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CHRONIQUE - La force de l'amour (28), par Nabou - SEYTOO.COM

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La force de l'amour (28)

Chronique

La force de l’amour, vingt et huitième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 25 mai 2020, Nabou

Il était sans voix, sachant comment manifester sa joie. Longuement son fils et sa femme qui les avait suivis.

- Merci, fiston, fit-il, éperdu de reconnaissance.

Karim le mit rapidement au courant de la façon dont le véhicule avait été intercepté. Il insista sur la perspicacité du cousin de Marième, un officier de la police. Il exagéra en affirmant que Marième et lui avaient tous deux effectué le déplacement jusqu’au lieu pour informer le policier de la disparition du véhicule et lui demander par la même occasion de faire preuve de vigilance.
Les époux Diouf se consultèrent du regard. Ils avaient discuté du mariage de Karim la nuit dernière et Yacine s’était montrée conciliante. C’était l’occasion de recevoir la jeune femme pour ma remercier, mais surtout pour faire sa connaissance.

- Yacine, tu organiseras une petite réception samedi prochain, pour fêter mon rétablissement ! On fera d’une pierre deux coups en invitant Marième.
- Chéri, tu étais donc guéri et tu gardais le lit. Tu voulais me faire mourir d’inquiétude ? Vilain bonhomme ! L’apostropha sa femme en le pinçant.

Karim qui s’amusait des enfantillages de ses parents leur souhaita bon après-midi dans un rire et se sauva. Il rejoignit Marième et lui fit le compte rendu de ce que ses parents avaient dit à son sujet :

- Mes parents veulent te recevoir à dîner samedi prochain. Fais-toi sobrement belle pour qu’ils subissent tous ton charme. Telle que je connais ma mère, elle te posera certainement des questions très directes. Réponds-y avec ton cœur et ton âme, sans faux-fuyants. Montre-leur que tu as l’esprit et du savoir.

Ensuite ils firent un crochet à Livriss pour partager leur joie avec Laye. Ivre de bonheur, Karim étreignit son ami au beau milieu de la librairie, sous les regards ahuris des vendeurs et des clients.

- Excusez-moi, je suis fou de joie. Je me marierai bientôt et j’en perds la tête. Vous êtes d’ailleurs tous invités ! Lança t-il à la cantonade.

Laye la raccompagna et en profita pour embrasser Marième.

- L’affaire est dans la poche, mon vieux. Apprête ton smoking, tu seras mon best man. Ce mariage est aussi le tien, tu as mené le combat à mes côtés.
- Je suis vraiment heureux pour vous deux ! Fit Laye.

Puis, attirant Karim à l’écart, il lui apprit que Teddy Kwara avait été viré de la société. Le remplaçant de Karim à qui Teddy avait fait ses habitudes propositions indécentes l’avait giflé devant le personnel et les clients. Ils s’étaient battus, créant un scandale monstre dont la presse s’était emparée. Tous les employés au courant des tendances de Teddy l’avaient accablé pour se venger.
Pour redorer le blason de la société dont l’image était gravement ternie par la saga Teddy Kwara, le PDG avait exigé sa démission.

…………….
La soirée organisée pour fêter le rétablissement de Monsieur Diouf et présenter officiellement Marième promettait d’être agréable. Elle ne réunissait que les proches et les amis chers. Ndèye khady et son époux, Siré et sa mère, Laye et Nafi, l’oncle Samba et son épouse, deux collègues de Monsieur Diouf père avec leurs épouses.
Soda était rentrée en tempêtant.

- Je sors de chez le salon de coiffeuse et je suis en cheveux. C’est impensable ! Dites-moi un peu si c’est une coiffure ça. J’avais pourtant prévenu cette idiote que sa coupe fantaisie ne m’irait pas ! Se lamenta-t-elle, le regard noir de courroux.
Karim eut peur. Si sa sœur était de méchante humeur, la soirée promettait d’être pénible. Il s’approcha d’elle, sourire aux lèvres et trouva des paroles lénifiantes.

- Tu es très belle ainsi, frangine, et puis nous sommes entre nous, tout le monde te connaît.
- Et puis quoi encore ? Et si j’avais mon galant parmi les invités ? Tiens, tu n’y avais pas pensé ! Lança-t-elle, mi-figue mi-raisin, clouant le bec à son frère.
- Je peux vous aider ? Proposa Marième.
- Je veux bien, concéda Soda ; dans tous les cas, ça ne peut pas être pire.

Marième l’accompagna dans sa chambre. Soda s’assit à sa coiffeuse, raide et boudeuse.
A l’institut de beauté où elle travaillait, toutes les filles étaient polyvalentes. Marième fit une impeccable coiffure à Soda en un rien de temps. Quand cette dernière aperçut son image dans la glace, elle sauta de joie, la mine réjouie.

