person_outline Me connecter close
Fermer
search
Recher.
menu
Menu

Vous
EN
English

groupRejoignez le Club.
Vous allez adorer Seytoo !


Accueil
share
@

Partager
arrow_back
Retour
CHRONIQUE - L´autre : fatalité ?, par Alima - SEYTOO.COM
keyboard_arrow_rightSuivant
keyboard_arrow_leftPrécédent
save

Enregis.
share
@


Partager

L´autre : fatalité ?

Chronique

C’est dur de voir sa vie changer comme ça du jour au lendemain, de se voir soumis à un certain régime, devoir faire attention à tout un tas de chose, pour accroître son espérance de vie.

Publié le 27 juin 2020, Alima

Qu’est ce qui lui est arrivée pour que tout le monde soit autour d’elle comme ça ? Le vieux qui lui donnait de petites tapes sur la joue.

-MOI : lou khew ? Qu’y a t-il ?
Mayna qui revenait avec un vers d’eau et m’on père l’en aspergeait ; Je m’étais rapproché d’elle quand elle a commencé à revenir à elle. Et là j’ai crié sur mon père, « qu’est ce que tu lui as encore dit ?! »
-LE VIEUX : moi mais je n’ai rien compris.

Et pour la première fois je voyais mon père inquiet pour ma mère, je voyais mon père faire montre d’intérêt à son égard.

-MAMAN, Je vais bien c’est passé, j’ai eu quelques étourdissement mais ça va, c’est ma tension artériel le qui fait des siennes.
-MAYNA : non, non et non tu es malade et tu le caches, wa Aziz tu ne t’es même pas aperçu de combien elle a maigri.

Et à bien la voir Mayna a raison elle a un peu maigri, et elle est devenu très calme dernièrement mais j’étais dans ma bulle et je ne voyais rien. Et si c’était bien plus que son hypertension.

-MOI : bon Mayna vas y chercher un taxi, il est préférable qu’on l’emmène à l’hôpital parce que même si elle essayait de nous rassurer ça se voyait qu’elle allait toujours mal.
-MAMAN : « hopitalou lane » (à quoi bon) je vous dis que ça va mieux
-MOI à Mayna: « hé démal outeul ma taxi yaw » (vas y me chercher un taxi)
-MAMAN : mais ça va mieux, en plus il se fait tard attendons demain au moins, de toutes les manières je suis sûre que ça ira après avoir pris mes médicaments.

J’ai capitulé encore une fois, mais pas pour longtemps demain qu’elle le veuille ou pas elle ira chez le médecin.
Le lendemain juste après sa prière, je l’ai trouvé dans le salon.

-MOI : prépare toi on y va.
-MAMAN : Abdoul je vais très bien, c’est passé.
-MOI : Mayna a raison tu as maigri ! On y va c’est tout et si ce n’est que ça aussi, si tes médicaments devront être remplacés ça se fera.

On aurait très bien pu appeler Bachir, mais après tout ce qui c’est passé…

Mayna a insisté elle aussi pour venir, elle n’est donc pas allée en cour.
A l’hôpital le médecin a passé un long moment avec elle, a posé de nombreuses questions auxquelles je n’étais même pas fichu de répondre parce que trop égoïste pour me rendre compte que ça n’allait pas chez elle. Je ne me préoccupais que de ma personne, de mon mal.

Mayna a alors expliqué qu’elle se plaignait dernièrement d’avoir mal au pied, le docteur, qui vérifie à ce niveau et l’on se rend compte que ces pieds son un peu enflées.
-MAMAN : « sama tension bi mokay def » (c’est quand j’ai une hausse de tension que ça fait ça…

Le médecin n’émit aucun commentaire, il lui demanda si elle mangeait normalement, et Mayna, de se précipiter pour répondre, « pas du tout, elle ne mange pas « damay wakh ba sone »
Il nous demande à nous cette fois ce qui la stresse au point de lui causer des problèmes de santé. Je ne su quoi dire parce que j’étais de plus en plus sûr j’étais pour quelque chose dans tout ça.

-LE MÉDECIN : été vous êtes touts le temps fatigué aussi ? Tout le temps essoufflée ?
-MOI : c’est grave ?
-LE MÉDECIN : …je ne suis pas sûr ; va falloir qu’elle fasse des analyses supplémentaires et après on verra.

Là j’ai vraiment eu peur, qu’est ce qu’elle a ? Serait ce plus grave qu’un simple problème d’hypertension artériel !?

