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CHRONIQUE - La force de l´amour (18), par Nabou - SEYTOO.COM
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La force de l´amour (18)

Chronique

La force de l’amour, dix-huitième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 08 mai 2020, Nabou

Quand Karim descendit à son tour après avoir rangé le véhicule sur le trottoir, il réalisa qu’ils étaient dans le bas-fond, sur l’échangeur. C’était l’un des endroits réputés les plus dangereux de la ville. Il se lança sur les traces de sa sœur en lui criant de s’arrêter. Mais l’impétueux ouragan était déjà loin. Il la perdit de vue dans l’obscurité. Il eut beau la chercher dans le noir et tourner dans les recoins, il ne la trouva nulle part.

- Soda, reviens, je t’en prie ! Cria-t-il à maintes reprises, mais en vain.

Le cœur battant la chamade, il retourna sur ses pas et remonta en voiture. Il prit son portable sonna à deux reprises puis il fut coupé. Quand il appela a nouveau, il tomba sur la messagerie. Que faire ?

Il ne pouvait pas rentrer tout seul. Que raconterait-il à sa mère ? Pouvait-il lui dire que sa fille avait disparu sans lui apprendre comment et pourquoi ? Il était complètement désemparé. Les yeux hagards, avec des gestes incontrôlés, il avait appuyé sa tête sur le volant.

Marième qui depuis qu’ils avaient quitté la fête n’avait pas bronché, passa à ses côtés. Elle prit avec une tendresse infinie sa main dans la sienne et la caressa longuement avec toute l’affection du monde.

Si jamais ils se mariaient un jour, le parcours de leur amour aura été le plus glorieux au monde. Combien d’embûches, grand Dieu, jalonnaient le sentier de cette union, le rendant excessivement douloureux ? Si elle n’aimait pas Karim avec cette passion frénétique, et si elle n’avait pas la certitude de la réciprocité, elle aurait déménagé en cachette pour ne plus jamais le revoir. Libéré, il aurait fini par l’oublier.

- Tu dois avertir ta mère, appeler la police, l’endroit est trop dangereux, lui conseilla-t-elle.

Yacine Diouf et son fils avaient passé une nuit blanche. Il était six heures du matin et ils rentraient chez eux après avoir patrouillé sur les lieux de la disparition.

C’était leur troisième ronde. Des policiers alertés avaient également fait un tour infructueux. Ils avaient interrogé des passants, mais personne ne semblait avoir vu une jeune métisse dont le signalement répondait à Soda.
Qu’était-elle devenue ? Avait-elle été assassinée ? Où était passé le corps ? Mille questions se bousculaient dans la tête des Diouf sans la moindre réponse.

- Mais comment ta sœur a-t-elle pu disparaître ainsi ? Demandait constamment Yacine à son fils.

Ce dernier lui donnait la même version.

- Nous étions en voiture et nous avions eu une dispute. Elle s’est fâchée et m’a ordonné de la laisser descendre. Comme je roulais toujours, elle a brusquement ouvert la portière. J’ai dû écraser le frein. Elle est descendue et s’est enfuie dans la nuit. Je me suis lancé à sa recherche, mais je n’ai pas pu la retrouver.

Le téléphone sonnait régulièrement. Parents et amis informés de la situation rappelaient pour connaître les dernières nouvelles. Marième que Karim avait déposée après avoir alerté sa mère avait également, appelé à deux reprises sur son portable.

Yacine Diouf, un nœud à la gorge, les nerfs tendus, ne tenait pas en place.

- Qu’est-il arrivé à mon bébé ? Ressassait-elle sans cesse.

Il était seize heures passées quand Soda rentra à la maison. Elle avait les traits tirés et les yeux bouffis. Ses vêtements sales et ses chaussures maculées de boue témoignaient des peines qu’elle avait affrontées, des dangers qu’elle avait courus.

Yacine Diouf prit sa fille dans ses bras avec des transports de joie. Elle la serra convulsivement sur son cœur en remerciant le ciel.

- Merci, mon Dieu ! Merci mon Dieu ! Balbutia-t-elle sans arrêt.

Quand leurs émotions s’apaisèrent un tant soit peu, la mère interrogea sa fille.

- Où étais-tu ? Qu’est-il arrivé ? Voulut-elle savoir.

- Je veux prendre une douche, maman ! Fit Soda en se dirigeant vers sa chambre, sans accorder le moindre regard à son frère, comme si elle ne l’avait pas vu.

Quelque temps après, elle revint au salon, propre, fleurant la lavande et un parfum à la senteur fruitée. Vêtue d’un ample peignoir en cachemire, une serviette enserrant la masse de sa chevelure, elle s’étendit dans un divan après avoir commandé du chocolat chaud au boy.

Elle opposa encore longuement un farouche mutisme aux interrogations de sa mère. Elle était proche de la crise de larmes, mais elle faisait des efforts manifestes pour avaler son chocolat.

- Demande à ton fils. Il m’a expulsée de sa voiture pour sa … Pour plaire à cette … Lâcha-t-elle finalement en éclatant en sanglots.

Cela suffit à sa mère pour comprendre la situation et elle se tourna brusquement vers son fils.

- Quelle est cette histoire ? Que signifie-t-elle, Karim ? Vous étiez censés être à la réception de votre oncle, ta sœur et toi, et rentrer ensemble, tous les deux. Tu ne m’as jamais dit que cette femme était avec vous.

-Cette femme, c’est ma fiancée, maman. Quand est-ce que vous déciderez vous à l’admettre, à l’accepter ? Puisque vous m’en donnez l’occasion, je veux régler ce problème qui perdure inutilement.

-Personne ne reviendra là-dessus. Ce dossier est clos, tu m’entends ? C’est une affaire classée, tiens-le –toi pour dit.

-Non, maman. C e n’est pas parce que tu as décidé de l’oublier que tu l’extirpes de mon cœur, qu’elle meurt dans mon esprit. Tout comme on ne choisit pas d’être amoureux, on ne ne cesse pas de l’être sur commande, sur les instigations d’un tiers.

-Tu es complètement obsédé et tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez. Pourquoi veux-tu choisir pour compagne cette femme qui est la moins intéressante de toutes celles que tu as connues ? Parce qu’elle est plus habile, plus futée, avec un coup de hanche conquérant ? Non ! Elle n’est pas différente des autres, elle ne doit pas avoir un sort autre que celles qui l’ont précédée.

-Pourtant si ! C’est mon choix et pour une fois, il va compter. Je n’ai fait que vous obéir en tout et pour tout, comme une girouette obéit aux versatilités du vent. Vous avez toujours tout décidé pour moi. Tu m’as forcé à aller au Canada parce que tu voulais un Bachelor. C’est ce que j’ai fait, c’est toujours …

- Tu n’as rien fait du tout ! Coupa sa madame Diouf. Tu es revenu avec le niveau, pas le diplôme. Maintenant qu’il y a une université canadienne sur place, tu ferais mieux de t’y inscrire. C’est là un objectif plus indiqué pour un jeune homme qui a de l’ambition au lieu d’avoir des idées farfelues plein la tête, assena-t-elle encore.

Karim observait sa mère, incrédule. Elle ne prenait manifestement pas de gants. Et son léger accent mauritanien traduisait une violente révolution intérieure. Si ça continuait, d’affreux tourments pourraient naître de leur affrontement. Mais il n’avait plus envie de reculer, la mesure était au comble.


Du même contributeur, Nabou


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