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CHRONIQUE - La force de l´amour (19), par Nabou - SEYTOO.COM

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La force de l´amour (19)

Chronique

La force de l’amour, dix-neuvième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 09 mai 2020, Nabou

Après avoir mis le feu aux poudres, Soda, étendue dans le divan, comptait les coups. L’offensive de sa mère avait libéré le nœud de la gorge et elle avait vidé sa tasse de chocolat. Mais elle lâcha un sanglot intermittent entre les accalmies pour entretenir la tempête. Justement, à une de ses plaintes, sa mère revint à la charge.

- Bien sûr qu’avec une telle femme, tu auras le plaisir à satiété, mais pas le bonheur. Je ne te laisserai jamais faire ton malheur et le nôtre avec ! Regarde dans quel état est ta sœur.
- Maman, Soda n’a …
- Je n’ai pas fini. Cette femme a un ascendant plus que néfaste sur toi et depuis qu’elle t’as mis le grappin dessus pour sortir coûte que coûte de sa condition, tu as complètement perdu la tête. Elle est dangereuse, parce qu’elle est extrêmement expérimentée en matière d’hommes. J’aurais préféré que tu attendes quelques années pour épouser sa fille à elle ; ce serait moins incongru. Mais non, elle te met la pression pour se caser le plus rapidement possible parce que tu es sa planche de salut.
- Elle ne soupire pas après le mariage, maman. Elle me demande d’y réfléchir, pendant un an, trois ans s’il le faut. Elle me recommande de ne jamais m’engager sans l’assentiment familial général.
- Elle te donne le change parce qu’elle sait que jamais tu n’attendras. Ce n’est pas là qu’un infime aperçu des machiavéliques pièges d’un esprit aussi malin que le sien. Et plus le temps passera, plus tu seras sous son maléfique empire.
- Que lui reprochez-vous au juste, maman ? Est-ce mon amour ? Est-ce le fait qu’elle soit née trois petites années avant moi ? Ou est-ce parce qu’elle a une adorable fillette ? Est-ce un crime que d’avoir donné la vie ? Tu ne m’aimes donc pas, maman pour ainsi me refuser le bonheur sans raison ? Pourquoi ? Que t’ai-je fait, maman ?
- Je t’aime trop pour accepter ton malheur, te regarder faire un gâchis dont nous pâtirons tous. Ressaisis-toi, il n’est pas encore trop tard. Ce que tu prends pour amour n’est rien d’autre que les vapeurs du plaisir. Il est normal que tu succombes à son savoir-faire, elle a de l’expérience. La chair est souveraine quand elle trouve son compte, et impose aisément ses ordres au bon sens.
- Maman, tu fais fausse route, totalement. Et c’est la preuve même que notre relation est pure, noble, avec l’amour véritable pour soubassement. Marième et moi, on ne s’est jamais effleuré l’épiderme, ni en acte ni en pensée. Cela ne nous traverse même pas l’esprit. Elle n’a donc pas pu me tourner la tête avec ses prouesses sexuelles.
- Si elle ne tient pas par-là, c’est donc un philtre qu’elle t’a donné ; j’en trouverai l’antidote.
- Et l’amour, maman, qu’en fais-tu ? Tu ne peux pas avoir rayé ce mot de ta mémoire, tu ne peux pas tout d’un coup nier l’amour, maman, pas toi, pas toi, pas toi ! Marième et moi, c’est autre chose, c’est une sensation que je ne saurai te définir, t’expliquer. Ai-je d’ailleurs besoin de te l’expliquer à toi ? Tu peux le sentir, tu peux le comprendre, ce sentiment suprême, effréné, qui naît entre deux êtres et que rien ni personne ne peut tuer, stopper. Tu l’as connu, tu as aimé avec chaque fibre de ton cœur, avec ton âme, au point de quitter ta race, ta caste, un nom illustre, avec tous les honneurs qui s’y rattachent pour un petit nègre, illustre qu’on n’aurait pas accepté dans l’écurie familiale comme palefrenier. Y a-t-il acte plus noble, geste plus beau, amour plus fort, plus grand ? Pourquoi n’aurai-je pas cette fibre, cette carrure ? Ne suis-je pas de ton sang, maman ?

Yacine Diouf se sentit insultée par ce rapprochement que son fils osait établir.

- Je t’interdis de parler de choses qui te dépassent, cria-t-elle. Tu ne peux pas connaître la nature de nos sentiments. Tu ne peux pas comparer mon amour pour ton père à … à … bégaya-t-elle, incapable de trouver l’expression appropriée.
- A mon amour pour Marième ? Termina Karim. Oh, que si ! Ce sont exactement les mêmes sentiments, avec la même intensité, la même force. Depuis Adam et Eve, l’amour n’a pas varié d’un pouce, on aime et on aimera toujours avec la même fièvre, la même violence, la même flamme, la même ardeur. Que sais-je encore ? Seuls les amoureux changent, seuls évoluent les sites de l’amour. Intrinsèquement, l’amour est resté tel quel parce que ni le temps ni l’espace n’ont de prise sur lui. Ne dit-on pas d’ailleurs à son sujet qu’il est un nouveau-né de six mille ans, maman ?

Yacine Diouf observa son fils, interloquée, stupéfaite pendant de longues minutes de pouvoir ouvrir la bouche.

