person_outline Me connecter close
Fermer
search
Recher.
menu
Menu

Vous
EN
English

groupRejoignez le Club.
Vous allez adorer Seytoo !


Accueil
share
@

Partager
arrow_back
Retour
CHRONIQUE - La force de l´amour (8), par Nabou - SEYTOO.COM
keyboard_arrow_rightSuivant
keyboard_arrow_leftPrécédent
save

Enregis.
share
@


Partager

La force de l´amour (8)

Chronique

La force de l’amour, huitième partie. Une chronique de Nabou sur Seytoo.

Publié le 28 avril 2020, Nabou

Ce matin là, au moment où Karim arrivait à la maison, sa sœur Soda descendait de son taxi stationné devant le portail.

-Salut ! Fit Karim en stoppant à son niveau.
-Bonsoir ! Bougonna Soda en refermant le portail derrière elle.

Karim attendit quelques minutes, mais elle ne lui ouvrit pas le garage comme elle avait l’habitude de le faire quand ils se croisaient ainsi au portail. Il fut donc obligé de klaxonner pour appeler un domestique.

En réalité, Soda était très fâché contre son frère dont elle n’arrivait pas à comprendre l’attitude. Il était devenu cachotier et distant envers elle. Elle avait beau le bouder, il ne se précipitait pas pour lui demander explication et pardon, quelles que soient les raisons qu’elle alléguait.
Soda ne se dérida qu’en pénétrant dans la vaste cuisine. Son père était sous l’évier et tentait de déboucher la vidange, sous le regard amusé de son épouse.

-Que fais-tu assis à même le sol, papa ? Il n’y a donc pas un seul tabouret dans la maison ?
-Et alors ? Je veux m’habituer au contact de notre mère la terre. C’est dans son sein et non à l’étage qu’on m’enterrera quand je la quitterai ! Lança M. Diouf avec son perpétuel tempérament jovial.

Karim entra quelques instants après.

-Salut tout le monde ! Fit-il en avisant son père toujours occupé avec l’étrier. Tiens ! Papa, tu t’es déjà recyclé ? On n’a plus d’inquiétude à se faire après ta retraite ! N’est-ce pas, maman, que plombier ça fait plus cool que cadre supérieur à la BHS ? Ajouta-t-il en riant.
- Ton père n’est pas aussi fainéant que toi ! Lui et moi savons tout faire, nous n’avons pas été élevés dans du coton comme vous !
-« sama pape deuk ba la diogué hamoul yi, gneup hame na gnou lolou » Papa est issu d’un milieu défavorisé et a dû trimer pour se faire une place au soleil, ça, nous le savons ! (Soda daffa rèwe com pas possible warna wakh li tons Diouf) LOL. Mais « yaw yaye boy », tu es une héritière, une lady qui a donné un grand coup de pied dans ses prérogatives pour suivre son amoureux ! Dis donc, « dagua beuguone sama pape torope waral gua bayi lépe », commenta Soda, déchaînant plus de rires encore.
-« guisgua,doom,ba légui mome la beugue », plus qu’hier moins que demain. Et il serait temps que tu t’y mettes également, tu ne crois pas ? Rétorqua Yacine Diouf (thieuy tata elle se lasse jamais de nous faire de ses éloges sur son grand amour).
-J’attends le prince charmant, mam !
-Eh bien, souhaitons qu’il ne te fasse pas attendre jusqu’à ce que les poules aient des dents ! Puis, passant du coq à l’âne, elle s’adressa à Karim : mon chéri, « doma dieundali mbourou , guir yalla ».

Mais Karim refusa en prétextant la fatigue.

-« yaye , Moussa meuna dème » ! Même Ndiaye le gardien pourrait s'en charger, fit-il en pertinemment à quel pain sa mère faisait allusion.
-Je ne veux pas le pain insipide des petites boulangeries du quartier. Il me faut de la bonne baguette bien parfumée et croustillante. Du pain de la Galette.
-Je tombe de fatigue, maman ! J’ai eu une journée chargée, d’ailleurs, je n’ai plus une seule goutte de carburant dans mon réservoir.
-« boudé lolou rek » ! Tiens ma voiture, j’ai fait le plein tout à l’heure. Sois cool, Karim, allez, vas-y, du pain de la galette, chéri.
-Du pain de la Galette chéri ! Du pain de la Galette, chéri scandèrent en chœur, Soda et leur père
-Toi aussi tu m’appelle chéri, papa ?
-Oui chéri ! Du pain de la Galette, chéri ! Reprit M. Diouf en riant de plus belle.
-Tu es donc entré dans le club rose ? Demanda Karim qui riait aussi fort que son père.
-Oui chéri ! Tiens, comme ton directeur !
-Quel directeur ? S’enquit immédiatement Soda dont la curiosité était fouetté.

Elle insista tellement que son père la mit au courant de l’affaire en quelques mots.

