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CHRONIQUE - L'autre : tout va mal, par Alima - SEYTOO.COM
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L'autre : tout va mal

Chronique

Nous avons alors échangé nos contacts, puis je suis sorti de la voiture pour aller rejoindre grand-mère, devant la porte. Elles se sont alors tues pour me donner la main à tour de rôle.

Publié le 18 mai 2020, Alima

-LE MONSIEUR : approchez, et donnez moi votre main.

Je ne bougeais toujours pas, et je criais de toute belle. J’étais vraiment effrayé et je ne savais pas comment m’en sortir.

Le gars s’est rapproché encore plus. « Rewouma dé dama ragal » c’est tout (je ne suis pas capricieuse j’ai juste peur)

-LE MONSIEUR : faites moi confiance ce n’est pas si haut que ça, essayer juste de me donner votre main,

Sa voix, inspirait confiance, il fallait vraiment que je bouge de là. J’ai glissé d’un pas pour essayer d’atteindre sa main. Et là il m’a porté, pour me poser au sol. Et là pendant un court instant, son touché a été tel une électrocution.

Il m’a fait un sourire.
.... : ça va ?
J’étais d’un coup très timide et d’un coup honteuse de m’être ainsi donné en spectacle.
J’ai alors baissé le regard.
-MOI : oui merci, je suis désolée.
… : mais pourquoi ?
-MOI : de vous avoir importuné…
… : c’est rien ça. Je vois que vous n’êtes pas d’ici…
-MOI : parce que j’ai peur d’une charrette, je suis d’ici « kay » (d’un ton bifurqué).Parce que vous êtes d’ici vous !
… : lol ok mes excuses. Comme vous avez peurs des charrettes, je vais vous ramener avec ma voiture.
J’étais un peu hésitante….je ne le connais pas, on n’est pas en ville mais ce n’est pas moins sûre.
… : mon nom c’est Souleymane, Souleymane Bachir Diop. Mais appelez-moi Bachir.
-MOI :…enchantée, c’est Aicha Sall. C’est gentil, mais je vais appeler pour qu’on vienne me chercher.
-BACHIR: mais pourquoi faire, si je peux vous ramener. Dites-moi juste de quel coté vous allez. Je ne suis pas un tueur en série vous savez.
-MOI : lol

Il n’en a même pas l’air, ma frayeur passée j’ai bien eu le temps de le regarder, il est assez mignon.

Dans sa voiture, je ne pouvais me lasser de le regarder, je profitais de la conversation pour jeter, un coup d’œil à chaque minute, à sa physionomie. Faut bien que je me délecté je vais bientôt me marier quand même. C’est là que j’ai appris qu’il est médecin et qu’il accompagne une ONG dans le but d’apporter une aide sanitaire, à l’école du village, et surtout au vieux du village. Il vit lui aussi à Dakar.

Il sait faire la conversation, c’est bien, il a l’air vraiment sympa. Bref me voici presque devant la maison ça n’a pas trop changé. C’est une grande concession à la peinture verte défraîchie.

J’aperçois une frêle petite dame, tournant la tête de gauche à droite cherchant sûrement quelqu’un. Elle portait un « ndokette ndiakhasse », (une camisole avec une multitude de couleur) ; elle portait ses lunettes de myope on dirait une grande intello avec ses petits yeux là, et j’oubliais le téléphone portable accroché au cou à l’aide d’une chaînette mdrrr, non ma mamie elle trop branchée. Je la regardais essayer, de deviner qui étaient les passagers de la voiture lol

-MOI : c’est ici. Merci, vraiment merci, d’abords de m’avoir sauvé, puis de m’avoir ramené jusqu’ici.
-BACHIR : ce fut un plaisir vraiment. Je peux avoir votre contact. Je tiens à ce que vous ameniez votre grand-mère à la journée de consultation gratuite.

Mon contact, mon contact…pourquoi pas, sous peu je vais me marier, et tout s’éclaircira, je ne vais pas me mettre à raconter ma vie au premier venu. Nous avons alors échangé nos contacts, puis je suis sorti de la voiture pour aller rejoindre grand-mère, devant la porte.

Aussitôt m’a-t-elle aperçu sortir de la voiture, qu’elle était tout sourire, moi je ne comprends vraiment pas comment elle fait pour toujours avoir des dents aussi blanches, blanches et toutes jolies d’habitue, nos vieux ont presque plus de dents et elles ne sont jamais aussi blanches ; la plupart du temps à cause d’une consommation effrénée de cola, mais elle…

-MAME BOYE : « amna gane wayy !!! »(J’ai une invitée de marque !)

