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CHRONIQUE - La force de l´amour (16), par Nabou - SEYTOO.COM

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La force de l´amour (16)

Chronique

La force de l’amour, seizième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 06 mai 2020, Nabou

En rentrant du bureau, Karim était entré dans un restaurant vietnamien pour acheter des nems et des beignets. Il fit également une escale au supermarché pour prendre des rafraichissements. Il avait le cœur à rire, enfin, il avait fait un grand pas et présenté presque officiellement sa dulcinée à sa sœur. « Ceci mérite d’être fêté … », pensait-il avec le sourire en se rendant chez Marième.

Cette dernière n’avait pas bougé du divan où les paroles de madame et mademoiselle Diouf l’avaient crucifiée
Non, avec toute la volonté et la force du monde, elle ne voyait pas d’issue à son union avec Karim.
Elle revoyait le regard de Yacine Diouf pendant qu’elle martelait son ultime phrase : ce regard traduisait une haine et une volonté implacables.
Fatou rentra de l’école et se précipita sur sa mère, les bras ouverts.

- Bonsoir, maman ! S’exclama la fillette.

Mais Marième, lasse et meurtrie, ne put réprimer le flot de larmes qui jaillit de ses yeux. Elle était complètement vidée après les efforts déployés pour tenir têtes aux Diouf et leur montrer bonne figure.

- Pourquoi tu pleures, maman ? Fit la petite en éclatant en sanglots
- Oh ! Ma chérie, fit Marième en la serrant convulsivement sur son cœur, sans pouvoir s’expliquer davantage.

Thioro qui rentra quelques minutes après, lâcha ses commissions et fondit également en larmes, en voyant sa patronne et la petite fille en pleurs, sans chercher à savoir. La pauvre fille pensait à un malheur.
Après, ce fut au tour de Karim de franchir l’entrée. Il était jovial et portait ses rafraichissements. Mais à la vue des visages défaits qui l’accueillirent, le sourire de joie qui illuminait sa figure mourut sur ses lèvres.

- Qu’y a-t-il ? Fit-il, absolument, inquiet.

Les pleurs de Thioro et Fatou cessèrent soudainement, mais l’interrogation resta sans réponse.
Marième, le regard dans le vide, semblait n’avoir pas vu le jeune homme ni entendu sa question.

- Thioro, peux-tu aller dans la cuisine, s’il te plaît ?

L’interpellée ramassa ses paquets et disparut.

- Mon chou, veux-tu nous laisser seuls une minute, maman et moi ?

Demanda Karim à Fatou, en caressant sa joue ronde où les larmes avaient laissées des traînées brillantes.
La petite s’exécuta spontanément. Karim tira le guéridon et s’assied face à Marième. Il lui prit les deux mains, les serra très fort dans la sienne en caressant le dos de ses pouces.

- Qu’est-ce qui a pu te faire tant de peine, Marième ? Allez, dis-le-moi !
Marième fixa sur lui un regard atone ou la tristesse et l’amour se disputaient. Mais aucune parole ne franchit sa gorge nouée.
- Quelle est la raison de ce chagrin, de cette grosse affliction ? Reprit Karim.
- Karim, tu sais combien je t’aime, mais ta famille, ta sœur, ta mère … Elles ne veulent pas de moi …
- Ma mère ? L’aurais-tu rencontrée ?
- Elle est venue ici. Ta sœur est allée la chercher après son départ. Oh, Karim, jamais encore on ne m’avait dit tant de méchancetés en une seule fois.

Karim resta sans voix. Lui qui avait pris le mutisme de Soda pour un aveu d’impuissance s’était lourdement trompé. Il avait méjugé la détermination absurde et malveillance de sa sœur.

- Karim, peut-être est-il préférable que tu cesses de me voir. Que nous arrêtions de nous fréquenter, pour un temps.
- Pas question ! Hurla Karim en se levant brusquement.

Ses yeux luisaient de colère et de grosses veines apparurent sur ses mains qu’il serrait l’un contre l’autre, dans un geste incontrôlé d’irritation.
En quelques enjambées, il arriva à la table, saisit une bouteille de jus et le paquet de nems. Il posa le tout sur le guéridon, devant Marième et appela Fatou et Thioro.

- Apporte-nous quatre verres, demanda-t-il à cette dernière.

Il fit ouvrir la bouteille et emplit les verres.

- Nous voulons, Marième et moi, vous annoncer nos fiançailles et bientôt notre mariage ! Ça te fait plaisir, Fatou ?
- Oui, beaucoup. Mais pourquoi maman pleurait tout à l’heure ?
- Parce qu’elle était heureuse et trop émue.
- Eh, tante Marième! Elle m’a fait peur comme ça ! S’exclama Thioro en éclatant de rire.

