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CHRONIQUE - Identité (7), par Choolida - SEYTOO.COM
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Identité (7)

Chronique

Ce n’est pas toi, c’est moi. Je te trouve très mignon, mais je ne peux pas m’engager. J’espère que tu me comprends, je suis désolée

Publié le 10 mars 2020, Choolida

-Yannick ! Attends !
-Fanta n’y va pas, me retient Omar. Laisse-le partir. Il a vu la vérité : deux personnes qui s’aiment. Que veux-tu lui expliquer ?
-Tu ne t’imagines pas ce qu’il ressent ? Il doit se sentir trahi, trompé. Je suis horrible. Je ne veux plus te revoir.
-Fanta !

Il faut que je le rattrape. Je cours, de toutes mes forces. Plus pour fuir Omar que pour retrouver Yannick. J’aurais tué pour ce baiser là, pourtant je me sens plus mal que jamais. Enfin, il s’arrête.
-Yannick !
-Non ne dis rien.
-Il faut que je t’explique…
-Tu n’as rien à m’expliquer. Je ne t’en veux pas. C’est lui Omar pas vrai. Ne sois pas surprise. Amina m’avait dit. Je comprends ce que tu ressens pour lui car c’est ce que je ressens pour toi.
-Yannick, je suis désolée. Je m’en veux tellement. C’est lui qui m’a embrassé. Mais je n’ai aucune excuse. Je lui ai dit que je ne voulais plus le revoir. Je ne veux pas qu’on se quitte. Pas comme ça. Tu pourras me pardonner ?
-Je ne veux pas qu’on se quitte non plus. Mais il me faut du temps. On devrait faire une pause.
-D’accord.

Il m’embrasse, sur la joue. Un baiser amical. Va-t-on se quitter ? Cette relation est-elle ce qu’il y a mieux ? Omar ? Mais je ne peux pas quitter Yannick. Il était là quand j’étais au plus mal. Non. Omar n’a pas le droit de me faire ça. On ne doit plus se voir. Mais comment faire, on n’est dans la même classe. Comment vivre à côté de lui maintenant, après ce baiser. Oh mon Dieu, que je l’aime mais que je le hais.
***
Je me demande comment j’ai fait pour marcher de l’école jusque chez moi. Ce n’est pourtant pas la porte d’à côté. L’amour donne des ailes ? Eh bien on n’a jamais vu quelqu’un voler. C’est plutôt, la peine donne des pieds. Ma mère m’attend. Une mission, pitié. C’est ce qu’il me faut. Je dois changer de monde même si c’est l’instant d’une nuit. Je ne dois plus penser sinon ma tête va exploser. Je ne peux pas choisir entre Omar et Yannick. Je ne veux pas.

-Fanta, nous avons du travail.

Un gars qui est menacé de mort parce qu’il défend le projet des Etats Unis d’Afrique. Il devait finaliser les clauses du projet à la prochaine session de l’Union Africaine. Moi, mon job consistait d’habitude à les refroidir mais cette fois c’est différent. Je dois le protéger ! Quelle idée de confier un agneau à un loup. Mais bon heureusement pour lui que je ne tue que les « mauvais ». C’est plutôt une bonne chose ce qu’il essaie de faire. Mais c’est tout à fait idiot ! Les Etats Unis d’Afrique ? Quelle utopie ! Si c’est les Etats Unis d’Amérique qui les font fantasmer, ils sont loin du compte. Les USA sont nés USA ! Mais on ne peut pas prendre des Etats qui sont nés depuis un demi-siècle pour les unir. Qui accepterait de céder sa place de président. Dans le dictionnaire on peut voir : Président : Personne égoïste, avide de pouvoir. (Exemple : voir « président africain »). Mais bon le boulot c’est le boulot …
***
Je suis surprise de voir Birame dans l’avion. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vu. Je l’avais même oublié. Il faut dire qu’on n’avait partagé qu’une mission et que je pensais ne plus le revoir. J’aurais préférée être seule ce soir. Mais bon, c’est peut être mieux ainsi. Toute seule j’aurais juste ruminé. Il faut mettre le plan en place.

-Il ne sait pas que nous venons le récupérer. Il pourrait opposer une résistance, inutile certes mais susceptible de nous ralentir. Il faut le neutraliser rapidement ensuite le transporter, m’explique Birame.
-Je suis ok. Substance chimique ou prise d’art martial pour l’endormir ?
-Deuxième option. Mieux vaut ne laisser aucune trace. Il se pourrait que des « collègues » soient envoyés pour le faire taire. Rapidité, précision et discrétion.
-Bon plan. Qui se charge du colis ?
-Le premier à l’atteindre. Et celui qui perdra aura un gage.
-Prépare-toi à perdre, lui lançai-je en sautant de l’avion sans prévenir.

On survole la zone réceptrice. Il se jette à ma suite. Une bonne compétition rien de mieux pour me rendre bien. Je vais gagner à coup sûr !

