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CHRONIQUE - La force de l´amour (20), par Nabou - SEYTOO.COM

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La force de l´amour (20)

Chronique

La force de l’amour, vingtième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 10 mai 2020, Nabou

Karim était dans un état d’abandon et de solitude morale extrême. Le cœur en mille morceaux, les yeux inondés de larmes, il roulait comme un automate et frôla l’accident à plusieurs reprises.

Il n’arrivait pas à croire qu’il soit mis au ban de sa famille. Il réalisait difficilement que sa mère l’ait chassé de la maison familiale comme elle l’avait fait d’un pestiféré.

Il réalisa douloureusement que sa mère, sa sœur, sa famille et son entourage préféraient le Karim qu’il avait toujours été. Le fêtard, le fumeur, le noceur invétéré, le cœur d’artichaut aux innombrables conquêtes. Le bourdon insatiable qui butinait toutes les fleurs à l’horizon. Le Karim qui faisait dire à Soda qu’elle tenait la preuve que la semence masculine était une source intarissable.

Karim recouvra ses esprits et se rendit compte qu’il était arrivé à Mariste, devant le domicile de Ndeye Khady. Comme s’il venait se réfugier. Il descendit de voiture, mais au moment de sonner, son beau-frère sorti par le garage et le vit. Oumar aimait Karim et lui témoignait sa sympathie en l’appelant cousin, parce qu’ils étaient aussi grands et aussi costauds l’un que l’autre.

- Cousin ! Lança Oumar, heureux de cette visite imprévue.

Mais l’interpellé, le menton sur la poitrine, ne répondit pas à la marque d’affection.

Oumar s’approcha de son beau-frère et l’observa attentivement. Il vit son visage défait et les traces de larmes rougissaient encore ses yeux. Il le prit amicalement par les épaules et le conduisit à sa sœur, dans la chambre. Il les laissa seuls et referma discrètement la porte derrière lui.

Il était bouleversé parce qu’il savait que Karim était un dur, une forte tête. Seul un coup au cœur pouvait le mettre dans un pareil état. Oumar ne chercha pas loin, il comprit que cela avait un rapport avec Marième et la disparition de Soda. Son épouse lui ayant expliqué la situation.

Karim était dans les bras de Ndeye Khady, tous les deux étaient assis sur le lit. La tête du jeune homme reposait sur le cœur de son aînée, comme un enfant ayant une grosse peine. Il lui avait tout expliqué.

- Même papa adopte une attitude assez floue. J’attends son retour ; il faut qu’il s’exprime clairement.
- Tout doux, Karim, calme-toi. Tu dois tous les caresser dans tous les sens du poil et composer avec chacun d’eux. Te marier avec qui tu veux est ton droit et le plus légitime, mais tu dois le négocier humblement, c’est ainsi. Papa est obligé de prendre le parti de maman, il ne peut pas te soutenir ouvertement et s’opposer à elle, même s’il t’approuve. Le problème, c’est maman elle-même et surtout Soda.
- Pourquoi, surtout Soda ? C’est parce qu’on l’a laissée s’immiscer dans toutes les affaires de la famille qu’aujourd’hui elle veut obliger le monde entier à faire ses quatre volontés ! Se fâcha Karim.
- Tu as parfaitement raison, mais le problème est que tout le monde l’a laissé faire depuis toujours et que nous sommes tous habitués à cette situation. Le point de vue de Soda a toujours eu l’assentiment général, quand bien même il est loin d’être le plus pertinent.

Ndeye Khady se tut quelques instants, comme si elle replongeait dans le passé. Puis elle reprit :

- Enfin, maman se rangera à l’avis de Soda. J’ai bien suivit ton récit, quand maman t’a mis dehors, c’était à cause de ses pleurs. Soda était sûre de leurs effets, elle a même fait semblant de s’évanouir en prétextant un imaginaire mal de cœur, la futée. Tu es certes le fils de la maison, mais elle est la petite dernière. Soda est l’anagramme de Ndeye Khady et boucle la trinité en passant par Karim. Tu dois te la concilier pour atteindre le cœur de maman.

Ndeye Khady fit une autre pause pendant laquelle elle regarda intensément son frère. Karim sentit qu’elle n’avait pas fini. Il écoutait son cœur palpiter dans sa poitrine. Elle avait d’autres révélations à lui faire.

- Il y a une autre chose, j’aurais préféré n’avoir jamais à te le confier, mais vu les circonstances. Soda t’aime. Comment te le dire ? Pas comme je t’aime. Plus qu’on doit aimer son frère, peut-être moins qu’on aime un petit ami. Ce sont des sentiments très complexes que je ne saurai exactement t’expliquer, mais que j’ai eu le temps et l’occasion de déceler.

