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CHRONIQUE - L´autre : un joker ?, par Alima - SEYTOO.COM
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L´autre : un joker ?

Chronique

Je suis au garage, mais je ne sais pas quel moyen de transport utilisé pour y aller, je ne suis jamais venu seule ici. Je vois des charrettes par ci, par là, et franchement...

Publié le 17 mai 2020, Alima

J’errais dans les ruelles sans pour autant avoir de véritable destination. Plus je cogitais plus une idée germais dans ma tête. Certaines situations nous rendent tellement machiavélique ! Mais oui !!! Accepter, ce mariage et après il verra par lui-même sa bêtise, le divorce existe bel et bien non. Assez mesquin je sais. Mais je n’ai pas d’autre solution. Ma mère sera heureuse de voir, que j’ai respecté la volonté du vieux, mais que ça n’a pas marché au bout d’un mois. Et Je pourrais enfin être avec ma Nafi. Mais acceptera telle ? Telle que je la connais…

Il faut vraiment que je lui parle, je compose alors son numéro, elle m’accueille avec sa douce voix qui me donne un pincement au cœur.

« Je te manque déjà »

J’ai sur le moment voulu raccrocher. Je n’aurais pas la force de lui dire ! Je ne veux pas la perdre, pas elle !

-MOI : pourquoi tu chuchotes
-NAFI : Astou dort, elle était toute excitée quand je lui ai parlé de ta demande.

Shiiii elle en a déjà parlé aussi !!! Comment je vais faire face à ces parents !

-MOI : alors tes parents sont déjà au courant ?
-NAFI : non, ils étaient déjà dans leur chambre quand je suis arrivée.
-MOI : hum…
-NAFI : bébé j’ai tellement hâte ! Je suis trop heureuse, à l’idée d’être ta femme, me réveiller à tes cotés prendre soin de toi…
« Nafi nopil »(tais toi) elle me fais me sentir encore pire que je ne le suis déjà.
-MOI : bébé tu sais que je t’aime… (Fallait que je l’interrompe)
-NAFI : oh oui j’en suis certaine maintenant !!!
-MOI…. Dis et tu me fais confiance ?
-NAFI : lol question idiote !
-MOI : …
-NAFI : pourquoi d’ailleurs ; ne me dis pas que tu souhaites revenir sur ta décision lool

Elle le disait d’un ton taquin mais si seulement elle savait...

-MOI : …

Je ne savais plus quoi dire, je n’allais quand même pas dire « c’est exactement ça ! » J’ai sûrement mis du temps à répondre parce que le ton de sa voix était devenu un tantinet empreint d’inquiétude.

-NAFI : Aziz ?

Elle ne m’appelle presque jamais par mon prénom.

-MOI : oui je suis là
-NAFI : je sais que t’es là mais tu ne réponds pas.
-MOI : je veux … je veux juste que tu ne dises rien pour le moment il est impératif qu’on se voit.
-NAFI : mais « lanela » qu’est ce qui se passe tu m’inquiètes ! Qu’y a-t-il eu entre temps ?
-MOI : rien t’inquiète pas, fais ce que je te demande et ai confiance.
-NAFI : et tu t’imagines que j’arriverai à fermer l’œil après ça ?

Et moi alors…

-MOI : t’inquiète bébé, demain je t’explique tout dors tranquille.

Elle ne disait rien.

-MOI : c’est d’accord ?
-NAFI : hmm
-MOI : je t’aime
-NAFI : je t’aime aussi.

Je n’avais pas du tout envie de rentrer, mais fallait bien. La maison était silencieuse on aurait dit qu’il ne s’était jamais rien passé ici. J’aperçu de la lumière au niveau de la chambre de maman, Elle ne dort apparemment pas. Il me faut lui parler lui demander pardon. Le vieux devait passer la nuit chez Khadissa. Je frappe deux coups elle vient m’ouvrir quelque secondes après. Elle avait les yeux tout rouges et c’était de ma faute. Elle m’a tourné le dos pour s’asseoir sur son lit. Je me suis approché puis me suis agenouillé à ses cotés.

-MOI : « mere bal meu akh » (pardon maman)
-MAMAN : « Dou mane ngeu wara ballou » (demande plutôt pardon à ton père. Abdoul que t’avais je dis ? « Barké…baye ! » Je peux te bénir un millier de fois ça n’aura aucun effet si lui non plus, ne le fait pas.
-MOI : tu sais bien que jamais je n’ai défié son autorité...mais de quel droit se permet-il de régenter ma vie !
-MAMAN : parce qu’il est ton père !

Elle n’a pas du tout crié, mais le ton de sa voix était sec.

-MOI : Et puis « diokhé na sama kadou » (j’ai fais donné ma parole à Nafi)
-MAMAN : « Sa kadu waydiour mo eup solo » (la parole de ton père, ne devrait pas faire le poids face à la tienne !
-MOI : mais je venais à l’instant de dire à Nafi que je parlerai avec toi pour que vous conveniez d’une date.
-MAMAN : « héhé hey mane ndakh damay beugeu warou » (tout ça est ce réel)
-MOI : c’est ce dont je voulais te parler avant de recevoir cette nouvelle.

Elle avait la tête entre les mains je pense qu’elle se rendait compte à présent de la gravité du bleme.

