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CHRONIQUE - La force de l'amour (5), par Nabou - SEYTOO.COM
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La force de l'amour (5)

Chronique

La force de l’amour, cinquième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 25 avril 2020, Nabou

Ce soir-là, quand le téléphone portable de Karim sonna et qu’il ne reconnut pas le numéro affiché, il pensa immédiatement à Marième. Il comprit qu’elle avait reçu le paquet et le mot qui l’accompagnait avec son numéro de téléphone.

- Allô !
- Bonsoir, monsieur ; c’est bien le numéro de Karim ?
- Salut, Marième ! Comment vas-tu ? ça me fait plaisir de t’entendre !

La joie l’avait poussé à la tutoyer spontanément, sans s’en rendre compte.

- Je vais bien, et j’ai reçu ton paquet ! Merci. Mais tu n’aurais pas dû te donner cette peine, la patronne a dit que c’était des choses qui arrivaient. D’ailleurs, tu n’étais pou rien dans l’accident.
- Je t’en prie, ce n’est rien

Karim se tut quelques instants puis lui demanda à brûle pourpoint :

- Que fais-tu ce week-end ?
- Je n’ai rien prévu ; pourquoi ?
- J’aimerai te revoir. Je peux t’appeler sur ce numéro ? C’est le tien
- Oui, c’est celui de mon domicile…
- Je pourrais avoir également celui de ton portable ?
- On me l’a volé il ya trois semaines. Je dois te quitter. Bonne soirée et encore merci.
- Je t’en prie. Marième. Ton appel m’a fait énormément plaisir. Dors bien et à bientôt, termina Karim.

Il posa le téléphone, le cœur en joie. Il se sentait heureux et gai comme un collégien qui vient d’obtenir un premier rendez-vous galant. Il se mit en tenue de sport et se dirigea vers la salle de gym. Il faisait de la musculation matin et soir pour entretenir sa morphologie de statue grecque.

Quelque temps après, Soda partit retrouver son frère pendant qu’il était en plein exercice.

- Papa est arrivé et il te fait dire que tu as mal garé ta voiture.
- O.K, j’y vais ; j’ignorais qu’il rentrait si tôt.

M. Diouf s’apprêtait à descendre quand il vit son fils arriver. Karim déplaça sa Golf. Il attendit que son père rangeât sa voiture et lui ouvrit la portière en le saluant.

- Merci, fiston ! Dis donc, quelle galante attention pour ton vieux père !
- Tu veux dire vieux frère ! C’est sur toi que les jeunes femmes se retournent quand toi et moi faisons le jogging le dimanche matin. D’ailleurs, on nous confondrait si je n’étais si jeune.
- Toi, mon fils, tu es un baratineur ; je comprends d’où te vient ton succès auprès des femmes ! Alors, et ce nouveau travail aux Papetiers et Libraires, il te plaît ? J’espère que cette fois-ci, tu y resteras longtemps. Te rends-tu compte qu’en trois ans, tu as changé cinq fois d’emploi ? LOL. A ce rythme-là, tu risques de ne jamais te revoir décerner la médaille tu travail !
- La décoration, c’est les honneurs, mais le salaire, c’est du concret, papa ! Plus je suis débauché et plus je deviens consistant. Mais cette fois-ci, je crois que c’est la bonne. J’aime ce que je fais, je rencontre des gens intéressant. Le seul problème, c’est mon directeur ; il me dévore des yeux et me fais sans cesse des compliments. Je trouve son attitude gênante et suspecte.
- Après avoir fais le tour des femmes, tu vas peut-être essayer les hommes ! remarqua monsieur Diouf en partant d’un fou rire, avec sa manie de tout tomber en dérision. Puis il ajouta : mais j’y pense, on ne te voit plus avec une queue de filles dans ton sillage depuis quelque temps ? Aurais-tu subitement mis de l’eau dans ton vin ?
- C’est peut-être cela, papa. En fait je ne sais pas trop ce qui m’arrive, je ne rencontre plus personne ; même l’idée de la drague m’est insupportable. Comme le dit le proverbe, mieux vaut tard que jamais ! A présent, je ferais un mari très correct ! Comme toi !
- Merci de me reconnaître ce mérite.
- Bien sur que tout le monde sait que tu es très réglo ; rien à voir avec l’oncle Samba !

Le père et le fils rirent de bon cœur. Toute la famille connaissait l’histoire de monsieur Samba, frère aîné de monsieur Diouf qui négligeait sa femme. Sa jeune et dynamique maîtresse avait ravi son cœur et son bon sens. Son épouse venait souvent raconter les misères de son foyer à son beau-frère pour qu’il résonne son aîné, mais rien n’y faisait. Il y avait quelques semaines qu’elle était allée faire part à Boucar de la nouvelle trouvaille de son frère qui, quand il ne découchait pas, se couchait plus habillé que pour se rendre au travail, pour décourager toute approche de sa part.

Quand bras dessus bras dessous, Karim et son père pénétrèrent dans la vaste cuisine par la porte donnant sur le garage, Soda, jalouse de la complicité entre les deux hommes, lança une pique à son frère qui n’y répondit pas.

Livrise, une librairie papeterie affiliée aux Papetiers et Libraires venait d’ouvrir ses portes aux Deux-Plateaux. Le propriétaire était un ami du PDG des Papetiers et Libraires et ce dernier avait mobilisé toute la structure pour mettre le pied de son ami à l’étrier. Karim était donc expressément charger de veiller à ce que cette jeune librairie ne manque de rien. Il avait d’ailleurs sympathisé avec Laye, le gérant de Livrise. Laye n’hésitait donc à appeler en cas de besoin.

