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CHRONIQUE - La force de l'amour (6), par Nabou - SEYTOO.COM
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La force de l'amour (6)

Chronique

La force de l’amour, sixième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 26 avril 2020, Nabou

Karim et Marième se fréquentèrent et s’appelaient régulièrement. Cette douce relation avait complètement changé Karim et il avait retrouvé sa joie de vivre et sa gaieté. Ce qu’il vivait avec la jeune femme était absolument formidable pour lui. Il ne posait pas trop de questions pour connaître la nature véritable de leur relation, il n’arrivait certes pas à mettre à un nom sur leur rapports, mais il se sentait vraiment bien à sa compagnie, et ça, il le savait. C’était le plus important.

Au téléphone, ils discutaient pendant de longs moments et quand Karim raccrochait, il était aux anges, transporté de joie. Naturellement, son enthousiasme n’échappait pas à Soda qui lui en voulait de ce bonheur égoïste dont il se repaissait seul.

- « ko done wakhal téléphone bobou ba légui » Avec qui restes-tu au téléphone depuis quelques temps ? Lui demanda sa sœur.
- Avec une fleur de mon jardin secret, répondit Karim. (daffa soob way)
- Que t’arrive-t-il, toi qui trouvais le téléphone ennuyeux et tes correspondantes assommantes ? J’ai du mal à croire que tu sois devenu subitement d’une incroyable disponibilité ! TCHIPPP
- Seuls les imbéciles ne changent pas ! rétorqua Karim d’un air agacé, qui énerva sa sœur.
- Et c’est la fleur de ton jardin secret qui t’inspire d’aussi belles réflexions ? « wakh gua deugue » Félicitations ! lança Soda piquée au vif. Puis en tournant le dos, elle l’informa ; Sira est là !
-L’accès de ma chambre ne lui est pas interdit ! reprit Karim sans se lever.

Soda le quitta après avoir adressé un dernier regard plein de colère et de reproche. Quelques minutes après, Sira pénétra dans la chambre de Karim.

- Salut ! fit-il d’un ton neutre, tu ne donnes plus de signe de vie, tu repousse toute invitation, qu’est-ce que tu veux ?
- Ecoute, c’est le boulot. Il me prend beaucoup. Je viens de commencer et j’ai des défis à relever.
- Même les week-ends ? Ne serait-ce « gua woté » pour un coup de fil ?

Karim détourna le regard, sans répondre. Ils avaient tous deux, une ressemblance, d’aucuns les prenaient pour frères. Depuis l’école primaire à Mermoz, ils étaient comme les doigts de la main. La mère de Karim aimait beaucoup Sira qui le lui rendait bien et se faisait cajoler par elle en lui apportant des roses.

- Tapha a trouvé une maison qu’il est en train d’aménager, fit Sira pour dire quelque chose.
- C’est bien il était à la recherche d’un logement depuis quelque temps, constata Karim d’une voix détachée.
- Enfin, il quitte le giron maternel. Sa mère était tellement rabat-joie, tu te rappelles ses litanies, « Tapha ne rentre pas trop tard, Tapha, tu sors encore ? Tapha, reste un peu à la maison, et patati et patata ! ». Sans compter qu’elle nous traitait carrément de mauvais garçons.
- Nous l’étions ! Quand une mère a de ces attentions-là, son fils est à l’abri de certains excès et dérapages, répondit Karim, d’un ton équivoque.

Sira était sidéré et n’en crut pas à ses oreilles. Le changement de Karim était donc plus grave qu’il ne le croyait. Ce Karim-là n’était pas celui qu’il connaissait depuis plus de vingt ans. Cette tentative de rapprochement qu’il faisait était la dernière. Il se serait d’ailleurs abstenu s’il avait su qu’elle lui coûterait tant. Il resta longuement silencieux puis il se souvint qu’il était chargé d’une commission.

- Fama t’attend dans la voiture, dit-il d’un air lointain.
- Elle aurait pu descendre avec toi, remarqua sourdement Karim
- Elle voulait te parler seul à seul ; mais si ça te dérange, fais comme tu l’entends ! dit Sira en sortant de la chambre.

(KARIM NAK DAFFA EUPEUL COMMENT PEUT-IL PARLER DE LA SORTE AVEC SON AMI D’ENFANCE NARNA METI DAL ISHHH).

Fama, la dernière conquête en date de Karim était la cousine de Sira. Leur relation avait eu une base étrange. Cette belle fille avec son port de reine, plaisait à Karim qui ne pouvait pas la draguer. Sira et lui n’avaient réciproquement pas la permission de toucher à leurs proches parents. Et Fama, de son côté, faisait du charme à Karim. Ceci n’échappa à la perspicacité de son cousin ; mais étrangement, ce dernier leva l’interdiction et favorisa leur rencontre. En fait, Sira était curieux de pénétrer l’intimité de cette cousine qui arborait un air solennel et traitait tout le monde de cochon.

