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CHRONIQUE - La force de l´amour (15), par Nabou - SEYTOO.COM

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La force de l´amour (15)

Chronique

La force de l’amour, quinzième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 05 mai 2020, Nabou

Marième était seule. Le car n’avait pas encore déposé Fatou et Thioro était sortie faire des courses. Elle n’avait pas bougé de son divan, les yeux hagards, en proie à toutes sortes de pensées tristes. La rencontre avec Soda l’avait bouleversée et jetée de plain-pied dans le combat qu’elle pressentait depuis le début de sa relation avec Karim. Elle savait que les choses ne seraient pas faciles. Elle avait pleinement conscience que l’éducation de Karim très familiale, l’avait façonné de sorte à tenir compte, dans toutes ses décisions importantes, de l’avis des siens. Et d’ordinaire, quand une famille était aussi soudée, unie, un étranger avait beaucoup de mal à briser cet anneau et à s’intégrer.

La haine que Marième avait lue dans le regard de Soda était farouche, frénétique et prouvait qu’elle serait capable de tout pour mettre des embûches à sa relation avec son frère.

Sans compter la mère qui, semblait-il, était plus terrible encore. C’était une dame au caractère. Si elle non plus ne voyait pas cette union d’un bon œil, il serait difficile de passer outre leur hostilité.

Grand Dieu, le sentier de cet amour semblait impraticable, plus ardu encore qu’elle ne se l’était imaginé.

La sonnerie de l’entrée retentit à ce moment-là et tira Marième de ses pensées. Quand elle alla ouvrir la porte et qu’elle aperçut les visiteurs, elle comprit que son calvaire de la journée était de loin d’être à son terme.

- C’est cette personne ! Fit Yacine Diouf en désignant Marième du menton.
- Oui, maman ! Répondit Soda avec une moue qui en disait long sur le peu d’estime qu’elle portait à la jeune femme.

Madame Diouf, sur le ton de la guerre, apostropha Marième et n’y alla pas par quatre chemins.

- Je vous demande de quitter mon fils, immédiatement. Vous avez beau l’entortiller dans les liens dont vous seule connaissez la nature, il n’est pas fait pour vous. Vous entendez ? Il n’est pas pour vous, il n’a rien à voir avec vous. Si vous étiez une personne normale et non un monument d’égoïsme, vous auriez privilégié son bonheur à lui. Vous auriez dû lui dire « mon petit, pense à toi, moi j’ai vécu, je suis une « has been » ! » Car il est vrai que c’est votre petit, n’est-ce pas ? Quel âge avez-vous ? Combien d’hommes avez-vous connus ?

- On ne peut pas les compter, maman ; même un ordinateur aurait bien du mal à les dénombrer ! commenta Soda.

Stoïquement, Marième était retourné s’asseoir dans son divan. Elle était décidée à ne pas répondre aux insultes de ses agresseurs. Mais la Blanche et la Métisse la suivirent, déchaînées, hargneuses.

- Vous êtes plus âgée que mon fils, vous avez une grande fille qui manifestement n’a pas de père. Que pouvez-vous apporter à mon garçon ? Qu’est-ce que mon Karim …
- Notre Karim ! Rectifia Soda.
- Que peut attendre notre Karim d’une relation aussi absurde ?
- L’amour, madame, simplement l’amour ! Ne put s’empêcher de répliquer Marième.
- Mon œil ! Vous n’avez tous ce que ce mot-là à la bouche ; c’est l’argument de bataille dont vous vous gargarisez. Mais n’espérez pas en amadouer et tromper les honnêtes gens. Vous croyez que l’amour peut justifie tous les actes, excuser les excès de votre passé ?
- De son présent également, de sa vie entière ! Renchérit Soda.
- A supposez que cet amour dont vous prévalez à tout bout de champ comme vos consœurs, et qui est loin d’être en panacée, fût réel, lui, n’avait que sa personne à offrir, sauteriez-vous sur l’occasion aussi promptement ?
- Avec le même empressement, le même élan de cœur, fit calmement Marième.

