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CHRONIQUE - L´autre: les dés sont jetés, par Alima - SEYTOO.COM

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L´autre: les dés sont jetés

Chronique

J’entendais tout le monde parler autour de moi, donner des conseils, mais moi je ne me disais qu’une chose, qu’une seule, je regardais celui qui étais désormais mon mari.

Publié le 20 mai 2020, Alima

Nafi lâcha brutalement ma main, et nous étions maintenant face à eux deux.

MR DIOP : Aziz me défierais –tu ?

« Mane kay » je ne dirai rien je suis pris en faute, et Nafi non plus ne disait rien.
Il a regardé Nafi dans les yeux...

-MR DIOP : « keur geu ! » (à la maison)

Elle n’a pas demandé son reste, elle m’a jeté un dernier regard, puis a pressé le pas, accompagnée de Matar.
J’étais face au vieux, je ne suis pas du genre à paraître intimidé devant qui que ce soit. Mais je me sentais trop coupable.

-MR DIOP : je peux savoir à quoi tu t’attends ? Le beurre et l’argent du beurre ?
Je ne disais toujours rien. En réalité je ne savais pas quoi lui dire, pour le convaincre de ma bonne fois.
-MR DIOP : mon grand, faut te faire une raison. Tu sera bientôt l’homme d’une autre..Et je me rend compte que ma fille est trop bien pour toi !

Tout en me toisant, de la tête au pied. Pour ensuite me planter là.

J’ai erré pendant une bonne heure dans la rue le dernier message de Nafi voyageait dans ma tête. »Quoi qu’il se passe je t’attendrai »

Quand je suis rentré assez tard quand même, j’ai trouvé le vieux dans la cour, chapelet à la main. Je me demande, il prie pourquoi ce gars là !

Je me suis décidé à aller le trouver, parce que c’était maintenant devenu inévitable, et surtout pour apaiser l’ambiance de la maisonnée, même maman, avait changé de comportement avec moi, parce que j’étais en froid avec le vieux. Comme si c’était ma faute.

-MOI : Kane.
-LE VIEUX : hmm…

« Li nouyo leu lol » (c’est comme ça qu’on répond à une salutation.)
Je me suis accroupie à ses côtés, tant qu’à faire bien faire...

-MOI : je tenais à m’excuser, je voulais te demander pardon pour toutes ses paroles blessantes qui ont dépassées le fond de ma pensée.
-LE VIEUX : ha non hein, tu le pensais !

Je le pensais « kay » si je te dis ça c’est parce que j’y suis contraint.

-MOI : « toub nako bou bakh » (je le regrette énormément) quoi qu’il advienne tu es mon père, et je me dois de respecter ta décision quelle qu’elle soit, même si elle va à l’encontre de ma propre volonté. J’ai été surpris par ta décision…parce que tu savais bien que j’avais porté mon choix sur Nafi. Mais je sais aussi que parce que tu es mon père, je suis ton sang, tu ne feras jamais rien qui puisse entraver mon bonheur.
Gêne ? Est-ce bien ce que j’ai perçu ? Mes paroles ont eu l’effet escompté, je le pensais et je ne le pensais pas en même temps, je ne regrettais pas du tout, mais j’ai conscience aussi que quoi qu’il advienne on ne se doit pas de défier l’autorité de ses parents.

Il daigna enfin, arrêter d’égrener son chapelet pour carrément se mette en face de moi.

« Tu retrouves la raison dirait-on »c’est tout ce qu’il a trouvé à me dire.
« Je ne veux que le meilleur pour mon sang »

Lâche-moi un peu, le meilleur c’est Nafi, mais je te monterai ! Tu verras.
Savoure ton œuvre en attendant.

« De toute façon la machine est déjà mise en marche, tu m’aurais causé la pire des humiliations merci mon fils »

Pfff « merci mon fils », il n’y croit même pas ! J’aurais dû te laisser t’humilier. Si ce n’était ma mère j’aurais pris un malin plaisir à le voir s’emmêler les pinceaux. Mais je sais que j’arriverai à régler la situation. Une chose est certaine je la plains cette Aicha, elle ne sait pas dans quoi elle s’est embarqué cette idiote !

