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CHRONIQUE - L´autre : entre désillusion et colére, par Alima - SEYTOO.COM
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L´autre : entre désillusion et colére

Chronique

Pleurer est de la trempe des faibles et je ne le suis pas ! Mes yeux étaient grand ouverts comme si plus je les écarquillais et plus ça empêchait à mes larmes de couler.

Publié le 07 juin 2020, Alima

Nafi ? Devant moi... Je ne rêve pas c’est bien elle, qui est en face de moi ?
C’est bien elle qui tout en me parlant a du mal à respirer ?
C’est elle que je vois verser des larmes ?
Dieu faites que ce soit un mauvais rêve !

Tout ne saurait être vrai. Ça ne peut pas finir ainsi. Elle parle, c’est comme si, sa bouche marchait au ralenti, comme quand on regarde une vidéo au ralenti, je n’entendais rien, je la voyais juste bouger ses lèvres. J’étais juste sûr d’une chose, ce n’était pas pour faire mes éloges.
Dieu comment a tu pu me faire subir une telle honte.
Quand je l’ai vu, mon sourire c’est effacé. J’ai tellement honte de moi. Comment en suis-je arrivé là.

Je n’ai pu, ouvrir la bouche que lorsque je l’ai vu, se retourner pour partir.

Je l’appelle, mais elle ne répond pas, et à ce même moment j’entends la voix d’Aicha elle aussi.

Aicha… Mais qu’est ce que j’ai fait ! J’aurais du savoir que tout ceci se retournerait contre moi.

Qu’est ce qui a bien pu me faire croire que j’étais capable de gérer tout ceci ? Continuer à mentir à me cacher, pour mon propre plaisir, sans tenir compte tout le mal que je suis entrain de faire autour de moi. Nafi me tourne le dos, et c’est comme si c’est une partie de moi-même qui s’en va.

Aicha, je l’aperçois qui arrête un taxi, même pas un regard, et c’est une autre partie de moi-même qui me tourne le dos.

Je ne l’appelle même pas à quoi bon ! Elle fera pareille que Nafi, m’ignorer. Où va-t-elle maintenant, je suis là sur cette route, je me sens comme seul au monde, parce que mes deux raisons de vivre s’en vont chacune de leur coté.

« Rattrape là » m’a dit Aicha.

Essayez de deviner ce que ça me fait tout ça. Laissez tomber, vous n’y arriverez pas. Je sais vous me détester en ce moment, mais je ne voulais pas tout ça je ne l’ai pas cherché.

Aicha est restée calme, c’est ce que cette femme sait se maitriser. Pas de larmes, rien, elle reste impassible, un petit rictus trahi sa désillusion.
Comment j’ai pu être aussi idiot, aussi égoïste. Si l’on a que ce que l’on mérite je mérite largement tout ceci. Mes actes ne sont pas dignes d’un homme ! Et depuis le début.

D’abords j’ai humilié Aicha, je l’ai déprécié, puis j’en suis tombé amoureux, alors j’ai commencé à mentir comme un gros con ! J‘ai menti à Nafi, parce que je me suis rendu compte que j’avais des sentiments pour Aicha, je me suis rendu compte que je n’avais plus envie de la quitter. Alors qu’elle m’attend patiemment.

Je voulais juste avoir le temps de trouver une solution. Mais peut être est ce parce que lui savait que jamais je ne trouverai de solution à ce problème, il en a trouvé une pour moi. Sauf que celle là, aucun de nous n’en voulait.

Nafi me pardonnera t’elle ? Je ne peux pas me permettre de la perdre.
Et Aicha alors me voilà qui petit à petit gagnait son cœur…

***

Pourquoi je suis bête quelqu’un aurait-il une réponse à cette question ?
C’est une pure bêtise que de croire qu’il puisse m’aimé, c’était bien ce que je pensais, tout ceci n’était qu’un subterfuge ! Ne sois pas déçu Nafi tout ça il le faisait pour toi il a joué à l’époux aimant en attendant le moment propice.
Aziz « mane défoumala dara » (je ne t’ai rien fait) Je n’ai fait que t’aimer et sans le vouloir mon cœur n’a pas choisi. Je ne voulais pas ! Mais c’est arrivé.
J’ai voulu continuer chez mes parents, mais pour dire quoi ? Dans l’état où je suis, je ne pourrais jamais regarder mes parents en face.

J’ai failli.