Ce matin-là justement, il lui passa un coup de fil lui demanda un service urgent.

- Karim, j’a des clients sur le dos depuis l’ouverture. Ils ont appris par les médias que le nouveau livre d’anglais de la classe de sixième et le livre de français du cours moyen première année étaient enfin disponible. Tu m’as promis que je serai livré dès réception ; j’espère que ce n’est une promesse en l’air !
- Non, tes cartons sont prêts depuis hier soir, mais le responsable du chargement ne les a pas vus, et les véhicules de livraison sont partis sans …
- je t’en prie, fais quelque chose, un miracle, n’importe quoi, je suis à cours d’arguments. Certains de mes clients sont fâchés ! Une dame m’a lacé à la figure que l’on n’ouvre pas de librairies quand on n’est fichu de trouver des livres.
- O.K ? Je fais le miracle et livre moi-même. Mais les amortisseurs de mon véhicule vont en prendre un coup.

Karim livra les cartons avec promptitude. Les clients de Laye furent servis immédiatement. La dame mécontente lui dit que ce n’était pas trop tôt.

Comme l’heure de la pause s’approchait Laye l’invite à manger un morceau.

- Je suis partant.

Karim suivit Laye volontiers. Ils s’installèrent à la terrasse d’un restaurant libanais à une centaine de mètres de la librairie. Ils se retrouvaient ainsi avec plaisir parce qu’ils étaient désormais liés par une affection mutuelle. Karim, en quête de confident, dévoilait son cœur à Laye, âme pure et droite qui lui était souvent de bon conseil.

- As-tu déjà été amoureux avant de rencontrer Nafi ? S’enquit Karim après qu’ils eurent passé leurs commandes.
- Elle et moi sortons ensemble depuis sept ans. Avant elle, j’ai connu deux autres filles. C’était en quelque sorte une forme d’apprentissage, pour découvrir l’autre sexe. Naturellement, on ne peut pas véritablement parler d’amour dans ses conditions là. Mais avec Nafi, c’est différent, totalement différent.
- C’est un peu ce qui m’arrive. Sauf que moi, c’est beaucoup plus de deux que j’ai eues. J’avais un cœur d’artichaut, comme on dit. Mais je n’avais jamais encore éprouvé les sensations qui aujourd’hui m’habitent quand je suis avec Marième, ou simplement quand j’entends sa voix au téléphone. C’est quelque chose que je ne saurais définir, à la fois simple, pur et profond qui m’envahit et prend entièrement possession de mon être. Tu crois cela m’arrive un peu tard ? Comme ça s’est passé pour Nafi et toi ?
- Il n’est jamais tard pour aimer, bien au contraire ; quand on mûrit, l’amour peut être plus raisonnable, tenir compte des réalités et se montrer plus solide. Je connais des gens qui ont connu leur premier véritable amour à plus de quarante ans. Pour en revenir à Nafi et moi, quand nous nous sommes rencontrés, j’étais en classe de terminale. Aminata, la copine de mon meilleur ami de l’époque et moi bossions chez elle ou chez moi selon notre planning établi. Un soir, chez elle, j’ai rencontré Nafi, la sœur de sa belle-mère. Le courant est immédiatement passé entre nous. J’étais complètement sous son charme. Ce qui m’as le plus fasciné, c’était son humour ; elle en avait à revendre. Quand Aminata nous a présentés l’un à l’autre, Nafi lui a fait un clin d’œil et elle m’a dit s’appeler Kiné. Je t’assure que je l’ai crue en trouvant la coïncidence extraordinaire. Mais quand je l’apercevais dans la rue et que je l’appelais Kiné, elle ne se retournait pas. J’ai fini par comprendre qu’elle s’était astucieusement moquée de moi …..
- Et vous êtes sortis ensemble ? Parce que Marième et moi, nous n’y pensons pas. Nous n’avons d’ailleurs jamais évoqué le sujet …. Lui prendre simplement la main suffit à m’apaiser et contenter mes sens ….
- C’est comme Nafi et moi. Nous passions des heures à discuter en marchant main dans la main, assis chez moi, chez elle ou dans le jardin. Avec elle, parler m’était comme une friandise. Nous allions quelquefois au cinéma ou nous mangions du « dibi »qu’elle adorait. Puis j’ai lamentablement à mon examen pendant qu’Aminata réussissait le sien avec la mention bien. J’étais inconsolable, je ne me trouvais nul, pitoyable. Je restais en permanence enfermé dans ma chambre, prostré. Tu te rends compte, je reprenais ma terminale, moi qui n’avais jamais doublé de classe … C’était comme si ma vie n’avait plus de sens… Un après-midi, Nafi est arrivée pour me remonter le moral. « Reprends-toi, un échec au bac, fit-elle le second, n’est pas un échec social ! », m’a-t-elle exhorté. Elle a pris ma tête entre ses mains et l’a posé sa poitrine en me caressant les cheveux. Cet oreiller douillet et son parfum capiteux que je respirais ont enflammé mes sens et j’eus subitement envie d’elle. Quand j’ai levé les yeux vers les siens, elle a vue mon désir dans mon regard. Elle s’est levé, a bouclé la porte et passé sa robe par-dessus sa tête.
- Et ensuite ? demanda Karim, le regard allumé.
- Ensuite, je vais te faire le dessin, ainsi tu ne perdras aucun détail ! répondit Laye.

Ils rirent de bon cœur. Ils se trouvaient tellement d’affinités qu’ils ne savaient plus à que moment précis était née cette grande amitié.


Du même contributeur, Nabou


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