Nous étions maintenant obligés Nafi et moi de nous voir en cachette, le lendemain …

-NAFI : non mais t’imagine ! Papa me surveille maintenant comme une enfant, si je ne rentre pas, d’ici une trentaine de minute il saura que je suis avec toi, mais « sama yone » (je m’en fou !)
-MOI : Comprends-le. T’inquiète pas tout ira pour le mieux je te le promets.

C’est ce que j’espérais en tout cas.

Quand j’en avais discuté, avec Iboulaye, mon meilleur ami, sa première réaction a été un fou rire, c’est vrai que moi aussi à sa place, ça aurait été pareil.

-IBOULAYE : grand tu blagues, rassure-moi.
-MOI : « way gooo » j’ai l’air de plaisanter ?
-IBOULAYE : c’est assez difficile à croire, et tu as accepté comme ça ? Toi Ziz ?!
-MOI : mais que veux tu que je fasse ? « Mère bi » (ma mère)
-IBOULAYE : mais « boy » c’est ta vie ! Ils ont déjà fait leur vie eux, qu’ils te laissent vivre la tienne. D’ailleurs j’ai toujours pensé qu’elle aimait bien, Nafi ?
-MOI : bien sûr qu’elle l’aime, mais ça n’a rien à voir, toi ta mère se serait-elle opposé à une décision de ton père. (Paix à son âme)

Il ne disait rien, parce qu’il savait de quoi je parlais, aucune épouse digne de ce non, ne le ferait.

-IBOULAYE : Mais « kone bayi ngeu boy bi ni » (donc c’est fini entre toi et Nafi ?)
-MOI : qui a dit ça ?

Il me regardait d’un air suspicieux.

-IBOULAYE : Que veux-tu dire ? Je ne pense pas, qu’elle va accepter d’être ta seconde épouse.
-MOI : je n’ai jamais dit qu’elle sera ma seconde épouse… tu verras bien boy, je ne peux rien te dire pour l’instant.
-IBOULAYE : tu me caches des choses maintenant ?
-MOI : lol rien à voir, tu verras par toi-même, j’ai la situation en main !

Il n’avait pas l’air convaincu du tout, mais du moment que je l’étais.
Le vieux avait décidé, que nous devions, aller faire le fameux « wakhtane » la discussion chez les parents d’Aicha. Toujours lui qui décide. J’ai toujours du mal à croire que ce soit moi, qui me laisse diriger de la sorte.

« Ce n’est pas possible » vous dites vous, on est au 21 siècle je le sais, je suis au courant pas la peine de me le rappeler ! Je n’aurais jamais imaginé qu’une telle chose puisse m’arriver à moi, Aziz ! Être obligé d’épouser une personne que je n’aime pas…c’est toujours facile quand ce n’est pas à nous que ça arrive. On se dit tout le temps, « ça n’existe plus tout ça » hé bien ça existe toujours, j’en suis la preuve vivante ! Ce qui était plus fréquent, même si c’est rare, c’est que c’était plutôt les filles qui y étaient obligées.

Mais comment peut-on se permettre de décider pour un homme !

Parce qu’on l’a poussé à épouser ma mère, parce qu’ils étaient de la même famille, je me dois de le faire ! C’est quoi toute ces traditions ! Je n’ai rien contre le fait que deux personnes issues de la même famille tiennent d’eux même à se marier par amour. Mais ça devrait être révolu tout ça. Mais que ne serais-je pas prêt à faire pour ma mère, j’avoue que je serais même prêt à tuer pour elle. Alors si ce n’est qu’un mariage….

J’étais avec le vieux et deux oncles, pour les préliminaires, quand je pense que j’avais prévu tout ça, mais pour ma Nafi.

Je crois que je ne suis venu ici, que deux ou trois fois. Je les ai toujours apprécié ses parents à elle. Aicha je ne me suis jamais adressé à elle plus de deux minutes, ça n’a toujours été que d’éternels salamalecs, rien d’autre.