Ma mère s’attendait à ce que je m’éternise dans mon ménage « seuy ba dé » mais voilà un mois et moins de dix jours, c’est déjà fini !

Aziz comment as-tu pu ? « May wakh ngeu dieul » ce petit innocent « fébar loko té dara dallouko ! » (En plus tu oses rendre malade le petit Khalil) Pour les beaux yeux de ta chérie.

« Ay mane si je m’étais donné à toi fou may dieum ! » (Si je m’étais donnée à toi pour qu’ensuite la vérité éclate) Mon dieu merci ! Tu m’as fait souffrir, mais aussi tu m’as sauvé.

J’ai arrêté le premier taxi que j’ai vu, pour retourner à la maison.
J’étais éreintée, je ne pouvais plus rien faire ; j’avais besoin de dormir, dormir pour oublier. Si vraiment il y un médicament contre la douleur qui me ronge,
Cette douleur silencieuse,
Cette douleur qui ronge ma chaire,
Qui ronge mon âme.
Cette douleur qui tue cette chose qui me serre de cœur.
Donner m’en le secret.
J’essaie d’être forte, je ne pleure même pas, peut être est ce dû au choc.
Ce qui est bien à la maison c’est que je peux m’incruster dans ma chambre sans que personne ne s’en rendent compte, tellement la maison est spacieuse, et le salon bien isolé.
Mais je me devais de me manifester chez Ta ouly.

-TA OULY : « mo yaw yagolene di « (vous n’avez pas du tout duré) Et Aziz ?
-MOI : Il a du passé chez Iboulaye, et comme moi je voulais rentrer directement je lui ai dit d’y aller.

Elle a demandé après mes parents et tout.

Et le comble c’est que rien dans mon visage ne trahissait mon mal. J’ai appris depuis petite, à le faire, d’abords avec mes parents, parce que je ne voulais pas qu’ils se rendent compte à une époque combien ma douleur était grande d’apprendre que j’ai été abandonné, puis au fil des années, c’est devenu un bouclier. Et là j’en avais vraiment besoin.

Je suis retournée dans ma chambre et je me suis enfermée à double tour. Silence, solitude, c’est tout ce dont j’avais besoin. Ce lit, non je n’ai même pas envie de m’allonger dessus, de peur de respirer le parfum de ce menteur.

Je me suis affalée par terre, les yeux grands ouverts. Mes yeux étaient tout secs. Je n’arrivais même pas à pleurer « ndeyssane. »

Vous voulez bien m’aider à faire le tri de tout ce qui s’est passé en un mois ? Parce que là on dirait que d’un coup mon cerveau a fondu.

Il ne m’aime pas, je le répugne. Khalil malade, « ki li mouy kathie bakham moko tay ? » (Il fait exprès de mytho comme ça ?) « Vous les hommes da nguen meunoul bayi pinw bi ! » (vous les hommes vous ne pouvez pas arrêter de mentir un peu !)
Pourtant je pense que tout est de ma faute. Il a était clair dés le début, c’est moi qui ai voulu lui tenir tête.

« Je ne veux pas de toi m’avait-il bien dit » pourquoi cela changerait-il ? Aicha « yaye doff deug deug deug » (t’es bête Aicha !)

Puis j’ai repensé à nos derniers moments passés ensemble il avait l’air tellement sincère. J’ai cru à toutes ses paroles. J’ai eu envie de croire à son « je tiens à toi » mais j’aurais du savoir, que « je tiens à toi » et « je ne veux pas de toi » ne vont pas de paire.

Mes larmes ont commencé à couler c’était plus fort que moi. Larmes de désespoir, de détresse et surtout d’incompréhension.

Qu’ai-je fait ?
Est-ce que j’ai mérité pareil affront ?
Il a été assez lâche pour accepter qu’on régente sa vie, est ce à moi d’en payer le prix fort ?!
Pourquoi moi mon Dieu !
Je ne prie pas assez ?
Ai-je déjà manqué de respect à mes parents ?
Que me reproches-tu exactement ?
Aussi loin que remontent mes souvenirs je ne trouvais pas ce que j’avais bien pu faire…
***
J’essaie d’appeler Nafi elle ne décroche pas j’ai insisté encore et encore. Et finalement elle se décide à éteindre son téléphone. Nafi n’a jamais fait ça. Je ne l’ai jamais vu ainsi. Je regrette tellement.