Une infirmière est alors venue faire une prise de sang, on lui a après demandé d’aller uriner toujours pour des analyses mais ce qu’ils ne savent pas c’est que pendant ce temps moi je deviens fou d’inquiétude. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe mais c’est grave, sinon ils ne feraient pas tout ça !

Il lui a ensuite prescrit une ordonnance, avant de nous redonner RV d’ici deux jours. Deux jours interminables à mes yeux. Maman semblait aller bien mieux mais pas pour moi, je n’aurais été tranquille qu’après la sortie des résultats.

Et c’était pire, bien pire… Le médecin m’a dit que ma mère présentais les symptômes d’une insuffisance rénale et que comme il le redoutait il semblerait qu’après analyse ce soit une forme d’insuffisance rénale aiguës.

Insuffisance rénale ?! C’est quoi déjà ?! Je ne sais pas si c’est mon cerveau qui marche à la traîne ou si c’est bien moi qui ne souhaite guère comprendre.

Je ne comprenais absolument rien à tout ce qu’il me racontait, tout ce qui m’importait c’est qu’il me dise si c’était grave ou pas !

Il nous alors dit que pour être fixés sur tout ça il préférait nous dépêcher vers un autre médecin et plus précisément un néphrologue à l’hôpital le Dantec !!!! Néphrologue !!!
« louy néphrologue si adouna !!! » C’est ce que j’ai crié parce que le mot m’avait direct fait penser à la mort !!!

Il a essayé de me rassurer en me disant qu’il s’agissait d’un spécialiste des reins.
Ma mère se plaignait des vas et viens incessant dans les hôpitaux mais « dem di neu ko def » (elle ira de grès ou de force) parce que je veux être fixé par rapport à tout ceci, je suis de plus en plus anxieux, je ne suis pas entré dans les détails avec Mayna, je lui ai dit que c’était une insuffisance rénale, mais bénigne.

Je n’ai eu de discussion sérieuse qu’avec le vieux pour lui expliquer où en était la santé de ma mère.
Et j’étais surpris de le voir aussi inquiet. À la limite il a commencé à la chouchouter et tout.
Nous avons alors eu un Rv avec le docteur, qui ne trouve rien d’autre à nous dire après avoir fait une échographie des reins de la vieille.

« Je ne comprends pas lou takh sénégalais sagane »(le sénégalais ne réagit qu’à la dernière minute)

-MOI : dernière minute comment ça ?

Ila posé les même questions que nous avaient posé l’autre docteur, « depuis quand elle mange plus, est ce qu’elle vomit » ect…

Je passe sur tout ça, juste pour conclure, que ma mère venait d’entrer dans le monde des "hémodialysées".

Un monde auquel je ne m’étais jamais intéressé, avant que ça ne lui arrive à elle.

Ma mère, être condamnée ! Parce que ce n’est rien d’autre que ça, elle est condamnée !!!

Nous mourrons tous un jour ou l’autre, personne ne sait s’il se réveillera demain, ou s’il passera la journée. Mais il n’y arien de pire que de savoir, que vous avez moins de chance que les autres de vivre. Savoir que vous êtes à tout moment en danger…qu’une petite infection pourrait vous tuer.
Toute sa vie, elle devra attendre, attendre que la faucheuse passe.
Et je ne supporte pas ! Je ne supporte pas de la voir ainsi !
Elle ne mérite pas ça, ma mère ne mérite pas une telle fin !

Elle a toujours été une bonne épouse. Elle est une bonne mère, une femme pieuse, une femme au grand cœur ! Et c’est tout ce que tu trouves de mieux, pour la remercier ! « Foumou tol di leu diamou amo lo kay fayé lou doul li »

J’étais en colère mais en colère contre moi, je me sentais impuissant, parce que « meunoumassi dara », elle devra pour survivre, dépendre de médicaments, dépendre d’une machine. Oui une machine qui devra se charger, dépurer son sang et dans le cas contraire ce serait fini !

Pourquoi elle ?!

Pourquoi ne puis-je pas lui donner un rein !

En quoi serait-ce illégal « khana momoumako ! » (Il est bien à moi ce rein !)
J’ai les mains liées, C’est une vie normale que je veux pour elle, une vie de bonheur, mais qui puis je…. le sort en est jeté…

Chaque semaine elle devra se rendre trois fois à l’hôpital, pour une séance de 5 heures de temps. Son traitement requiert chaque semaine une dépense de 100000 à 150000 francs cfa dialyse et médicaments confondus, ce, le reste de sa vie… Et si nous n’en avions pas eu les moyens ??? « Alhamdoulilah ! »(Je rends grâce à Dieu)

Quand je la regarde et je n’arrive pas à soutenir son regard ; ni le regard des autres, parce que j’y lis de la pitié. Je suis de plus en plus en colère contre le vieux parce qu’il aura fallu qu’il arrive cela à ma mère, pour qu’il commence à se comporter en humain, à prendre soin de lui, à même l’accompagner pour ses séances.
Et le comble il lui a demandé pardon, pour toutes ces années, l’a loué…Et ma mère de tourner ça à la plaisanterie en me disant « ça a finalement du bon d’être condamné ! » Mais à moi ça ne me fait pas rire.

