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CHRONIQUE - La force de l´amour (21), par Nabou - SEYTOO.COM
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La force de l´amour (21)

Chronique

La force de l’amour, vingt et unième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 11 mai 2020, Nabou

Les deux sœurs se retrouvèrent face à face devant la chambre de Karim, et la dispute éclata. Ce fut Soda qui ouvrit les hostilités.

- De quel droit oses-tu me dénigrer ainsi, me traiter de tous les noms, dire de moi que je suis une manipulatrice ?
- Comme d’habitude, tu as écouté aux portes ; tu ne changeras donc jamais. Je maintiens ce que j’ai dit, et tu sais parfaitement que c’est la stricte vérité. Tu as toujours voulu être le nombril de la terre, la petite capricieuse écervelée.
- Et toi, tu as toujours éprouvé de la jalousie pour moi ; enfin, tu l’avoues. Oui, je suis adulée, je suis chouchoutée. Je suis la préférée de tout le monde, ce n’est pas ma faute.
- Tu n’es la préférée de personne. C’est de la pitié et de la condescendance que tout le monde éprouve pour toi. On te donne ce que tu veux pour ne pas avoir à subir tes pleurs et tes geignements d’enfant gâtée. Et ne me pousse pas à bout, je ne suis pas d’humeur. Je ne permettrai d’ailleurs jamais que tu sois une entrave au bonheur de Karim.

Soda ne sut rien répondre. Elle posa des yeux stupéfaits sur sa sœur. Elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi tous ceux qui l’avaient dorlotée lui parlaient soudainement avec autant de dureté.
Soda était visiblement hors d’elle, et elle reprit plus rudement :

- Colle une fois la paix à Karim. Laisse-le épouser la femme qu’il veut. Ce ne sont pas tes oignons ! Libre à toi si tu as envie de finir vieille fille. Je sais tellement de chose sur toi. Par exemple, ce n’est pas par peur que tu refuses de conduire, mais c’est parce qu’en ne conduisant pas, Karim t’accompagnera partout, qu’il te servira de chauffeur et de garde de corps. Je voyait à quel point cela te faisait plaisir que Karim n’ait que des aventures sans lendemain, tu l’y encourageais. Tu étais aux anges quand tu l’amenais à te relater ses coucheries dans les détails.
- Menteuse ! Tu es une menteuse et tu es mauvaise, cria Soda de toutes ses forces.

Yacine Diouf qui entendait les éclats des voix de ses filles, monta précipitamment dans la chambre. Dès que Soda aperçut sa mère, son visage se décomposa instantanément et des larmes envahissent ses yeux.

- Oh, maman, c’est affreux ! Ma grande sœur chérie que j’aime tant vient de me renier. Elle m’a dit des méchancetés inimaginables. Elle me rejette et préfère avoir pour parente cette femme qui nous a fait tant de mal ! Fit Soda.

Sa voix se brisa dans un pathétique sanglot et elle se jeta dans les bras de sa mère, secouée par ses pleurs.
Ndèye Khady les regarda un instant, abasourdie. Soda qui, quelques minutes auparavant lui tenait tête, pleurait subitement pour attendrir leur mère.

- Et c’est reparti ! La grande comédienne sort encore le grand jeu. N’est-ce pas là, maman, cette même scène qui, pas plus tard qu’hier, t’a poussée à chasser ton unique fils du toit familial ? Tu ne vois pas que Soda se joue de toi ? Puisque je ne vis plus dans cette maison, et que tu ne peux pas m’en chasser, tu vas peut-être me déshériter, me renier pour encore une fois dire amen aux caprices de Soda ? Hurla furieusement Ndèye Khady.

Yacine et Soda avaient du mal à reconnaître cette jeune femme qui n’avait jamais haussé le ton sur personne. Ndèye Khady était vraiment déchaînée et ne les laissa pas longtemps à leur étonnement.

