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Chronique

Identité (9), par Choolida

14 mars 2020, Choolida

Je n’ai pas le temps de le découvrir. Une piqûre dans le coup, je ne vois plus très clair. Un anesthésiant, Birame, l’homme, la voiture ; puis plus rien.

La vie est belle. Elle est tellement belle que je suis à peine le cours d’histoire. Omar non plus ne suis pas. On s’envoie des messages.

« Je n’arrête pas de penser à toi. Tu me manques alors que tu es tout près. Je n’arrive pas à croire que nous sommes enfin ensemble Fanta. »
« Moi aussi je ne pense qu’à toi. Vivement que le cours se termine… »

Oups. Je pense que le prof d’histoire a remarqué notre manège. Il interroge Omar, le pauvre je l’ai mis dans de sales draps. Il ne suivait pas du tout.

-Monsieur Bâ. Je vois que vous êtes très intéressé par notre cours.
-C’est le cas.

Il l’a dit sans ciller, avec tant d’assurance. Époustouflant, je n’aurais pas fait mieux.

-Et de quoi parlons-nous ?
-De la Guerre froide, plus précisément de la crise des fusées à Cuba.
Mon Dieu ! Exactement ce dont on parlait ! Il a confiance en lui ; ce n’est pas possible. Je l’adore.
-Euh…C’est exacte Bâ. Nous en étions à l’ultimatum donné par les Américains aux navires russes pour qu’ils rebroussent chemin, ajoute le prof.
-Effectivement. Mais ce que les Américains ignoraient, c’est que chaque navire russe était escorté par un sous-marin nucléaire. C’est en faisant demi-tour que ces sous-marins sont apparus sur les radars américains. Nous avons frôlé la fin du monde.
-Je vois que vous êtes bien informé, reconnaît le prof d’histoire. Mais suivez quand même.

Ebahie. Je suis ébahie. Même le prof était interloqué. Il ne s’y attendait pas alors là pas du tout.

***
Fin du cours. Je me hâte vers Omar.

-Waouh ! Tu m’as éblouie. Comment as-tu fait ça ?
-J’ai juste eu beaucoup de chance.
-Mais…
-Chut.

Il met son doigt sur mes lèvres et m’embrasse.

-Viens, rentrons Fanta. Je te raccompagne.

***
Nous marchons côte à côte, main dans la main. Je me sens en sécurité. Du moins c’est ce que je pensais. Tout d’un coup, des hommes en cagoule nous encerclent, dix. Nous nous trouvons dans une ruelle déserte. C’est moi qu’ils veulent. L’homme aux cheveux blancs, c’est certainement lui qui les envoie. Quel lâche ! Il ne pouvait pas venir lui-même ? Oh mon Dieu, Omar ! Il est en danger…
Je rêve ou c’est Omar qui vient de faire tomber trois hommes en même temps.

-Fanta ! Mets-toi à l’abri !

Attends, il veut me protéger ? Il n’y a qu’une seule explication à tout ceci… Je n’ai pas le temps d’y penser. Deux hommes se ruent vers moi. Je me baisse et fauche le premier, il tombe et je lui fracasse la tête sur le trottoir. Je me relève rapidement et envoie un coup de pied à la mâchoire du second. Heureusement que cette ruelle est déserte. Omar et moi sommes dos à dos et les cinq restants nous tournent autour.

-Fanta, je pense que je dois t’avouer quelque chose.
-Je pense que j’ai des choses à te dire aussi.

Il brise le coup du premier qui donne l’assaut.

-Il est temps de sortir les lames chérie.
-Tout à fait d’accord.

Nous nous baissons d’un même mouvement et retirons nos coutelas de nos jambes. Les quatre survivants n’en sont plus. Je me retourne vers Omar.

-Je crois que l’on s’est tout dit.
-Je le crois aussi.

***
Omar est comme moi. Qui l’eut cru ? Cela explique la scène de tout à l’heure avec le prof d’histoire, les cours de spontanéité. Décidément, on est fait l’un pour l’autre. Les masques sont tombés et nos vraies identités sont dévoilées.

-Donc c’est pour toi qu’ils étaient venus. Je me demandais ce que j’avais bien pu faire. Alors ? D’où sors-tu ces charmants bonhommes ?

-Ma dernière mission. Un homme bizarre, des « nôtres », m’a aperçue mais il n’a pas cherché à me tuer. Je pense qu’il regrette. Il est différent de tous ceux que j’ai déjà vus. Il a les cheveux tout blancs malgré son âge peu avancé. Mais autre chose m’a intrigué, je ne sais pas quoi.
-Drôle de fréquentation. Non, je plaisante. Ce sont les risques du métier. Il faut qu’on règle ça pour de bon. Tu sais qui c’est ?
-Non. Mais ma mère a l’air de savoir de qui il s’agit mais elle me le cache.
-Je vais me renseigner chez nous. Mais avant je te raccompagne jusque chez toi.
-Je peux me défendre toute seule et tu le sais.
-Je le sais mais tueur ou pas, mon cœur ne me permet pas de te laisser seule. Imagine que d’autres reviennent plus nombreux, tu seras dépassée par l’effectif.
-Dis-toi que tu gagnes du temps en allant toute suite recueillir les renseignements. Cela nous donnera de l’avance sur l’ennemi. Il ne risque pas d’attaquer de si tôt.
-Ok… Mais dès que tu sens que ça ne va pas, tu m’appelles. J’arriverai à la vitesse V.
-Promis.
-A tout à l’heure chérie, je t’aime, énormément.
-Je t’adore.

***
Il faut que je me dépêche de regagner la maison. Inutile d’emprunter les voies publiques, il serait trop facile de se faire kidnapper par une voiture. J’emprunte des ruelles sinueuses, j’escalade des grilles, je me faufile dans des jardins. Enfin je débouche sur notre rue. Mais attend, c’est Birame.

-Qu’est ce que tu fais là ?
-Fanta. Quel accueil ! Tu oublies peut être qu’on travaille dans la même compagnie ?
-Désolé. Je viens de me faire attaquer. Certainement l’homme de l’autre jour.
-C’est ce que ta mère craignait, elle m’a donc envoyé pour venir te chercher. On va se mettre en lieu sûr. Viens.

Je monte dans la voiture de Birame. Mais j’ai une sensation étrange. Y aurait-il quelqu’un d’autre dans le véhicule ? Je me retourne d’un coup et j’aperçois un homme habillé comme ceux qui nous avaient attaqué tout à l’heure. Qu’est-ce que cela veut dire ? Je n’ai pas le temps de le découvrir. Une piqûre dans le coup, je ne vois plus très clair. Un anesthésiant, Birame, l’homme, la voiture ; puis plus rien.
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