person_outline Me connecter close
Fermer
search
Recher.
menu
Menu

Vous
EN
English
Life TV Africa News Club

Accueil
share
@

Partager
arrow_back
Retour
CHRONIQUE - La force de l´amour (23), par Nabou - SEYTOO.COM

keyboard_arrow_rightSuivant

keyboard_arrow_leftPrécédent
save

Enregis.
share
@


Partager

La force de l´amour (23)

Chronique

La force de l’amour, vingt et troisième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 13 mai 2020, Nabou

Âme égaré, les errements de Karim le conduisirent chez Marième. Il lui expliqua la situation. Comme à son habitude, elle lui prodigua des conseils très pertinents et le calma. Elle lui dit que Dieu avait le dernier mot dans toutes les situations et que les gens qui croyaient que tout dépendaient d’eux se trompaient lourdement.
Quand Karim quitta la jeune femme, il se rendit à la mosquée. Il demanda à rencontrer l’imam. Comme à l’accoutumée, l’imam le reçut, le regard plein de mansuétude et d’amour. Le jeune homme, par bribes éparses, balbutia sa douleur. Il lui expliqua qu’il s’était passé tellement de choses en un rien de temps qu’il ne savait plus à quel saint se vouer. Il lui raconta également qu’il était mis au ban de sa famille et qu’il venait probablement de perdre son emploi.

- Il ne me reste plus que mon enveloppe, charnelle, cette carcasse inutile et sans trêve, conclut-il douloureusement.
- Dieu éprouve parfois durement ses enfants pour tâter leur foi. Il semble d’ailleurs mieux châtier ceux qu’il destine à de grandes choses. N’oublie jamais, mon fils, que prioritairement, nous sommes sur terre pour l’amendement de notre âme, pour expier nos péchés. Prions, nous avons encore ce recours quand nous perdons pied, quand tout semble nous échapper.

Les deux hommes s’accroupirent sur les nattes et s’abîmèrent longuement dans une fervente demande de pardon.
Quand enfin ils finirent de réciter certains versets du coran, ils se relevèrent, Karim interrogea l’homme de Dieu de son regard.

- C’est toujours avant l’aube que la nuit paraît plus noire, mon fils, dit simplement l’imam avec un sourire encourageant, sans le moindre commentaire.

Karim prit congé de lui et sillonna les grandes artères de la ville. Se griser de vitesse lui faisait du bien. Il n’avait pas envie de rentrer chez Ndèye Khady cette nuit-là. L’image de Laye passa dans sa tête. Il était sûr que son ami saurait lui mettre du baume au cœur.
Trente minutes après, Karim sonnait à la porte du jeune homme. Son ami vint lui ouvrir avec un tablier noué sur ses vêtements. En reconnaissant le visiteur, le visage de Laye s’épanouit instantanément dans un sourire affectueux.

- Tiens, Don Rimka, quel bon vent t’amène. J’ai appelé plusieurs fois à ta société mais ton téléphone sonnait dans le vide. Mais entre donc, ne reste pas sur le pas de la porte ! Invita-t-il de son air jovial.

L’accueil de cet homme surprenait toujours Karim. Il se demandait comment on pouvait être aussi spontanément hospitalier et recevoir à n’importe quel moment avec autant d’affabilité et de prévenance.

- Dis-moi un peu, on ne te dérange donc jamais ? S’enquit Karim en suivant son ami à la cuisine.
- Jamais ! Surtout quand c’est un ami ! S’exclama Laye.
- Peut-être as-tu le secret désir de manger tout seul ton poulet.
- C’est une pintade ! Rectifia Laye. Ma grand-mère nous disait toujours que seul un imbécile doit rechigner à l’idée de partager son repas ! Parce que, vois-tu, le plat du jour, c’est le « caca » (excusez-moi du terme) du lendemain ! Lança-t-il philosophiquement en partant d’un rire profond.
- Elle devait avoir beaucoup de sagesse, ta mémé !
- C’était un puit de science. Mais la mort me l’a arraché prématurément et je n’ai pas pleinement profité de ses immenses connaissances !
- Nafi n’est pas là ? J’ai hésité avant de venir vous déranger, je dors chez toi cette nuit.
- Aucun problème, Rimka ! Même en la présence de Nafi, tu n’aurais gêné en rien. Saliou, mon frère cadet, élève policier nous rend visite certains week-ends et nous dormons tous les trois dans le même lit, tranquillement. Nous bavardons et rions ensemble une bonne partie de la nuit.
- Et vous attendez qu’il se mette à ronfler avant de… Fit Karim en laissant sa phrase en suspens.
- Tu n’y penses pas ! Est-on obligé de … Comme tu dis, chaque nuit que Dieu fait ? Nafi et moi sommes un vieux couple et en sept ans, le désir s’est un tantinet émoussé. Du moins, il est contrôlable.
- Quel est votre fréquence actuelle ? Demanda Karim à brûle pourpoint.
- Tu apprêtes déjà ton guide matrimonial personnel ? Demande Laye en riant. Je ne crois pas qu’il y ait un chiffre officiel défini. C’est plutôt au gré du désir. On peut rester toute une semaine sans y penser comme on peut pendant une semaine sans penser à autre chose …
- Sacré chaud lapin, le pote ! S’exclama Karim en éclatant de rire.

