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CHRONIQUE - La force de l´amour (30, fin), par Nabou - SEYTOO.COM
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La force de l´amour (30, fin)

Chronique

La force de l’amour, trentième et dernière partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 27 mai 2020, Nabou

C’était un interrogatoire et comme à l’accoutumée. Yacine Diouf parla sans déguisement. Mais son ton n’était pas hostile. Elle était simplement désireuse de connaître un peu mieux cette future femme de son fils. Au fond d’elle, elle était réceptive et approuvait enfin l’union de son fils. Et puis, son garçon lui était revenu. Il avait fait un mea-culpa très touchant. De surcroît, Siré, Ndèye Khady et même Soda avaient pratiquement fait l’apologie de la jeune femme.

- Comment allez-vous, euh … Fit Yacine qui n’avait pas encore retenu le prénom.
- Marième ! S’exclamèrent de concert les deux sœurs qui rirent de cette belle simultanéité.
- Je vais bien. Merci de m’avoir conviée à cette agréable soirée, fit Marième.
- Pourquoi avez-vous fait un enfant sans être mariée ? Attaqua Madame Diouf.

Marième ne fut pas choquée de la question. Elle s’y attendait car sa fille était en quelque sorte la pomme de discorde de son union avec Karim.

- Cette enfant était la condition de mon mariage. Assane Ndiaye, son père, en partant pour la France a exigé un lien plus fort, plus étroit qui le soutiendrait là-bas, puis le ferait revenir pour notre union officielle. Mais je ne mis pas longtemps pour comprendre qu’il s’en était allé pour toujours, comme un caillou part d’un lance-pierres et ne revient plus, sa cible atteindre ou non. Il m’a appelée un matin et m’a dit en bon français de ne plus l’attendre, de me marier. « Mon cœur est pris, je n’y peux rien, c’était une fatalité, à l’impossible, nul n’est tenu », m’a-t-il dit.
- Qu’avez-vous fait ? S’enquit Madame Diouf, sidérée par ce qu’elle entendait.
- J’ai accouché en donnant ma bénédiction à Assane Ndiaye. Son cœur avait parlé, la raison n’avait pas à discuter.
- Il s’agit d’un poignant déchirement et vous le relatez d’un air blasé. Peut-on parler d’un tel drame avec un air aussi flegmatique ? Les choses se sont-elles réellement passées ainsi ? Interrompit Yacine Diouf qui assurément n’aurait pas été aussi clémente.
- C’est effectivement un souvenir plus que douloureux, mais je l’évoque avec le détachement et la sérénité propres au recul. J’en ai souffert, au-delà de toute expression. J’étais neuve en amour, innocente, pure, confiante, aimante et Assane Ndiaye m’a meurtrie à jamais. Enfin, je le croyais, mais voir grandir ce bébé, qui pour moi demeure l’enfant de l’amour, m’a consolé. Si c’était à refaire, je ne poserais évidemment pas les mêmes actes, mais jamais je ne renierai ma fille, ce serait rejeter la vie, l’espoir.
- Oublier une telle affliction, pardonner une telle vilenie est humainement impossible. En serez-vous capable ?
- Je lui ai pardonné. Ma vie est faite d’acceptation et de renoncement. Ne dit-on pas que tout ce que Dieu fait est bon ? Il y a quelque temps Assane Ndiaye est venu chercher Fatou. Malgré tout, il est son père. Il n’a jamais renié la petite. Il m’expédiait constamment de l’argent et prenait en charge toutes les dépenses qu’occasionnait son éducation. Il voulait que sa fille ne manque de rien et cela m’a suffi comme repentir. Comment Dieu peut-il pardonner à ses enfants s’ils ne se pardonnent pas mutuellement ?
- Et vous n’avez pas cherché à refaire votre vie ? Depuis six ans, vous n’avez rencontré personne ?
- J’ai assidûment fréquenté un seul être, celui qui a su me consoler, essuyer mes pleurs. Oui, Mohamed (PSL) m’a ouvert les bras quand je lui ai ouvert mon cœur. Il m’a promis le bonheur céleste éternel à défaut des joies terrestres passagères. Il fut mon unique pensée, jusqu’à ce que dernièrement, une rencontre particulière qu’il a certainement organisée lui-même vienne ensoleiller ma vie, infléchir le cours de mon destin, termina Marième en posant un doux regard sur Karim.

La jeune femme avait parlé d’un ton égal, avec déférence. A certains moments, un sourire ténu flottait sur ses lèvres, à d’autres, elle semblait lointaine, transfigurée, transportée auprès du père céleste.

Tous les yeux étaient rivés sur elle, les oreilles buvant ses paroles qui avaient su trouver le chemin du cœur de chacun. C’était Dieu qui envoyait cette âme pure et simple pour tenir définitivement le jeune homme sur la bonne voie, le guider dans la vie.

Enfin le mariage était décidé et les choses allèrent rapidement. La date était fixée, les bans publiés. La liste de mariage était déposée au lieu dont tiendrait la réception.
Karim appela Monsieur Wilson et lui donna son accord comme futur collaborateur.

- Mais pour l’instant, je voudrai que vous soyez présent ; je me marie dans une semaine.
- C’est avec un immense plaisir que je l’assisterai. Et n’hésitez surtout pas à me faire partager les frais.
- Compte sur moi, ma mère a vu grand. Les dépenses ne manquent pas.

Et il y avait du beau monde. L’oncle Samba avait réussi à faire venir dix de ses pairs, le maire de la commune, avec un ministre.

Monsieur Diouf père invita ses collègues, cadres de la BHS et même le président de l’illustre institution financière.

Yacine Diouf avait invité ses anciens collègues du temps où elle enseignait à l’université et les meilleurs clients de sa boutique. Elle fit également venir de Londres, son cousin, ultime dépositaire de l’illustre nom, de ses aïeux.

Karim invita le ban et l’arrière-ban de ses amis, du temps où il était un infatigable noceur. Il voulait leur faire partager son bonheur, avec le secret espoir qu’il lui emboîterait le pas. Tous avaient répondu à son invitation. Le pétulant Tapha était passé chercher chacun.

Le mariage avait un budget colossal. Rien que louer la salle de réception au King Fad Palace ex Méridien Président, une suite pour chambre nuptiale et le service traiteur pour le cocktail, avait coûté les yeux de la tête.
Karim qui accompagnait sa mère en écarquilla les yeux de stupéfaction quand on leur présenta le devis.

- T’inquiète, chéri ! Ce n’est pas tous les jours que mon unique fils se marie ! Rassura Yacine Diouf en sortant son chéquier.


Du même contributeur, Nabou


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