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CHRONIQUE - La force de l´amour (11), par Nabou - SEYTOO.COM
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La force de l´amour (11)

Chronique

La force de l’amour, onzième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 01 mai 2020, Nabou

Une semaine après, il y avait une représentation théâtrale importante pour la situation socio-politique du pays. Elle avait lieu à la Maison de la Culture Douta Seck et Karim décida de s’y rendre avec Marième. Comme par hasard, sa mère lui demanda de les y accompagner, Soda et elle.

- Ton père a une réunion à son club de golf ; je compte sur toi pour nous escorter, sollicita Yacine Diouf.
Mais le jeune homme n’eut pas la présence d’esprit de saisir cette opportunité pour présenter carrément celle qu’il aimait à sa mère. Ill refusa.
- Je suis désolé, « yaye », maman, « dafa hame louma wara deff hanna souba.li dou diékh légui une semaine la wara deff », j’ai d’autres engagements. Je vous y accompagnerai demain. La représentation passera en non-stop pendant une semaine.
- Quel est cet empêchement, chéri ?
-« damay nék ak samay kharite » Je serai aves des amis.
- Sira sera avec toi ?
- Oui, maman, mentit Karim.

Quand le soir tomba, il se rendit chez Marième. Ils s’étaient donnée rendez-vous ; elle était prête et l’attendait.

- Fatou vient avec nous ?
- Non, elle a des leçons à réviser.
- Je peux l’embrasser ?
- Bien sûr ! Fatou ! Peux-tu venir une minute, s’il te plaît ? Appela Marième.

La fillette accourut. Elle sauta dans les bras de Karim qu’elle appelait affectueusement tonton préféré.

- Bonsoir, poupée. La prochaine fois, on ira tous les quatre, avec Thioro à la représentation matinale. Sois bien sage, O.K ?
- C’est promis ! Amuse-toi bien, maman, souhaita-t-elle en trottinant vers la chambre qu’elle partageait avec sa mère.

Karim la regarda partir d’un air ému. La petite avait un esprit de pénétration surprenant ; on aurait dit la raison d’un adulte dans un corps d’enfant.
Karim et Marième partirent. Ils s’aimaient tendrement et discutaient beaucoup. Avec elle, évoquer les choses les plus simples revêtait un joyeux caractère pour lui. Ils parlaient souvent de bonheur, de bien-être et d’amour en général, mais ils abordaient souvent les thèmes de la spiritualité, Marième affectionnait particulièrement ce sujet-là. Elle était convaincue que le bonheur passait nécessairement par l’amour de son prochain et le respect des prescriptions divines.

Karim ne trouvait plus ce sujet rebutant. Sans être une grenouille de bénitier, Marième avait des convictions religieuses très fortes. Elle croyait au jugement dernier, à l’achèvement d’un monde meilleur, où les justes, ceux qui s’étaient fait violence en fermants les yeux sur les joies de la terre, dans un effort parfois surhumain, verront leurs sacrifices et privations récompensés.
Elle fréquentait une « dahira » confession religieuse dont les membres avaient les visions si fortes qu’ils faisaient penser à des divins. Elle y avait invité Karim qui avait encore quelques difficultés à mettre un terme définitif à la cigarette. Il s’était senti tout drôle quand, accroupi, le « cheikh bi » « serigne » lui avait posé les mains sur la tête et avait prié. Karim avait eu comme une absence de son être, un éblouissement dans son esprit.

- C’était comme si mon être se scindait, avait-il tenté d’expliquer à Marième plus tard.

Ils avaient vivement impressionné, et avait ri beaucoup, mais toujours est-il qu’à partir de cette minute, il n’eut plus jamais envie d’une seule cigarette. Lui, un esprit fort, avait adhéré à ce culte !
Quand Karim et Marième arrivèrent à la Maison de la Culture Douta Seck, il était vingt heures et la représentation avait commencé. Ils prirent leurs tickets, achetèrent des pop-corn, des canettes de Coca et entrèrent dans le noir.
Ce fut une représentation très émouvante qui mettait l’accent sur la nécessité d’une réconciliation vraie pour les sénégalais.

A la fin de la représentation, quand la salle fut éclairée, Karim aperçut à deux rangées de la leur, une jeune femme au profil familier. A cet instant précis, elle tourna la tête dans sa direction et se retrouva nez à nez avec Soda.
Sa sœur le fixait incrédule et leurs regards s’accrochèrent longuement. Soda n’était pas seul, sa mère était à ses côtés. Elle se retourna pour voir ce qui retenait ainsi l’attention de sa fille et reconnut son fils. Un Karim censé retenu avec Sira et ses amis.

- « loy deff fi, yaw » Que fais-tu ici, Karim ? Demanda Yacine.

Son ton neutre, simplement surpris fit comprendre à son fils qu’elle n’avait pas réalisé pleinement la situation.
Le regard de Soda glissa sur Marième sans s’attarder. Elle l’avait pourtant reconnue, c’était la jeune femme qui l’accompagnait à la soirée de Tapha. Pour elle, c’était certainement une collègue à qui il voulait être agréable ; une femme dont la triste mine prouvait qu’elle avait manifestement des problèmes de foyer. Son frère se faisait un devoir de la consoler. N’empêche que c’était grave de délaisser les siens pour elle ! D’ailleurs, pourquoi ne lui avait-il jamais parlé d’elle ? Elle chercherait à savoir qui était cette femme, et découvrirait par la même occasion si elle avait quelque chose à voir avec le changement de son frère ….

