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CHRONIQUE - L’autre : « Guerre Froide », par Alima - SEYTOO.COM
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L’autre : « Guerre Froide »

Chronique

Il m’évitait en mettant son visage hors de ma portée. « Rack rek la donne guiss ins bobou » (je ne voulais rien d’autre à part me battre le blesser)

Publié le 08 juin 2020, Alima

Lorsque je me suis introduit dans la demeure et que j’ai vu la porte de notre chambre fermée. La première chose que je me suis demandé, c’est « est elle rentrée ?». Je me suis alors dirigé au salon et là, j’ai trouvé ma mère.
« Wa yow pourquoi as tu laissé Aicha rentrer seule ? Ak diamonodjou nakari dji ! » (Avec toute l’insécurité qu’il y a) « Et Iboulaye comment il va »

C’est ce qu’elle lui a dit ? Savez vous ce que je me suis dit en premier, j’ai une chance alors, puisque personne ne se doute de rien. Une femme comme ça ne court pas les rues.
« Il va bien, je vais voir ma femme »

Je me suis précipité vers ma chambre et mon cœur battait la chamade, la poignée de la porte a résisté, c’est fermée à clé. J’ai ouvert, elle était là, le visage serré. Ça se voyait qu’elle avait pleuré. Puis mon regard fut attiré par une valise prés d’elle. « Là, li djougué si mane geuwma ni di na meusseu deloussi » (j’ai eu un choc plus grand que celui de tout à l’heure. Je me suis alors précipité pour fermer la porte derrière moi.
« May ma sama bat djiguene bou bakh di nako wakh ? » (Une bonne épouse ne dirait jamais qu’elle souhaite se défaire des liens du mariage)
Même si je sais que j’ai cherché tout ça. Quelle femme accepterait de rester avec un homme tel que moi.

Mais je ne peux la laisser partir hors de question. Le calme avec lequel j’ai sorti cette phrase m’a moi même étonné. Je n’accepterai en aucun cas qu’elle quitte la maison de la sorte.
C’est une évidence !

***
Il est sérieux ?
Non pas le moins du monde j’imagine, le pauvre ne sais même pas de quoi il parle.

-MOI : lol pardon ? Parce que tu t’imagines que je vais rester une minute de plus dans cette maison ?

Il ne daigne même pas répondre ! Mais pour qui il se prend lui ?
Déjà il se fout de moi et maintenant il garde cet air suffisant « di dof doflou sama kaw » (à jouer au plus fin avec moi)
« Wakh bi sakh la doul perte sama temps « (je ne perdrais même pas mon temps à débattre)

-MOI : bon… si ça va chez toi, si ça va pas, je m’en fiche ! Je veux juste entendre une phrase « maynala sa bat » (je te répudie)
-AZIZ : Tu ne l’entendras pas !

C’est ce calme qui me fout la rage !

-MOI : que tu me répudies ou pas, je quitterai cette maison. Je tiens juste à ce que ça se fasse dans les règles et que je n’ai plus aucun lien avec toi. Si c’est une explication qui te manque j’en ai une, tu m’as surpris avec un autre dans une situation gênante. « Maynala bobou » (utilise là comme excuse)
-AZIZ : AICHA !

« Ah loumouy youkhou dama kakay yombalal rek » (c’est pour lui faciliter la tache)
Mais pourquoi même je suis encore là à parler comme si je m’attends à ce qu’il me donne une explication à laquelle je pourrais croire, une qui me poussera à rester.
Pourquoi j’attends de lui pareille chose même !
Un lâche pareil, un homme aussi irresponsable ! Il me répugne tellement. « Na gnou nii dama faye sakh sama yone » (on a qu’à dire que j’ai quitté le domicile conjugal je m’en fou je ne reste pas ! J’ai saisi ma valise pour me diriger vers la porte devant laquelle il était toujours planté ; il me barre alors la route ; on aurait dit que je n’attendais que ça qu’il me touche.