C’est la raison pour laquelle il amena Karim à lui conter leur coucherie et dès lors, il baptisa Fama sainte Nitouche à qui on donnerait le bon Dieu sans confession.

Dehors, Karim constata que c’était le BMW de Fama qui était stationnée devant la maison. C’était donc elle qui était passé chercher Sira.

- Salut, dit-il en s’asseyant à côté d’elle ; tu aurais pu entrer, « dougnou deum » on n’a pas encore mangé personne à la maison !

Le jeune homme s’exprimait d’un ton dur. Il espérait que cette fille ne le relancerait pas après les affronts qu’elle lui avait faits.

- Je n’avais pas envie de descendre, j’ai une profonde lassitude qui m’empêche de bouger beaucoup « dama tayèl ». Je porte une grossesse et une femme enceinte est presque aussi fragile qu’un œuf ! dit tranquillement Fama.

Le sang de Karim ne fit qu’un tour. Quelle était cette histoire de grossesse, et pourquoi venait-elle le lui apprendre à lui ? Malgré sa surprise, il resta impassible. Il fallait d’abord voir où elle voulait en venir.

- Toutes mes félicitations ! dit-il posément ; l’auteur doit être l’homme le plus heureux du monde, je suppose.
- « dina ci hame dara légui » ; cette nouvelle te réjouit-elle, mon cher ?
- « ba takhna mane la ?» Parce que c’est moi l’auteur de ta grossesse ? Tu dis n’importe quoi ! Si tu espères me coller une fausse paternité sur le dos, tu te fourres le doigt dans l’œil ! Lança méchamment Karim.

Fama ne répondit pas immédiatement et fixa sur lui un regard méprisant assorti d’une moue injurieuse.

- « dou wakh guama hame gua koye guénal » Tu sortais bien avec un autre entre-temps, reprit Karim ; tu me l’as dit toi-même ! Tu affirmais d’un air goguenard que lui savait te donner du plaisir, alors moi j’avais tout sans savoir usé de rien !
-« légui nak ? » Si une femme reconnaît parmi ses amants lequel lui procurent satisfaction et contentement, elle peut tout aussi aisément identifier celui qui la féconde ! Tu as assumé ta seconde fonction, tu peux en être fier, elle n’est pas moins noble ; à chacun sa compétence ! Assena Fama, clouant le bec à Karim.

Après une pause pendant laquelle elle jugea positif l’effet de ses paroles sur sa physionomie, elle poursuivit :

- Je vais incessamment entamer mes visites médicales ; il serait préférable que tu m’accompagnes dans mes différents déplacements. J’ai de fréquents et subit des vertiges et une chute pourrait être dangereuses, voire fatale à notre bébé ! Tu dois te montrer plus attentionné, je vais quand même te donner un enfant bientôt !

Quand Karim descendit du véhicule, il était à la fois furieux et décontenancé. La révélation de Fama et les méchancetés qu’elle lui avait dites le bouleversaient et chamboulaient ses projets.

Il s’enferma dans sa chambre sans dire au revoir à Sira. Ce dernier n’était-il pas en quelque sorte la cause de son malheur ? Fama, mère de son enfant ? Qu’allait-il faire avec cette incontrôlable écervelée ?

A cette pensée, une autre silhouette plus douce, mieux aimante se profila dans l’esprit de Karim : Marième ! Jamais elle ne lui parlerait avec tant de malveillance d’un ton suave.

Il s’étendit sur son lit et rêvassa à la jeune femme en se posant toutes sortes de questions. Son cœur palpita, comme toutes les fois qu’il l’évoquait dans ses pensées. Etait-elle encore chez elle ? Qui était le père de sa fille ? Ils n’étaient pas mariés parce qu’elle ne portait pas d’alliance.

Karim prit le téléphone et ses doigts composèrent spontanément le numéro de la jeune femme. Ce fut elle-même qui décrocha.

-Allô ! fit-elle
- Marième il faut « ma guisse la » ! dit-il en reconnaissant la voix de la correspondante.
- Karim ? « dou légui lagnou guissé mane ak yaw »
- Sil te plaît.
- « mba diam lou khèwe » Tu m’as l’air tout retourné, j’ai du mal à reconnaître ta voix. Ce n’est pas grave, j’espère ? Interrogea la jeune femme, gagnée par une certaine inquiétude.

Vingt minutes plus tard, Karim sonnait à sa porte. Marième habitait un coquet appartement à Sacré cœur 3.

- Je te sers à boire ? J’ai du bissap frais ; Thioro en est une spécialiste, proposa-t-elle après l’avoir fait entrer.

Mais le visiteur n’eut pas le temps de répondre.

- Bonsoir, tonton Karim ! s’exclama Fatou en sautant dans ses bras.

La fillette l’avait spontanément adopté et lui faisait fête chaque fois qu’ils se rencontraient. Karim lui rendait bien cette affection et lui fit deux gros bisous en la prenant sur ses genoux.