- Cela vous plaît-il ?
- Mais tu as des doigts de fée, ma parole !
- Je suis heureuse que vous soyez satisfaite.
- Je t’en prie, tu seras ma belle-sœur dans quelque temps, tu peux me tutoyer
(diomi wo lène si bi changement bou guaw lol)
-Merci, répondit Marième avec un sourire au coin.
Mais Soda, avec son franc aplomb avait posé sur elle son regard fixe, et intense, sans la moindre battement de cils, lui sondant les reins et le cœur.
Marième la regarda également, sans insolence ni animosité ; elle se laissait simplement scruter l’esprit.
- Je n’arrive pas à croire que tu aies oublié si facilement toutes ces méchancetés que je t’ai dites, fit Soda.
- Et pourtant, si. Nous avions toutes deux souffert, chacune défendant une cause chère.
- Tu as passé l’éponge complètement ? Tu es sûre de n’avoir rien gardé dans un repli de ton cœur, un petit tiroir secret ? Insista Soda.

Elle savait lire dans les regards et capter les sentiments. Elle était troublée de sentir que Marième n’était que douceur et franchise. Seule lui parvenait une grande amabilité émanant de son être.

- Je te jure que j’ai tout laissé tomber. Tu voulais m’infliger une blessure à la mesure de ta peine et rien que la légitimité de cet acte incline au pardon, dit Marième, le regard clair, un tendre sourire effleurant ses lèvres.

Soda l’embrassa, émue. Elle se demandait comment elle avait pu condamner la jeune femme sans l’avoir jugée, sans même avoir cherché à la connaître.
Quand les deux femmes regagnèrent le salon, bras dessus bras dessous, Karim qui guettait leur retour dans les affres de l’angoisse, éprouva un immense soulagement. Il sentit à leur expression qu’elles avaient eu une explication, que quelque chose était né entre elles. Et cela ressemblait à de l’amitié.

Il monta sur la dalle pour savourer sa victoire. Il respira à pleins poumons, leva les bras au ciel et remercia le Ciel. Avec Soda pour alliée, plus de problème, c’est comme s’il était déjà marié.
L’heure était avancée et la petite fête battait encore son plein. On causait, on riait, on remplissait régulièrement les verres.
Monsieur Diouf raconta cent fois le braquage. Ayant récupéré sa voiture, il faisait de l’esprit à ce sujet et brodait certains passages de l’agression dont il avait été l’objet. Il avait, disait-il, résisté et s’était défendu bec et ongles avant de succomber sous le nombre des assaillants. Il invita également son fils à raconter comment il avait récupéré le véhicule, intercepté par le cousin de Marième, un brave policier.

- Vous auriez dû l’inviter à ce dîner, on lui doit la joie de ce soir, fit-il à l’intention de Marième.

A un moment, Soda demanda le silence et dit que sa mère avait une déclaration à faire. Elle lui avait donné l’idée d’annoncer le mariage de son frère : « Pourquoi doit-on attendre ? De toute façon, ça se fera ! Et puis ce sera l’occasion de terminer la soirée en beauté. », Avait-elle suggéré.
Yacine Diouf présenta donc sa future bru et annonça le mariage pour très prochainement. Les deux amoureux furent vivement félicités.
La mère de Karim fut d’ailleurs très surprise de constater que hormis les deux collègues de son mati et leurs épouses, tout le monde connaissait Marième et semblait l’apprécier. L’oncle Samba l’avait appelée belle-fille depuis le début de la soirée et se proposait d’être son témoin pour le mariage.

Visiblement, elle était bien seule que l’on attendait pour célébrer cette union. Elle posa son regard saphir sur Marième et l’observa longuement. Elle constata que la jeune femme n’était pas aussi âgée qu’elle l’avait cru. Mais qu’elle était très calme et très posée et ce que c’était cela qui lui donnait l’air d’être plus vieille qu’elle ne l’était en réalité. En plus, elle lui découvrit d’autres qualités qui comptaient à ses yeux. Marième avait de l’entregent, un langage raffiné. Elle était sobre et réservée. Et puis elle était vraiment belle. Sa peau était à peine plus foncée que celle de Karim. Ils auront certainement des quarterons qui donneront l’illusion d’être des métis. Enfin, quand les autres s’en iront, elle en saurait un peu plus sur sa future bru.

Quand le portable de Karim sonna et que le prénom de Fama s’afficha sur l’cran, il sentit une mauvaise joie sourdre de son cœur. Il n’était pas vindicatif de nature, mais cette fille lui en avait fait voir de toutes les couleurs et elle ne devait pas l’emporter au paradis.


Du même contributeur, Nabou


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