Je me suis dépêchée de la rejoindre la serrer dans mes bras. Les quelque personnes qui passaient nous scrutaient avec insistance.

-MAME BOYE : C’est ma petite fille chérie vous ne l’a reconnaissez pas ?
-MOI : « mame boy namonanlaaaa » (tu m’as manqué)
-MAME BOY : « yaw namo kene » (je ne te crois pas) qui est cette personne ? (faisant allusion à la voiture)

Lui c’est mon sauveur !!!

-MOI : Il venait de ce coté il a alors proposé de m’emmener.

Nous pénétrâmes ensuite dans la maison où deux mignonnes petites filles m’accueillaient avec de petits cris. Elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Nooon ça n’est pas Sokhna et Marème qui ont grandit comme ça ?! Elles ont à peu prée cinq ou six ans, la honte quand même, je me rends compte que ça fait un bail que je n’ai pas posé les pieds au village.

-L’UNE : « mame kikaneleu » (c’est qui)
-L’AUTRE : « yow fo deuk no toud » (d’où tu viens, comment tu t’appelles ?)
Elles me faisaient rire avec toutes leurs questions.
-MOI : Mais saluez moi d’abords.

Elles se sont alors tues pour me donner la main à tour de rôle.

-MAME BOYE : laissez là se reposer un peu, avant de l’accabler de question.
-MOI : il est où mon oncle ?
-MAME BOYE : il devait faire un petit voyage, mais il doit revenir d’ici demain, vas y saluer sa femme.

Sa femme ? Ha oui, depuis quand il en a épousé une nouvelle lui ? Ça doit être sa 4éme depuis que sa femme est décédée ; J’en ai raté des choses moi.

Soukeyna elle s’appelle elle est très jolie, de teint clair avec des dents toutes blanches je me suis présentée à elle, ensuite khady l’un des mes cousines, qui rentrait à l’instant un sac en plastique à la main.

-KHADY : Aichaaaaaaa
Apparemment je n’ai pas du tout changé hein où bien.
-MOI : Khady comment tu vas ça fait longtemps quand même.
-KHADY : évidemment tu ne viens jamais nous voir.
-MOI : c’est vrai, t’as raison quand même, mais et toi pourquoi tu ne nous rends pas visite des fois à Dakar.
-KHADY : ah j suis mère de famille maintenant lol

Mo elle doit avoir les dix huit ans pas marié elle me dit mère de famille, elle fait allusion sûrement aux jumelles et à mon cousin de douze ans Ibou.

-KHADY : tu vas durer dit ?
-MOI : non j n serais là que pour week end mais je ne vois pas tonton, Malick non plus ?
-KHADY : il est sûrement parti livrer une commande, t’as vu Aminta.
Heu… c’est qui encore, je vais finir par me perdre hein ils commencent à être nombreux lol, je vais me perdre avec ces nouveaux prénom.
-MOI : non c’est qui ? j’ai rencontré par contre Ta Soukey (bon on va dire Ta Parce que c’est l’épouse de mon oncle, mais elle est très jeune.
J’ai remarqué du dédain, mais ça m’a un petit peu fait rire, c’était assez compréhensible, les marâtres ne sont presque jamais apprécié.
-KHADY : viens tu vas la rencontrer.

Déjà elle me tirait par la main, je savais déjà où est ce qu’elle m’emmenait, vers la chambre de tonton Malick. C’est comme si j’avais toujours vécu dans cette maison, je me souviens de chaque pièce, presque rien a changé.

-KHADY : Aminta, Aicha est là !!!

C’est une femme assez jeune qui est sortie de la chambre, avec un gros ventre, apparemment elle attendait un petit bout de choux. Elle est très jeune aussi, on dirait que nous avons presque le même âge. Elle n’est pas d’une beauté à couper le souffle, mais ce qui accentuait la beauté de ses traits, c’était ce sourire, un très joli sourire.

-AMINTA : depuis le temps que j’entends parler de toi, enfin.
-MOI : ah oui ? Comment ça ?
-KHADY : grand mère évidemment lol Aicha par ci par là, faut croire qu’elle n’a qu’une seule petite fille.
-MOI : lol non même pas, c’est qu’elle vous voit tout le temps, c’est moi qui devrais me plaindre non, parce qu’elle préfère rester avec vous lol
-MAME BOY : « Ey way bayi lene ki mou nopalou nak » (laissez là se reposer un peu)
-KHADY : tu vois non ? lol
Je m’en vais alors me poser dans le salon de grand-mère.
-MAME BOYE : tu ne veux pas dormir un peu, tu dois être fatiguée.
-MOI : non, non pas tant que ça.