A peine m’a t-il tenu par les épaules que j’ai commencé à le frapper au visage. Frapper son époux ça ne se fait pas, mais à mes yeux il a cessé de l’être quand j’ai décidé de faire ma valise. Il m’évitait en mettant son visage hors de ma portée. « Rack rek la donne guiss ins bobou » (je ne voulais rien d’autre à part me battre le blesser)

Je le déteste !

Il m’a alors presque soulevé pour me poser sur le lit.
« Yow yamal » et écoute moi ! Il a fermé la porte à clé et a retiré la clé de la porte.

-MOI : « meuno wakh ba douma guene keur gui tey ! » (je m’en irais quoi que tu puisses dire) « Dou ma fi fanane »( je ne passerai pas une autre nuit ici) je te dis !
-AZIZ : et moi je te dis que je ne te laisserai aller nulle part ! Alors tu ferais mieux de m’écouter.

« Tey so wakhé ba ma dess si keur gui ma kham ni ngad ngeu » (je ne resterai pas quoi qu’il puisse dire)
« Diaral nama, sama mbok yeup bama » (toute ma famille n’aura qu’à me tourner le dos) menteur doublé d’un lâche et d’un profiteur ! « Ay mane » si je m’étais donné à lui« fouma dieum ! » (Ça aurait été pire)

Il m’avait comme dire vissé sur le lit, et je n’entendais que « win win win », « mais li mouy wakh khamoumassi dara, dem rek la guiss » (je veux juste m’en aller)

« Je suis désolé » « dal deg nako » (ça je l’ai entendu)
« Je tiens vraiment à toi » ça, ça m’a vraiment mis hors de moi ! Et là dans ma tête je me suis dit je sais quoi faire. Rien de mieux que de les blesser dans leur ego.

-MOI : pare ngeu (t’as fini ?

Il ne disait rien. Je lui ai alors lancé un rire cynique.

-MOI : « guiss ngeu ni mou nété » (tu vois combien ça fait mal ?) Tu croyais que je ne savais pas pour nafi ? Tu crois que je ne la connais pas ? Maintenant que je t’ai vu souffrir comme toi tu m’as humilié, je peux m’en aller. J’étais face à lui et l’idée m’est venue quand il a commencé à se confondre en excuse.
-MOI : mon but dés le début a été de rester quoi que tu puisses m’infliger, te mener la vie dure et reconnais que j’y suis parvenue.

Il me fixait comme s’il avait devant lui une inconnue.

-MOI : « yow nit ngeu » (ça va pas non) me crois tu capable de m’intéresser à un lâche tel que toi ! pfff

***
Quand elle a insinué connaître Aicha, ça m’a tellement surpris que je me suis subitement levé pour me mettre face à elle, bouche bée. J’avais devant moi une autre Aicha. Celle là je n e la connaissais pas du tout. De quoi elle me parle ? Non elle ment, je sais qu’elle ment. Elle m’aime je le sais ! Ces derniers jours c’est une femme amoureuse que j’ai vue. Je ne me trompe pas, ses baisers l’ont trahi.
Oui ces mots me blessent. Elle m’assène tout ceci sans ciller. On dirait presque qu’elle se moque de moi. Elle parlait, parlait, parlait et je n’ai eu qu’une seule envie, la gifler, je veux qu’elle se taise ! Je ne supporte plus de l’entendre me rire au nez. Comment ai-je pu me tromper autant à son sujet.

Mais on !!! Elle ment ! Elle veut me faire chèrement payer tout ceci, mais je sais qu’elle n’est pas comme ça ! Ce n’est pas ma Aicha ça ! Elle est blessée c’est pour ça qu’elle agit de la sorte.