C’est que « boy bi dafa tooy » lol (elle est trop timide) elle ne parle jamais à personne, même quand on se rencontre lors des regroupements familiaux. Perso je n’ai rien contre elle, elle n’a qu’à en vouloir à mon vieux.

Nous étions tous dans le salon, à parler de banalités au début, tout le monde était tout sourire, sauf moi, bon je ne dirais pas que j’avais la mine renfrogné, mais je n’avais vraiment pas le cœur à sourire.
La futur marié je ne l’ai aperçu que furtivement, puis elle a prétexté aller chercher des rafraîchissements. Moi je n’avais qu’une seule envie, qu’on en finisse, surtout quand j’ai entendu le père d’Aicha me dire.

-TONTON ISMAEL : vous les jeunes d’aujourd’hui êtes de véritables cachottiers, alors comme ça t’avais des vues sur ma fille. Et si ton père n’avait pas pris les devants quand te serrais-tu enfin décidé ?!

Des vues sur qui ?

********

Moi je veux juste comprendre ce qui lui prends à lui de ne même pas, pouvoir montrer ses dents, ne serez ce qu’une fois, « melni koouy neub dial ni. »

Il était super mignon dans son ensemble bleu kaftan. Je ne sais pas si j’ai craqué, ou si je voulais le croire. Parce que je me suis promis de faire le max d’efforts pour lui ouvrir mon cœur.

C’est vrai que je l’ai toujours vu assez sérieux, mais quand on vient rendre visite à sa futur épouse il y a un minimum quand même. C’est moi qui devrais, paraître nerveuse plutôt, en plus je lui tends son verre de jus de fruit et pendant un instant j’ai bien cru qu’il me fusillait du regard ? Mais je dois avoir rêvé, je n’en vois pas la raison.

Et quand, les vieux ont prétexté, voulant se parler seul à seul et que nous soyons sorti dans la cour, il est resté des minutes sans émettre le moindre son. Lui timide ? Quand même pas !
Mais il ne me regardait même pas en face, les yeux fixés au sol, comme s’il y avait quelque chose de bien intéressant à ce niveau. Moi qui d’habitude ne suis pas très douée pour la conversation, va falloir que je fasse un effort.

-MOI : et ta journée, elle a été ?
-AZIZ : oui merci.

« Mo » c’est une brèche, c’est toi l’homme ici, parle « way ! » Mais il ne disait toujours rien. Encore du blanc…

-MOI : et ton boulot, ça va ?
-AZIZ : oui… je ne me plains pas…

« Way ki mo soff »

Qu’on ne me dise surtout pas qu’il est timide ! Et moi alors ! S’il est timide, moi je suis comment, là ça ne va pas marcher alors là pas du tout ! On ne doit pas se hâter de juger, mais, c’est que je e peux me baser que sur ce qu’il me montre. Et ça ne me plaît pas du tout. J’ai l’impression que les choses vont déborder.
L’un de nos oncles est sorti au même moment pour nous rappeler, nous somme alors retournés, au salon.

-PAPA : Nous avons longuement discuté, « lou bakh, kene dou ko yagal »(les meilleurs choses doivent se faire, une bonne fois pour toute).Ton père a raison Aziz. Si cela ne tenait qu’à moi, j’aurais tout fait là, maintenant. Dès l’instant que le mariage est scellé ce ne sera plus de mon ressort et si tu y tiens ta femme ne passera pas la nuit ici.

Minute, minute, ce n’était pas prévu comme ça, je ne suis plus sûre de rien moi, parce que je ne sais pas c’est quel genre d’énergumène ce gars là. L’image que je m’étais faite de ce gars commençait à s’étioler.
Je n’entendais plus rien, j’étais devenue sourde, non pire, j’avais l’impression de ne plus être dans la même pièce qu’eux. De tout ça je n’avais entendu que le « ta femme ne passerait pas la nuit » Rien ne c’est fait quand même ?!

J’entendais tout le monde parler autour de moi, donner des conseils, mais moi je ne me disais qu’une chose, qu’une seule, je regardais celui qui étais désormais mon mari.

Et si je m’étais trompé, sur mon choix ?


Du même contributeur, Alima


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