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CHRONIQUE - La force de l´amour (12), par Nabou - SEYTOO.COM

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La force de l´amour (12)

Chronique

La force de l’amour, douzième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 02 mai 2020, Nabou

Ce dimanche matin-là, Karim choisit le moment de leur footing pour parler à son père.

- Je suis amoureux, papa.

- Avec ton cœur ou avec ton sexe ? lui demanda son père en riant déjà.

- Je suis amoureux avec mon cœur et mon âme.

- Il était temps ! Quand j’avais ton âge, je t’avais presque fait !

Karim sourit et se tut un moment, comme s’il réfléchissait à la façon dont il allait présenter la chose. Puis il tourna la tête vers son père avec un regard intense avant de reprendre :

- Papa … elle a un enfant, fit-il d’un ton hésitant.

- Eh bien ! Le moins qu’on puisse dire, c’est que vous n’avez pas perdu de temps !

- Je t’en prie, papa ; pour une fois, soit sérieux. Je n’ai pas dit que nous avions un enfant.

- Ah je vois.

- C’est tout ce que tu trouves à dire ? Moi qui croyais que tu serais heureux que je me fixe enfin avec une seule femme ? Je souhaite que tu me dises franchement le fond de ta pensée. Je veux savoir si tu es de mon copain.

- Bien sur que je ne suis pas contre, Karim. Je suis un peu surpris, mais je respecterai ton choix et tu le sais bien.

- Mais tu ne sautes pas de joie, papa.

- Ecoute, fiston, si tu es heureux, je le suis également. Tu as ma bénédiction.

- J’espère que je ne t’ai pas forcé la main, papa ! En tout cas, merci ! Fit Karim en passant un bras amical autour des épaules de son père.

Monsieur Diouf connaissait la situation, mais n’avait rien voulu dire à son fils. La veille, son épouse lui avait effectivement parlé de ce qu’elle avait qualifié de « trouvaille de Karim ». Et comme son ton ne lui laissait rien augurer de bon, il avait préféré jouer les ignorants face à Karim. Il verrait plus tard la conduite à tenir en fonction de la tournure que prendraient les événements.



Fama, après s’être oublier quelque temps, refit surface, plus importante que jamais. Elle appela Karim une nuit, assez tard pour distiller son fiel dans son sang avec cette douceur ironique et acerbe dont elle avait le secret.

- Salut, chéri, tu dors déjà, sans moi, alors que je pense à toi et que je suppose vaillamment notre grossesse ? Ce n’est pas du tout galant de ta part ! Je voulais t’informer des résultats de l’échographie ; c’est une charmante demoiselle qui te ressemble énormément ! On croirait deux gouttes d’eau !

- Où es-tu, fama ? J’ai tenté de te joindre à plusieurs reprises, mais impossible de te mettre la main dessus. Il faut absolument que nous nous voyions et que nous parlions comme des adultes.

- Mais de quoi parlerons-nous, chéri ? Tout a été dit ! Il faut simplement que tu songes à me faire l’amour de temps en temps ; mon médecin m’a dit que c’est bon pour la grossesse ! Tu es prêt, je peux passer maintenant ?

- Ecoute, Fama, entre toi et moi, il n’y a pas d’avenir et tu le sais bien ! Tu dois absolument te faire avorter parce qu’on ne pourra jamais s’entendre !

- Qui parle de s’entendre ? On n’en a pas besoin, puisqu’on ne vit pas ensemble ! On s’arrangera bien pour la garde de l’enfant, c’est à toi de voir ! On s’est donné du bon temps toi et moi, tu t’en souviens ? Si j’avortais, il ne resterait plus rien de cette tendre époque ; ce n’est quand même pas ce que tu veux, chéri ?

- Je t’en prie, Fama, je ferai de tout ce que tu voudras. Je te donnerai toutes mes économies, mais ne gâche pas ma vie, s’il te plaît.

- Tu n’as pas plus d’argent que moi, cher ami. Tu es attaché commercial alors que je suis directrice de publicité. Sans compter mes amants dont certains sont généreux. Tiens, j’y pense ; as-tu informé ta mère de ta future paternité ? Sinon, veux-tu que je m’en charge ? L’idée de devenir grand-mère pour la seconde fois la rendrait certainement folle de joie.