Cette petite aurait dû être la sienne et Marième, son épouse. Pourquoi le destin s’était-il trompé ?

Dans ce cocon douillet, Karim se sentit si bien rasséréné qu’il en oublia l’objet de sa visite. Il fut surpris de constater qu’il y avait encore des êtres capables de susciter un bien-être si profond, rien que par leur présence.

- Alors ! fit Marième qui avait encore dans l’oreille sa voix pressé.
- « dama beuguone guisse Fatou téyéko samay lokho ». Vous me manquez tant tous les deux.
- « faananal fi, tonton Karim ! Notre lit est tellement grand qu’on pourrait y dormir à trois ! Proposa Fatou.

Sa mère l’enveloppa d’un regard de doux reproche. Elle la trouva un peu sans-gêne d’inviter sans la consulter.

- Allez ! Dis bonsoir à tonton et file à ta leçon de calcul ; je viens te faire réviser tout à l’heure.

La petite embrassa son tonton adoré et se sauva sans faire de difficultés. Karim se retrouva seul avec Marième, gauche comme un collégien, ne sachant comment entamer la discussion.

Marième également semblait un peu embarrassée. Elle prit machinalement la télécommande et mit le téléviseur en marche. Karim suivit ses gestes puis parcourut le salon du regard.

- C’est sympa chez toi ; on y sent la main de l’esthéticienne comme elle d’une décoratrice, trouva-t-il enfin.
- Merci. Toutes deux ont la beauté pour l’objet.
- J’ai envie de faire un tour avec toi, Marième
- J’ai beaucoup à faire, Karim, et il se fait tard, objecta-t-elle.
- Ne serait-ce que pour faire les cent pas dans le quartier, humer les senteurs nocturnes ? Aurais-tu peur, Marième, que quelqu’un en particulier nous voit ensemble ? Tu n’es pas mariée.
- Je ne t’ai jamais affirmé le contraire, dit Marième en se levant.

Elle se dirigea vers sa chambre et Karim l’entendit chuchoter avec Fatou. Puis elle revint au salon en passant une écharpe à son cou. Elle fit signe à Karim qu’elle était prête.

- Thioro ! Héla-t-elle en marchant vers la porte ; ferme après nous, je reviens tout à l’heure.

Ils sortirent et marchèrent côte à côte, lentement. La nuit était fraîche et paisible. Karim prit sans mot dire la main de Marième et l’enveloppa de sa grande paume brûlante. Auprès de cette belle fille sobre et réservée, il était u amoureux transi. Ce fut elle qui rompit le doux silence qui s’installa souvent entre eux, comme si chacun écoutait la romance que murmurait son cœur.

- Je n’ai pas encore revue ton fils depuis la sortie ; est-il toujours aussi pétulant ?

Marième croyait que Karim était le père d’Aly, et il ne dissipa pas ce malentendu qui au fond, l’amusait.

- Aly n’est pas aussi turbulent ; c’est même un gosse plutôt calme que la foule et les jeux avaient un peu excitait au parc d’attraction.
- ça leur arrive à tous. D’ailleurs, si Fatou n’avait pas été dans le même état, elle aurait pu éviter la chute…Et sa mère ? S’enquit Marième après avoir marqué un arrêt d’hésitation.
- Avec elle, c’est comme un peu avec le père de Fatou, répondit Karim d’un ton un peu moqueur.
- Parce que tu connais comment c’est avec lui ? Peut-être est-ce ton copain et qu’il ta fait quelques confidences ? répliqua ironiquement Marième. Non, reprit-elle, ça ne peut pas être comme avec lui, tu n’as aucune idée de ce que c’est.

Karim comprit dans le ton triste de la jeune femme que c’était un point sensible qu’elle n’aborderait pas facilement. Mais il voulait savoir, en avoir le cœur net.

- On pourrait peut-être faire un tour au cinéma un de ces soirs ? Enfin, s’il n’est pas trop jaloux !

Marième percevant à jour ses intentions, banalisa le sujet et préféra en rire.

- En réalité, il est du genre tolérant ; c’est plutôt ta femme, celle pour qui tu achetais le lait de beauté qu’il faut craindre.
- Regarde, fit Karim en agissant ses doigts devants ses yeux, pour montrer qu’il n’était pas marié.
- C’est justement celles qui courent après l’alliance qui sont les plus hargneuses ! Je suis sûre de me faire griffer un de ces quatre matins, dit Marième dans un rire en se protégeant le visage des mains, comme si la menace qu’elle évoquait était prête à se reproduire.

Quand ils se séparèrent cette nui-là, Karim fut heureux d’avoir rencontré cette fille. Il éprouvait un bien-être de plus en plus profond à ses côté. Elle serait la compagne idéale, douce, fine, pleine d’amour, cultivée. Il ne pouvait pas rêver mieux.


Du même contributeur, Nabou


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