-MAMAN : « boul def ni da nga may diakhal » tant que je suivrai les traitements j’aurais une vie tout à fait normale. Et surtout tant que je ne vous verrai pas, me regarder comme une mourante, je me sentirais vivre à travers vos yeux.
-MOI : « mère do bayi sa yi ! »(Maman ne parle pas ainsi)
-MAMAN : « lou ma wakh », (qu’ai-je fait) même sans cette maladie, je suis appelée à partir un jour où l’autre, peut être est ce plut tôt, que la normal, où peut être pas, Dieu seul sait… mais ainsi va la vie, « borom bi loumou def nonouleu », et pour le moment je suis là, je suis bien à vos cotés n’est ce pas le plus important ? « So défé ni da nga may geuneu diakhal », (tu m’inquiètes encore plus), déjà que tu n’allais pas bien, depuis qu’Aicha est parti, je ne veux pas qu’avec ça en plus tu baisses les bras, je veux que tu reprennes ta vie en main « man lolou la beug ! » Que tu sois heureux, que tu t’occupes de ta sœur, que tu t’occupes de Khalil « gnom yaw la gni am ! » Que tu sois toujours auprès de ton père aussi, quoi qu’il en soit c’est ton père, il regrette beaucoup de choses aujourd’hui alors laissons lui une chance.
-MOI : « mére yaw da ngay exagéré noy wakhé ni, melni kouy tago ! »(Pourquoi tu parles comme si tu étais sur ton lit de mort!)
-MAMAN : lol… on ne sait jamais…
-MOI : « li mo takh sougnou wakhtane dounekh ! » (Tu vois pourquoi on a quelque fois du mal à nous entendre toi et moi) tant que tu te soignes et que tu respectes les règles d’hygiènes imposés, le médecin a affirmé que tout ira pour le mieux,
-MAMAN : oui...Et aussi tant que j’aurais l’esprit tranquille et je ne peux l’avoir que si mes enfants son bien.
-MOI : « lolou rek ngeu beug diekhneu » lol (si c’est tout ce que tu veux, sois tranquille) j’arrête toutes mes bêtises, et tu verras par toi-même, toi aussi tu as intérêt à respecter ta part du marché, prendre soin de toi.
-MAMAN : « mo » c’est facile ça, surtout que dernièrement j’ai tout le temps Aicha à mes cotés…

Elle me le disait tout en me jetant un regard plein de malice.

Aicha… c’est vrai elle est tout le temps là. Les proches viennent souvent la voir, et surtout elle Aicha. Je n’ai
même pas son temps, j’ai d’autre priorité.
Ma mère, est plus importante que n’importe qu’elle femme de ma vie !

Et surtout je ne supporte pas ce que je lis dans se yeux, de la pitié ! Je n’en veux pas ! J’arriverai à l’oublier…du moins je l’espère.

**

J’ai peur de devenir folle ! Pas ça, pas elle ! Pourquoi est ce que ça lui arrive à elle, elle est si gentille si douce ! Pourquoi se doit-elle de passer par là.

Et Aziz il est devenu comme fou, « ken khamoul lane lay nirol », je ne supporte pas, de le voir ainsi, pourquoi je ne suis pas retournée avec lui quand il le voulait ?!!!

J’aurais été là pour le soutenir, pour l’épauler. J’aimerais tellement être à ses cotés, là; maintenant. Je sais qu’il en a besoin, il joue au dur, parce que c’est un homme il ne se doit pas de flancher devant tout le monde mais, je sais que c’est difficile pour lui.

Il me fuit, il m’évite, pourquoi ?