- Ce n’est pas toi qui parles, Karim, c’est quelqu’un d’autre, finit-elle par articuler. C’est cette femme ! Jamais tu n’aurais pu, n’aurais su me dire ces choses. Je refuse de l’écouter, d’entendre la voix du Malin.

Elle s’était bouchée les oreilles et remuait la tête dans un geste continu de dénégation en sillonnant le salon dans tous les sens.
Karim regardait sa mère. Il comprenait que sa douleur était évidente. Il avait de la peine à la voir dans un tel état. Était-ce, Dieu, possible que le cœur d’une mère fut à ce point aveugle ?

- Si, maman, c’est bien moi, dit-il calmement. C’est ton fils. Ne reconnais-tu pas la voix de ton garçon ? C’est ce même cœur qui aime, qui te parle ; son accent ne peut que te toucher, te pénétrer et t’émouvoir.

Soda dressa l’oreille et jeta un coup d’œil sur sa mère. Elle sentit les convictions de cette dernière s’ébranler, prête à prendre Karim dans ses bras et lui donner son consentement des deux mains.

« Non, maman, non ! Tu ne dois pas reculer d’une semelle, c’est Karim qui doit capituler et renoncer à son caprice. Non, la « vielle » ne doit pas avoir gain de cause, pas maintenant, maman. », supplia-telle intérieurement pendant que des traits se décomposaient et qu’elle était à nouveau gagnée par les larmes.

Soda n’admettait pas que sa mise en scène n’ait servi à rien. La nuit précédente, après avoir parcouru quelques mètres dans le noir, elle était tombée par hasard sur un taxi qui l’avait conduite chez Anta dont elle avait donné l’adresse. Sachant que sa mère appellerait inévitablement chez son amie, elle l’avait conjuré de taire sa cachette.

« Rallie-toi à ma cause, le combat est noble. C’est peut-être toi que Karim épousera quand nous aurons bouté la « vieille » hors de son cœur, loin de nos vies. », L’avait-elle exhortée.

Soda savait qu’après avoir connu les affres de l’inquiétude, sa mère épouserait sa cause, leur cause dans l’explication certainement houleuse qui les opposerait à Karim. Elle n’avait pas prémédité le coup, mais l’occasion faisait larron, la tournure des événements avait joué en sa faveur. Elle se leva de son divan et fit face à son frère.

-Non, Karim ne raisonne plus, il est victime d’un épouvantable égarement ! Hurla-t-elle. Plus rien n’a d’importance à ses yeux, nous pouvons crever à côté de lui qu’il ne bougera même pas le petit doigt pour nous secourir. Sinon, il ne m’aurait pas abandonnée dans un coupe-gorge à deux heures du matin pour plaire à cette sorcière parce qu’elle le lui a ordonné ; cracha-t-elle avant de se jeter dans un autre fauteuil en pleurant à chaudes larmes.
-Tu as osé faire ça, Karim ! cria Yacine Diouf.

Mais l’interpellé n’eut pas le temps de répondre.

-Il l’a fait sans état d’âme, maman. Liens et voix du sang n’ont plus de sens pour lui.
-Elle divague, maman, tu le sais …
-Je ne sais rien du tout. Tu n’épouseras pas cette femme ; sinon ce serait la fin de tout.
-Je l’épouserai avec ou sans ton consentement. J'ai la bénédiction de papa et son approbation. L’avis d’une enfant pourrie comme Soda ne compte pas. Je suis majeur et libre de mes actes, asséna Karim dont la patience était à bout.

Soda était spontanément remise debout, mue par les prémices de sa victoire qu’elle sentait. C’était exactement ce qu’elle voulait, que son frère hausse le ton, brave leur mère qui, par principe, ne cédait jamais à la rébellion et à la menace.

-Tu entends ça, maman. Enfin, il ôte le masque et joue franc-jeu. C’est donc ça ton vrai visage, Karim ? Il est hideux, monstrueux, misérable. Comment peux-tu manquer de respect à ta mère, au point d’oser lui jeter à la figure, la leçon que ta fait répéter cette …
-Le monstre, c’est toi ! Coupa Karim
-Tu es le larbin de cette calamité. Tu es un grotesque et lamentable chevalier servant qui lui obéira au doigt et à l’œil, même à distance. Tu es son gentil toutou à qui il ne manque plus que la laisse. Oh, maman, j’ai mal au cœur, je meurs, ton fils me tue, Karim nous tue pour une saleté, une prostituée ramassée on ne sait où, à cause de …

Soda n’acheva pas sa phrase. Elle tomba à la renverse, dans le fauteuil et glissa au sol, les yeux clos. Madame Diouf se précipita sur son bébé, la prit tendrement dans ses bras et la coucha délicatement dans un divan. Puis elle se redressa et, le regard menaçant, marcha vers son fils.

-Tu n’auras donc de cesse que d’immoler ta famille entière sur l’autel de ton plaisir ? Tu n’es pas Karim. Mon garçon à moi n’aurait jamais agi comme tu le fais. Allez, dehors ! Sors de ma maison ! Va cherchez mon fils ! Ne remettez plus les pieds ici avant de l’avoir trouvé et ramené ! Dehors ! Oust ! Hurla-t-elle en bousculant le jeune homme et en lui donnant des coups dans le dos.



Du même contributeur, Nabou


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