie.

Tout d’un coup j’entends deux autres coups de feu. Mais ils ne sont pas pour moi. Ils atteignent le front de mon père et de Birame. Leurs corps sans vie s’affalent sur le sol. Omar apparait.

- Omar ! Comment es-tu arrivé ici ? Et les autres gardes ?
- Je m’en suis occupé, c’est pour cela que j’ai tardé. Quand tu es partie, je t’ai suivi. Je ne pouvais pas te laisser seule et j’ai eu raison. J’ai prévenu ta mère, elle ne va pas tarder. Tu es blessée, tu perds beaucoup de sang. Les secours arrivent ; tiens bon. Je t’aime. Je suis désolé d’être arrivé en retard.
- Non. Tu m’as sauvé la vie. Je t’aime Omar. Je t’aime. Je t’aime.

J’ai très froid je n’arrive plus à maintenir mes paupières ouvertes. Elles se ferment malgré moi. Je suis fatiguée, très fatiguée. Je veux dormir, longtemps, ne plus me réveiller. La vie est ironique. Je la perds par les mains de celui qui me la donné : mon père, que je n’aurais jamais dû connaître, dont je n’aurais jamais dû découvrir l’identité.


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