En réalité je voulais profiter des moindres secondes que je passerai ici, ça m’avait manqué cet air frais, cette ambiance.

-MAME BOYE : Alors comme ça ma petite se marie.

Sheuuut j’avais pendant un instant oublié histoire de mariage là.

*******************************

i on m‘avait dit que je serai confronté à ce genre de situation… Je ne sais même pas ce que je vais dire à Nafi je ne sais pas. Je ne peux pas faire ça. J’étais dans un taxi en direction du service de Nafi pour allé la chercher, je ne suis pas arrivé à me concentrer dans mon travail je pensais tout le temps à comment lui parler de ce qui se passe.

Elle est devant, la porte de son service à m’attendre. Quand je suis descendu du taxi et qu’elle m’ait aperçu, elle s’est approchait d’un pas timide, je ne lisais pas son sourire, je ne voyais pas ce sourire avec lequel elle m’accueillait tout le temps, quand je venais la chercher.

-NAFI : bonjour

Son regard restait toujours aussi tendre et j’estimais ne même pas mériter un tel regard, elle avait l‘air inquiète comme si elle savait déjà ce qui se passait.

-MOI : ta journée ça a été ?
-NAFI : non, je n’ai pas dormi, de la nuit. Qu’est ce qui se passe Aziz ?

Quand elle prononce mon prénom ça ne me fait encore plus peur. Je n’ai rien dit, « on monte »lui ai-je dit.

Elle a salué le taximan puis ne disait plus rien elle non plus, le taxi a roulé pendant un moment, pour nous trouver un endroit assez calme. Jai payé le taxi nous sommes descendus elle a regardé le taxi s’éloigner de nous pour après se retourner, pour bien me regarder.

-NAFI : tu vas enfin me dire ce qui se passe, tu ne vois pas combien je suis nerveuse ?
-AZIZ : je ne sais pas par où commencer… Nafi je t’aime ça tu le sais ?
-NAFI : AZIZ tu veux bien dire ce que tu as à me dire « lane mo khew », tu ne veux plus te marier c’est ça ?!

Là mon cœur a cessé de battre pendant quelques secondes, j‘en ai perdu mes mots.

-MOI : il a été convenu que j’épouserai une cousine à moi.

Elle a carrément pouffé, au point que j’en ai écarquillé les yeux si seulement ça pouvait être aussi drôle. Je ne suis pas du genre à faire souffrir les filles, même s’il m’est arrivé d’en faire pleurer une ou deux, quand j’étais plus jeune, mais jamais intentionnellement.

Elle a subitement arrêté de rire, je crois que c’est à cet instant, qu’elle s’est rendue compte que j’étais sérieux. Loin de tout ce à quoi je m’attendais, elle m’a planté là, elle faisait de grande enjambée, je l’ai alors suivie.

-MOI : je ne sais pas quoi faire, c’est entrain de créer un plus grand fossé à la maison.
-NAFI : « ladioumala » tu la fermes !

C’est la première fois qu’elle me cri dessus, ça m’a vraiment surpris mais je la comprenais un peu, peut être qu’à sa place moi je l’aurais sans doute tué.

NAFI : Abdoul Aziz Kane « yama def li » (c’est tout ce que tu trouves de mieux à faire)
-MOI : bébé je te jure…
-NAFI : « ni rek nguene di def di doul di dadialé » (vous êtes tous des salauds, vous passez toute votre vie à mentir)

Je ne disais rien, parce que je savais qu’elle disait tous ça sur le coup de la colère, elle n’est pas comme ça ma Nafi

C’est assez égoïste de dire ma Nafi alors que je suis sur le point de lui faire une vacherie.

- MOI : écoute-moi un peu…

Pour me faire taire, elle a commencé à me donner, des coups de poings. Je l’ai alors laissé faire, ses larmes encore plus que ces coups, me faisaient du mal. Elle s’est subitement détachée de moi, comme si mon contact lui répugnait. Ne me fais pas ça, Nafi pas ça, j’ai tenté de m’approcher.

-NAFI : »Somay diegué may ******* » (si tu me touches, je te n****(

Wow, ça m’a fait reculer sur le champ, c’est la première fois qu’elle profère des injures à mon endroit. Même qu’à elle ça lui a fait un choc, elle a recommencé à pleurer de plus belle.

-NAFI : bébé ne me laisse pas, ne m’abandonne pas, pas toi !