- Puisque vous êtes si proches l’une de l’autre, et que vous semblez si bien vous connaître, j’espère que Soda t’a avoué l’unique raison pour laquelle elle est encore vierge. J’ose croire qu’elle t’a donné le nom du seul homme pour qui elle se réserve ; celui qui hante ses nuits et habite ses fantasmes depuis longtemps.
- De quoi parles-tu ? Interrogea Soda d’une voix bouleversée.
- Mais tu deviens folle, Ndèye Khady ! Fit Yacine.
- Oui, maman, comme tout le monde, j’ai mes moments de folie, mais j’essaie de les contrôler pour ne pas pourrir la vie à mon entourage. Soda n’a pas l’apanage de la démence. N’est-ce pas, Soda ? Allez, dis à maman pourquoi tu es encore vierge, à moins que tu me laisses le soin de m’en charger !
- Lui dire quoi ? Fit Soda dont les grands yeux écarquillés exprimaient la peur et l’horreur.
- Tu sais bien, je parle de ses sentiments absurdes que tu éprouves, de cette passion folle et aveugle que tu nourris depuis pour Karim, et à cause de laquelle tu ne veux pas qu’il se marie.
- Mon Dieu ! Maman a raison, tu es complètement folle ! Lança Soda avant de s’enfuir de la chambre en courant.
- Reviens ici, je n’ai pas fini ! Cria Ndèye Khady en tentant de la rattraper. Mais elle revint sur ses pas et s’adressa à sa mère qui semblait abasourdie, prostrée et reprit ; maman, si tu ne laisses pas Karim épouser Marième, eh bien, sache que ton prochain petits-enfants sera le fruit d’un immonde inceste. Il sera l’enfant de ton fils et de ta fille. Parce que Soda ne s’arrêtera pas à ses pathologiques fantasmes, mais elle passera à l’acte. Oui, maman, tant que Karim ne sera pas marié, Soda croira qu’il est à elle. Et plus le temps passe, et plus les sentiments incestueux qui l’habitent s’enracinent et prennent de la force. A bon entendeur, salut ! Termina Ndèye Khady en saisissant la housse de son frère qu’elle avait posée sur le lit et sortit

A l’occasion de la fête annuelle, de son village natal, Laye invita ses amis à y passer le week-end.
L’idée était surtout de Marième qui avait discuté avec Laye. Ils voulaient conjuguer les efforts pour distraire Karim après le blessant comportement de sa mère qui l’avait chassé de la maison.
Ce village était un village lagunaire en zone côtière.
L’on se rendait dans cette localité en empruntant la route, puis en quittant la voie bitumée, on bifurquait sur la gauche. Ensuite, l’on traversait une vaste plantation s’étendant à perte de vue et finalement le village apparaissait dans toute sa splendeur. La rue principale donnait sur la lagune et permettait de voir de nombreuses pirogues de pêcheurs amarrées à des cocotiers. De la fumée émanant des cours s’élevait çà et là et le fumet des poissons embaumait l’air.

Les nouveaux arrivants traversèrent le village pour se rendre dans la cour du Docteur Senghor, parrain et promoteur.

La cour du Docteur Senghor débouchait sur la lagune était paradisiaque. Il y avait une profusion d’essences de toutes sortes et dans cette flore naturelle était disséminée une faune artificielle représentant des fauves, des oiseaux, des antilopes grandeur nature.

A coté du domicile du Docteur Senghor était aménagé un espace servant de lieu de spectacle ou de réception. Il était composé de hangars sous lesquels étaient disposées des chaises et en face, façonnée dans du béton dont les piliers plongeait dans la lagune, une plate-forme qui accueillait les manifestations.
Les invités, dont de nombreux officiels, étaient déjà installés sur les sièges, des fauteuils sous les hangars et discutaient avec leur hôte. Le groupe formait par Laye, Karim, Marième et Nafi s’installa également.
Après le mot de bienvenue de Docteur Senghor, ce fut la série des allocations puis les danses débutèrent.

Il y avait également au programme des festivités, des courses de pirogues, de natation, de grimper de cocotier, de cueillette de coco, etc.

Laye et ses amis profitèrent de la disponibilité d’une pinasse pour visiter une île située à cinq cents mètres en pleine lagune. C’était un endroit charmant, d’une profonde sérénité, avec une profusion d’essences rares. De nombreux oiseaux profitaient de la quiétude pour nicher dans les grands arbres feuillus.
Marième et Karim, bras dessus bras dessous, visitèrent quelques nids et s’extasièrent à la vue des oisillons qui piaillaient à qui mieux mieux.
Ce furent des moments intenses et inoubliables qui remplirent leur âme de sensations ineffables.


Du même contributeur, Nabou


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