Comme il s’y attendait, Laye avait su lui faire oublier ses problèmes en un rien de temps et il riait de bon cœur. Cet ami était vraiment formidable et savait mettre son entourage en joie, communiquer sa bonne humeur.
Pourquoi lui Karim n’avait-il pas droit à une joyeuse existence toute simple, où chaque jour serait une petite fête ?

- Dis donc, tu es un cordon-bleu ! Tu n’aurais pas fait par hasard un tour du côté du Lycée Hôtelier ? S’enquit Karim quand ils furent à table.
- La maîtrise m’est venue au compte-gouttes. Je me suis fait la main à force d’entêtement. J’ai cuisiné des choses sans nom ni goût dont seule la poubelle se régalait.

Les deux amis vinrent rapidement à bout de la pintade cuit à l’étouffée avec des légumes. D’ailleurs, Karim torcha son assiette.

- ça, c’était un diner ! S’écria-t-il en présentant son pouce à son ami. Mais ne t’attends pas à ce que je te renvoie l’ascenseur, je suis du genre à ne pas savoir faire cuire un œuf !
- C’est pour cela que les restos existent, je ne refuserai pas ton invitation !

Karim avait troqué son costume contre des vêtements prêtés par son ami. Il portait un bermuda et un t-shirt dans lesquels il était gêné aux entournures, vu sa carrure. Puis il se proposa d’aider à faire la vaisselle.

- Je t’en prie, laisse… tenta de lui en dissuader son ami.
- J’y tiens absolument, c’est ma façon de mériter mon plat !
- Comme tu veux, finit par céder Laye.

Ils firent donc la vaisselle tous les deux. Karim lavait et Laye essuyait. Ils riaient de tout et de rien.

- Pourquoi je me sens si bien avec toi alors que notre amitié est si récente ?
- Les prémices d’une amitié supportent déjà des affinités qui peuvent se renforcer.
- Tu te rappelles Siré, celui que j’ai rencontré une fois par hasard à Livrisse ? Eh bien, il fut mon meilleur ami pendant plus de vingt ans. Mais aujourd’hui, nous sommes quasiment comme des étrangers l’un pour l’autre. A présent, il y a comme un blocage entre nous…
-… Il arrive que les chemins de certaines relations très fortes et très anciennes se séparent ainsi, sans heurts, sans explication. On continue parfois de se fréquenter, par habitude, par automatisme, puis l’on constate un jour, douloureusement que l’on n’a plus rien en commun, plus rien à dire.
Une amitié indéfectible est une grâce particulière de Dieu, tout comme l’amour…

Les deux amis étaient à présent installés devant la télévision et bavardaient toujours. Karim se souvint qu’il n’avait pas informé sa sœur qu’il ne rentrerait pas cette nuit. Il lui passa donc un coup de fil pour la prévenir qu’il dormait chez un ami.

- Tu voudrais prendre une douche ? Demanda Laye.
- Je veux bien, il fait chaud. On la prendra ensemble ?
- Tu es fou ? Je ne suis pas exhibitionniste. Mais je connais quelqu’un qui sauterait de joie si tu lui en faisais la proposition ! S’écria Laye en éclatant de rire.

Ils rirent longuement tous deux car ils savaient à qui Laye faisait allusion. Karim faillit d’ailleurs lui avouer que justement il avait quitté M.Kwara aux environs de dix-neuf heures et que cette fois-ci, ce dernier lui avait clairement fait la proposition, mais il se dit à quoi bon.

- Tu es un vrai pote, Laye. Non seulement je me sens bien chez toi, mais en plus j’y suis en sécurité !


Du même contributeur, Nabou


Partagez votre commentaire...



Dans la même rubrique



Nous vous recommandons


groupRejoignez le Club,
Vous allez adorer.

Life
TV
Africa
News
Club



À propos| Contacts| Confidentialité| Seytoo.App|English

© 2020, Seytoo, tous droits réservés. Seytoo n'est pas responsable des contenus provenant de site web externes et/ou publiés par ses visiteurs.