-MOI : j’aimerai bien te croire mais tu mens.
-AICHA : « kholal li ngay wakh dama ko wakhoul, meune nga ma may sama bat wala » (Tout ça ne m’intéresse pas, peux tu accéder à ma demande oui ou non ?!)
-MOI : tu veux une réponse ? C’est non ! Mais Aicha que veux tu, tu crois que je ne me sens pas assez mal ! Je t’ai bien expliqué…
-AICHA : tes explications je n’en ai cure !
-MOI : parle moins fort !
-AICHA : tu n’as pas à me dire quoi faire han !
Je l’ai tenu par le bras « wa viens » elle s’est bifurqué pour échapper à mon contact.
-MOI : je t’en supplie pense à la famille, pense à ce que diront les autres.
-AICHA : « tey la warou » c’est toi qui te soucis du « qu’en dira t’on ? »
-MOI : faut que tu m’écoutes nak !

Je ne parlais pas doucement seulement par discrétion mais pour l’apaiser.

-MOI : je n’ai pas voulu tout ça, si j’ai commencé à mentir, c’est justement parce que j’ai découvert que j’ai des sentiments pour toi.
-AICHA : non là c’est toi qui ne m’écoute pas, « maymeu sama bat ! »

Je lui ai alors tendu les clés.

-MOI : prends vas y. Que vas-tu dire à tes parents, que tu as quitté le domicile conjugal sans mon aval. Que penses tu qu’il se passera, si ce n’est te renvoyer ici. Au pire des cas tu seras la cause de tension au sein de la famille, as tu pensé à tes parents ? « Louko fi diare » (à quoi ça rime)
-AICHA : « lathie nalako » (je te retourne la question) Au début c’est ce que tu voulais non ?
-MOI : Oui avant, je le faisais uniquement pour maman, mais au fil du temps, mes sentiments deviennent de plus en plus forts. Je ne veux pas te perdre.

Et je le pensais vraiment.

-AICHA : tu ne m’as jamais eu pour me perdre. La terre entière sait que tu n’aimes qu’elle, je le savais aussi. Mais je voulais te faire payer toutes ces humiliations.
-MOI : « kholal ya fi yagal sa bop » (si tu veux tu peux partir) Mais tu sais que tu reviendras. Vas-y et tu verras les conséquences, tout le monde sera au courant, et ça ne servirait à rien. Je sais que toi tu t’en soucis, mais pas moi, toutefois je suis prêt à tout pour ma mère et toi ?

***
C’est assuré je le déteste ! C’est vrai que j’ai failli commettre la pire bêtise qui soit par égoïsme, j’ai failli mettre la honte dans la famille. Mais c’est que je n’en peu plus. Je ne supporterai pas de vivre dans la même chambre que lui. Je ne démordrais pas, de ma décision de partir, qu’importe le prix.

C’était une guerre sans merci qui laissait place à l’accalmie des jours précédent. Guerre à mon niveau en tout cas. Parce que l’autre là continuait à faire comme si de rien était. Sauf qu’il avait repris sa place au niveau du sol. Et ce n’était plus moi qui lui préparait sa couchette il le faisait tout seul. De toute façon depuis ce jour je ne sais pas, si c’était une sorte de crise, ou… je ne sais pas, mais je commençais à devenir une toute autre personne. Ce jour là je n’ai pas dîné, et d’ailleurs je ne mangeais presque plus, je ne sortais plus discuter avec les gens, j’étais tout le temps cloîtrée dans ma chambre. Je ne sortais que pour faire la cuisine, et retourner encore dans mon refuge. Je n’avais plus goût à rien, j’étais vraiment tombée malade. Je ne sais même pas si j’étais vraiment malade. Je ne me sentais pas bien il n’y avait que ça de certain. Je n’ai plus goût à rien.

Saluer Aziz... c’est révolu tout ça, je ne suis pas mariée je vous dis, nous logeons dans la même chambre mais nous n’avons plus rien à nous dire. Il est allé dire à tout le monde que j’étais malade ces temps ci, parce que Ta Ouly commençait à s’inquiéter tout le monde d’ailleurs. Ma mère quand je lui parle au téléphone elle me dit « Aicha si tu as un quelconque problème tu me le dirais n’est ce pas ? »

J’ai mal, j’ai mal, parce que mon cœur l’aime.
J’ai mal parce que malgrés l’evidence j’essaie de lui trouver une excuse.
J’ai mal et je ne dors plus la nuit.
Je suis tentée des fois, de lui dire, « oublions tout ça, je veux rester avec toi quoi qu’il en coûte », mais à quoi bon !