- C’est une histoire de dingue, ma parole ! Pourquoi ? Si c’est un teint clair qu’il veut, il y a Siré. D’ailleurs tous les hommes lui courent après, elle n’aura qu’à cligner pour qu’ils se précipitent à ses pieds. C’est à ne rien y comprendre.

- Que serait la vie sans un peu de mystère ? A présent que tu connais mieux la situation, parle-lui. Je promets de faire une tentative auprès de maman dès demain, mais je ne te garantis pas le résultat. Avec son caractère de Lady, quand elle est braquée, une mule est moins rétive. Allez, redresse-toi ; comme tu es lourd ! J’ai les membres tout engourdis. La dernière fois que tu as pleurée dans mes bras, tu avais peut-être sept ans. Te voici, bataillant pour te marier. Qu’est-ce que les années passent vite.

Le lendemain à neuf heures, Ndeye Khady pénétra dans la chambre d’amis, où Karim avait trouvé le gîte.

- Bonjour, Karim, je pars chez maman, tu n’as pas de commissions ?

- Si ! Merci d’y avoir pensé. Tu regardes dans mon placard, au fond du battant gauche, tu trouveras une housse grise. Elle contient le nécessaire pour un brusque voyage ou quand on met quelqu’un à la porte, comme ce fut le cas pour moi. Seulement que maman ne m’a pas laissé le loisir de retourner dans ma chambre, fit Karim dans un rire.

- Je suis heureuse que tu aies meilleur moral aujourd’hui.

Quand Ndeye Khady arriva à la maison familiale, elle fut surprise de trouver sa mère assise toute seule dans le petit salon, l’air pensif. Elle comprit que l’accrochage de la veille avait également beaucoup affecté sa mère. D’ordinaire, à pareille heure, Madame Diouf était dans sa cuisine, en train de concocter un de ses plats dont elle avait le secret.

- Bonjour, maman, fit-elle en l’embrassant.

Puis elle s’assit en face d’elle.

- Bonjour, ma chérie, répondit sa mère, sans rien trouver d’autre pour entamer la discussion.

- Et Karim ? Demande Ndeye Khady.

- Il n’habite plus ici.

- Oui, maman, je sais. Il est chez moi. Il a passé la nuit et je viens pour chercher quelques affaires pour lui. Il restera chez moi le temps que tu te calmes et acceptes l’idée de son mariage. Et quand il reviendra, ensemble nous préparerons cette union.

- Il n’en est pas question. Je vois bien que vous êtes de connivence. Il ne m’a d’ailleurs pas caché qu’il avait ton approbation pour épouser cette femme.

- Karim m’a informé de sa décision, il ne m’a pas demandé la permission. C’est un grand garçon et son choix était déjà fait. Je n’ai donc rien trouvé à redire, parce que c’est le choix de l’amour. Et tu aurais dû avoir la même réaction. Souviens-toi, maman, tu n’aurais pas survécu si tu n’avais pas épousé papa ! Tu t’es battue farouchement, tu t’es opposée à la volonté de tes parents, parce que tu y croyais. Et le temps a prouvé que tu ne t’étais pas trompée.

- Pourquoi vous voulez toujours comparer cette tocade de Karim à mon union avec votre père ? Je ne comprends pas.

- Parce que le grand amour a la même senteur, la même couleur, le même visage.

- Tu ne peux pas pousser ton frère dans les bras de cette femme ! Une femme qui manipule tout le monde et qui dresse le fils contre sa propre mère, comme le dit Soda.

- Comme le dit Soda ! Tu vois, maman, ce n’est même pas ton propre sentiment, ce n’est pas une conviction qui vient de toi, mais tu ne fais que traduire les désirs de Soda. C’est elle qui manipule tout le monde depuis toujours et toi en particulier. C’est elle qui t’a dressé contre ton fils. Toutes les fois qu’il y a eu une mésentente entre tes deux premiers enfants et toi, il y avait du Soda en dessous. Ouvre enfin les yeux, il est plus que temps.

- Là, tu dis n’importe quoi !

- Je vois qu’on ne peut pas discuter avec toi pour le moment. Je te laisse te calmer, fit Ndeye Khady qui gravissait les escaliers pour se rendre dans la chambre de Karim.

De son balcon, Soda avait vu arriver sa grande sœur. Elle comprit immédiatement que c’était l’affaire de Karim qui l’amenait. Elle était rapidement descendue pour en avoir le cœur net. Et elle ne s’était pas trompée. En plus, sa sœur l’accusait de manipuler tout le monde et d’être la base de tous les problèmes de la famille.


Du même contributeur, Nabou


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