Fatou rit également et Marième elle-même pouffa péniblement. Elle observait Karim. Il prenait de faux-fuyants pour ignorer le grave problème qu’ils avaient sur les bras. Leur mariage serait assurément une pomme de discorde entre sa famille et lui. Mais elle fut touchée par les efforts qu’il faisait pour lui redonner le sourire et l’espoir.
Karim les quitta une heure plus tard, après avoir promis à Marième qu’il parlerait à sa mère et obtiendrait d’elle son accord pour leur mariage.
Toutefois, il savait au fond de lui, que si jamais il obtenait cet aval, ce ne serait qu’à l’arraché. La démarche prompte et violente de sa mère en disait long sur le peu de cas qu’elle faisait de cette union. Oui, c’était le début du vrai combat, celui de la libre expression de l’amour.

Chez les Diouf, Karim trouva sa mère et sa sœur assises au salon. Soda affichait une mine réjouie ; elle avait disposé tous les coussins autour d’elle et trônait dans le grand divan comme une princesse. Elle posa sur son frère, un regard victorieux.
Yacine Diouf qui avait un coup de fil raccrocha le téléphone et reprit le magazine qu’elle lisait.

- Qu’êtes-vous allés faire chez Marième ? Lança Karim d’une voix sourde en franchissant le seuil du salon.
- Les présentations ! Répliqua sa mère en levant son regard froid comme du marbre sur lui. J’ai jugé qu’il était tant de rencontrer cette femme.

Karim subit contre son gré la dureté et le poids du regard maternel. Sa mère avait un charisme particulier, sa voix le pénétra jusqu’à la moelle et il sentit sa détermination l’abandonner tout d’un coup. Lui qui était descendu de voiture chargé à bloc, résolu à dire à sa mère le fond de sa pensée, modéra ses propos, devint conciliant, suppliant.

- Pourquoi ne pas n’avoir attendu, maman ?
- Parce qu’entre femmes, on se comprend mieux !
- Je l’aime …
- Pas nous ! Crièrent spontanément la mère et la fille.
- Je ne peux pas vous empêcher de ne pas l’aimer. Mais maman, tu n’avais pas le droit de …
- Karim, ce débat est clos, trancha Yacine Diouf en se replongeant dans les pages de son magazine.

Karim, redevenu le petit garçon qu’il était quand sa mère lui imposait silence en le menaçant des yeux et du doigt, ne trouva rien à répliquer.
Monsieur Diouf qui prenait l’avion ce soir-là descendit informer les siens qu’il avait bouclé ses valises.

- ça y est, je suis prêt !

Karim avait complètement oublié que son père partait en mission, Yacine embrassa son époux :

- Chéri, Karim t’accompagnera à l’aéroport, fais un bon voyage et n’oublie pas de nous appeler dès que tu arriveras.
- Papa, j’aurais souhaité que nous parlions de moi et de ma fiancée.
- Je voudrais bien, fiston, mais je ne suis pas en avance.
- Karim, tu ne vas quand même pas faire perdre son vol à ton père pour si peu !

Comprenant que le moment était effectivement mal choisi, Karim céda encore une fois. Quelques minutes plus tard, son père et lui étais installés dans la voiture de celui-ci. Cependant, le jeune homme ne put s’empêcher d’aborder le sujet qui lui tenait le plus à cœur.

- Papa, Soda et maman sont allées jusque chez Marième pour lui faire une épouvantable scène. Elles l’ont traitée de tous les noms et l’ont accablée d’injures qu’on n’adressait même pas à un chien. La pauvre, je l’ai trouvée en pleurs, effondrée, affligée.
- Elles ont fait ça ?
- ça a l’air de te surprendre ? Tu les connais mal. Papa, cette fille, je l’aime de tout mon cœur et je l’épouserai contre vents et marées. Si je suis forcé de faire un choix, ce sera elle.
- Il faudrait que vous en discutiez à tête reposée.
- Il faudrait que nous en discutions tous ensemble à ton retour de voyage, maman en a fait une affaire d’Etat. Je compte sur toi pour lui faire entendre raison. Elle a décidé que je n’épouserai pas cette fille et affirme haut et fort que ce débat est clos. C’est insensé, papa tu ne crois pas que je suis assez mûr pour savoir ce qui est bon pour mon bonheur ? Tu disais récemment que j’avais de l’eau dans mon vin, eh bien, c’est la preuve même que je suis prêt à fonder un foyer. Ah, papa, si tu connaissais Marième, c’est un ange de douceur et de bonté. Ma vie n’aura de sens qu’en vivant avec elle !


Du même contributeur, Nabou


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