Mais pourquoi je me pose cette question d’ailleurs, je l’ai cherché, j’ai juré de ne jamais retourner avec lui, quand je le touche il s’écarte, et ça me fait mal ! Je ne voulais pas tout ça ! J’étais au coté de sa mère, j’y suis presque tout les jours et je me fous de ce que les gens disent, je sais qu’elle est heureuse de me voir à ses cotés, elle sourit quand on discute ensemble, que dis je elle s’esclaffe et je suis heureuse de la voir prendre tout ceci à la légère. Au fil des jours elle va beaucoup mieux, elle continue de prendre soin d’elle comme toujours. J’ai envie des fois de l’accompagner à l’hôpital comme l’aurait fait une belle fille, mais je ne suis plus la belle fille de la famille. je ne suis qu’une nièce qui vient rendre visite à sa tante, une fille qui vient rendre visite à l’amie de sa mère que ça et rien d’autre…
A chaque fois que je passe chez eux, il m’accueille comme une simple invitée, comme une personne banale, venue rendre visite à sa mère, et ça me fait mal ! Je suis ici pour ma tante, mais je suis ici pour lui. La dernière fois quand je l’ai trouvé assis sur une chaise aux côtés de sa mère, je ne sais même pas pourquoi j’ai fait ça, mais j’ai posé, ma main sur son épaule…besoin de son contact peu être.

-MOI : tu vas bien ?!

Il a relevé la tête pour me regarder, en me disant « oui ça va merci » et il m’a laissé là.
Et si tout ça été de notre faute ?
Et si la situation de sa mère c’était aggravée à cause de tout ce qui c’est passé, il n’y a pas de et si, c’est bien le cas !
Nous ne sommes que des égoïstes, nous avons fait tellement de mal autour de nous !
Et lui qui me fuit… il se dit probablement qu’après l’avoir traité si mal, je me comporte ainsi, par pitié. Mais non, ce qu’il ne comprendra jamais c’est que malgré tout ça, ce qui le touche me touche.
Je me sens mal de le voir ainsi et de rien pouvoir faire j’aimerais être à ses cotés pour le restant de mes jours. Il a besoin de moi et moi aussi.

** Je n’ai pu m’empêcher de brosser ces quelques mots quelque peu personnels. De toutes les parties celle-ci m’atteint particulièrement, parce que je me dis que ça pouvait m’arriver ou arriver à un de mes proches, et ça aurait peut être été intraitable de mon côté. Quelque fois on banalise certaines choses qui peut être auraient pu nous éviter une telle fin, la main de Dieu, le destin ça existe tout ça. Mais l’instinct de survie aussi si je puis me permettre d’appeler ça ainsi. Il faut avoir un esprit alerte dans la vie.
Chez nous force est de reconnaître que nous n’avons pas du tout cette culture qui est de faire au moins des visites mensuelles chez le médecin. Il y a des signes qui devraient nous mettre la puce à l’oreille que cela concerne cette maladie ou une autre. Mais pour l’insuffisance rénale même si les symptômes ne sont pas jamais évidents, on se doit de faire attention à notre santé, et ne pas toujours tout mettre sous le coup d’un banal stress, d’une hypertension artérielle et j’en passe.

Et justement en parlant de l’hypertension elle est la principale cause de cette maladie, de même que le diabète. J’aimerai juste qu’on fasse un petit peu plus attention à nous. Bon je m’arrête là parce que je ne suis pas médecin… Mais c’était juste pour mettre certains en alerte.

C’est dur de voir sa vie changer comme ça du jour au lendemain, de se voir soumis à un certain régime, devoir faire attention à tout un tas de chose, pour accroître son espérance de vie.

On ne peut qu’imaginer ce que les "hémodialysés" vivent. Il est sans nul doute très dur de voir du jour en lendemain sa vie limitée en quelque sorte, mais ce n’est pas non plus une fin en soi. Les voir toujours aussi dignes, acceptant leur sort me touche énormément, les voir toujours un sourire aux lèvres, alors qu’une sourde angoisse vagabonde quotidiennement dans leur tête, se demandant toujours, « quand ? » RESPECT.
Ils parviennent à avoir une vie normale, mais le seul tracas et que ce n’est pas du tout donné à tout le monde d’espérer, mener une vie normale, il faudra avoir les moyens de se prendre en charge. Hors le sénégalais lambda n’est pas bien loti. Des milliers de gens atteints de cette maladie, n’ont pas accès à l’hémodialyse et pour ceux là oui, on peut se permettre de parler de condamnation, parce qu’ils n’ont presque aucune chance de survie… **


Du même contributeur, Alima


Partagez votre commentaire...



Dans la même rubrique



Nous vous recommandons

Vie
Réussite
Regardez
Seytoo.Africa
Actualités
Vous



À propos| Contacts| Confidentialité| Seytoo.App|English

© 2020, Seytoo, tous droits réservés. Seytoo n'est pas responsable des contenus provenant de site web externes et/ou publiés par ses visiteurs.