J’ai peur de devenir fou, j’ai l’impression que je risque de les perdre toutes les deux. Je vais perdre la femme de ma vie, ainsi que mon épouse. Mais ça ne peux pas se passer comme ça. Je ne sais pas combien de temps j’ai fait dans la rue à repenser à tout ceci. A me demander si jamais j’ai toujours le choix, laquelle je choisirai. Mais je ne suis pas certains.

Il y a Nafi d’un coté, celle que j’ai toujours aimée, celle qui me connait mieux que personne. Celle qui m’aime sans condition. Celle qui a accepté de m’attendre, de braver les interdits de son père, pour moi. Celle qui a fait des sacrifices, auxquelles moi j’ai failli.

De l’autre il y a Aicha, l’inconnue, l’énigmatique, celle pour qui je commence à ressentir un fort sentiment, un sentiment que je me croyais pas capable d’éprouver pour une autre que Nafi. Celle qui en quelque sorte a apporté la paix dans ma famille. Celle avec qui j’ai appris à m’améliorer, la discrète et fougueuse à la fois. Celle dont je n’ai pas fini de découvrir toute les facettes.

Il faut au moins que je parle à l’une d’elle. Nafi, je sais qu’il n’y aura pas moyen aujourd’hui. Aicha est sûrement à la maison, elle comprendra. Il faut que je lui explique, que je ne m’attendais pas à tomber amoureux d’elle.
***
« Khalat bi si bopam lay bay ! gnak na faida trop » (faut que j’arrête de réfléchir à quoi bon !)

J’ai rageusement essuyé mes larmes, me suis levée pour me diriger vers l’armoire. Je suis montée sur le lit pour récupérer ma valise, ensuite j’ai ouvert les battants pour sortir toutes mes affaires et les fourrer une à une dedans. Je n’ai laissé là dedans, que les cadeaux qu’il m’avait offerts.

J’ai tenu pendant longtemps le nounours entre mes bras, « di dioye comme bébé », (je pleurais comme un bébé)

Je repensais à comment Khalil et moi nous démenions pour lui trouver un nom et qu’Aziz après en avoir eu marre d’inventer toute sorte de non, « pitchi, splash, moumou. »

-AZIZ : « hey sonal nguene gnou dé ! »(Vous nous fatiguez)
-MOI : Khalil « kagnou toudé ko Aziz sakh ! »(On va l’appeler Aziz)

Comme il s’est rétracté avec un « boul ma yap Aicha »(te fous pas de moi Aicha)
Ce souvenir m’a volé un sourire.

-KHALIL : » dédééét » (non)donc on l’appellera comme moi.
-MOI : tu veux qu’on l’appelle Khalil ?
-KHALIL : nooo Derrick !
-AZIZ : mdrrr voilà !!! Derrick lui irait mieux.

Ils vont tous me manquer, et surtout lui… Aziz…malgré tout.

« Filay tok di ko khar » (je l’attends de pied ferme !)

Je suis prête je n’ai plus rien à foutre ici ! Je n’attendais que lui, qu’il me ramène chez lui, et il aura intérêt à donner une bonne explication.

Pleurer est de la trempe des faibles et je ne le suis pas ! Mes yeux étaient grand ouverts comme si plus je les écarquillais et plus ça empêchait à mes larmes de couler.

Mais ça ne marchait pas. J’avais juste mal aux yeux.
Trois questions demeurent sans réponses.

Pourquoi moi ?
Est-ce de ma faute, pour qu’il m’ait fait subir tout ceci ?
Pourquoi dés le début n’être pas venu me dire, « trouvons une solution parce que je ne veux pas de ce mariage !? »

Mon Dieu la honte retourner chez moi ! « Ey yalla li deug leu ni rek » (donc tout ça est réel.)

Combien de temps je suis restée sur cette position assise aucune idée.
Je l’ai entendu introduire sa clé, et se pointer à l’embrasure de la porte. Il est resté figé en voyant la valise. Il a alors refermé la porte derrière lui.
Je me suis levée calmement.

-MOI : je suis prête.

Il me regardait et avait l’air de rien comprendre.

-AZIZ : pourquoi ?

Lol « qi ba diam » (ça va lui.)

-MOI : « may ma sama bat. »(Je veux que tu me libères de ce lien) Je n’ai rien à faire ici.
-AZIZ, calmement : tu n’iras nulle part.


Du même contributeur, Alima


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