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CHRONIQUE - Le boubou de Mamadou et le pagne de Fatou (libres propos), par L’Epissée - SEYTOO.COM
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Le boubou de Mamadou et le pagne de Fatou (libres propos)

Chronique

Si je n’ai absolument rien contre le boubou de Mamadou et le pagne de Fatou, je dois quand même dire qu’un vêtement s’adapte à une saison ou un contexte.

Publié le 02 avril 2020, L’Epissée

Le boubou de Mamadou et le pagne de Fatou ! Je n’ai pas trouvé meilleure phrase d’accroche pour entamer cette chronique. En effet, le boubou de Mamadou et le pagne de Fatou c’est le binôme vestimentaire de l’habillement à l’africaine. En France, ses porteurs les plus emblématiques sont le plus souvent originaires d’Afrique du nord et de l’ouest. En gros, les africains de l’islam et du tam-tam; ou si vous préférez, les africains musulmans et plutôt traditionalistes.

En effet, outre les arabes, les ouest-africains sont en général très conservateurs sur le plan culturel. C’est ce qui explique leur attachement pour les tenues traditionnelles africaines. Maliennes, Sénégalaises, guinéennes, vous les reconnaitrez très facilement dans les lieux publics avec leurs pagnes, leurs voiles, leurs balafres sur le visage et leurs tatouages sur les mains et les pieds. Chez les hommes ils ont une affection toute particulière pour le boubou. Même en hiver où la rudesse du froid nous contraint au port des vêtements chauds, eux ils persistent et signent dans leurs boubous, bon c’est vrai qu’ils mettent la veste ou la doudoune au dessus…

Si je n’ai absolument rien contre le boubou de Mamadou et le pagne de Fatou, je dois quand même dire qu’un vêtement s’adapte à une saison ou un contexte. Ainsi, de la même manière que le costume-cravate sied dans une circonstance d’apparat, la doudoune se met en hiver, le blouson au printemps, le tee-shirt en été et le manteau en automne. Mais certains africains de France, en bon blédards banlieusards, nous apprennent au travers de leur habillement, que le boubou de Mamadou et le pagne de Fatou, se mettent en tout temps et en tout lieu. En tout temps ? Celà ne me turlupine guère; mais en tout LIEU ? c’est là où ça m’enquiquine un peu.

En effet, à l’issue d’une journée laborieuse, j’ai assisté une fois à un apéritif dînatoire qui réunissait des travailleurs de diverses entreprises. Dans la salle, j’ai pu remarqué un ou deux africains qui ont eu « le courage » de venir en tenue de marabout, c’est à dire en boubou. J’ai donc subodorer qu’ils s’étaient rendus à leur travail dans cette tenue là, ce qui m’a quand même éberlué car je pense qu’un tel vêtement n’est pas approprié pour aller travailler. J’ai également souvenance d’une ancienne camarade de fac; une antillaise, qui venait souvent en cours habillée en madras. Pour la précision, le madras est un vêtement traditionnel antillais, il est cousu à partir d’un tissu de coton et de soie, aux fils de couleurs vives formant des carreaux ou des rayures. Le madras est aux Antilles ce que le pagne est en Afrique : un habit traditionnel.

Que l’on porte son madras, son boubou ou son pagne chez soi, d’accord. Mais que l’on le revêt sur son lieu de travail ou d’études, pas d’accord ! Non pas parceque ce serait honteux, mais tout simplement parceque ça ne convient pas à la circonstance. De la même manière, je trouve tout aussi inconvenant le fait de porter son pagne ou son madras pour honorer un premier rendez-vous galant. J’ai personnellement eu l’occasion d’y être confronté, et je vous avoue que j’ai été choqué quand j’ai vu la fille débarquer dans cette tenue pour un rencart qui était en plus le tout premier. Je l’ai trouvé un peu trop « fatou » à mon goût. Il n’y a donc pas eu de second rendez-vous…

Ça y est, je vois déjà venir ceux là qui viendront me traiter d’aliéné, de complexé, de « bounty » et que sais-je encore ! Ah ben si c’est être complexé que d’avoir de la préférence pour une tenue occidentale dans un environnement géographique et culturel occidental, alors je vous le dis franchement, j’accepte vos quolibets ! J’espère toutefois que vous, vous restez cohérent dans votre bravade vestimentaire, et que vous n’hésitez pas par exemple à honorer vos rendez-vous professionnels en boubou…Si vous êtes un commercial, essayez donc d’aller en rendez-vous client habillé en boubou, et vous me direz combien de signatures vous aurez obtenus eu égard à la réaction oculaire des gens. Non mais je le dis sérieusement, allez à un entretien d’embauche avec votre pagne ou votre madras et vous me direz aussi combien de recruteurs vous aurons rappelé; tant qu’à faire ramenez aussi vos gris-gris…

Je comprends que d’aucuns soient attachés à leur culture, socle de leur identité. Je conçois également que s’intégrer ne signifie pas se renier, mais je dis qu’il faut s’adapter à chaque contexte et à chaque circonstance.

Si je peux concevoir que des gens portent pagne et boubou lors des réjouissances festives dans un cadre familial, il reste qu’à mon sens, ces tenues ont moins de raison d’être dans la sphère publique, notamment professionnelle. Par contre, et je tiens à apporter cette nuance, il est évident que si on était en Afrique ou aux Antilles, alors mon discours serait bien différent.

Pour ma part, je vis en occident, je m’habille à l’occidentale ! C’est aussi cela l’intégration, vivre en symbiose avec le groupe en s’y diluant au besoin. Eh oui ! Je défends l’intégration, et je trouve que même l’assimilation peut avoir du bon. Je ne comprends dès lors pas ces immigrés qui n’optent ni pour l’un ni pour l’autre. Et puis, c’est vrai que les goûts sont subjectifs, mais de mon point de vue, un mec en chapeau Borsalino c’est nettement plus beau qu’avec une chéchia; et une robe en soie est bien plus ravissante sur une nana qu’une djellaba. Alors, chers blédards banlieusards qui êtes si attachés à vos boubous, vos pagnes, vos samaras ou vos madras, autant je vous convie à laisser parfois vos patois pour parler un peu plus souvent le français; autant je vous invite à mettre un peu de côté vos boubous, vos pagnes, et les gris-gris qui vont avec; et essayez de temps à autre de porter des chemises cintrées ou des jupes plissées; soyez-en rassurés, votre africanité n’en sera aucunement affectée.


Du même contributeur, L’Epissée


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