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CHRONIQUE - La force de l'amour (14), par Nabou - SEYTOO.COM
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La force de l'amour (14)

Chronique

La force de l’amour, quatorzième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 04 mai 2020, Nabou

Soda avait obtenu un Master en marketing et était en stage dans une entreprise de la place, à quelques rues du domicile de Marième.

Karim voulait se rapprocher d’elle et recréer leur amitié. Il avait conscience qu’il avait besoin de tout le monde pour défendre le dossier sensible de son mariage et Soda, bien qu’étant la cadette de la famille, avait une voix qui comptait beaucoup.

-Soda, j’ai une amie qui habite à deux pas de ta société ; tu pourras, si tu le désires, te reposer, manger chez elle chaque midi, au lieu de faire la distance pour rentrer à la maison. Je passe te chercher entre midi et deux, nous nous rendrons ensemble et tu verras et ça te convient, proposa Karim un matin en l’accompagnant.

Sa sœur accepta et à la mi-journée, il passa la prendre comme convenu. Elle fut heureuse en pénétrant dans le coquet intérieur et s’installa dans un fauteuil. Son regard parcourut le salon. Elle trouva que les meubles, les appareils et les bibelots étaient de bon goût. Elle se sentirait bien dans la maison qui respirait le calme, la propreté et la fraîcheur. Elle se dit que finalement, son frère n’avait pas tant changé que cela puisqu’il se souciait d’elle et voulait son bien-être.

Puis elle se demanda qui pouvait être l’amie de Karim, propriétaire des lieux.
Comme pour répondre à son interrogation muette, Marième sortit de la chambre à ce moment précis.

- Bonjour, faites comme chez vous, dit-elle à Soda avec un doux sourire.
Soda, muette de stupéfaction ne répondit pas à son salut car en une fraction de seconde, tout s’éclaira dans son esprit. Comme n’y avait-elle pas songé ? Mais c’était elle. Pourtant, elle se dit qu’il aurait fallu une étincelle particulière pour lui ouvrir les yeux, tellement c’était gros et inconvenable. Exactement comme l’on voit certains spectacles à plusieurs reprises sans les comprendre, tellement ils sont loin de l’esprit et de l’entendement.

Cette femme n’était donc pas une collègue de Karim qui avait un problème de foyer, comme elle l’avait cru ? Cette femme pour qui son frère lui avait fait faux bond pour aller prendre la crémaillère chez Tapha, la même pour qui il les avait plaquées sa mère et elle pour aller voir la représentation pour la paix, cette femme donc était la maîtresse de Karim.

C’était celle avec laquelle il discutait des journées entières au téléphone. Mais oui, la voix était la même, elle en avait gardé les inflexions gutturales dans la mémoire le jour qu’elle l’avait eue au téléphone…

Mais oui, c’était bien elle. C’était cette garce sa mystérieuse inconnue, elle le lisait dans le regard que Karim posait sur elle ; un regard extasié, empreint de … de… Non, elle n’allait pas définir cette chose, qualifier cette monstruosité.
Que pouvait trouver Karim à cette « vielle » qui avait une grande fille ? Qu’allait-il faire d’elles ? Était-il frappé de folie ?

Le regard de Soda exprimait une horreur tellement grande que le couple put aisément suivre le cheminement et les déductions de son esprit. Une gêne palpable s’empara d’eux, un vent glacial s’abattit sur leurs épaules, comme s’ils avaient été des malfaiteurs démasqués.

Cependant, Soda n’était pas complètement convaincu de la maléfique liaison et guettait une dernière preuve, un signe ténu mais irréfutable. Son regard à présent indéfinissable, allait de son frère à la « vieille » et la « vieille » à son frère, avec une extraordinaire rapidité.

Marième aurait voulu rentrer sous terre. Cette fille avait un sans-gêne et une aura incroyables. Son seul regard la mettait exagérément mal à l’aise. Elle, dont on disait qu’elle avait un sang-froid à toute épreuve.