Madame Diouf était déconcertée par l’attitude de la jeune femme. Comment pouvait-elle garder un calme olympien face aux injures ? Peut-être ne mentait-elle pas ? Elle aurait préféré avoir affaire à quelqu’un d’impétueux, ainsi, se seraient-elles battues à armes égales. Qui était cette fille qui ne se disait pas une parole plus haute que l’autre ?

Soda qui juste-là s’était contentée d’émailler les propos de sa mère de petits détails croustillants, attaqua de front avec son formidable répertoire. Sa mère étant indécise, elle assurerait la relève.

- Ne te fais pas avoir, maman. C’est une hypocrite. N’entends-tu pas sa pensée : « les chiens aboient la caravane passe » ? Elle est sereine parce qu’elle est sûre de son fait. Ce genre de femme n’a plus la moindre inquiétude dès lors qu’elle a un bon parti entre les griffes.

Elle fit une pause, embrassa le salon d’un large geste des bras en disant :

- Elle travaille dans un institut de beauté mais regarde sa maison ; rien ne lui manque. Tu crois que c’est avec son salaire de manucure pédicure qu’elle s’offre tout ça ? Pas du tout ! Je vois les cornes de Karim transperçant la lune. Oui, l’habitude est une seconde nature et si par extraordinaire, la tête de cette femme entrait sous le toit de ton fils, maman, son derrière sera dehors. Sans doute le proverbe est vrai qui dit que les vieilles marmites font les meilleures sauces, mais mon frère n’en mangera pas.

Soda vidait son cœur et se soulageait à gros mots. Elle trouvait avec une aisance déconcertante, les expressions qui laissaient des meurtrissures inguérissables. Ah, elle tenait enfin, cette voleuse de frère, elle pouvait à présent se venger.

Marième était ailleurs, sourde à ses insultes dont l’extrême grossièreté ne l’atteignait plus, comme si elle n’était pas concernée.

La mère et la fille avaient les yeux braqués sur elle, scannant son corps, sondant ses pensées.

- Votre tenue est très choquante, Soda a certainement raison.
- Elle montre ses jambes, elle en est fière, à juste titre d’ailleurs. Ne lui ont-elles pas permis de faire son bonhomme de chemin jusqu’au cœur, que dis-je, au corps de Karim ? Mais elle ne saurait s’arrêter là, l’appétit vient en mangeant, il lui faut en permanence de nouveaux amants, d’autres pigeons à plumer.
- Libérez mon fils, il n’est pas fait pour vous !
- Elle ne l’aura pas. Elle croit avoir gagné le gros lot, mais nous saurons lui faire lâcher prise, elle déchantera assez tôt.
- Karim seul décidera, fit laconiquement Marième. Cette réponse eut le don de jeter les Diouf hors d’elles.
- Tu l’as entendue, maman ? Y a-t-il pire attitude de défi injurieux au monde ? Comment peut-on ainsi fouler aux pieds l’amour légitime d’une mère ? Grand Dieu, il n’est pas permis d’avoir une telle effronterie éhontée. Nous sommes plus lucides, nous déciderons pour notre Karim.
- Je l’ai entendue, chérie, mais tu n’as pas à t’en faire. Tant que je vivrai, m’entendez-vous ? Tant qu’il me restera un souffle de vie, vous ne vivrez jamais avec mon fils. Vous n’entrerez jamais dans ma famille, vous ne porterez pas notre nom et n’aurez pas l’occasion de le souiller.

En quittant le champ de bataille, Soda prit sa mère dans ses bras, la joie l’étouffait. Enfin, sa mère adopta le langage qu’elle aimait tant. C’était la princesse, la descendante du roi qui avait parlé. Oui, la noblesse devait trancher et non transiger avec un individu d’obscure extraction.

- Ah, maman, maman ! S’exclama Soda avec bonheur, quand elles furent installées dans la voiture. Petite maman chérie, ce n’est pas aujourd’hui ta fête, mais j’ai envie de te chanter, te louer. Le sang bleu coule toujours dans tes veines, tu sauras défendre un trône comme l’ont fait les nôtres jadis. Nos ancêtres sont fiers de toi. Oui, maman, aux grands maux les grands remèdes ! Termina-t-elle en embrassant sa mère.


Du même contributeur, Nabou


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