-Si ça se trouve, Karim ne dit pas les choses telles qu’elles sont et préfère s’attribuer le rôle de la victime ! « Est-ce dou mome sakh mokoy woute » LOL ! Parce que je compte les mois « yimoufi indi woul djiguène si keur gui», lui dont la libido menaçait de faire un raz-de-marée après deux jours d’abstinence ! Je trouve cela très curieux, pour ne pas dire suspect !
-Je suis simplement saturé ! C’est la preuve que cela peut arriver à tout le monde, même à moi ! Tu te rappelles quand un jour de l’an, on avait fait un pari tous les deux ? « yagui fatalékou » fermement que Rambo pouvait dévorer de la viande jusqu’à en crever, alors que j’affirmais le contraire. Tu lui as jeté un blanc de dinde qu’il a flairé avant d’aller se coucher ailleurs, le regard lointain, dégoûté.
-Hééé, tu n’es pas Rambo ! Lui, avait des imites, pas toi !

Soda agissait ainsi dans l’espoir que son frère lui en dirait plus sur cette mystérieuse inconnue avec laquelle il était souvent pendu au téléphone. Une fois, c’est elle qui avait passé la communication à Karim ; il avait sauté de joie et avait couru dans sa chambre pour prendre le téléphone. Ce jour-là, comme elle aurait aimé écouter leur conversation, mais leur installation téléphone était munie d’un appareil grâce auquel on ne pouvait pas écouter d’un autre poste.

Ce qui déplaisait plus Soda, c’était qu’elle avait du mal à reconnaître la voix de son frère à ces moments-là. Elle y découvrait les accents qui étaient étrangers… Son ton traduisait beaucoup de tendresse, de respect et de bonheur. La combinaison de ces trois sentiments ne donnait-t-elle pas l’amour ?

Karim s’était levé nonchalamment en prenant ses clés sur un coin de la table.

-Ah, si seulement Moussa « meunone na dawal » ! Gémit-il.

Quand il pénétra dans le hall de l’hypermarché, Karim se dirigea vers la marchande de glaces. La vue du double cornet d’un garçonnet lui avait fait venir l’eau de la bouche.

-Tonton Karim ! Tonton Karim ! S’entendit-il appeler quand il fut à quelques pas de la vendeuse.

Tournant la tête, il reconnut Fatou qui curait vers lui, une glace à la main. Il se baissa spontanément pour embrasser la fillette. Et elle, passa les bras autour de son cou, barbouilla le col et la manche de sa chemise.

-Fais attention ! Cria Marième qui venait également vers lui.

Elle prit sa pochette et nettoya la chemise. Mais ce geste, contact furtif, émut et bouleversa Karim.

-Merci, dit-il en fuyant pratiquement. Comment vas-tu ?
-Bien, et toi ?
-Je suis content de te voir. Vous avez traversé toute la ville juste pour prendre une glace ici à la Galette ?
-Non, j’étais passée voir une amie, dans les immeubles en face, mais j’ai trouvé porte close. Quand je pense que nous avions rendez-vous.
-J’ai envie de crier « A quelque chose, malheur est bon ! » (deugue nnékhoul LOL) fit Karim. Tu n’as pas de glace, tu n’aimes pas ?
-Si j’adore ! Mais j’ai peur des conséquences pour ma ligne.
-Aujourd’hui, tu vas devoir oublier momentanément ta ligne pour me faire plaisir. Quel est ton parfum ?
-Vanille, comme Fatou.
- Deux doubles vanilles, s’il vous plaît ! Commanda Karim à la vendeuse.
-Pour moi, un simple suffira largement !
-Je t’aiderai à l’achever, répondit-il avec un sourire malicieux en les guidant vers une table libre.

Il affectionnait la compagnie de cette jeune femme. Il était à présent sûr qu’elle ne vivait pas avec le père de sa fille. Mais peut-être avait-elle quelqu’un d’autre dans sa vie ? Une aussi jolie fille ne pouvait pas vivre seule, sans un amoureux, même avec un enfant. Comment savoir ?
TCHIPPP NOBATINA !!!!!!! LOL

-j’aimerais t’inviter à Saly, pour le réveillon de Noël.
-« dioulite la », musulmane et je l’ai toujours passé avec Fatou.
-Maman, je peux rester avec Thioro ! Encouragea la fille.
Sa mère n’ayant pas refusé catégoriquement l’invitation, la petite comprit qu’elle était intéressée.
-Jamais je ne te laisserai seule, ma chérie, tu le sais bien ! Rassura Marième, les yeux débordant de tendresse, touchée par le fait que la petite se sacrifiait son bonheur au sein.
-Mais je veux que tu sois heureuse, maman.
-Tu peux également venir, intervint Karim, gêné d’être la cause cette scène émouvante.
-C’est pour être gentil, sinon tu aurais dit, vous, au début, remarqua philosophiquement Fatou.

Karim était à la fois séduit et sidéré par la sagacité de Fatou. Il n tenta de démentir ses dires ; ce qui d’ailleurs aurait été peine perdue. Avec leurs glaces en main, ils firent du lèche-vitrines. Ils prirent avec plaisir et visitèrent le premier étage. Ils entrèrent à City Sport.


Du même contributeur, Nabou


Partagez votre commentaire...



Dans la même rubrique



Nous vous recommandons

Seytoo
Life
Seytoo
Africa
Seytoo
TV
Seytoo
News
Seytoo
Club



À propos| Contacts| Confidentialité| Seytoo.App|English

© 2020, Seytoo, tous droits réservés. Seytoo n'est pas responsable des contenus provenant de site web externes et/ou publiés par ses visiteurs.