Karim lui-même n’avait pas une meilleure position et donner l’impression de quelqu’un qui avait des reproches à se faire.

- Voilà, petite sœur, tu connais la maison. Bon, il faut que je file, j’ai un rendez-vous. A ce soir, dit-il en s’enfuyant déjà.

Il fit signe à Marième qui le suivit. Dehors, ils furent plus à l’aise et respirèrent à fond.ils cheminèrent vers son véhicule.

- Ça y est, je crois qu’elle a compris d’elle-même. Tant mieux, ça m’évite de lui parler et de lui expliquer quoi que ce soit. Pour une fois, elle a avalé sa langue. Prend soin d’elle, c’est ta future belle-sœur. Bientôt, je te présenterai à maman.

- Ta sœur descend certainement de je ne sais où, son regard m’est insupportable. Comment peut-elle si facilement en imposer à deux aînés comme nous ? Heureusement que je ne rentre pas souvent à midi. Je donnerai des instructions à Thioro qui veillera à ce qu’elle ne manque de rien.

- ça viendra, je suis sûr que vous vous entendrez parfaitement. Bon, je dois y aller, j’ai un déjeuner avec un client tout à l’heure, dit Karim en consultant sa montre. A bientôt, chérie.

- Au revoir, Rimka chéri, répondit-elle.

Ce fut lui qui posa chastement ses lèvres sur une joue de la jeune fille avant de monter en voiture.

Soda n’avait rien perdu de ce spectacle. Elle s’était levée dès que les deux autres étaient sortis et, à travers la baie vitrée, observait ceux qui jusque-là, étaient encore coupable présumés. Mais elle tenait enfin la preuve qui faisait d’eux, des pécheurs impardonnables. Ce baiser qu’elle venait de surprendre était très dangereux, plus éloquent encore que celui de Judas. Sa force destructive résidait dans son apparente innocente. Seul un amour très grand, très fort pouvait susciter une telle vénération. Oui, son frère à elle adorait cette « vieille ». C’était l’égarement du siècle, le comble de la démence.

Elle était subitement gagnée par la folie qu’elle prêtait à Karim. Elle suffoqua, des clameurs envahirent son cerveau et elle eut un vertige pendant qu’elle tournait sur elle-même. Son regard tomba sur le portefeuille posé sur la table. Elle comprit que c’était probablement celui de la « vieille » et elle se précipita dessus comme une forcenée. Elle l’ouvrit fébrilement, éparpilla son contenu, fouilla dans les papiers, trouva une pièce d’identité, lut la date de naissance et calcula son âge.

Marième entra sur ces entrefaites. Elle vit la scène, ses papiers gisant épars sur la table, sa carte d’identité dans la main de son invitée. Elle comprit.
Loin d’éprouver de gêne d’être prise en flagrant délit d’indiscrétion, Soda transperça encore une fois la jeune femme de son terrible regard d’une fixité absolue. Mais cette fois-ci, Marième ne se déroba pas. C’était elle l’offensée et elle soutint le regard du juge de conscience.

Les deux femmes se toisèrent violemment pendant une éternité. Aucun mot ne franchit leurs lèvres.

Puis, du bout des doigts, comme si elle se brûlait ou se salissait, Soda laissa tomber la carte par terre. Elle se dirigea vers la sortie en raflant son sac au passage. Naturellement, elle prit soin de marcher sur la carte. Elle quitta la maison de la « vieille » sans refermer la porte.

Après son départ, Marième s’effondra dans son divan, vidée et épuisée. Ce duel psychique était le plus acharné qu’elle ait livré de sa vie. Elle ne pouvait pas résister à une autre attaque de cette violence.

Était-ce un crime que d’aimer et d’être aimée de quelqu’un de moins âgé que soit ? Était-ce une raison valable pour faire de leur amour, un fardeau impossible à porter ?


Du même contributeur, Nabou


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