Elle m’avait sauté au coup tout en disant ceci. Sur un ton sec,

-MOI : hey Nafi je n’oserais jamais t’abandonner, mais il faut que tu m’écoutes.

Elle a alors hoché la tête, et était devenue silencieuse,

-MOI : tu sais très bien à quelle point je t’aime, tu sais que je ne ferais jamais une chose qui puisse te faire souffrir, mais tu sais aussi ce qu’il en est de la situation à la maison. Nafi tu sais que même contre mon père, je saurais me dresser, pour toi… mais pas contre ma mère.

-NAFI : quoi Aziz, c’est ta mère qui ne veux pas de moi ?
-MOI : pff tu sais très bien combien ma mère t’aime, mais elle ne saurait se dresser contre mon père. J’ai voulu la convaincre de ça, mais « moy kilifam » (c’est son époux)
-NAFI : non mais je rêve, mais à quelle époque vous vivez vous ? Non attend je veux juste savoir une chose, donc si j’ai bien compris, hier tu m’as fait ta demande pour me narguer ou quoi ? « yaw Aziz nit ngeu ?! »
-MOI : quoi ? je n’ai été au courant qu’ hier au soir, Nafi tu me connais bien mieux que ça, tu sais que je ne serais jamais capable, de blesser gratuitement les gens.
-NAFI: “way d** way” (fait c****)
-MOI : NAFI !
-NAFI : yaw t’as rien à dire, s’il ya quelqu’un qui doive se permettre d’élever la voix c’est moi. Que vas-tu faire de moi, c’est tout ce que je veux savoir ? Dis-moi ! Et moi dans tout ça ! Je suis celle qui va être obligée de tout reprendre ? Tu me connais Aziz, tu sais que pas mal d’homme ont voulu de moi, et moi c’est toi que je voulais ! C’est toi que j’aimais ! Mais que comptes-tu faire dis moi ?

Non elle ne va pas accepter, je sais déjà quelle sera ta réaction, une gifle, mais je ne la ressentirais même pas celle-ci.

-NAFI : « hé yaw lay deglou dé ? »
-MOI :…. Je te demande juste un mois, un mois mon amour.
-NAFI : UN MOIS POUR QUOI ?
-MOI : le temps de régler tout ça et qu’on se marie.
-NAFI : a…a..Ah oui ?

Je lisais une petite lueur d’espoir dan ses yeux.
-MOI : je le fais surtout pour ma mère, et je sais, que la fille en aura marre, dès le début. Tellement qu’elle demandera le divorce d’elle..
-NAFI : « yaw doma teudieil sa guemign bi », tu es pire que tout ce que j’ai jamais imaginé !
-MOI : « Nafi degouloumeu », tout ce que je veux c’est respecter, ma parole vis-à-vis de toi.
-NAFI : parce que tu as une parole toi, tu as fais ton choix, tu as mis ta saleté de famille avant moi !
-MOI : « hé ya ngui eupeul nak » (t’exagère non !)
-NAFI : MAIS JE M’EN FOU ! Tu me vois moi être ta seconde option ? Tu me vois t’attendre alors que tu te paies du bon temps avec une autre. « Yaw sakh da nga ma yap » (tu te fiche vraiment de moi)

Elle m’a alors planté là, pour s’en aller

-MOI : hey où est ce que tu vas comme ça ?
-NAFI : NE ME TOUCHE PAS ! Si tu oses poser les pieds chez moi, tu le regretteras !
-MOI : il faut que je donne des explications à tes parents.
Elle m’a lancé un ricanement assez méchant;
-NAFI : ose poser les pieds chez moi, tu sais très bien de quoi est capable mon père toi.

Elle a arrêté un taxi et m’a planté là !
J’étais là dans la rue, j’avais envie de me cogner la tête contre un mur un arbre, encore et encore, jusqu’à ce que je vois le sang giclé de ma tête, tout les moyens sont bon pour me punir.

Cette douleur, cette détresse que j’ai lu dans les yeux de cette jeune femme, cette femme que j’aime plus que tout au monde, cette femme pour qui j’aurai été prêt à donner ma vie, oui ma vie, mais je préfère ma mère à elle. Je ne vais pas mentir. Je préfère ma mère au monde entier, je préfère ma mère à moi-même, je suis prêt à tout sacrifier, pour voir un tout petit sourire sur ses lèvres, je ne permettrai plus que ce vieux, la rabaisse encore une fois, et si c’est le seul moyens je le referai encore. Pardonne-moi, Nafi, pardonne-moi.
Aicha ! Je jure de lui faire vivre le calvaire. Tout ça c’est sa faute !


Du même contributeur, Alima


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