Le lendemain de l’incident, Karim s’arrangea pour rencontrer sa mère hors de la présence de Soda.
- bonjour, maman ! Fit-il en s’asseyant tout contre elle, le regard brillant. Maman, il y a déjà quelque temps j’ai manifesté de désir de te présenter quelqu’un ; tu t’en souviens ? « yaye, fane yeulé magui la doon wakh keuné dafa hame koumala beugue wone ; yagui fatékou ? »
- Parfaitement et je me rappelle t’avoir également répondu d’attendre ton mariage pour le faire ; ça y est, tu te maries tout à l’heure ?
- Non, mais ce n’est peut-être plus qu’une question de mois, voire de semaines … Je suis vraiment amoureux, maman ; oui, je sais que cela t’étonne, et moi-même plus encore ! Mais ça y est, ça devait arriver … Maman, je préfère t’informer moi-même et tout de suite, parce que ça ne change absolument rien pour moi, parce que c’est un insignifiant détail … Je sais qu’il en sera ainsi pour toi également ; elle a une ravissante poupée de six ans …
- Quoi ? « kone ndawsi daffa hame doom bou hame diourombèni ate ? yaw kokou meune nala diour » Une femme avec un enfant de six ans ? Mais elle pourrait être ta mère ! Marqua s’étrangler Yacine Diouf.
- Tu n’as pas un gosse de six ans, maman ; ta dernière à toi en a vingt-deux biens sonnés …

-« bènela lala wakh ! wa yaw loula dal, doom ? » C’est pareil! Que t’arrive-t-il donc, mon fils?
-« li dal gneup moma dal yaye ! mbeuguél té amoul wahtou, daffa melni déh rek; sou gneuwé dougnou deff lou doul naguouko » Ce qui arrive à tout le monde, un jour ou l’autre, maman ! L’heure de l’amour, c’est comme l’heure de la mort ; quand elle sonne, on ne peut qu’obéir.
- Et c’est elle qui te fait parler ainsi ? Elle est belle ? ? « hamena mola diangual wakhé ni ? daffa rafète ?»
- Comme une déesse, maman ! Mais ce n’est pas le plus important ; elle a une âme, un esprit élevé … Elle est douce, bonne, cultivée, pleine d’humour, de bon sens, d’attention … A ses côtés, je me sens quelqu’un d’autre, j’éprouve un immense bien-être et une profonde sérénité.
- Ma parole, tu es vraiment amoureux. J’avoue que ça me fait bizarre tout de même que mon garçon se mette avec une femme qui a affectivement connu l’homme.

- Et moi-même, maman ; j’ai réellement connu les femmes, tu le sais bien. Je suis loin d’être pur, innocent. Tu disais toi-même il y a quelques semaines que je t’en ai présenté trente-six mille.

- Je l’ai dit comme ça. D’ailleurs, je te voyais rentrer avec des filles, mais je ne t’ai jamais surpris au lit aves l’une d’elles ! Et puis un homme est un homme, on ne peut pas lui tenir rigueur de sa libido ! Tandis qu’une femme ! Grand Dieu, si ton aïeul, Waly Samba Diouf entendait ça.
- Maman, autres temps, autres mœurs ; on n’est plus à la cour des bour (royaume) ! D’ailleurs mon illustre papy ne peut pas se retourner dans sa tombe, parce que bon chien chasse de race ! Ce n’est pas à toi que je l’apprendrai.
- Que veux-tu insinuer ? « lo beugue wakh fofou ? »
- Je voulais simplement te rappeler qu’il n’avait pas grand-chose à envier à Casanova, mon pépé : les domestiques, les belles « ladies » des terres voisines, même les jeunes dames de compagnie, le gaillard les croquait toutes à belles dents ! Tu vois, les petits secrets d’alcôves de la dynastie ne me sont pas totalement inconnus.
- Ça par exemple ! Tu as subitement réponse à tout, à ce que je crois ! Laisse-moi me faire à cette idée et tu me l’as présentera après !

Quand elle quitta son fils, Yacine Diouf repensa à leur discussion. Il ne fumait plus et, effectivement elle ne le voyait plus changer de copines comme de chemises. Cette métamorphose aurait véritablement pu la rendre heureuse si Karim ne la devait pas à une femme qui aurait déjà un enfant et qui certainement devait être plus âgée que lui. Cette situation demandait vraiment réflexion.

Karim, de son côté, trouva la réaction de sa mère étrange. Il avait toujours amené à la maison et présenté à ses parents, ses nombreuses conquêtes sans problèmes. Aujourd’hui qu’il voulait présenter à sa mère la femme dont il était réellement amoureux, et avec laquelle il envisageait d’unir sa vie, sa mère était réticente, semblait même s’opposer à cette alternative. C’était vraiment à ne rien y comprendre.


Du même contributeur, Nabou


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