-MOI : tu sais que Nafi ferait une très bonne épouse pour moi, et puis tu l’aimes beaucoup non ?
-MAMAN : oui j’aime cette jeune fille pour un tas de chose, mais aussi j’aime bien Aicha et je sais que vous vous entendrez »
-MOI : « wayow mére » ne me parle pas de celle là !
-MAMAN : « lep di neu bakh » (ça ira)

Bien sûr que ça ira, et je ferais tout pour me disais-je dans ma tête.
Je lui avais alors promis de retrouver papa, demain à son réveil pour m’excuser avant d’aller au boulot.

A l’aube, alors que le vieux était au milieu de la cour, égrenant son chapelet…

-MOI : papa…Kane.

Dans un autre contexte j’aurai rigolé, il m’a toisé, m’a fait un signe de la tête, puis s’est détourné.
Je voulais parler, puis un moment mon cœur s’est rebellé, « ma romb ko dokh sama dokh » (je l’ai planté là) et je suis allé au boulot.

**************

Durant toute la nuit je me répétais comme pour moi-même que c’était la bonne décision tout simplement parce que papa et maman était heureux. Le lendemain six heures du matin je suis déjà sur la route de Nioro.

Mame Ouly vis là bas, plus bornée, que cette vielle dame, il n’y en a pas. Elle devait être assez rebelle et bagarreuse dans sa jeunesse lol

C’est une frêle petite dame affaiblie par le poids de l’âge, quatre vingt sept ans ce n’est pas rien quand même ! Elle est de teint très clair, son regard reste le même, de tout petits yeux, on dirait une chinoise. Son sourire est toujours aussi éclatant, les vieux perdent d’habitude toutes leurs dents à cette âge, mais elle, elle les a… enfin presque toutes mais toujours aussi blanches. J’avais besoin de ma grand mère, de son soutien ses conseils, ses prières. Malgré tout je me sentais perdue. Quand la veille je l’ai appelé pour lui dire que j’allais venir.

-MAMY OULEYE : je vais égorger un chameau alors.
-MOI : grand mère !!! lool tu sais bien que c’est indépendant de ma volonté.

C’est vrai que ça fait quand même longtemps que je n’y suis pas allée, des années, précisément. Mais on s’est vu il y a moins d’un mois quand elle venait pour son rendez vous, elle s’était cassé un bras. Plus tourbillons il n’y en a pas malgré son âge lol. Et pas moyens quelle reste plus d’un mois en ville, je ne sais pas pourquoi les vieux détestent tous autant la ville.

Elle préfère rester au village et en plus comme il y a mes petits cousins orphelins de mère qui vivent là bas. Elle ne reste jamais longtemps à la maison.

J’étais dans la voiture et je repensais à la dernière fois que j’avais faite ce chemin. Toute cette verdure, rien que du vert, partout du vert. Avec des habitations désuètes, où certaines un petit peu plus modernes se mêlent. Des femmes déjà « au pied de guerre », les unes je les apercevais au champ les autres avec leur bassine sûrement pour aller puiser de l’eau. Vous avez remarqué que les femmes sont les premières levées. Si ce n’est pour aller puiser, aller au marché, c’est pour préparer le petit déjeuner de leurs époux, avant d’aller aux champs au bureau ou quelques soit l’endroit. Même à Dakar c’est ainsi maintenant, devant les arrêts de bus les arrêts car, les quatre vingt pour cents sont des femmes, allez les femmes ! Les hommes reconnaissez ça au moins ;)

« Sheut mais dolen ma diapalé si khaleboudjiguene bi ! »(Aider moi avec cette fille) Ciseaux, lame, couteau tout je veux, prêtez moi ! Elle est juste devant moi mais elle me saoul à tout le temps faire tournoyer sa tête, avec ses mèches là.

« Khana meussoul lletou meche » (elle s’est jamais tressé ou quoi)
Ça m’a fait rire au début, mais là j’en ai ras le bol, j’étais finalement hypnotisée par sa tête, je n’avais qu’une seul envie avoir une paire de ciseau, et les lui couper tchip !
Et je me disais qu’elle devrait avoir de maux de tête à force de la lancer de tout les cotés comme ça. « Amngeu may dom », ça doit pas être normal d’être aussi, mal poli. Pff

Un moment j’ai éclaté de rire, non mais vous auriez dû la voir, je me remémore comme elle faisait là ouff !

Je suis au garage, mais je ne sais pas quel moyen de transport utilisé pour y aller, je ne suis jamais venu seule ici. Je vois des charrettes par ci, par là, et franchement... Très peu pour moi, depuis toute jeune j’ai toujours eu peur de monter dessus, mais je n’ai pas trop le choix, il n’y a que par ce moyen que je peux rallier la maison. Mais il fallait me voir monter dessus, j’étais devenue super maladroite parce que j’avais vraiment peur.

Je ne suis pas sérieuse quand même, ce n’est qu’un âne...Justement je me demande comment il arrive à tous nous transporter. Je n’ai pas confiance du tout lol. Et voilà comme pour confirmer mes dires, à peine suis-je montée dessus, que la charrette se penche en arrière, avec moi debout, qui criait à tue-tête, j’étais devenu presque hystérique, je criais et riais en même temps, le charretier idiot qu’il est au lieu de m’aider se tord de rire. Heureusement que l’âne lui au moins ne bougeait pas, sinon je me serais retrouvée par terre tête en avant. Rien que cette idée me fait rire.

C’est alors qu’un homme sorti de nulle part, me tendit la main…


Du même contributeur, Alima


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