La zone est trop dégagée. Il n’y a pas beaucoup d’abris, cela freine la progression. Sa demeure est truffée de gardes. Certainement qu’il a pris conscience que sa vie était en danger. Bon, il est inutile d’en tuer. C’est une mission pacifique. Il fait tard, il dort certainement. Il n’a ni femme ni enfants. Heureusement pour lui. Sinon ce serait à eux qu’ils allaient s’en prendre. Je gravis l’escalier. Où est Birame, je l’ai juste aperçu tout à l’heure en train de se glisser à l’arrière de la maison. J’ouvre la porte de sa chambre, il fait sombre, j’avance au bord du lit. Il est vide. Tout d’un coup une voix me parvient dans mon oreillette, c’est Birame.

- Prépare-toi à payer ton gage. Je l’ai. Il été dans son bureau. Ce genre de penseur-célibataire ne dort jamais. On lève le camp.
-J’arrive.

Et voilà que je perds. Quelle journée ! J’aurais dû m’en douter qu’il serait dans son bureau. Il faut partir et vite. Je referme la porte, dévale l’escalier. Un garde ! Je me faufile dans le salon. Heureusement qu’une baie vitrée donne dans le jardin. Je sors. Reste à regagner l’avion.

-Qu’est-ce que tu fabriques ? Le colis est à bord. On est prêt à décoller.
-Léger contretemps, je suis à quelques mètres.

Un bruit étouffé, d’agonie. Comme quand j’élimine les gardes un à un pour atteindre ma cible. Se pourrait-il qu’il y en ait qui sont venus éliminer le colis ? Peu importe, il est en notre possession. Il faut que je file, vite.

- Il y a quelqu’un là ! Dans le jardin !

Aïe, je suis repérée. Ils s’avancent, quatre. C’est gérable. Je balance un coup de pied en dessous de la ceinture du premier, il se courbe, je lui brise le cou. Le second s’affale suite à un plaquage de ma main au niveau de sa région cardiaque. Je sors mon silencieux et descend les deux autres d’une balle à la tête. Un autre se tient en haut de l’escalier principal. Il ne semble pas vouloir venir se battre. Il me dévisage. Il est différent des autres. La quarantaine, un air suffisant ; certainement le boss. Je le dévisage aussi. C’est anesthésiant, hypnotisant. Ce visage me semble familier. Il a ces traits racés d’antilope, un regard étincelant, si étincelant que l’on craint de mourir en le soutenant. Il faut que j’y aille. Il ne se donne même pas la peine de me poursuivre. J’atteins l’avion en un temps record. A peine dedans qu’il prend les airs.

-J’ai bien failli croire que tu te plaisais dans cette maison. Qu’est-ce que tu faisais ? me lance Birame.
-Un autre contretemps…
-Ne me dis pas que tu ne sais pas comment passer inaperçue ?
-Non, c’est plus grave. Ceux dont tu parlais. Les autres qui viendraient pour le colis. J’en ai rencontré.
-Attends, tu aurais dû me prévenir. Ces gens ne sont pas de simples gardes, ils sont dangereux. Ils étaient combien ?
-J’en ai eu quatre. Mais j’ai vu un autre. Plutôt âgé, bizarre.
-Comment ça « bizarre » ?
-Il m’a regardé longtemps sans avoir l’air de vouloir venir me tuer. Il semblait être leur patron.
-C’est étrange, tu as raison. Mais tu as eu beaucoup de chance. La prochaine fois tu appelles.
-Ok, ok, chef.
-Au fait tu as perdu.
-Inutile de me le rappeler.
-Tu me dois quelque chose.
-Qu’est-ce que tu veux ?
-Toi.

Attends, est-ce que j’ai bien entendu. Ça doit être les effets du choc que je viens de vivre. Birame ne me draguerait pas non ? Non. J’ai assez de problème comme ça.
Et bien non. Ce ne sont pas les effets du choc. Il s’approche pour m’embrasser. Je me détourne.

-Ça ne peut pas marcher. Ce ne serait pas bien. J’ai déjà beaucoup de problèmes, je ne peux pas en plus y mêler ma vie professionnelle. Ce n’est pas toi, c’est moi. Je te trouve très mignon, mais je ne peux pas m’engager. J’espère que tu me comprends, je suis désolée.
-Ok.

« Ok » ? C’est plutôt sec comme réponse à une repousse d’avance aussi bien structurée. Je l’ai certainement froissé. Mais c’est vrai, j’ai assez de problèmes comme ça. Rien que de penser que demain je vais devoir affronter l’école, croiser Yannick, partager la classe avec Omar. Oh mon Dieu pourquoi ne suis-je pas morte là-bas. Au moins j’espère que je n’aurai plus de mission avec Birame. Ce ne sera plus pareil. Ma chère, tu es un aimant à problèmes !


Du même contributeur, Choolida


Ch
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