- Fama, je t’en prie, ne …

- Ciao, chéri ; fais de beaux rêves ! Lança-t-elle en coupant la communication.

Karim la rappela immédiatement, mais tomba sur sa messagerie. Il tenta à plusieurs reprises en vain et comprit qu’elle avait éteint son appareil.

Toutes sortes de pensée l’assaillirent à l’instant. Il se dit qu’il avait été très mal inspiré de sortir avec une teigne pareille. A force de papillonner, il avait fini par tomber sur quelqu’un de complètement insensé. Il méritait toutes les misères qu’elle lui faisait subir. Mais ce qui la peinait le plus, c’était que les excès de son passé le rattrapaient à un moment où il s’était rangé, et qu’il avait complètement changé son mode de vie. A cette minute, il comprit combien le proverbe « qui sème le vent récolte la tempête », était véridique.

Comme souvent dans les moments de trouble et de stress, sa pensée s’envole vers Marième, son refuge, son havre de paix. Mais cette fois-ci, il ne se sentit qu’à moitié consolé. La grossesse posait un réel problème.

Le lendemain, il s’arrangea pour se lever un peu plus tôt et se rendit à la mosquée où il s’abîma dans une fervente prière. Jamais encore, il n’avait éprouvé pareille communion avec le père céleste. Dieu lui était ouï, l’exhortait à soulager son cœur. Le jeune homme, les yeux secs, l’âme inondée de larmes, se confessa abondamment. Il ne voulait pas pleurer sur son sort, parce qu’il méritait tout ce qui lui arrivait. C’était la rançon du plaisir. Oui, la Providence lui envoyait l’addition de ses actions. Une facture certes corsée, mais proportionnelle à sa consommation.

La grossesse inopinée de Fama bouleversait ses projets. Karim s’était toujours juré d’épouser la mère de son enfant ; c’était chez lui un principe acquis.

Il avait côtoyé des enfants de famille divorcée, des parents qui n’avaient jamais vécu ensemble et il avait constaté qu’il leur manquait toujours quelque chose. Ces enfants-là n’étaient jamais accomplis, totalement épanouis comme ses sœurs et lui. Pour lui, une famille c’était inconditionnellement le père, la mère et les enfants.

Quand il sortit de la mosquée pour faire les cent pas en attendant l’appel à la prière du matin.

- Karim ? Fit une petite voix dans le dos du jeune homme.

L’interpellé revint à lui. Tournant la tête, il reconnut l’imam qui posait sur lui un regard bienveillant.

- Tu étais très détaché dans ta prière. Mais en même temps, tu étais bouleversé.

L’homme de Dieu s’exprimait avec une onction particulièrement pénétrante. Il émanait de lui une force impression de sérénité dans laquelle Karim baigna. La profondeur de son regard était difficilement soutenable.

- Imam, j’ai vécu immoralement …

Karim vida son cœur et se soulagea sans retenue dans le sein de l’imam comme il l’avait fait quelques minutes plus tôt dans celui de Dieu.

Quand il eut terminé, son interlocuteur avait toujours son aimable regard posé sur lui. Il semblait d’ailleurs au jeune homme que la bonté s’y était accentuée. Karim était environné de cette aura de paix profonde, de félicité émanant de l’imam. Mais cette présence tout en l’apaisant, l’inquiétait à la fois, parce qu’il en était imprégné jusqu’ à la moelle.

- Mon fils, tous autant que nous sommes, nous avons dans notre vie, fait des choses dont nous ne pouvons pas toujours être fiers, parce qu’elles blessent Dieu. L’essentiel est d’écouter sa voix et d’y obéir quand il nous appelle et nous dit «stop !» A ce moment-là, on doit lui témoigner beaucoup de reconnaissance et le mettre au centre de notre vie en posant quotidiennement des actes qui l’honorent.

L’homme de Dieu se tut et posa la main sur la tête de Karim. Il ferma les yeux, se concentra et pria longuement. Quand il ouvrit les yeux, il adressa un sourire rassurant à Karim.

PS: c'est courte mais je vous promet une très longue la prochaine fois!!!! BISOUS



Du même contributeur, Nabou


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