Celle qu’il porte dans son cœur c’est Nafi !

***
Je ne sais plus quoi faire quelque fois je suis tenté de lui céder, la laisser partir. Je commence à la croire lorsqu’elle disait qu’elle ne s’est jamais intéressée à moi. Elle ne peut pas avoir eu des sentiments et se comporter de la sorte, faire comme si je n’existais pas. Elle me fait payer au centuple ce que je lui ai fait. Je me débrouille toute seule pour prendre mon bain. Quand je lui prépare un petit déjeuner elle n’y touche pas, elle ne me salue plus, ne répond même plus à mon salut.

C’est me respecter ça vous pensez ?

Il y a un minimum quand même ! Elle me doit le respect, après tout je suis toujours son époux. Je suis perdu, elle qui me fait la tête, et Nafi qui refuse toujours de me parler, c’est que cette fois c’est du sérieux, Nafi qui m’évite plus de deux jours. Je tiens tellement à lui parler, lui demander pardon. Je pense toujours à elle des fois, et je m’en veux tellement pour tout le mal que j’ai fait. Comment réparer tout ceci.
Ma femme me manque. Nafi me manque. Tout le monde se doute qu’il a quelque chose mais ils ne savent pas à quel point ça nous ronge le cœur.
Maman m’a demandé si j’avais un souci et j’ai encore menti comme j’ai appris à si bien le faire dernièrement.

« Topatol ma domou diambou dji dé Aziz » (prends soin de cette enfant s’il te plaît)

Et moi de la rassurer, mais Mayna elle n’y est pas allé par quatre chemin.

-MAYNA : Aziz, Aicha qu’est ce qu’elle a ? As-tu vu comme elle a maigri ? Vous avez des soucis ?
-MOI : pourquoi tu dis ça ? Non pourtant, elle dit qu’elle est sujette à de violents maux de tête.
-MAYNA : Aziz maux de tête, et tu peux pas l’emmener à l’hôpital ! »Yaw amoul lo gni neub »( tu ne cacherais pas quelque chose ?)
-MOI : comment ça ?
-MAYNA : Je ne sais pas justement. Elle n’a pas l’air bien ta femme, et ça se fait ressentir dans toute la maison. L’ambiance n’est plus ce qu’elle était. Amène là à l’hôpital qu’on sache ce qu’elle a.

Elle n’est malade que d’une chose, elle veut me quitter et je me refuse à la laisser partir. Mais c’est trop dur aussi de la voir dépérir ainsi. Ne serait ce pas mieux de mettre un terme à tout ceci…

***
Mayna était tout le temps dans ma chambre à essayer de discuter avec moi.

-MAYNA : ay Aicha s’il te plaît dis moi ce que t’as-tu nous inquiète. A cause de toi maman stresse à mort.

Je me sens tellement coupable de tout ceci. Ils s’inquiètent tous pour moi. Comment faire avec eux « gni louma lene défal » (je ne mérite pas toute cette attention) Ce sera dur de me détacher d’eux. Mais j’en peux plus !!!
Mayna a proposé que le frère de Rokhaya passe voir ce que j’avais puisque je refusais d’aller à l’hôpital. Sauf que lui là il ne verra rien puisque ce que j’ai ne se soigne pas.

Maladie d’amour, déception, séquestration, chantage y a-t-il une solution.
Dans l’après midi Aziz pénétrait dans la chambre, alors que j’étais allongée, écoutant les chansons les plus tristes, que j’avais dans mon répertoire. C’est bête mais à chaque fois qu’on se sent mal on trouve le moyen de se sentir pire en se gavant de ce genre de sonorités.

A l’embrasure de la porte c’était lui…

… : Aicha ?!


Du même contributeur, Alima


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